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Entreprises d'entraînement Des jeux de rôles pour retrouver un emploi

OLIVIER MIRGUET |  le 03/01/1997  |  HygièneApprentissage BTPTechniqueDroit du travailFrance entière

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-Nées en Allemagne, où elles constituent un réseau de plus de 900 lieux de formation, les entreprises d'entraînement se développent peu à peu en France.

-Actives en France depuis 1990, elles sont aujourd'hui 90 à accueillir des chômeurs ou des employés en quête d'un complément de formation réservée aux activités tertiaires de l'entreprise. « Il n'y a pas d'atelier. Tout est fictif, mais l'activité est présente », explique Bernard Duclos, directeur de Bois et Métal à Guebwiller et de la toute nouvelle entreprise d'entraînement Alsalight à Strasbourg. Dans un « Jeu de Monopoly » à l'échelle européenne, les stagiaires commandent, vendent, facturent des produits ou des prestations fictives aux 1 500 autres membres du réseau.

Les activités de comptabilité, de gestion du personnel ou d'informatique générées servent de prétexte aux formateurs dans chaque entreprise d'entraînement pour (re)familiariser les stagiaires avec le monde du travail. Ils sont, pour la plupart, chômeurs de longue durée. Dans le réseau, chacun endosse un rôle immuable. Le BTP est bien représenté : chez Alsalight, les stagiaires apprennent à vendre des luminaires et des équipements électriques pour le bâtiment. Codel à Auxerre aménage des commerces et des bureaux, tout comme Bâtiment Services au Havre. Frigor France (Redon) commercialise des systèmes de climatisation et Hologramme (Tarbes) joue le rôle du menuisier. Reso Pro (Royan) vend des préfabriqués à base de béton et Tapi-Oka (Tourcoing) fabrique des revêtements de sol. L'environnement, le plus proche de la réalité que possible, permet au stagiaire de se réintégrer dans une « vraie » PME à l'issue de ses deux à six mois de stage.

« Au-delà de la formation en gestion, en droit ou en langues, notre objectif est de remettre les gens debout. Nous réapprenons aux chômeurs de longue durée à raisonner à long terme et à se situer au sein d'une équipe professionnelle », explique Bernard Duclos. Résultat : depuis l'apparition des entreprises d'entraînement, 60 % des anciens stagiaires retravaillent sous CDI. « Notre concept est innovant, mais son développement se heurte à la conjoncture difficile en France où les fonds publics pour la formation professionnelle sont en baisse », explique Pierre Tronton, directeur du REEP (Réseau d'entreprises d'entraînement et pédagogiques) à Roanne.

Le financement des entreprises d'entraînement dépend des directions départementales du travail et des conseils régionaux. Le budget versé oscille entre 24 et 35 francs par heure et par stagiaire. Il est censé couvrir les frais de la structure (les appels téléphoniques dans le jeu des échanges commerciaux ne sont pas fictifs !) et les salaires des formateurs. Mais les structures ne sont pas toujours viables : une dizaine d'entreprises d'entraînement ont dû fermer leurs portes en 1996.

La chasse aux partenaires privés

L'accueil de stagiaires d'entreprises « non chômeurs » constitue une source de revenus complémentaires pour certaines, mais le marché de la formation généraliste est déjà saturé. « Notre issue financière, c'est la chasse aux partenaires privés », estime Bernard Duclos. Peugeot, Carrefour ou Décathlon ont montré la voie du partenariat. En Allemagne, le dispositif est mieux rodé : BASF et Adidas utilisent ce concept pour former leurs jeunes commerciaux. Trois ans de jeux de rôles leur permettent de se familiariser avec les techniques de négociation maison.

« Il faut nous faire connaître par les grandes entreprises françaises. L'objectif à moyen terme est de proposer une entreprise d'entraînement par bassin d'emploi », conclut Pierre Tronton. Président du réseau depuis six mois, il envisage de lui insuffler une nouvelle dynamique. En prenant garde à ne pas dénaturer une démarche originale qui, en France, fait des entreprises d'entraînement un outil de formation au service des chômeurs.

--Contact : Pierre Tronton, réseau des entreprises d'entraînement ou pédagogiques ; tél. : 04.77.23.26.70.

PHOTO : Déroulement d'un stage

au sein de l'entreprise d'entraînement Alsalight à Strasbourg.

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