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Embauches au beau fixe dans les bureaux de contrôle
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Embauches au beau fixe dans les bureaux de contrôle

Coralie Donas |  le 15/06/2018  |  ConjonctureEntreprisesInternationalFrance entièreTravail

Portés par la reprise dans le BTP, les employeurs du contrôle technique adoptent différentes stratégies pour attirer de nouvelles compétences.

« Nous avons, en 2017, battu des records sur le front du recrutement ! », se réjouit Sébastien Botin, DRH de Socotec (4 600 salariés), qui a ainsi intégré 320 nouveaux collaborateurs sur cette période. A l'instar des autres majors du contrôle technique, l'entreprise profite du redémarrage de l'activité dans la construction. Socotec prévoit en effet 5 % de croissance cette année, et, avec un turnover en hausse, s'organise pour renouveler ses troupes. Plus de 250 personnes devraient ainsi rejoindre les activités de contrôle technique du groupe. Bureau Veritas (8 000 salariés en France au total), qui a accueilli 1 250 personnes l'an passé, se refuse pour sa part à communiquer ses prévisions, mais devrait rester dans la même dynamique en 2018.

Pour répondre à ses besoins, Socotec a renforcé son service des ressources humaines avec des professionnels issus de cabinets spécialisés. Quatre postes sont désormais dédiés au recrutement pour la seule activité de contrôle technique. « Toutes les entreprises intervenant dans la chaîne du BTP recherchent les mêmes profils », pointe Géraud Huguet, directeur pour l'acquisition de talents, qui a d'ailleurs rejoint le groupe l'année dernière pour orchestrer cette campagne de recrutement. D'où la nécessité, pour les employeurs, d'accroître leur visibilité.

A la rencontre des jeunes. « Socotec est une marque reconnue, mais qui doit encore se faire connaître. Cela passe notamment par les réseaux sociaux et la structuration d'un processus de recrutement digitalisé », poursuit Géraud Huguet. L'un des objectifs majeurs des employeurs : attirer des jeunes et développer l'alternance. Pour relever ces défis, les bureaux de contrôle s'attachent en premier lieu à soigner leur politique de relations écoles. L'enjeu est, ici, de faire découvrir leurs métiers, moins populaires que ceux des travaux, aux jeunes.

« Nous avons mené à cet effet un important travail de pédagogie auprès des étudiants et des établissements : il y a une dizaine d'années, nos métiers étaient encore assez obscurs, rappelle Isabelle Gozdowski, DRH du groupe Apave (8 340 salariés). Ces actions passent notamment par des campagnes de communication, l'accueil de stagiaires ou encore l'intervention de nos salariés dans les écoles d'ingénieurs, dans le cadre d'enseignements liés aux questions de sécurité. » A l'origine largement tourné vers l'industrie, Apave cherche à renforcer sa place sur le marché de la construction.

Même combat pour Dekra Industrial (3 200 salariés), entreprise allemande spécialisée à l'origine dans le contrôle automobile. « Notre objectif pour 2018 est de valoriser notre marque employeur, de communiquer davantage sur nos métiers, et de multiplier les relations avec les étudiants, illustre Catherine Humblot, sa DRH. Nous mettons à ce titre en place le projet “Back to school”. » L'idée ? Des ingénieurs et techniciens volontaires retournent présenter leur profession aux élèves dans l'établissement où ils ont étudié.

Diversifier les sources de recrutement. Les employeurs du contrôle technique utilisent aussi la gamme des outils à leur disposition pour embaucher. Exemple : la conclusion de partenariats avec Pôle Emploi pour identifier des professionnels en reconversion, ou le recours aux primes de cooptation (20 % des recrutements chez Dekra Industrial). De son côté, Socotec recrute de jeunes ingénieurs dans les pays francophones, comme le Maroc.

Les entreprises misent également sur leur politique de diversité. « Pour intégrer de nouvelles recrues qui nous permettront de répondre aux enjeux de demain, nous multiplions nos sources d'embauches, expose Mélanie Sévegrand, DRH de Bureau Veritas France. Notre mission handicap, tout comme nos actions pour intégrer plus de femmes dans nos métiers, participe de cette démarche. » Qualiconsult (2 340 salariés) compte quant à lui sur les seniors. « Nous apprécions les personnes de plus de 50 ans, dotées d'une expérience importante, car nos métiers nécessitent de l'expertise », appuie Pierre-Guillaume Lansiaux, son P-DG.

Mais les bureaux de contrôle n'en oublient pas pour autant de fidéliser leurs équipes. Ainsi, chez Dekra Industrial, pas moins de 80 % des managers intermédiaires sont issus de promotions internes. Et Socotec initie un parcours de formation de deux ans pour 450 de ses managers, en partenariat avec l'Ecole de management de Lyon (EM Lyon Business School). « Nous avons mis en place un parcours d'évolution dans nos filières opérationnelles pour valoriser l'expérience de ceux qui ne souhaitent pas forcément évoluer vers le management », complète pour sa part Pierre-Guillaume Lansiaux. Autant d'initiatives susceptibles de limiter le turnover.

« Une académie pour incarner nos métiers auprès des jeunes »

« Nous avons lancé en septembre dernier la Qualiconsult Académie, un parcours professionnalisant de six mois pour nos jeunes embauchés dans notre nouveau centre de formation interne. L'objectif est de rendre ces nouvelles recrues opérationnelles sur leur poste d'ingénieur généraliste en contrôle technique des constructions, mais aussi de favoriser leur bonne intégration dans le groupe. Nous avons ainsi constaté que la Qualiconsult Académie a pour vertu de faire adhérer ces nouveaux arrivants à notre culture d'entreprise.

Présenter ce programme aux étudiants rencontrés dans les écoles représente pour nous un véritable atout.

Il est en effet de nature à les rassurer, car ils ne sentent pas toujours tout à fait armés pour démarrer immédiatement dans la vie professionnelle. »

Fanta Touré, responsable des RH du groupe Qualiconsult

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« A la recherche de candidats attirés par les nouvelles technologies »

« Nous embauchons notamment dans le cadre de nos projets liés à la digitalisation.

Nous développons par exemple notre expertise sur les bâtiments imprimés en 3D, les contrôles à travers des lunettes connectées, ou encore la numérisation de constructions par photogrammétrie.

Aussi, au-delà des compétences métier, privilégions-nous des candidats qui font montre d'une capacité d'adaptation et de curiosité pour toutes les nouvelles technologies. De manière générale, nous recourons à des processus de travail très digitalisés : nos salariés travaillent sur des maquettes BIM.

Nous les formons donc en continu sur le sujet.

Nous avons d'ailleurs récemment lancé un nouveau service pour les concepteurs de maquettes numériques. »

Anne-Laure de Chammard, directrice générale de Bureau Veritas Construction

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