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Energies renouvelables : la compétitivité, plus que jamais, au coeur du débat
Photovoltaïque : une filière à reconstruire - © © SER

Energies renouvelables : la compétitivité, plus que jamais, au coeur du débat

Elisabeth Salles |  le 07/02/2012  |  France entièreEnergies renouvelableslivreblancSER

Inconditionnels des énergies renouvelables, mais "inconditionnels réalistes". Ce mot de Gérard Mestrallet, le p-dg de GDF Suez, résume bien les débats du 13ème colloque du Syndicat des Energies Renouvelables qui s'est tenu le 7 février devant 1 200 personnes.

Les énergies renouvelables ? "Elles sont incontournables", dit le patron d'Areva, Luc Oursel ;  "Nous sommes des inconditionnels", affirme le p-dg de GDF Suez ; "Nous les prenons très, très au sérieux", déclare l'administrateur général du CEA, Bernard Bigot. Oui, mais...

Certes, le développement de ces énergies est une réalité : le parc éolien a été multiplié par 4 depuis 2007, le parc photovoltaïque par plus de 200. La part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie finale est passée de 9,7% en 2005 à 12,9% en 2010. Toutefois, précise le directeur général de l'Energie et du Climat, Pierre-Franck Chevet, "nous sommes aujourd'hui un peu en-dessous de la trajectoire souhaitée, souhaitable".

Parmi les freins, l'acceptabilité bien sûr, aussi "bizarre" que cela puisse paraître au vu de l'engouement manifeste par les Français pour ces énergies quand on les interroge. Mais aussi, surtout et toujours, la compétitivité. Qui oblige à s'interroger sur le poids de ce développement pour le consommateur. Pierre-Franck Chevet rappelle les chiffres : « le prix de production de l'électricité en France est actuellement de 50 euros le MWh, il est de 70 à 80 euros le MWh pour l'éolien à terre, 120 euros pour la biomasse, 240 à 400 euros pour le photovoltaïque. Il sera pour l'éolien offshore de 180 à 200 euros », estime-t-il.

"Les pudeurs déplacées que certains manifestent régulièrement lorsqu'on évoque les investissements que constituent les énergies renouvelables ne sont plus de rigueur", avait avancé Jean-Louis Bal, le président du SER (Syndicat des Energies Renouvelables), en ouvrant le colloque. "On sait désormais que la modernisation du parc de production d'énergie nécessitera, quels que soient les choix, des investissements impactant à terme les prix et les tarifs".

Et si ce développement des énergies renouvelables était l'occasion de constituer "une rente pour les générations futures" après avoir laissé des dettes à nos enfants ?

Pas sûr que le ministre de l'Industrie et de l'Energie l'entende ainsi, lui qui suggère au SER d'introduire dans ses prochains Livres blancs un chapitre sur "la contribution des énergies renouvelables à l'ensemble de l'économie"... Et de fixer deux objectifs à la filière : "développement industriel en France et compétitivité par rapport aux autres sources d'énergie.
Car les emplois créés par les filières des énergies renouvelables ne seront réellement des emplois créés qu'à la condition que les coûts des filières renouvelables rejoignent ceux des autres filières. Dans le cas contraire, le coût de soutien aux énergies renouvelables nuira aux emplois en dehors du secteur de l'énergie, en impactant négativement le pouvoir d'achat de nos concitoyens comme la compétitivité de nos entreprises".

En des termes différents, la ministre de l'Ecologie ira presque plus loin. Contestant d'abord "vivement tous ceux qui nous disent qu'en période de crise, c'est un luxe de s'occuper de transition écologique", elle estime que les filières vertes "sont le moteur du rebond et pas la cerise sur le gâteau quand tout va bien".

Oui mais... Le soutien gouvernemental "payé par le consommateur" s'élevait  à 337 millions d'euros en 2007. Il sera de 2,2 milliards cette année, 7 milliards en 2020. Si ce soutien est sans contrepartie en termes d'emplois, "il ne sera plus légitime et finira par s'effondrer"...
La crise, pourtant, "ne doit pas être l'occasion d'appuyer sur le frein mais d'accélérer en créant de l'emploi, en participant à la réindustrialisation" de notre pays, rebondit Nathalie Kosciusko-Morizet en conclusion.

Pour consulter le Livre Blanc du Syndicat des Energies Renouvelables, cliquez ici

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