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Energie Construire et rénover autrement
PHOTO - ENQ HLM3.eps - © D.-H. lapprand architecte

Energie Construire et rénover autrement

le 18/09/2008  |  Développement durableEnvironnementRénovationBoisEnergies renouvelables

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Construire économe en travaillant sur la structure du bâtiment et en utilisant des énergies propres, mais aussi réhabiliter en remettant au goût du jour des modes de chauffage d’un autre temps : cinq exemples parmi des centaines d’autres.

Doubs Un projet CQFD concrétisé grâce à Effinergie

Associant ossature et isolation, le procédé constructif de l’artisan haut-rhinois Dorean renforce sa notoriété dans l’habitat social, grâce à Habitat 25. Le bailleur social du Doubs et le charpentier de Burnhaupt-le-Haut concrétisent cette année leur partenariat, noué en 2006 : aux côtés de l’agence d’architecture alsacienne AEA, ils avaient remporté l’appel à propositions CQFD (coût, qualité, fiabilité, délais) du ministère du Logement.

Le passage de l’idée au chantier de Vaires-le-Petit (photo) s’est réalisé grâce à l’appel à projets régional « Construire et rénover les premiers bâtiments basse énergie en Franche-Comté ». La rapidité et la facilité de mise en œuvre s’ajoutent aux qualités thermiques du procédé breveté : un délai de neuf mois suffira à boucler le chantier qui démarrera à la fin de l’année. La pose de l’ossature conçue en poutres treillis ne nécessite aucun engin de levage. Son efficacité énergétique repose sur l’intégration de l’isolant dans la structure. Engagé dans une démarche de qualité environnementale attestée par une certification ISO 14 001, le bailleur social du Doubs remplit facilement l’objectif de consommation d’énergie plafonnée à 60 kWh/m2.an correspondant au label Effinergie.

« La coque isolante du système Dorean a permis à la maîtrise d’œuvre de se concentrer sur une forme compacte, reléguant le choix de l’énergie au second plan », expose Arsène Perros, adjoint à la direction de la construction. Balcons et avancées de façades forment une structure indépendante qui évite les ponts thermiques. Seul bémol : la difficulté à répondre à la réglementation acoustique a conduit à choisir le béton pour les murs de refend et les planchers. « Déjà mise en œuvre dans les 19 logements que nous avons réalisés près de Mulhouse pour le Nouveau logis de l’Est, la mixité bois-béton permet de débloquer un frein, pour les maîtres d’ouvrage qui hésitent à choisir l’ossature bois », estime Claude Schmerber, créateur et dirigeant de Dorean.

Vosges Ossature bois à énergie positive sur quatre étages

Saisissant l’opportunité d’un site offrant de bonnes conditions d’ensoleillement, le Toit Vosgien construit à Saint-Dié 30 logements à énergie positive (photo), répartis dans deux immeubles R 5. Quelque 1 000 mètres carrés de capteurs solaires et de panneaux photovoltaïques répartis sur les toits et les balcons permettent de produire un surplus d’électricité estimé à 7 000 kWh par an. « Avec ces immeubles de 4 étages combles, nous réalisons une première européenne dans le domaine de l’énergie positive appliquée à une structure bois. Plus un immeuble comporte de logements, plus le seuil de positivité est difficile à atteindre », remarque Emmanuel Ballot, du cabinet Gest’Energie en charge de la dimension environnementale de l’opération.

Associés dès l’origine du projet à l’architecte François Lausecker, les ingénieurs ont conçu deux circuits indépendants pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. « Nous avons également beaucoup travaillé sur l’isolation des bâtiments à ossature bois et la qualité des matériaux, afin d’obtenir des performances thermiques qui limitent le recours au chauffage », précise Jean-Marc Gremmel, directeur du Toit Vosgien.

En effet, l’entreprise sociale de l’habitat place la réduction des charges en tête des objectifs du projet, inscrit dans une politique constante : en 2000, le bailleur avait déjà réalisé un bâtiment R 2 de 20 logements dépassant les normes de la RT 2012 ; l’organisme HLM poursuit dans le même esprit la rénovation de ses 2 400 logements et lance la construction de 22 maisons à basse consommation, dans le cadre de la convention de rénovation urbaine de Saint-Dié.

Champagne-Ardenne L’Effort Rémois remet au goût du jour le poêle à bois

Principal bailleur social de Champagne-Ardenne, L’Effort Rémois (Groupe Plurial) gère 22 500 logements. Chauffés dans leur immense majorité au gaz, 2 000 d’entre eux utilisent toutefois l’électricité. Ces 2 000 logements se répartissent en 1 200 appartements et 800 maisons individuelles. Le parc de radiateurs est remplacé progressivement par des appareils beaucoup plus performants mais cette année L’Effort Rémois a décidé d’innover en dotant 400 pavillons de poêles à granulés de bois.

A première vue, cette innovation n’en est pas une, puisqu’elle consiste à remettre dans le circuit un bon vieux mode de chauffage prisé par nos aïeux. Sauf que la SA d’HLM rémoise a demandé à un fabricant de poêles de la région de mettre au point pour elle un nouveau modèle qui assurera une température constante dans la pièce chauffée grâce à une sonde. L’Effort Rémois est en effet parti du constat que « certains poêles à bois chauffaient trop », ce qui incite parfois les locataires à ouvrir la fenêtre, un geste pas très rationnel à l’ère du développement durable.

Les premiers tests semblent concluants. « On atteint jusqu’à 50 % d’économies », signale Alain Nicole, directeur général de L’Effort Rémois. Les 400 poêles nouvelle génération seront installés à partir de septembre-octobre, leur distribution devant s’étaler sur quatre ans.

Cet équipement, dont on saura bientôt en conditions réelles de fonctionnement s’il est vraiment « révolutionnaire », fait partie d’une stratégie à plus long terme du bailleur visant à « faire baisser de 35 % le coût du chauffage électrique en sept ans ». Un plan qui passe notamment par le renforcement de l’isolation des façades et des combles, mais aussi par une campagne de sensibilisation des locataires. Leur solvabilité dépend en partie d’une diminution des charges.

L’Effort Rémois souhaite aller plus loin, en faisant produire de l’énergie à certains de ses bâtiments. Une opération pilote sera menée en 2009 sur la ZAC Jeanne-d’Arc à Reims, avec la construction d’un immeuble positif de 26 logements destinés à la location (photo). Moyennant un net surcoût (2 000 euros/m2 au lieu de 1 300), ce petit collectif sera truffé de capteurs photovoltaïques, sur l’intégralité du toit et sur les balcons. « On utilisera tous les matériaux existants pouvant produire de l’énergie photovoltaïque », souligne Alain Nicole. Les logements proprement dits seront quant à eux passifs, grâce en particulier à du triple vitrage et à 25 cm de laine minérale en isolation extérieure.

Alain Nicole*« Faire du préfabriqué basse consommation » Quels sont vos projets ?

Nous avons demandé à l’architecte Frank Plays de travailler sur une maison maçonnée basse consommation. Nous pensons en effet qu’il y aura un retour aux constructions en préfabriqué. Nous voulons aussi tester une sur-isolation couplée à une ventilation double flux sur 20 à 40 logements existants pour descendre à moins de 50 kWh/m2.an. Mais c’est compliqué.

Quelle difficulté rencontrez-vous ?

Nous ne disposons pas d’une hauteur sous plafond suffisante pour faire passer les gaines techniques. Nous envisageons par conséquent de les faire passer verticalement. L’économie espérée est de 50 %.

Ces nouveaux procédés induisent-ils d’autres contraintes ?

Ils nécessitent d’énormes investissements, financés en grande partie sur nos fonds propres. Ils impliquent aussi de former le personnel en vue de la maintenance et du dépannage des installations.

%%GALLERIE_PHOTO:0%% (*) Directeur général de L’Effort Rémois.
Pas-de-Calais Sensibiliser les locataires aux charmes de la HQE

«Il faut expliquer en quoi consiste le développement durable et quelle est la plus-value des logements construits comme cela » : tel est le premier bilan que tire Denis Ratelade, responsable de la maîtrise d’ouvrage d’Habitat 62/59. Un bailleur social (19 000 logements) basé à Coquelles (62), qui a livré cet hiver 43 logements locatifs à ossature bois à Arques (62) (photo).

Tous les acteurs se sont mobilisés pour faire une opération HQE exemplaire. Le maire a apporté le foncier, l’Etat et la région, des subventions. L’entreprise Belbois a pris cinq lots (ossature bois, couverture, doublage, charpente, électricité), un facteur d’économies.

Le projet est ressorti avec de bonnes performances thermiques (gain CRef 47 % par rapport à la RT 2000) à 1 200 euros le m2 (hors foncier, honoraires et VRD), soit un bon rapportqualité/prix.

Mais les locataires de base se sont plaint des cheminements en sable stabilisé qui étaient poussiéreux au printemps. Les parkings aux extrémités de l’opération ? « C’est une culture que beaucoup de clients n’ont pas comprise », raconte le bailleur. Quant aux enfants, ils ont transformé en dépotoir le bassin de tamponnement situé en aménagement central de la parcelle. « On gère des réclamations inhabituelles, il y aura un gros effort de communication à faire quand on livrera ce type de produit », souligne Denis Ratelade.

Les excellentes performances thermiques auront de quoi satisfaire les locataires. Mais Denis Ratelade nuance avec pragmatisme : « On fait des projections mais les gens vivent différemment et se chauffent différemment. » Les consommations seront donc mesurées en 2009 après une saison de chauffe.

Pour fiabiliser la démonstration, Solener, le BET HQE de l’opération, a fait faire en fin de chantier un test d’étanchéité à l’air « Blower Door ». Les quelques fuites constatées au niveau de prises de courant au rez-de-chaussée ont été facilement maîtrisées grâce au repositionnement des isolants. Tout est prêt pour dévoiler aux locataires d’Arques les charmes de la HQE.

Gironde Du béton cellulaire pour 20 logements sociaux

L’Opac Gironde Habitat a livré, à la fin du mois de juillet, 20 logements sociaux (dix T3 et dix T4) dans la commune de Tresses. Le programme a été construit en Thermopierre (béton cellulaire), produit par Xella (Mios, Gironde). Depuis 2005, Gironde Habitat est actif sur les thématiques « développement durable » : performance énergétique, énergies renouvelables et matériaux « écologiques », dont le béton cellulaire Thermopierre de Xella. « Nous construisons une quarantaine de logements en béton cellulaire par an. C’est l’une des solutions pour éviter les ponts thermiques, mais il n’y a pas de solution universelle », assure Jean-Luc Lajous, responsable du service développement durable.

Le programme de Tresses (photo) est né en 2006, à la faveur de l’appel à candidatures du ministère de l’Emploi (occupé alors par Jean-Louis Borloo, aujourd’hui en charge du Développement durable) pour des logements « CQFD » (coût, qualité, fiabilité, délais maîtrisés). A Tresses, le coût du m2 habitable ressort à 850 euros (hors VRD). « Ce sont les prix de 2006. Aujourd’hui, il faut compter environ 970 euros/m2 », indique Jean-Luc Lajous. Pour un T3 de 68 m2 avec garage et jardin, l’occupant paiera un loyer mensuel de 420 euros et environ 600 euros de charges d’électricité par an. Les logements sont équipés de capteurs solaires thermiques.

C’est le bloc Monomur épaisseur 30 cm de Xella qui a été retenu pour son rapport performance/coût, posé à joint mince. La perméabilité à l’air des logements a été mesurée, le 12 juin, grâce à un dispositif alliant perméascope et « Blower Door ». « Nous proposons un essai de perméabilité à l’air des bâtiments lorsque nous travaillons avec un opérateur public, mais nous ne le facturons pas », précise Christian Guegan, directeur technique du site Xella de Mios. « La valeur de référence de la RT 2000 est de 0,80 m3 par heure et par m2 de surface de parois froides. » A Tresses, la valeur médiane retenue est 0,41.

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