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ENTREPRISES Le BTP recherche des ingénieurs confirmés
PHOTO - GEST Fabiani 20.eps - © BRIGITTE CAVANAGH/LE MONITEUR

ENTREPRISES Le BTP recherche des ingénieurs confirmés

le 04/09/2008  |  HygièneEntreprisesDroit du travailFormation BTPImmobilier

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Les entreprises de construction continuent de recruter plusieurs milliers de salariés l’an. Si elles embauchent en majorité des profils de travaux, elles peinent néanmoins à attirer les spécialistes des études.

Pas de ralentissement en vue. Bien que le secteur du bâtiment risque de voir sa croissance freinée à partir de 2009, la plupart des entreprises de construction continueront de recruter sur le même rythme que ces quatre ou cinq dernières années. « Cette tendance s’explique pour plusieurs raisons. D’abord, nos carnets de commande restent pleins pour encore trois exercices. Ensuite, nous devons continuer à préparer le renouvellement générationnel de nos effectifs et donc embaucher pour pallier les départs en retraite. Et enfin, comme c’est le cas sur tous les marchés en tension, la main-d’œuvre est moins fidèle que par le passé. Nous sommes donc obligés de faire face à cette hausse du turnover », explique Cécile Chatendeau, directrice des ressources humaines du groupe Balas. Résultat : cette entreprise de couverture, plomberie, et génie climatique de 650 salariés, qui a recruté 30 cadres et 50 Etam en 2007, devrait connaître les mêmes chiffres d’embauche en 2008.

De leurs côtés, Bouygues Construction annonce les recrutements de 1 500 ingénieurs et 1 000 techniciens pour la quatrième année consécutive, Vinci recherche 2 000 ingénieurs et cadres et 4 000 Etam, tandis que Léon Grosse, qui compte 3 000 salariés, recrutera « une centaine d’ingénieurs et techniciens ces deux prochaines années, comme on en a pris l’habitude depuis 2005 », selon Anne-Marie Fanlo, responsable recrutement de l’entreprise. Même tendance chez Eiffage, où 1 000 salariés partent à la retraite chaque année et qui cible 6 000 recrutements en 2009.

Pour structurer les équipes

Côté cadres, les postes les plus recherchés restent liés aux travaux : chez Bouygues Construction, les ingénieurs travaux et conducteurs de travaux représentent plus de 60 % des embauches de cadres. Après plusieurs années passées à recruter des jeunes diplômés, les entreprises font désormais en priorité la chasse aux profils expérimentés. La raison ? « Nous prendrions des risques à continuer sur cette même tendance. Aujourd’hui, nous avons surtout besoin de personnes capables de structurer les équipes de travaux, d’encadrer les jeunes et de les faire progresser peu à peu. Au final, alors que les jeunes diplômés représentaient jusqu’ici 70 % de nos recrutements d’ingénieurs, nous souhaitons cette année rééquilibrer le rapport de force à 50/50 », explique Vincent Nicot, directeur des RH en charge du recrutement et des relations écoles chez Bouygues Construction. Suivent les ingénieurs « méthodes », « structures » et « études de prix ». Problème : si les besoins sur ces postes sont plus réduits (40 % des ingénieurs chez Vinci, 20 % chez Bouygues Construction), la pénurie des candidats y est encore plus forte. « Les deux profils les plus compliqués à trouver sont ceux d’ingénieur méthodes et d’ingénieur études de prix », confirme Xavier Lanthiez, directeur du recrutement du groupe Eiffage.

Eric Le Clec’h, responsable RH intégration et formation de l’entreprise Hervé Thermique (génie climatique, 1 627 salariés), partage la même analyse : « Là aussi, nous recherchons des expérimentés, mais le marché est si tendu que nous sommes contraints de nous tourner vers d’autres profils », déclare-t-il. Une difficulté que rencontrent aussi les chargés de recrutement en recherche de techniciens.

Des candidats à aller chercher

« Si les postes orientés travaux, comme la fonction de chef de chantier, ne posent pas trop de problèmes, nous avons beaucoup de mal à attirer des techniciens en études de prix. L’explication : il n’y a pas assez de professionnels formés à ses spécialités », déplore Anne-Marie Fanlo, de Léon Grosse. Même problème pour les techniciens en génie climatique ou en maintenance des équipements. Pour procéder à ces nécessaires et difficiles recrutements, les entreprises du BTP multiplient les dispositifs. « Nous sommes dans une situation où les candidats ne se déclarent pas d’eux-mêmes en envoyant des CV. C’est plutôt à nous d’aller les chercher », explique Nathalie Malan-Manigne, DRH de Cari (2 400 salariés, 90 recrutements ingénieurs et cadres prévus en 2009). Les ingénieurs sont le plus souvent approchés via le réseau personnel des cadres de l’entreprise, les annuaires des anciens élèves des grandes écoles, et, pour les jeunes diplômés, les conventions de partenariat signées avec ces mêmes grandes écoles. « Nous faisons aussi appel aux cabinets de recrutement et épluchons les sites Internet spécialisés », reprend Nathalie Malan-Manigne.

Bouygues Construction, qui a créé depuis deux ans une structure dédiée en interne, va plus loin. « Nous avons créé notre propre cabinet de recrutement, nommé Job Search, afin d’identifier au mieux les ingénieurs et les cadres confirmés. A force d’éplucher les CVthèques, nous avons réussi à procéder à 200 recrutements par an grâce à cette cellule », décrit Vincent Nicot. Pour attirer les techniciens, les entreprises ont choisi de mettre l’accent sur les forums pour l’emploi et autres manifestations de recrutement. L’intérim peut constituer un bon vivier. « Il nous arrive régulièrement de faire appel à des agences d’intérim. Si ces salariés nous donnent satisfaction et qu’ils se sentent bien chez nous, nous essayons alors de les recruter en CDI. En 2007, 20 % de nos embauches ont été réalisées via cette technique », éclaire Eric Le Clec’h, de Hervé Thermique.

Mais c’est la cooptation qui fonctionne le mieux. Le groupe Balas a mis en place une prime de 300 euros pour tout salarié qui permet à l’entreprise de conclure une embauche. Preuve que les nouvelles recrues sont précieuses.

Nicole Fabiani, directrice du développement RH de Spie

« Multiplier les canaux de recrutement »

Avec un rythme de 3 000 recrutements annuels depuis plusieurs exercices, dont une majorité de techniciens et d’ingénieurs, Spie a été contraint de revoir sa politique d’embauche et de multiplier les canaux de recrutement. « Le profil idéal correspond au salarié disposant de cinq ans d’expérience environ. Hélas, il est difficile à trouver. Nous avons donc décidé de faire appel à une main-d’œuvre à la fois plus jeune et plus âgée », estime Nicole Fabiani, directrice du développement des RH du groupe. Côté jeunes, Spie a multiplié les offres de stages et les contrats d’alternance, autant de dispositifs qui permettent d’apprendre le métier et d’inculquer les valeurs de l’entreprise pas à pas. Côté expérimentés, Nicole Fabiani avoue « recruter au-delà de 55 ans, surtout dans les fonctions d’ingénieur études ou de technicien en génie climatique, deux des fonctions où la pénurie est la plus forte ». Enfin, le groupe a développé un partenariat avec l’armée de terre pour attirer vers les métiers du BTP les 1 000 militaires qui retournent chaque année à la vie civile.

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Patrick Plein, directeur du développement RH de Vinci

« S’ouvrir à de nouveaux publics »

Pour faire face aux difficultés que le groupe rencontre pour recruter des ingénieurs et des techniciens opérationnels, Vinci a décidé d’ouvrir sa politique d’embauche à destination d’un public néophyte. « Le sourcing est de plus en plus ouvert. D’une part, nous nous tournons vers les jeunes diplômés, raison pour laquelle nous avons tissé des liens étroits avec certaines écoles d’ingénieurs comme l’ESTP, les Ponts, Centrale ou les INSA. Une fois que ces jeunes sont intégrés, nous nous chargeons de les faire évoluer en interne en affinant leur formation. Et, d’autre part, nous avons décidé de recruter des candidats qui ne sont pas issus de cursus formant aux métiers de la construction », explique Patrick Plein, directeur du développement RH du constructeur. Symbole de cette volonté : parmi les douze jeunes passés l’an dernier par l’école de la réhabilitation montée en interne par Vinci pour préparer aux métiers de la rénovation, seuls trois d’entre eux avaient précédemment suivi un cursus d’études en rapport avec le bâtiment !

Les profils les plus recherchés

Ingénieur travaux. Il a la responsabilité technique, financière et administrative d’un chantier. Il gère les salariés, les sous-traitants, les fournisseurs. Bac 5, école d’ingénieurs.

Ingénieur méthodes. Il est chargé d'étudier et de proposer les méthodes d’installation et d’exécution d’un chantier. Bac 5, école d’ingénieurs.

Technicien études de prix. Il établit et chiffre les ressources techniques nécessaires à la réalisation d’un projet. Bac 2 (IUT, Licence professionnelle, BTS) spécialisé BTP.

Technicien de maintenance. Il s’assure le bon fonctionnement des machines et dispositifs techniques. Bac 2 (IUT, BTS) en génie climatique, mécanique, plomberie…

Responsable QSE (Qualité, sécurité, environnement). Il met en place et contrôle la mise en œuvre de la politique environnementale et sécurité sur le terrain. Bac 5, école d’ingénieur.

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