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En 2014, Eiffage a tenu bon
Pierre Berger, P-DG d'Eiffage - © © ImageForum

En 2014, Eiffage a tenu bon

Olivier Baumann et Hugues Boulet |  le 26/02/2015  | 

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Dans un contexte difficile, le n°3 du BTP français a su maintenir ses marges en 2014 dans ses activités travaux malgré une baisse de son chiffre d’affaires.

Mi-2014, Pierre Berger avait prévu de finir l’année avec un chiffre d’affaires en légère croissance et une hausse des résultats opérationnel et net. Si c’est finalement une légère baisse qu’aura connu l’activité (-1,9% à 14 milliards d’euros), le PDG d’Eiffage aura vu juste sur les deux autres points et ce, « pour la troisième année consécutive », a-t-il souligné lors de la présentation des résultats du groupe le 26 février. La marge opérationnelle du groupe atteint ainsi 9,6% (+0,4 points) et 3,3% (+0,1 point) dans les travaux, tandis que le résultat net du groupe progresse de 7% par rapport à 2013. Une progression qu’Eiffage attribue à « une bonne maîtrise de l’exécution de ses projets et à une gestion serrée des frais de structure dans les métiers où la baisse des volumes est importante, en particulier en France ».

Pierre Berger a également mis en avant le bon niveau de sa trésorerie ainsi que la diminution de sa dette nette (-565 millions d’euros), « ce qui nous permet de dégager 2,5 milliards d’euros de liquidités ». Une belle somme qui permettrait de « faire face en cas de difficultés ou alors pourquoi pas à préparer de grandes opérations de croissance externes », a-t-il détaillé.

Alors que les concessions ont dégagé un chiffre d’affaires de 2,38 milliards, en hausse de 5,2%, les travaux ont connu une baisse de 3,3%, à 11,6 milliards d’euros. Cette contraction du chiffre d’affaires touche en particulier les travaux publics (-4,2%) et l’énergie (-6,1%), alors que la construction a réussi à se maintenir (+0,5%), notamment grâce à une bonne performance de la promotion immobilière, en hausse de 12,8%. « Dans les travaux, le dynamisme des filiales européennes et les développements récents au grand international (acquisition de la société ICCI au Canada) tirent la croissance à l’international (+8,1%), complète le groupe. En France la baisse du chiffre d’affaires (-5,9%) est consécutive à la contraction de la commande publique, en particulier dans les travaux routiers ».

Le carnet de commandes du groupe est quant à lui quasi-stable (+0,2%) à 11,8 milliards d’euros.

Eiffage travaux publics

Le chiffre d’affaires d’Eiffage travaux publics baisse de 6,1%  à 3,96 milliards d’euros avec des situations contrastées en France (-8,7%)  et à l’international (+3,0% en Europe et +25,9% au grand international). La branche travaux publics voit en revanche  sa marge progresser à 2,4% (2,2% en 2013), malgré la baisse de volume des travaux routiers en France au deuxième semestre, notamment grâce au chantier de la LGV Bretagne-Pays de Loire, qui se déroule « dans le respect du budget et des délais ».

Eiffage Construction

Eiffage Construction, qui voit son chiffre d’affaires progresser de 0,5% à 3,73 milliards d’euros, a réussi à maintenir une marge opérationnelle élevée de 4,2% du chiffre d’affaires. Une bonne performance que le groupe explique par « des frais de structure maîtrisés, une bonne réactivité de l’organisation, ainsi que la poursuite du développement dans le logement ».  La commercialisation des logements est ainsi restée dynamique en France (3231 unités pour 3267 en 2013, année record). Au final, l’immobilier, qui représente 20% de l’activité d’Eiffage Construction et est en progression constante depuis 2010 (où il représentait 13% du CA de la branche), a vu son chiffre d’affaires bondir de 12,8% en 2014.

Eiffage Energie

Malgré un chiffre d’affaires en baisse de 4,2% à 3,02 milliards d’euros, la marge opérationnelle d’Eiffage Energie continue de progresser. Elle représente 3,7% du chiffre d’affaires de la branche, contre 3,1% en 2013 et 1,6% en 2010. Un redressement que le groupe attribue à « la réorganisation des entités sous-performantes en France et à la bonne rentabilité de la division systèmes ». L’activité, déprimée en France (-5,9%) est, comme les travaux publics, dynamique en Europe (+2,3%), essentiellement grâce à la reprise de la commande privée en Espagne.

Eiffage Métal

Dans les travaux, seule la branche Métal voit sa marge opérationnelle chuter. De 4,0% en 2013 elle passe en 2014 sous la barre des 2,0% à 1,9%. Le chiffre d’affaires, lui, diminue de 2,2% à 894 millions d’euros. La situation est très contrastée entre la France, où l’activité chute de 19,8% « avec l’achèvement des grands chantiers », et l’Europe, où la consolidation du groupe Smulders en année pleine et la bonne tenue de l’Allemagne et de l’Espagne ont permis au chiffre d’affaire de bondir de 80%. « La réorganisation de la branche, entamée en 2014, se poursuivra sur 2015 afin de regagner en compétitivité », note le groupe.

Perspectives internationales

Outre, l’Afrique, qui reste une cible importante pour le groupe, Eiffage est désormais présent outre-Atlantique. « Nous avons désormais un pied en Amérique du Nord et un pied en Amérique du Sud : après le rachat du canadien ICCI en 2014, nous achetons le colombien Puentes y Torones », s’est félicité Pierre Berger. Dans les deux cas, c’est Eiffage travaux public qui est à la manœuvre, les deux entreprises étant des spécialistes des ouvrages d’art, en particulier des ponts.

Créée en 1992, Puentes y Torones compte près de 500 collaborateurs et réalise quelque 20 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. L’entreprise, dont le siège social est installé à Bogota, travaille dans toute la Colombie. Elle a notamment réalisé le viaduc El Tigre dans les Andes colombiennes. Elle intervient également dans d’autres pays d’Amérique du Sud. Elle a ainsi participé à la construction des ponts Trillizos, inaugurés en 2010 à La Paz en Bolivie. Puentes y Torones est le n°2 dans son domaine en Colombie avec 25% de part de marché.

Selon Eiffage, cette acquisition donne au groupe « un accès privilégié au continent sud-américain dont les besoins se révèlent très importants dans le domaine des infrastructures de transport, en particulier en Colombie où le lancement d’un programme d’autoroutes dites de 4e génération est le plus ambitieux d’Amérique du Sud pour les dix ans à venir. »

Pierre Berger a indiqué que Puentes y Torones correspondait aux trois critères recherchés par Eiffage : « Être dans un secteur qu’on maîtrise parfaitement, en l’occurrence les ponts ; avoir une technique propre et qu’elle soit en capacité de réaliser tous leurs travaux ; et être profitable. » Le dirigeant a également précisé que ce sont 800 à 900 ponts qui devraient être construits dans les 10 ans à venir en Colombie.

Perspectives 2015 en France

Côté travaux publics, alors que la baisse des dotations de l’Etat se fera sentir cette année et que la réforme territoriale, aux contours encore flous, va encore pousser à l’attentisme des collectivités, Jean-Louis Servranckx, président d’Eiffage travaux publics, estime néanmoins qu’il y a quelques raisons de se réjouir. Tout d’abord l’Agence de Financement des infrastructures de transports (Afitf) après l’affaire écotaxe, a finalement vu son budget sécurisé pour cette année. Par ailleurs, « l’Etat accélère sur les contrats de plan Etat-Régions, qui devraient finalement tous se mettre en place d’ici le 2e semestre 2015 ». Sur la route, activité sinistrée s’il en est, Pierre Berger se veut là aussi optimiste : « nous ne voyons pas d’éléments tangibles qui permettent de dire que les deux semestres de 2015 seront pires que le 2e semestre 2014 ». Et le PDG de redire la nécessité d’un lancement rapide du plan de relance autoroutier, qui permettra de générer rapidement 3,2 milliards d’euros de travaux. Côté génie civil, le Grand Paris, où Eiffage est déjà présent, et qui avance « plutôt bien » selon Pierre Berger, devrait quant à lui générer « énormément de travaux  dans les mois qui viennent ».

Malgré tout, le groupe anticipe pour 2015 "un léger repli de son chiffre d'affaires et une nouvelle augmentation de son résultat".

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