Energie

Enerpresse Forum : décentraliser sans désolidariser

Peut-on produire de l’énergie localement sans prendre le risque de casser la solidarité nationale entre territoires riches et pauvres ? Tout est une question de niveau ont répondu les participants au Enerpresse Forum 2013.

 La deuxième table ronde d’Enerpresse Forum 2013 s’intitulait Décentraliser sans désolidariser. Premier constat : quasiment tous les orateurs ont rapidement souligné que le débat se plaçait au niveau européen. Une opinion assez bien résumée par Ronan Dantec, le sénateur de Loire-Atlantique (EE-LV), qui en introduction de son propos souligne que « le débat aujourd’hui est un débat d’intégration européenne. Il s’agit de faire passer, pourraiton dire, la France de Colbert à Delors. »

 

De Colbert à Delors

 

Un choix de se placer au niveau européen, plutôt qu’au niveau national qui peut être une bonne nouvelle pour le débat national sur l’énergie en cours. Laurent Michel, le directeur général de l’énergie et du climat (DGEC) au ministère de l’Écologie a souligné la nécessaire distinction à faire entre les politiques, d’une part, et les moyens et la gouvernance, d’autre part. Les politiques sont ce qu’elles sont et sont évolutives.

En France, des choix ont été faits en matière de forme d’énergie et de prix identiques sur le territoire. Les moyens et la gouvernance, outre qu’elles doivent prendre en compte la dimension internationale se traduisent par un cadre régulatoire et réglementaire. Il en découle une organisation qui, en France, a été centralisée. Mais, il faut savoir avancer et corriger si cela ne marche pas, a insisté le DGEC.

Pour Dominique Maillard, il faut aller au-delà du clivage : « on a un modèle centralisé, il faut le changer ». Par définition, a insisté le président du directoire de RTE, « la consommation, je ne sais pas si elle est centralisée ou pas ». Les réseaux sont là pour relier et pas pour centraliser. Aujourd’hui, c’est la géographie de l’offre qui change. Alors, oui, pour répondre à la transition énergétique, il faudra développer des réseaux. L’enjeu pour le réseau est de pouvoir le faire à temps. Créer de nouvelles lignes peut en effet prendre plus de temps que construire des moyens de production, même des productions décentralisées.

 

Danger : marché électrique en surcapacité

 

Jean-François Raux, délégué général de l’UFE, insiste, lui, sur l’optimisation, donc une certaine idée de solidarité, entre les différents régimes de vent par exemple, qui existe en France. Mais il faut revenir sur une perspective européenne. Et c’est là que le bât blesse. Aujourd’hui le développement des ENR n’a pas de cohérence. Il conduit à des surcapacités. Avec un paradoxe : « on est en surcapacité mais le risque sur le système électrique est maximal ».

Jacques Ravaillault, chargé de l’action régionale à l’Ademe, s’est élevé contre la désolidarisation. Il indique en effet ne pas avoir entendu dans le débat le mot « autarcie ». Mais il voit plutôt un regain de maturité des collectivités, qui devrait « intéresser tous les opérateurs énergétiques ».

Un regain de maturité que Marc Boillot, directeur stratégie et grands projets d’ERDF, estime « logique ». Mais il rappelle que le distributeur est axé sur deux piliers : la péréquation et la solidarité des territoires. Une solidarité qui permet, via un opérateur national de procurer des gains, comme l’a souligné la Cour des comptes, insiste-t-il. Mais, pour préparer le réseau de demain, ERDF propose des PPI au niveau régional.

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