Energie

Enerpresse Forum : la France s’exporte

La France de l’énergie importe, elle exporte également. Et de belles manières !  Quelques expériences réussies étaient réunies lors d’une table ronde d’Enerpresse Forum 2013.

France’s got talent ! Le titre de ce télé-crochet britannique populaire semble parfaitement pouvoir être recyclé à la sauce française, d’après ce que les participants au 6e Enerpresse Forum ont entendu lors de la 3e table ronde consacrée à l’innovation et la réindustrialisation du 27 juin. Oui, la France peut compter sur un impressionnant vivier de compétences et des territoires demandeurs, pour mener à bien sa transition énergétique.

 

La réindustrialisation par l’énergie

 

L’enjeu est de taille pour la réindustrialisation du pays car « l’emploi industriel tire tout un développement économique national », a souligné Tahar Melliti, conseiller d’Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif. Pour les territoires, les retombées économiques sont toutefois différentes selon l’avantage compétitif de la France, comme on peut le voir avec l’éolien offshore, à forte valeur ajoutée, et le photovoltaïque, soumis à une féroce concurrence internationale.Aujourd’hui, la fourniture de biens ou de services à un pays est souvent associée à l’installation d’unités de production sur celui-ci pour « partager la valeur avec les territoires », comme le prône Philippe Stohr, de Fortum France.

Thierry Lepercq, de Solairedirect, ne le contredira pas, lui qui réussit en Inde, Afrique du Sud et Chili en s’implantant au niveau local, un geste décisif pour s’assurer des marchés à l’export. « Se projeter à l’export est une nécessité absolue pour toutes les entreprises grosses ou petites », explique-t-il, soutenu par tout le panel, car « on ne trouvera pas la croissance en France ». Certes, les Français, petits ou gros, sont champions à l’international dans de nombreux domaines : renouvelables, hydrocarbures, nucléaire et même pour les usages innovants du gaz, une « révolution à venir » sur les réseaux gaziers qui aide les entreprises à rester en France, selon Patrick Pelle, de GRT gaz.

 

L’exportation de la conception

 

À l’export, les ingénieurs-conseils ont un rôle à jouer pour « positionner » les produits et l’approche française dans la conception même des appels d’offres internationaux. Selon Thomas Branche, d’Assystem EOS France, on peut également compter sur les ingénieurs dans la transition énergétique pour une évaluation indépendante des risques des différentes filières et pour un appui aux collectivités territoriales pour les projets d’efficacité énergétique. Cependant, « les parties prenantes doivent toujours avoir à l’esprit la soutenabilité économique des filières », argue-t-il de concert avec Pierre-Marie Abadie, Directeur de l’énergie au MEDDE, car c’est un gage de stabilité dans le temps pour les investisseurs. Mais on ne peut soutenir la demande sans soutenir d’abord l’amont des secteurs pas encore matures.

Pour ajouter à la complexité des défis, le tissu économique du secteur énergétique français est dual : d’un côté les gros champions mondiaux « dont on a besoin pour faire les investissements colossaux nécessaires » et de l’autre, les nombreuses PME de la « nanoéconomie » qui, selon Frédéric Utzmann, de France Énergie Nouvelle, ont du mal à s’adapter aux aléas réglementaires français. S’il y a « un énorme gisement d’emploi dans la croissance verte », les PME évoluent dans « un monde de géants » centralisé et capitalistique et peinent à accéder aux marchés. La simplification des procédures est souvent montrée du doigt, car dans la course à l’innovation, le facteur temps est essentiel, pour Jean-Louis Bal, du Syndicat des Énergies renouvelables.

 

Qui soutenir ?

 

Mais quelles filières choisir ? Il faut à la fois soutenir les filières les plus prometteuses pour la décennie 2020-2030, mais éviter le verrouillage et rater le train des ruptures technologiques de la décennie 2030-2040, selon Pierre-Marie Abadie. On ne fera pas l’économie d’une analyse détaillée des différentes filières, selon Marc Boudier, de l’AFIEG. Pour lui, il ne faut pas craindre d’importer des technologies pour en bénéficier, ni de laisser venir les acteurs internationaux en France. En fait, la transition énergétique « est en train de se passer au niveau mondial, il faut donc y participer », affirme Jean-Louis Bal. 

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