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En Australie, la construction bois prend de la hauteur

Marie-Hélène Nougaret, en Australie |  le 21/10/2016  |  ImmobilierInternationalEuropehygièneBois

Le « timber » permet de réaliser des bâtiments résidentiels et de bureaux de plus de 25 m.

Depuis quatre ans, les grandes constructions en structure bois font leur entrée dans l'actualité du bâtiment australien. En 2012, le principal promoteur du pays, Lendlease, a réalisé Forte, à Melbourne, sur la zone portuaire Victoria Harbour. C'était à l'époque le plus haut immeuble résidentiel du monde construit en lamellé-croisé (crosslaminated timber , CLT) : plus de 32 m et 10 étages, pour un projet à 7,4 millions d'euros.

En 2014, c'est au tour du premier bâtiment public du continent d'être construit en bois : la bibliothèque des Docks, toujours à Melbourne, toujours construite par Lendlease en lamellé- croisé et lamellé-collé pour 15,5 millions d'euros. Un bâtiment de trois étages au cœur de la ville, situé dans un espace contraint, au bord d'un quai et sur une zone peu stable au niveau des fondations (un quai en bois de 75 ans qui a pu être conservé), et réalisé dans des délais courts afin de ne pas priver le public trop longtemps de sa bibliothèque. C'est le premier bâtiment public d'Australie à avoir obtenu six étoiles de la part du Green Building Council d'Australie. Pour ce chantier de 3 000 m² de plancher, 1 000 m de bois lamellé-croisé ont été importés, comme quasiment 100 % des panneaux bois. Et voilà qu'en juillet 2016, le groupe de BTP australien Strongbuild a entamé la construction d'une résidence de trois tours comprenant six, sept et huit étages, soit 22 000 m² à Campbelltown, qui accueillera 101 logements à prix modique. Plus de 3 000 m de lamellé-croisé, soit 78 containers, sont arrivés d'Autriche début juillet pour ce chantier. Enfin, le premier immeuble de bureaux est en train de sortir de terre dans le quartier en réhabilitation de Sydney, Barangaroo. Portée par Lendlease, cette « International House of Sydney » de 6 850 m², dont la structure en lamellé-croisé et lamellé-collé sera enveloppée de verre, s'élèvera sur six étages.

Un marché porté par une réglementation favorable.

Politiques de soutien. Derrière ces projets bois emblématiques, une réelle tendance de fond émerge, désormais soutenue par un changement fondamental de la réglementation locale. Depuis le 1er mai 2016, le Code de la construction nationale australien autorise les projets en structure bois pour les bâtiments résidentiels, les hôtels et les bureaux, jusqu'à 25 m (huit étages, contre trois jusqu'alors). Concrètement, ces projets doivent simplement se conformer aux exigences générales du Code de la construction (« Deemed-to-Satisfy ») et non plus - comme c'était le cas jusqu'à présent - entrer dans le cadre des « Alternative Solutions » (ou « Performance Solutions »), pour lequel chaque bâtiment doit prouver qu'il est conforme, documents et expertises à l'appui. Une démarche forcément longue et coûteuse.

Dans la foulée, les États fédérés - Victoria et Tasmanie en tête - ont lancé des politiques de soutien à l'usage du bois dans la construction. Quant aux entreprises, elles investissent dans des unités d'usinage des panneaux. Ainsi, le groupe industriel CSR a mis sur pied une unité, Velocity Plant, qui préfabrique la structure, le toit et les sols des bâtiments. Lendlease a fait de même avec son unité DesignMake, un investissement de plus 10 millions d'euros à Sydney, pour répondre à une demande évaluée par l'entreprise à 674 millions d'euros sur les cinq ans à venir. Strongbuild a aussi lancé un projet de plus de 2 millions d'euros pour étendre ses capacités de production d'éléments en bois préfabriqués dans le sud de la Nouvelle-Galles du Sud.

L'optimisme des acteurs repose sur les qualités propres à ce mode constructif : gain de temps sur les chantiers, légèreté (estimée à 30 % par rapport à un bâtiment comparable acier-béton) ; performance environnementale et, surtout, facteur prix sur un marché où le coût de l'immobilier (terrain et construction) n'en finit plus d'augmenter. Une étude de Forest & Wood Products Australia avance que, sur un marché où le bois conquerrait 5 % de part de marché et avec une économie moyenne de 10 % par rapport à la construction en acier-béton, la facture immobilière pour l'Australie s'allégerait d'environ 70 millions d'euros par an, sur dix ans.

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