Energie

Enerpresse Forum : comment financer l’efficacité énergétique ?

Mots clés : Efficacité énergétique - Réglementation thermique et énergétique

La 4e table ronde d’Enerpresse Forum à Deauville était consacrée à la question sans doute la plus épineuse de la réalisation des objectifs en matière d’efficacité énergétique : comment la financer ?

 

« Si vous cherchez l’histoire, suivez l’argent », dit l’adage des journalistes. La 4e table ronde d’Enerpresse Forum à Deauville a mis le doigt sur le problème le plus épineux de la réalisation des objectifs en matière d’efficacité énergétique : comment la financer ? Pour le député  Jean-Paul Chanteguet, Président de la commission parlementaire du développement durable et de l’aménagement du territoire, le bâtiment est en première ligne pour permettre de diviser par deux la consommation d’énergie finale d’ici à 2050, objectif présent dans tous les scénarios. Mais pour atteindre l’objectif fixé par François Hollande de 500.000 rénovations par an, « on n’échappera pas aux aides et subventions ». Car même avec une taxe carbone qui passerait de 7 à 20 €/tonne d’ici 2020, comme le propose Christian de Perthuis, « c’est insuffisant », pour  Jean-Paul Chanteguet – même si c’est pour lui une bonne idée, qui, qui plus est, limite l’effet rebond.

L’efficacité énergétique, avec 35 Mtep dans le scénario énergétique prévu pour 2020, « joue dans la cour des grands, donc on a des problèmes de grands », estime Pascal Dupuis, du MEDDE. À savoir : mobiliser les investissements et trouver les capitaux. Certes, tout joue en sa faveur, comme le rappelle le député Denis Baupin : « c’est une vraie opportunité d’emploi non délocalisable et pour les investissements locaux ». Et au lieu de se focaliser sur son coût, il faut aussi le comparer avec le coût de l’inaction.

 

Les énergéticiens prêts à jouer le jeu

 

En tout cas, « c’est une idée fausse que les fournisseurs d’énergie sont opposés à l’efficacité énergétique », selon Benoît Douin, d’Enel, car le partage de la production française n’incite pas à vendre plus d’énergie. Et puis, les énergéticiens ont dû s’adapter aux demandes des clients, c’est-à-dire passer d’un modèle économique fondé sur la vente de kWh à la satisfaction de services énergétiques (chauffage, éclairage, mobilité, etc.), comme l’a rappelé Bruno Bensasson, de GDF Suez. Mais ils ne veulent pas être les seuls à porter le fardeau de l’efficacité énergétique, d’autant que cela implique d’autres filières. Pour Rouzbeh Rezakhanlou, d’EDF, la chaîne de valeur de l’efficacité énergétique doit impliquer quatre acteurs-clés : les énergéticiens, le bâtiment, les banques et les collectivités locales.

Pour ce qui est du bâtiment, Philippe Pelletier, du Plan Bâtiment Durable, pense que les objectifs vont permettre à l’industrie « d’entrer dans la modernité », en termes de gestion des ressources, de productivité et d’innovation. Son récent rapport sur la faisabilité d’une obligation de rénovation est dans les mains des décideurs politiques et inclut de nombreuses propositions s’appuyant sur les dispositifs existants. Si les entreprises sont très réceptives – l’énergie est un coût à optimaliser – l’écueil de l’incitation des ménages est de taille.

C’est là où les collectivités territoriales ont un rôle de chef d’orchestre à jouer, selon Guillaume Adler d’Eco Energie Service : expliquer aux administrés comment faire les travaux de rénovation de manière optimale et les accompagner. Et ce service d’accompagnement doit être pris en compte dans ce que financent les Certificats d’économie d’énergie (CEE), selon Frédéric Utzmann, de CertiNergy. Le CEE est fondé sur un principe : comme c’est le fournisseur qui paye et pas le client, les économies sont payées par ceux qui consomment plus. Mais cela fonctionnera d’autant plus que les ambitions seront élevées, précise-t-il. Et les panelistes s’accordent sur l’amélioration du dispositif et l’augmentation de l’effort, notamment dans les transports.

La France pourrait en tout cas s’inspirer de l’Allemagne, où la population est motivée et les résultats probants, selon Etienne Beeker, du Centre d’analyse stratégique. Leur outil de financement à guichet unique, la kfW héritée du plan Marshall, semble faire des miracles. Les exemples italiens et britanniques ont aussi leurs mérites. Il faut être, en somme, « créatif » pour contourner l’obstacle du financement.

 

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