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En Haute-Garonne, le toit en pente se rebiffe
Toiture traditionnelle et architecture contemporaine se marient harmonieusement - © © Syndicat charpente, menuiserie, couverture de Haute-Garonne

En Haute-Garonne, le toit en pente se rebiffe

jean-marie constans |  le 24/05/2013  |  TechniqueHaute-GaronneSecond œuvre

Au-delà d’une simple question d’esthétique, la mobilisation des professionnels du secteur en faveur de la couverture traditionnelle repose sur des considérations économiques et techniques.

Face à l’importance croissante des toits-terrasses dans les constructions régionales, les entreprises de charpente et couverture de Haute-Garonne se mobilisent en faveur du toit en pente. Loin d’être anecdotique, explique Michel Clemente, président du syndicat départemental de la charpente, menuiserie et couverture, le sujet a une implication directe sur l’activité des entreprises, mais il concerne aussi le maintien d’un savoir-faire.

 «Le toit en pente et la couverture en tuiles sont inscrit dans l’ADN du pays toulousain. Aujourd’hui ils ne représentent plus que 50% des bâtiments d’activité ou de logements collectifs. La part de marché de nos entreprises a ainsi été amputée de près de 30%  en quelques années ». Une évolution d’autant plus préjudiciable, souligne Michel Clemente, que plus d’une centaine d’entreprises, représentant un millier de salariés, pour les seuls adhérents au syndicat, est concernée. «Mais si l’on prend la totalité de la filière, avec les industriels du bois et de la terre cuite et les entreprises de première transformation, ce sont quelque 11 000 emplois qui sont en jeu sur la seule Haute-Garonne ».

Un système constructif moins couteux

La tradition ne s’oppose pas pour autant à la modernité, assurent les professionnels. Ils rappellent que les toits en pente autorisent des conceptions novatrices et des formes originales, en intégrant des innovations techniques et esthétiques telles les murs rideaux en bois, avec triple vitrage, qui offrent un haut niveau d’isolation thermique. Ce système constructif représenterait, en outre, un coût sensiblement inférieur à la construction, en évitant la contrainte des fondations et la pose d’un plancher en dernier niveau. Mais l’économie, toujours selon les professionnels de la branche qui s’appuient sur une étude du CTMNC (Centre technique des matériaux naturels de construction), s’avèrerait nettement plus importante en terme d’entretien, avec un écart pouvant atteindre 50% sur 30 ans par rapport à une toiture terrasse avec isolation. Pour autant, les charpentiers et couvreurs ne se veulent pas hégémoniques. «Nous souhaitons simplement le maintien d’une bonne mixité dans les constructions nouvelles » affirme leur président. Une attente qui justifie l’action de sensibilisation aujourd’hui engagée auprès des architectes et des maîtres d’ouvrages publics et privés.

   Jean-Marie Constans

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