Projets

En 2019, Marseille inaugurera un nouveau concept de cinéma de centre-ville

Mots clés : Architecte - Manifestations culturelles

En 2019, le cinéma Artplexe Canebière va ouvrir ses portes au public. Dessiné par Jean-Michel Wilmotte, le complexe sera un signal sur une avenue en train de retrouver son lustre d’antan.

C’est à l’intérieur de la librairie Maupetit, en haut de la Canebière à Marseille, que Jean-Jacques Léonard, Gérard Vaugeois et Philippe Dejust ont choisi de présenter leur projet de cinéma Artplexe, installé en face dans un bâtiment dessiné par l’architecte Jean-Michel Wilmotte.

 

Un lieu de vie

 

Caractérisé par ses façades alternant lames de béton matricé et lames de verre, ainsi que par son avancée en forme de proue de 24 m de haut, l’édifice en R+4 abritera sept salles de cinéma, pour un total de 851 fauteuils, trois restaurants, dont un panoramique prolongé d’une terrasse, mais aussi des espaces d’exposition et des « corners » commerciaux placés dans un grand hall traversant. «Le métier d’exploitant de salles de cinéma est un métier en pleine mutation. Aujourd’hui, nous devons proposer des univers qui s’adressent autant à un public de cinéphiles qu’à un public amateur de films populaires et de divertissements de manière générale. Le concept Artplexe que nous développons répond à cet objectif de créer un lieu de vie», a rappelé Philippe Dejust, président de la SAS Artplexe Canebière qui va construire et exploiter le complexe ouvert au public fin 2019. Son objectif est d’accueillir 300 000 visiteurs par an.

 

Combler un manque

 

Il y aura encore largement de la place pour d’autres cinémas. Initiateurs du projet et inventeurs du concept Artplexe, Gérard Vaugeois et Jean-Jacques Léonard, respectivement président et directeur général de la société holding SAS Artplexe, ont voulu combler un manque dans la cité phocéenne. «La ville est parmi les moins équipées de France. L’indice de fréquentation par an et par habitant, qui s’établit à 2,93, est très inférieur à la moyenne des dix plus grandes villes de France. Bordeaux affiche par exemple un taux de fréquentation de 10,56», a précisé Gérard Vaugeois, qui a exploité une dizaine de salles d’art et d’essai en France.

 

Bail emphytéotique de 58 ans

 

Avec l’ambition de créer un nouveau concept de cinéma de centre-ville, lui et son associé Jean-Jacques Léonard sont allés chercher, en mai dernier, Philippe Dejust pour boucler le financement du cinéma Artplexe Canebière qui mobilise un investissement autour de 11 millions d’euros. Ce dernier, qui a vendu sa société Cap Cinéma à CGR, va se consacrer totalement à ce projet ambitieux. Lui et ses deux partenaires veulent en effet participer à une dynamique lancée par la Ville de Marseille pour redonner à la Canebière sa splendeur d’antan. Dans les années 1980, la grande artère commerçante, qui relie le Vieux-Port à l’église des Réformés sur 1 km, abritait encore six cinémas. Ils ont tous disparu.

Associées à la présentation du projet, ce mardi 19 décembre, la maire des 1er et 7e arrondissements Sabine Bernasconi et l’adjointe au maire de Marseille Laure-Agnès Caradec, ont toutes deux exprimé leur espoir que les synergies vont se créer dans un secteur qui compte notamment un conservatoire et le théâtre du Gymnase. La Ville s’est fortement engagée dans le projet. Via un bail emphytéotique d’une durée de 58 ans et un loyer annuel de 15 000 euros complété par une variable en fonction des résultats, elle cède le site laissé vacant par l’ancienne mairie de secteur qui déménage début 2018. En parallèle, elle devrait prendre en charge la rénovation du parking souterrain située à proximité, de même qu’elle va réfléchir à une politique de stationnement adaptée, même si le secteur est desservi par le métro et le tramway.

 

Projet urbain

 

Egalement projet urbain, le futur cinéma en forme de triangle rectangle va reconnecter La Canebière et les allées Léon-Gambetta, les deux allées qui le bordent, grâce au hall traversant. Il occupera également une partie du square Léon-Blum: «Le cinéma, c’est 15% du projet. C’est aussi un projet urbain, un projet humain. C’est le début ou la fin de la Canebière. Le béton matricé dialogue avec la pierre de l’Eglise des Réformés située à proximité. Outre l’esprit de la pierre, nous avons amené de la verticalité. Notre ambition étant d’en faire un signal le jour comme la nuit», a détaillé l’architecte Jean-Michel Wilmotte.

Fruit d’une longue mise au point avec l’architecte des bâtiments de France, le projet peut entrer en phase opérationnelle avec un premier coup de pioche en avril 2018. La consultation des entreprises est prévue en début d’année. Les porteurs du projet privilégient les macrolots.

 

Fiche technique

Programme: 7 salles de cinéma, dont une avec 281 fauteuils et un écran de 15 m.

Surfaces: 3 28O m2 de surface de plancher (SP), dont un hall de 59O m2, une brasserie de 29O m2, un lounge bar de 19O m2 et un restaurant panoramique de 235 m2.

Maître d’ouvrage: SAS Artplexe.

Architectes: Wilmotte&Associés (conception), MAP Architecture (exécution).

Calendrier: 18 mois de travaux.

 

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