En direct

En classe avec Jean Prouvé, un serial inventeur qui a fait école

MARGOT GUISLAIN |  le 27/07/2012  |  LoiretBouches-du-RhôneArchitectureERPToiture

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Loiret
Bouches-du-Rhône
Architecture
ERP
Toiture
Education
Meurthe-et-Moselle
Bâtiment
Second œuvre
Veille juridique
Valider
Feuilleton 3/7 -

Créateur à la fois polymorphe et frénétique, Jean Prouvé saute d’un système structurel à un autre. Avec le bâtiment de l’école maternelle Ferrières à Martigues (Bouches-du-Rhône), il expérimente un tout nouveau procédé de toiture-coque, toujours en place après soixante ans d’existence…

Comme une maison avec quatre chambres et un séjour ouvrant sur une vaste terrasse, quatre salles de classe et une salle de jeux s’alignent de plain-pied sur une cour d’école, séparées par des refends en pierre du pays et par une succession de portes-fenêtres vitrées aux menuiseries blanches. L’ensemble est couvert d’une toiture métallique à pente unique qui se termine par un auvent inclinable, formant un déambulatoire à l’ombre du soleil méditerranéen… Ce petit bijou de 512 m 2 qui se découvre au détour de l’allée d’un quartier périphérique de Martigues (Bouches-du-Rhône), est l’école maternelle Ferrières, réalisée en 1952 lors du programme de construction d’équipements scolaires lancé après-guerre par le gouvernement. Lors de l’examen du projet en conseil municipal, les élus ont, dans un premier temps, regretté l’absence de tuiles provençales en toiture - considérée comme une faute de conception - avant de se décider à « faire confiance aux architectes » (Alphonse Arati, Marius Boyer et Charles Lestrade), est-il écrit dans le compte rendu. En arrivant à l’appel d’offres lancé aux entreprises, Jean Prouvé apporte avec lui le système constructif tout juste mis au point dans ses ateliers de Maxéville (Meurthe-et-Moselle), et dont il assure la publicité dans les revues d’architecture. Car, comme il le professe lui-même, « l’école ne devrait-elle pas révéler aux enfants l’architecture de leur temps, plutôt que celle honteusement plagiée du passé » ? (1)

« En se comportant comme un créateur perpétuellement en quête du meilleur que peut apporter la technique, la démarche de Prouvé devient paradoxalement anti-industrielle », explique Catherine Coley, historienne de l’architecture. En effet, à peine primé par le ministère de l’Education pour son système de portique axial présenté lors d’un concours pour la conception d’un prototype de groupe scolaire, le voici qui met en œuvre à Martigues la dernière-née de ses inventions : une toiture constituée d’un assemblage de « coques » à structure métallique, recouvertes d’une tôle d’aluminium. Sur une portée de 11 m, elles protègent la salle de classe et le couloir de distribution en s’appuyant sur des « pieds supports » intermédiaires, entre lesquels prennent place les cloisons, les casiers et les vestiaires. Le tout tramé sur 1,05 m.

Mise en scène d’éléments

Devant une telle logique constructive et spatiale, que viennent faire ici les architectes, peut-on se demander ? « C’est une question toujours sous-jacente. Disons qu’ils mettent en scène les éléments inventés par Prouvé », répond Catherine Coley. Soixante ans après sa livraison, à peine transformée à l’intérieur par quelques faux plafonds, complétée par un petit édifice indépendant pour la cantine, l’école maternelle (labellisée « Patrimoine du XX e siècle » depuis 2001), accueille toujours les bambins au 25, chemin… du Paradis.
Ailleurs, à Dieulouard (Meurthe-et-Moselle), le maire a demandé au Service territorial de l’architecture et du patrimoine l’autorisation de détruire une partie d’une école de la même série, avant de se rendre compte de sa valeur ! Devenues propriétés de la Ville de Nancy, quatre des neuf salles de classe viennent d’être démontées. L’une d’elles sera bientôt exposée au musée de l’Histoire du fer de Jarville-La-Malgrange (à côté de Nancy), tandis que la municipalité de Dieulouard s’est engagée dans une démarche pédagogique pour expliquer aux écoliers les leçons de maître Prouvé…

PHOTO - 657407.BR.jpg
PHOTO - 657407.BR.jpg - © Centre Pompidou, Biblio. Kandinsky, Fonds Prouvé,/j. prouvé/adagp paris 2012
PHOTO - 657408.BR.jpg
PHOTO - 657408.BR.jpg - © Centre Pompidou, Biblio. Kandinsky, Fonds Prouvé, /j.prouvé/adagp paris 2012
PHOTO - 657405.BR.jpg
PHOTO - 657405.BR.jpg - © Monuments historiques, 2004 - de Pierrefeu Odile/jean prouvé/adagp paris 2012
PHOTO - 657403.BR.jpg
PHOTO - 657403.BR.jpg - © Monuments historiques, 2004 - Sylvie Denante/jean prouvé/adagp paris 2012

(1) « Prouvé, cours du Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), 1957-1970 », Editions Mardaga 1990.

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Code commenté de la commande publique

Code commenté de la commande publique

Date de parution : 09/2019

Voir

Histoire de l’architecture agricole

Histoire de l’architecture agricole

Date de parution : 07/2019

Voir

Règlement de sécurité incendie ERP avec historique des versions

Règlement de sécurité incendie ERP avec historique des versions

Date de parution : 07/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur