Immobilier

Endettement immobilier des Français : la Banque de France tire l’alarme

Pour le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, l’endettement des français en matière d’immobilier constitue un risque pour l’économie du pays.
« Par rapport à leur revenu disponible, l’endettement des ménages est passé de 49% en 1995 (…) à 64% en 2005. Ce rythme d’endettement est un élément de fragilité en cas de retournement du marché immobilier dans un contexte de remontée des taux longs », a déclaré M. Noyer dans une lettre adressée au président de la République et rendue publique mardi.

« En France, les prix auraient progressé de 15% en 2005, soit une augmentation totale de 120% depuis 1997 », a ajouté le gouverneur dans cette lettre publiée lors de la présentation du rapport annuel de la Banque.
« Cette phase de hausse des prix est tout à fait atypique par son ampleur et sa durée », ajoute M. Noyer qui précise que ce mouvement « a été soutenu par une progression parallèle (+15%) des crédits à l’habitat, soit un rythme de croissance double de celui des crédits à l’investissement des entreprises ».
« Ce qui se passe sur le marché immobilier est l’une des choses qui montrent que des taux extraordinairement bas n’ont pas que des avantages », avait déclaré le gouverneur en décembre. A la même époque, la Banque de France avait publié une étude mettant en lumière qu’en Europe, « la part du crédit à l’habitat est prépondérante dans tous les pays », et que la France se situe « dans la moyenne européenne ».

Selon Robert Rochefort, Directeur général du Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), « la Banque de France est dans son rôle mais va trop fort, il y a lieu d’être vigilant mais pas alarmiste ».
« S’il n’y avait pas eu cet emballement du crédit, la conjoncture, y compris immobilière, n’aurait pas été aussi bonne », a-t-il déclaré à l’AFP, ajoutant que la probabilité d’un retournement brutal du marché, d’un crack, était faible. « Nous nous orientons plutôt vers un atterrissage en douceur des prix ».

Un avis partagé par le président francilien de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), Marcel Ricard. « Depuis trois ans, nous démentons la possibilité de tout retournement du marché, je pense qu’on se dirige vers un atterrissage en douceur », estime-t-il.
« L’obsession de la BDF et de la BCE est d’éviter la croissance de la masse monétaire », estime M. Rochefort. La BDF « fait un peu feu de tout bois, elle a tort de stigmatiser le dynamisme du crédit, qui est absolument indispensable, sans lui, ce serait une catastrophe ».
Les banquiers centraux ont multiplié ces derniers mois les avertissements sur les bulles immobilières, menaces de plus en plus tangibles pour les économies.

En mars, le gouverneur de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet ne diagnostiquait pas « dans l’immédiat de danger de bulle au niveau de l’ensemble de la zone euro », mais affirmait tout de même qu’il fallait placer le marché sous étroite surveillance.
Aux Etats-Unis, on s’inquiète également, mais pas forcément pour les mêmes raisons. La présidente de la Banque fédérale de Réserve (Fed) de Boston, Cathy Minehan, estimait en mars que « les prix de l’immobilier pourraient baisser (même si cela n’est jamais arrivé en termes nominaux à l’échelle du pays) et l’activité dans le secteur de la construction pourrait diminuer ».

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