En direct

En Grande-Bretagne, la banque centrale peine à freiner l'immobilier

Defawe Philippe |  le 23/06/2005  |  EuropeLogementImmobilierInternational

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Entreprises
Europe
Logement
Immobilier
International
Valider

La hausse des prix de l'immobilier ralentit depuis un an en Grande-Bretagne, conséquence de taux d'intérêt plus élevés, mais chacun doute de l'atterrissage en douceur promis par la Banque d'Angleterre.

La flambée a été considérable depuis la fin des années 1990: selon des chiffres de la banque Halifax, qui servent de baromètre du marché, le prix moyen d'un logement a quasiment doublé entre 2000 et 2004, atteignant 162.042 livres (241.853 euros).
Face à cela, la Banque d'Angleterre, qui redoutait une surchauffe suivie d'un krach semblable à celui de 1992-93, a relevé à cinq reprises son taux d'intérêt directeur entre novembre 2003 et août 2004, de 3,5% à 4,75%, afin de rendre les emprunts plus coûteux.

Ce renchérissement du prix de l'argent a commencé à faire effet à l'été dernier: de 22,1% en juillet 2004, la hausse des prix de l'immobilier en glissement annuel, c'est-à-dire par rapport au même mois de l'année précédente, est tombée à 5,7% en mai 2005.

Le ralentissement a été progressif jusqu'en février, avec une perte de vitesse mensuelle de 1,4 point en moyenne, mais s'est nettement accéléré depuis, le rythme passant à 2,1 points, faisant resurgir le spectre d'une correction brutale des prix.
"Un atterrissage en douceur est tout sauf garanti", souligne Ed Stansfield, du cabinet de recherche Capital Economics.
Les choses se sont compliquées, en réalité, depuis Noël, les ménages britanniques ayant moins dépensé qu'à l'accoutumée. Le ralentissement de la consommation, premier moteur de la croissance de l'économie britannique, s'est confirmé depuis, plusieurs chaînes de magasins voyant leurs ventes baisser.
Ce phénomène est étroitement lié au ralentissement du marché de l'immobilier. Les ménages britanniques, dont plus de deux sur trois sont propriétaires de leur logement et qui se sont lourdement endettés pour acheter une maison, consomment beaucoup à crédit, en gageant leurs emprunts sur la valeur de leur logement et la plus-value potentielle qu'ils empocheraient en le vendant.

Tant que les prix de l'immobilier montent, le crédit est facile et la consommation forte. A l'inverse, lorsqu'ils baissent ou progressent moins vite qu'avant, les Britanniques achètent moins, y compris des maisons, contribuant à leur tour à faire baisser les prix.
Le cercle vertueux se transforme alors en spirale infernale: de fait, la croissance a ralenti depuis l'automne et le chômage, même s'il est encore bas, est reparti à la hausse depuis le début de l'année.

Chaque semaine apporte son lot de chiffres alarmistes. Mardi, c'était au tour de la Société royale des experts immobiliers (RICS) britanniques, dont 49% ont fait part d'une baisse des prix en mai, du jamais vu depuis... novembre 1992, dernier krach de l'immobilier en date.
Certes, l'économie britannique est plus solide qu'à l'époque. Selon Howard Archer, économiste du cabinet de recherche Global Insight, il y a cependant un risque de correction brutale des prix de l'immobilier "si l'économie devait ralentir de façon marquée et si le chômage commençait à augmenter fortement dans les prochains mois".
Au-delà de la crainte d'un nouveau krach, les économistes doutent de la capacité de la Banque d'Angleterre à maîtriser le marché.
"La mauvaise nouvelle, c'est que les responsables de la politique monétaire ne peuvent pas faire grand chose pour remédier aux difficultés actuelles des ménages", affirme James Carrick, économiste de la banque ABN Amro.
Selon lui, les Britanniques ont de plus en plus de mal à faire face aux dettes accumulées ces dernières années, le niveau global de remboursement étant actuellement au plus haut depuis 1989. Plusieurs banques ont d'ailleurs fait part de leurs inquiétudes à l'égard du nombre croissant des créances douteuses.

Pierre PRATABUY (AFP)

A lire demain sur Le Moniteur-expert : "Le Japon se remet à peine de la folie immobilière des années 80"

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Diagnostic, entretien et réparation des ouvrages en béton armé en 44 fiches pratiques

Diagnostic, entretien et réparation des ouvrages en béton armé en 44 fiches pratiques

Date de parution : 03/2020

Voir

Contrats publics n° 206 - Février 2020

Contrats publics n° 206 - Février 2020

Date de parution : 02/2020

Voir

170 séquences pour mener une opération de construction

170 séquences pour mener une opération de construction

Date de parution : 01/2020

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur