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Entree de ville a Boulogne-Billancourt

MANUEL DELLUC |  le 09/03/2001  |  ArchitectureAménagementUrbanismeRéglementationHauts-de-Seine

A Boulogne-Billancourt, en bordure de Seine, Christian de Portzamparc livre un spectaculaire ensemble de bureaux qui marque l'entrée dans la ville depuis le pont d'Issy, autant qu'il renouvelle vigoureusement l'architecture du genre.

Forte d'un riche héritage architectural des années trente, mais marquée par le développement massif de l'immobilier de bureau, puis par la crise qui secoua ce secteur, la commune de Boulogne-Billancourt s'efforce désormais de concilier logique spéculative et aménagement urbain. Après la ZAC du centre-ville et l'aménagement des terrains Renault, l'entrée dans la ville depuis le pont d'Issy et le secteur de la ZAC du Point du Jour constituait un troisième site justifiant cette orientation nouvelle. La démolition en 1994 des studios de Billancourt installés à l'angle du boulevard de la République et du quai du Point du Jour, secteur caractérisé, comme de nombreuses entrées de ville, par la présence de bâtiments à vocation commerciale (dont celui de TF1), offrait une occasion unique de requalifier cette portion du territoire boulonnais.

Racheté à parts majoritaires par Nexity, premier opérateur immobilier privé français, le projet fut confié à Sari Développement - société du groupe spécialisée dans le bureau - pour la maîtrise d'ouvrage, sur la base d'un programme d'environ 32 000 m2 de Shon, incluant - condition imposée par le POS - 6 300 m2 de studios audio-visuels. Le projet de Christian de Portzamparc, lauréat d'un concours organisé en 1996 sur volonté du maire Jean-Pierre Fourcade, se distingua par un parti radical : profitant de l'inscription au POS du nouveau cimetière boulonnais jouxtant le terrain comme « espace public », il installe en limite de celui-ci une partie importante des surfaces demandées, se donnant du même coup la possibilité d'une implantation périmétrique partiellement ouverte, dégageant des vues sur la Seine pour la quasi-totalité des surfaces du programme ! Point d'orgue de ce dispositif, le décollement total du bâtiment d'angle faisant face au pont d'Issy à près de dix mètres du sol. Simplement porté par un fin écheveau de poteaux métalliques, il offre un accès aussi bien physique que visuel à la vaste cour intérieure. A rebours de bien des frilosités contemporaines, la ville de Boulogne comme le propriétaire ont décidé de respecter à la lettre le projet, en en laissant libre l'accès : le passant est ainsi invité à découvrir la troublante qualité d'un espace où domaines public et privé se confondent.

Fiche technique

Maître d'ouvrage de GP3E : Sari Développement (ex-George V Industries).

Locataires : tranche 1 : multithématiques. Tranche 2 : Canal + (pôle filiales, Canal Satellite).

Maître d'oeuvre : Christian de Portzamparc avec F. Barberot, B. Durbecq, K. Claverie, B.Juret, M. E. Nicoleau, I.Ragot, A. Terzibachian. Maître d'oeuvre d'exécution : Coteba Management.

Programme : immeuble de bureaux liés aux activités de production audiovisuelle et de locaux d'activités audiovisuelles sur trois niveaux d'infrastructure (parking 645 places).

Superficie totale : 31 390 m2 Shon dont 9 690 m2 en tranche 1 et 21 700 m2 en tranche 2.

Coût des travaux : 46,5 millions d'euros HT (305 millions de francs).

Entreprise : Quatre Chemins, façade VEA du hall tranche 1.

PHOTOS :

Composée de volumes disjoints, l'opération est une traduction de la réflexion de l'architecte sur «l'îlot ouvert». Inversement, la régularité de l'écriture architecturale, en particulier sur la Seine, donne une cohérence très forte à l'ensemble, que pourraient lui envier bien des îlots voisins.

Une façade en verre extérieur attaché (VEA) de près de onze mètres de hauteur

Le souci d'obtenir la plus grande transparence sous les bâtiments bordant le quai du Point du Jour a conduit Christian de Portzamparc à utiliser la technique du verre extérieur attaché pour les façades du hall de la tranche 1. Le souhait de n'utiliser que des produits verriers malgré la grande hauteur de l'ouvrage, a nécessité l'obtention d'une appréciation technique d'expérimentation (ATEx) délivré sous contrôle du CSTB pour les raidisseurs de façade. Ceux-ci sont constitués de quatre tronçons de verre monolithe trapézoïdaux de 19 mm d'épaisseur liaisonnés entre eux, d'une largeur de 30 cm en pied et de 105 cm en partie haute de la façade, pour une hauteur moyenne de 260 cm. Le raidisseur est pincé et suspendu par deux plaques d'acier faisant office d'encastrement.

Un contreventement longitudinal est fourni par trois tubes d'environ 30 mm courant horizontalement à la jonction de chacun des tronçons. Toutes les pièces d'attache sont sous avis technique. En cas d'éclatement d'un contreventement, deux câbles de sécurité sont prévus pour retenir la façade.

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