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Energies 2050 : le gaz renouvelable contre-attaque
Président de Coénove, Bernard Aulagne a détaillé le 17 février sa vision de la contribution du gaz renouvelable à la décarbonation du bâtiment. - © Coénove

Energies 2050 : le gaz renouvelable contre-attaque

Laurent Miguet |  le 17/02/2022  |  BiogazFrance

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Le gaz renouvelable facilitera la transition du bâtiment vers la neutralité carbone, malgré son exclusion de la réglementation environnementale 2020. Pour le démontrer à quelques semaines de l’élection présidentielle, l’association Coénove a détaillé le 17 février sa vision de la trajectoire vers l’horizon 2050.

L’équation « décarbonation égale électrification » se heurte à trop d’incertitudes techniques, écologiques et financières pour emporter l’adhésion de Coénove. Les industriels, fournisseurs et installateurs regroupés par cette association opposent une autre équivalence : « Efficacité énergétique plus gaz renouvelable égale neutralité carbone ».


« RTE, ce n’est pas la bible »


« Sortons d’une vision monolithique ! La prospective Futurs énergétiques 2050 du Réseau de transport d’électricité, ce n’est pas la bible », martèle le président Bernard Aulagne.

A l’horizon 2050, un gisement sécurisé de 420 TWh fonde les analyses prospectives détaillées le 17 février par l’association. Entièrement renouvelable, ce potentiel repose principalement sur la méthanisation (135 TWh), mais aussi sur la pyrogazéification des déchets solides, sur les gaz thermaux et l’hydrogène. Il permet de répondre à une demande estimée à 320 TWh, soit 28 % du marché de l'énergie contre 33 % aujourd'hui.

Gisement
Gisement - © Coénove
La filière Gaz renouvelable compte sur un gisement sécurisé de 420 TWh en 2050.

Sur ce total, la part du bâtiment s’élève à 100 TWh, dont 85 pour le résidentiel : une consommation transmise par des chaudières à très haute performance énergétique ou par des pompes à chaleur, y compris des modèles hybrides qui peuvent associer le gaz et l’électricité photovoltaïque.

Un décollage prometteur

Du producteur au consommateur, la bonne maintenance des 230 000 km du réseau garantit la disponibilité de la ressource qui présente par ailleurs une remarquable capacité de stockage et une empreinte carbone favorable : 24,4 g de CO2/kWh, soit 10 fois moins que le gaz naturel, mais aussi une performance meilleure que son équivalent électrique, selon les calculs homologués dans la réglementation environnementale 2020 (RE 2020).

Avec 365 sites de production de méthane connectés au réseau au 31 décembre 2021, soit 6,4 TWh, le décollage du marché encourage Coénove, qui vise 70 TWh en 2030. De l’élimination des déchets à l’enrichissement des sols, les externalités positives renforcent l’argumentaire, de même que la gestion des pics hivernaux : de la fin janvier au début février 2018, l’électricité n’a fourni que 30 % de la demande à 8 h du matin, contre 37 % pour le gaz.

Demande hivernale
Demande hivernale - © Coénove
L'électricité n'a répondu qu'à 30 % du pic de demande hivernale de la fin janvier et du début février 2018.

Le mur des électriciens

Face à son plaidoyer pour la complémentarité,  le président de Coénove se heurte à une réponse des électriciens qu’il résume en ces termes : « Il y a de la place pour moi et pour moi ! ». Entre les difficultés techniques du chantier du réacteur EPR de Flamanville, l’absence de progrès sur la question des déchets nucléaires et les questions posée par le stockage ou la flexibilité du réseau électrique, le contexte appellerait des analyses plus nuancées, selon lui.

Le médiocre bilan des rénovations à basse consommation alimente l’amertume des partisans du gaz renouvelable : Bernard Aulagne y voit « un effet pervers des soutiens aux installations de pompes à chaleur sans vision de la réduction des besoins inhérente aux interventions sur le bâti ».

L'exclusion met le feu aux poudres

En excluant le gaz renouvelable de la trajectoire de la France vers la décarbonation du bâtiment, la RE 2020 a cristallisé les tensions avec les pouvoirs  publics, comme en témoigne le recours intenté le 29 septembre dernier par Coénove devant le Conseil d’Etat. Cette exclusion contredit le droit européen tout comme la stratégie bas carbone de la France, selon l’association.

A moyen terme, cette dernière craint pour la pérennité du tissu industriel et de la matière grise française, dans l’un de ses domaines d’excellence. L’actualité réglementaire offre heureusement des perspectives plus réjouissantes : Coénove attend avec impatience le décret  d’application de la loi Climat qui consolidera la filière naissante, à travers le lancement du marché des Certificats de production de biogaz.

Rendez-vous en juillet 2023

Pour enrichir le débat sur la comparaison entre les filières énergétiques, l’association a lancé une étude sur leur empreinte environnementale. « La maîtrise du carbone fait partie d’un tout », justifie Bernard Aulagne. Le travail en cours s’inscrit dans la perspective d’un des premiers grands dossiers du prochain quinquennat : la loi de programmation Energie climat, attendue pour le 1er juillet 2023, fixera les orientations de la France jusqu’en 2030.

Commentaires

Energies 2050 : le gaz renouvelable contre-attaque

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DC

18/02/2022 22h:48

LETTRE OUVERTE AU FUTUR(E) PRESIDENT(E) DE LA REPUBLIQUELA NOTION DE NEUTRALITE CARBONE N’EST PAS NEUTRE, ELLE ACCELERE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE.Le concept de neutralité carbone de l’utilisation de la biomasse à des fins énergétiques apparaît avec la crise climatique. Un concept si important qu’il fonde aujourd’hui la loi sur la Croissance verte et le Plan Climat de 2017. En ligne de mire : la neutralité carbone à l’horizon 2050.L'objectif est de sauver le climat en diminuant nos émissions de CO2 pour diminuer la concentration en gaz à effet de serre. Diminuer la concentration atmosphérique, puisqu’elle atteint un niveau inégalé depuis 3 millions d’années ! Il y a donc urgence à diminuer cette concentration en gaz à effet de serre.Sauf que ce concept de neutralité carbone ne tient pas compte du temps !!! Ni du compartiment de l'environnement où se concentre le carbone !!!Alors qu’en matière de lutte contre les gaz à effet de serre, la seule chose qui compte, c’est la quantité et le temps passé dans l'atmosphère par un gaz à effet de serre !Exemple de l’arbre. En captant du CO2 dans l'atmosphère et en emmagasinant du CO2 toute sa vie, l'arbre contribue à diminuer notre empreinte carbone et à réguler le climat. Mais une fois brûlé pour utiliser l'énergie accumulée dans l'arbre, le CO2 de l'arbre est relâché de nouveau dans l’atmosphère. Ce cycle est neutre en termes de masse, chaque tonne de CO2 émise sera captée plus tard. Voilà le concept de neutralité « carbone ». Mais le « plus tard » compte énormément.Certes, la balance de masses est équilibrée, la masse totale en carbone sur notre globe Terre reste constante. Mais la concentration atmosphérique est augmentée. Augmentée, car contrairement à la vapeur d’eau qui revient sur terre sous une dizaine de jours, beaucoup de molécules de CO2 vont rester dans l’atmosphère très longtemps. Très très longtemps : quelques 10, 100 ou 1000 ans. Aussi, plus on renvoie CO2 vers l'atmosphère, plus le CO2 s’y concentre car le temps de séjour du CO2 dans l'atmosphère est long, et en conséquence une part importante du CO2 émis dans l’atmosphère est retenue à chaque cycle.Pour lutter contre le changement climatique il ne faut pas que l’atmosphère soit un puits de carbone. Il faut utiliser les sols comme puits de carbone car le temps de séjour du carbone dans les sols sera beaucoup plus long que dans l'atmosphère.

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