Energie

EnR : le gouvernement reste mystérieux

Mots clés : Démarche environnementale - Energie renouvelable - Gouvernement

Rendez-vous incontournable du secteur, le 19e colloque du Syndicat des énergies renouvelables (SER) s’est tenu le 8 février à Paris. En clôture, Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, est resté flou quant aux projets du gouvernement pour cette filière.

Sous les voiles de béton plissé de la Maison de l’Unesco, le 19e colloque du Syndicat des énergies renouvelables (SER) tirait à sa fin. L’auditoire rassemblé ce 8 février dans le monument parisien attendait l’allocution de clôture de Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. « Ce sera un discours offensif ! Ce sera un discours d’accélération ! », avait promis Philippe Monloubou, président du directoire d’Enedis, quelques minutes plus tôt. Et en effet, Sébastien Lecornu s’est montré incisif à propos de la principale préoccupation du gestionnaire de réseau électrique : le compteur Linky. Au lendemain d’une sévère critique de la Cour des comptes, le représentant du gouvernement a affiché un soutien indéfectible à cet outil. « Il faut arrêter de parler d’efficacité énergétique si l’on refuse Linky », a-t-il tonné.

Cependant, si l’on excepte cette formule lapidaire, les propos du secrétaire d’Etat se sont révélés plus évasifs que volontaires. Jean-Louis Bal, le président du SER, avait pourtant rappelé en préambule de la journée les attentes du secteur au sujet de la révision programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE). Peine perdue, l’homme du boulevard Saint-Germain s’est bien gardé de lâcher le moindre détail sur les travaux en cours. « Nous voulons une PPE ambitieuse, à l’image des précédentes. Mais la nouveauté, c’est qu’elle sera sincère et donc fiable, a-t-il déclaré. Lors du Grenelle passé, on vous avait promis 50 % d’électricité provenant de l’atome en 2025. Cet objectif doit être redéfini avec Orano (anciennement Areva — N.D.R.) et EDF. Pour les autres sources d’énergie, certaines valeurs pourront être revues à la hausse si nous démontrons la faisabilité de ces orientations. Nous serons aussi sincères sur la performance énergétique. »

 

Un appel à la filière

 

Quant au Fonds Chaleur, dont le syndicat réclame un doublement du budget depuis plusieurs années, Sébastien Lecornu a campé sur ses positions : « Le président tiendra sa promesse de campagne. Le Fonds Chaleur sera doublé mais en efficacité. » Finalement, la seule véritable annonce résidait dans le lancement d’appels à projets le 9 février pour soutenir l’innovation dans les domaines des réseaux énergétiques, des EnR, et du stockage. Le secrétaire d’Etat a toutefois profité de la tribune pour demander aux entreprises un engagement fort dans la formation et dans les nouveaux contrats de transition écologique. « Je compte aussi sur vous pour renouer le lien avec les élus locaux et les associations, a ajouté le membre du gouvernement. Il est inacceptable qu’ils ne soient pas reçus et écoutés. Diminuer le nombre de contentieux est un objectif commun. »

Le reste du laïus consistait en une énumération des mesures déjà prises par le ministère. Ses équipes ont notamment créé des groupes de travail autour de l’éolien et de la méthanisation. Ces structures définissent des évolutions réglementaires qui pourraient faciliter l’avancée des projets. Une troisième entité, consacrée au solaire photovoltaïque, s’ouvrira en mars. L’administration a également augmenté les appels d’offres pour cette technologie. Le secrétaire a d’ailleurs présenté les résultats de deux d’entre eux.

Néanmoins, le colloque a laissé poindre un semblant d’agacement à l’encontre de ces procédures. « Une nouvelle installation peut avoir de nombreux effets positifs sur un territoire. Un coût au kilowattheure ne reflète pas ces avantages », souligne Christiane Lambert, présidente de Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles. Arnaud Chaperon, directeur des affaires publiques européennes de Total, s’est fendu d’une analyse similaire : « Savoir si nous désirons une économie uniquement régie par le “low cost” devient une question fondamentale. L’Europe commence à réaliser la nécessité de standards qui valoriseraient d’autres performances que le prix. La France a toujours été en avance sur ces thématiques et doit le rester. »

 

 

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