Logement

Emmaüs Gironde développe des chalets d’urgence tout bois

Mots clés : Bois - Lutte contre l'exclusion

Douze ans après les premiers chalets d’urgence en bois, Emmaüs Gironde se lance dans la construction de nouveaux, plus grands et, si possible, biosourcés. Les premiers chantiers sont en cours dans la banlieue bordelaise.

Pascal Lafargue, président d’Emmaüs Gironde est l’acteur principal de cette initiative locale de construction de chalets d’urgence en bois, à destination des populations fragiles. Une offre qu’Emmaüs Gironde a développée depuis au niveau national. Après avoir monté un démonstrateur à Bordeaux, il y a une décennie, Pascal Lafargue a étoffé l’offre, racheté une entreprise girondine de transformation du bois et l’a dédiée à la fabrication en série des chalets. Désormais, ce sont directement les collectivités locales qui passent commande à Emmaüs Gironde. Nouveauté: ce sont des chalets plus spacieux, véritables logements tout en bois, développés avec l’agence d’architecture 2PM Architecture (Bordeaux). Le premier de cette nouvelle série est en cours de montage au Haillan dans la banlieue de Bordeaux. Un site d’hébergement de mineurs non accompagnés de 40 places va également voir le jour à Mérignac, avec le même architecte.

 

Un chalet place Pey-Berland

 

Le président d’Emmaüs Gironde resitue cette offre de logement d’urgence: «C’est une histoire née il y a 12 ans, quand j’ai visité une usine de transformation de bois à Saint-Seurin-sur-l’Isle (Gironde), qui était gérée par une association de protection des handicapés. Elle allait fermer, avec encore une douzaine de travailleurs handicapés actifs. Nous l’avons rachetée. J’avais remarqué qu’ils fabriquaient des boxes à chevaux, de superbe qualité, mais dont le marché allait s’arrêter. Je leur ai dit: si vous faites ces boxes, vous êtes capables de faire des petits chalets d’urgence sur le principe des refuges de montagne, pour les gens qui sont à la rue, que l’on pourrait proposer de monter dans les quartiers des communes de Gironde. Pour le premier anniversaire de la mort de l’Abbé Pierre, j’ai proposé au maire de Bordeaux de construire un chalet place Pey-Berland. Alain Juppé a donné son accord, et il a été construit le 22 janvier 2008.»

 

Sas temporaire

 

Rapidement, le concept passe à des réalisations concrètes, à la demande de plusieurs communes de l’agglomération bordelaise. Une convention tripartite avec le Conseil départemental de la Gironde en 2009 booste même la demande de logements d’urgence par les communes. Le principe de la convention est simple: le département achète le chalet, fabriqué par Emmaüs Gironde, et le cède à la commune d’implantation, qui apporte le terrain et finance les raccordements. Ensuite, elle gère l’occupation du logement. «On y loge des jeunes couples, des personnes en difficulté, des personnes en placement extérieur ou, simplement, des personnes en difficulté qui sont en attente d’un HLM. C’est un sas temporaire. Pour Lyon Métropole, nous avons construit un centre d’hébergement et de réinsertion sociale de 27 places. Pour la communauté de communes de Bastia nous avons réalisé 27 maisons pour résorber un bidonville. Depuis dix ans, nous avons construit l’équivalent de 180 appartements et maisons et logé plus de 500 personnes en Gironde, Auvergne, Landes, Corse, Hérault, Charente, toujours à la demande des collectivités».

 

Un nouveau modèle, plus grand

 

Mais le système atteint également ses limites: 15 m2 habitable, c’est trop peu pour être accessible aux personnes à mobilité réduite, être conforme à la réglementation notamment pour la salle de bain. Le président d’Emmaüs fait alors appel à Paul Rolland, architecte bordelais, mis en relation par Philippe Barre, cofondateur de l’écosystème Darwin, qui accueille une crèche en bois. L’architecte conçoit un nouveau modèle de chalet plus grand, totalement accessible, confortable, tout en bois, montable et démontable facilement. «Les chalets eux-mêmes ont évolué, se sont agrandis, on est passé de 16 à 21 m2 pour être accessibles aux handicapés. Le premier chalet dans la banlieue de Bordeaux comprend deux maisons mitoyennes à ossature bois séparées par un porche. L’un des chalets est un T5 familial et l’autre un T4 destiné à des colocataires: chaque chambre est flanquée d’une salle de bains personnelle» précise l’architecte.

D’autres projets sont en cours avec Emmaüs, notamment pour faire face au manque de logement de l’urgence sociale (pour femmes battues par exemple) et d’autres foyers de mineurs non accompagnés. Le créneau sur lequel Emmaüs Gironde se positionne n’est pas concurrentiel avec le secteur du logement social. Mais il entend bien également orienter sa production vers des logements utilisant des matériaux biosourcés: du bois des Landes, des structures démontables et, pourquoi pas, de la terre crue. Après les logements bois du Haillan, livrés fin mars, sont prévus des logements similaires à Génissac, Eysines et Parempuyre en Gironde.

 

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