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Energies renouvelables : les initiatives se multiplient

EMMANUELLE JEANSON |  le 19/05/2000  |  EnergieEnergies renouvelablesFinistèreEuropeFrance

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Sommaire du dossier

  1. Développer les sources d'énergie moins polluantes
  2. LE SOLAIRE THERMIQUE Les promesses d'Hélios 2006
  3. L'EOLIEN Avis de vent favorable
  4. Jeumont Industrie va produire une éolienne à forte puissance
  5. Germa : premier bureau d'études spécialisé dans l'éolien
  6. Vergnet : du petit éolien pour l'export
  7. LA GEOTHERMIE Les pompes à chaleur ont de l'avenir
  8. LE PHOTOVOLTAIQUE Hors réseau : oui ; sur réseau : non
  9. Photowatt dans la course à la baisse des coûts
  10. Programme Hip Hip : intégrer les cellules photovoltaïques dans la construction
  11. ENTRETIEN ARNAUD MINE, P-DG d'Apex, ensemblier de modules photovoltaïques
  12. LA BIOMASSE Bois-énergie et biogaz sont en vedette
  13. LA COGENERATION au biogaz
  14. Elyo et Rep Energie investissent dans le Biogaz
  15. LA PILE A COMBUSTIBLE tisse son réseau
  16. Shell : un pétrolier investit dans le solaire
  17. Energies renouvelables : les initiatives se multiplient
  18. Le montage des éoliennes de goulien (Finistère)
  19. Exploitation des gaz de décharge à Roche-la-Molière (Loire)
  20. Solaire photovoltaïque à Sandillon (Loiret) Des « ardoises » énergétiques
  21. La revolution industrielle
  22. EOLIEN un dynamisme exceptionnel
  23. Petite hydraulique mini-gisement, maxi-nécessité de conviction
  24. Bois energie la filière se renforce
  25. Biogaz un intérêt récent
  26. Produire son energie en toute autonomie
  27. AVIS D'EXPERT Johann Zirngibl Chef de la division environnement et systèmes énergétiques du CSTB.
  28. AVIS D'EXPERT Jean-Louis Bal Directeur adjoint du bâtiment et des énergies renouvelables à l'Ademe
  29. Eolien autonome Energie et stockage « au fil du vent »
  30. Géothermie La terre, source de chaleur
  31. Solaire photovoltaïque Un mur-rideau de capteurs sous les arches d'une église
  32. Conférence L'indépendance des îles passe par le « mixage » énergétique
  33. CORSE Installer 100 MW d'éolien à l'horizon 2010
  34. Réunion et Guadeloupe Tirer profit des ressources locales

Les filières de production d'énergies renouvelables commencent à récolter les résultats des efforts apportés à leur développement ces dernières années. Les soutiens publics sont jugés trop timides, alors qu'un rapport sur la valorisation de ces énergies, demandé par Lionel Jospin, devrait être remis en juin par le député Yves Cochet.

Les programmes de développement des énergies renouvelables se poursuivent et les efforts sont concrets : avec 280 millions de francs (42,7 millions d'euros), le budget de l'Ademe consacré aux énergies renouvelables en l'an 2000 a presque doublé par rapport à 1999. Les projets de parcs éoliens présentés dans le cadre des deux appels à proposition Eole 2005 se mettent progressivement en place (voir ci-après l'article sur le parc de Goulien, dans le Finistère). Fin octobre 1999, ces appels à proposition totalisaient quarante et un projets (d'une puissance de 1,5 à 20,25 MW) et une capacité de production de 290 MW.

Fin décembre, la cause du photovoltaïque relié au réseau a évolué à son tour. Les toits solaires, de puissance inférieure à 10 kWc (une unité qui exprime la puissance en crête de l'équipement), sont désormais officiellement autorisés à injecter de l'énergie sur le réseau, depuis la signature d'un accord entre l'association Phébus, le secrétariat d'Etat à l'Industrie, et EDF. La création d'un contrat type par EDF garantit un prix de rachat du kWh égal au prix de vente consommateur, sur la base du tarif « bleu » (de 51,85 centimes à 62,81 centimes hors taxes selon l'installation, soit 0,079 à 0,096 euro). Une évolution encore timide : l'Allemagne se dote actuellement d'un programme d'installation de 100 000 toits solaires, avec prêts à taux zéro, et un kWh racheté à près d'un deutsche Mark (0,5 euro).

Le solaire thermique et le bois énergie font aussi l'objet d'un soutien actif. L'Ademe a récemment lancé son « plan soleil », une initiative qui associe le programme Hélios 2006 d'aide à l'installation de chauffe-eau solaires, et une campagne de publicité. Et la filière bois-énergie fait aussi l'objet d'un coup d'accélérateur après les dégâts forestiers dus aux tempêtes de décembre (voir encadré).

Les réalisations se mettent en place de manière assez lente mais s'inscrivent dans un mouvement de fond favorable aux énergies renouvelables. Avec, pour enjeu, la prise en compte des questions de développement durable : réduction de la consommation d'énergies fossiles et des émissions de carbone, responsables de l'effet de serre. Ainsi, les grands groupes (Total, Shell, BP, Jeumont, etc.) créent des filiales « énergies renouvelables ». Pour leur part, les collectivités locales regardent avec intérêt les opérations pilotes et leurs avantages au niveau local. Enfin, les particuliers étudient les solutions « propres » pour leur habitat (voir l'exemple de la toiture solaire sur une maison du Loiret page 74).

Une directive européenne attendue

Quant aux industriels et promoteurs des énergies renouvelables, ils espèrent que les pouvoirs publics clarifieront enfin leur position. Lionel Jospin, Premier ministre, a commandé en décembre dernier un rapport sur la valorisation des énergies renouvelables à Guy Hascoët, député « Vert » du Nord. Ce dernier vient d'être appelé au secrétariat d'Etat à l'Economie solidaire, et le dossier est confié à Yves Cochet, député « Vert » d'Ile-et-Vilaine. « Il faut organiser les filières des énergies renouvelables en un marché national suffisamment fort pour exister économiquement », souligne-t-il. Le rapport de cette mission devrait être remis au Premier ministre fin juin. Cependant, le 29 mai, à l'occasion d'un colloque organisé par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) à l'Unesco, Lionel Jospin devrait annoncer les orientations de ce texte avant sa rédaction définitive. Autre événement attendu : la publication de la directive européenne sur l'accès au réseau électrique des sources d'origine renouvelable. En outre, le 10 mai, la Commission européenne a transmis aux Quinze une proposition de directive qui porterait à 12% la part d'énergies renouvelables dans la consommation d'énergie en 2010. « L'état des lieux est encourageant mais il faut mettre les bouchées doubles », résume André Antolini, président du SER.

Bois énergie : l'effet tempête

Sur les 140 millions de mètres cubes de bois abattus par les tempêtes, 50 à 60 millions de mètres cubes de « petit bois » gênent le reboisement, posent un problème sanitaire (insectes, champignons...), et favorisent les incendies. « Il faut extraire et stocker le matériau, et développer son marché », explique Claude Roy, directeur de l'agriculture et des énergies renouvelables à l'Ademe. Une campagne d'information, lancée en avril, incite les particuliers à stocker du bois vert. Le réseau de distribution créé avec Castorama (« Le Moniteur » n° 5031, p. 8) sera complété par d'autres distributeurs.

D'ici à l'automne, des appareils de chauffage au bois seront commercialisés à des conditions intéressantes, ajoutant 20 000-30 000 appareils aux 180 000 vendus annuellement. Seraient ainsi consommés 4 à 5 millions de mètres cubes supplémentaires. Environ 200 chaufferies urbaines au bois seront construites cette année, absorbant 200 000 à 300 000 m3 de plus. Quant à la reconversion de centrales à charbon de production d'électricité en centrales à bois, elle n'entrera en application qu'en 2001.

"Briser le cercle et créer un système incitatif..." JEAN LOUIS BAL, directeur adjoint aux bâtiments et aux énergies renouvelables, à l'Ademe

Seriez-vous favorable à l'implantation de solutions d'énergies renouvelables lors de la construction de bâtiments publics ?

JEAN-LOUIS BAL : Bien sûr ! Mais ces options ne sont ni compétitives ni examinées. Or, si le marché n'existe pas, elles ne pourront jamais accéder à une compétitivité. Il faut briser ce cercle et créer un système incitatif sur une période longue, avec des aides dégressives, pour lancer les marchés.

Avec Eole 2005 et Hélios 2006, l'Ademe développe les marchés. Soutenez-vous aussi la recherche ?

Le budget consacré aux énergies renouvelables est de 280 millions de francs (42,7 millions d'euros) pour 2000. La moitié est destinée à la recherche et au développement, l'autre aux marchés. En photovoltaïque, nous aidons la recherche sur les matériaux en couche mince et le développement des fabricants nationaux. Le soutien à l'éolien se concentre sur les appareils jusqu'à 200 kW, et sur les gros aérogénérateurs, comme ceux de Jeumont Industrie.

Que va devenir le programme de parcs éoliens Eole 2005 avec la loi sur la déréglementation du marché de l'électricité ?

Il est dans une phase d'incertitude dommageable pour les industriels. Les 50 MW qui devraient être installés en 2000 sont insuffisants par rapport aux objectifs de 3 000 MW en France d'ici à 2010. Nous ferons le point au colloque de l'Ademe, en décembre à Narbonne. D'ici là, on adoptera peut-être de nouvelles positions politiques.

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"Bénéficier d'une TVA réduite à 5,5 %..." ANDRE ANTOLINI, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER)

Jugez-vous la période favorable à la promotion des énergies renouvelables ?

ANDRE ANTOLINI : 2000 est une année clé : la directive européenne sur l'électricité d'origine renouvelable sera conduite par la France lors de sa présidence de l'Union au second semestre. L'opinion comme les décideurs prennent conscience des enjeux, tant économiques qu'environnementaux, des ressources énergétiques.

Quelle est la situation des industriels français de ce secteur ?

Les entreprises ont survécu et amélioré leur technologie outre-mer, grâce à la loi Pons de défiscalisation. Ces marchés sont désormais trop étroits. Nous devons démontrer aux pouvoirs publics l'urgence de se donner un marché intérieur, qui permettra à ces industriels de se positionner dans la compétition mondiale.

Quelles sont, selon vous, les mesures les plus urgentes à prendre ?

La politique de baisse artificielle des prix menée via Eole 2005 ne porte pas ses fruits. Il faut établir un tarif de rachat du kilowattheure éolien aux alentours de 0,50 franc (0,073 euro), pour développer des parcs importants et rentables. Une révision des POS dans les régions venteuses inciterait les communes à installer des éoliennes. En micro-hydraulique, l'information du public est indispensable : l'exploitation du gisement peut être développée. Enfin, la géothermie, le solaire thermique, le bois énergie doivent bénéficier de la TVA à 5,5 % comme les autres sources d'énergie.

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