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Des travaux pour réduire les nuisances sonores des LGV BPL et SEA
Plusieurs centaines de riverains ont annoncé, le 9 avril dernier, leur intention de saisir la justice pour demander l’indemnisation de leur préjudice. - © SNCF Médiathèque Philippe Fraysseix

Des travaux pour réduire les nuisances sonores des LGV BPL et SEA

Augustin Flepp |  le 02/05/2019  |  Ministère des TransportsTransportsInfrastructuresRéglementationDroit de la construction

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Le ministère des Transports annonce le lancement de travaux d’adaptation de l’infrastructure ferroviaire et de l’isolation des habitations. Leur montant atteint 33 millions d'euros.

Des travaux seront menés pour réduire les nuisances sonores provoquées par le passage des trains sur les lignes à grande vitesse (LGV) Bretagne-Pays-de-la-Loire (BPL) et Sud-Europe-Atlantique (SEA). C’est l’une des recommandations d’un rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), commandé par Elisabeth Borne, la ministre chargée des transports, qui fait suite aux nombreuses plaintes formulées par les riverains des lignes Paris-Rennes et Paris-Bordeaux.

En effet, plusieurs centaines de riverains ont annoncé, le 9 avril dernier, leur intention de saisir la justice pour demander l’indemnisation de leur préjudice. Selon le CRI 72, collectif qui défend leurs intérêts, 200 dossiers de plaintes seront déposés dans l’année. « Nous sommes les laissés-pour-compte d’une société qui veut aller vite », s’indignait Laure Artru, présidente de l’association. « Dans la Sarthe, les riverains voient passer 100 à 120 trains par jours à une vitesse de 320 km/h », souligne-t-elle.

Pics de bruits élevés

Selon le rapport du CGEDD remis à Elisabeth Borne, la réglementation relative au bruit applicable aux nouvelles infrastructures ferroviaires est respectée. Toutefois, certains cas de dépassement de seuils sont constatés et nécessitent d’être traités directement par les concessionnaires qui en sont les responsables, à savoir Eiffage et Lisea (Vinci, CDC, Ardian et Meridiam). Les experts du CGEDD ont effet constaté l’existence de pics de bruits élevés lors du passage des trains.

« Nous ne pouvons pas accepter que ces lignes à grande vitesse, qui représentent un progrès pour la desserte des territoires, puissent se traduire par des nuisances insupportables pour certains de nos concitoyens », a souligné Elisabeth Borne. « Avec les mesures que nous allons prendre, les riverains impactés vont bénéficier des travaux de protection phonique nécessaires », a-t-elle annoncée.

Rehaussement de talus


Le rapport formule donc une série de recommandations pour traiter ces nuisances. Parmi elles, le ministère des Transports annonce le lancement de travaux qui porteront sur l’adaptation de l’infrastructure (rehaussement de talus, prolongation de mur) ou l’isolation des habitations.

Le plus connu d’entre eux est sans doute l’écran acoustique. Ces murs « anti-bruit » sont généralement installés dans les zones urbaines en raison de sa plus grande efficacité par rapport à la proximité des bâtiments à protéger et de sa faible emprise au sol, indiquent les experts du CGEDD. Vertical ou incliné, réfléchissant ou absorbant, cet ouvrage permet de diminuer le volume sonore de 9 à 12 dB.  Le coût moyen, selon SNCF Réseau, se situe autour de 10 000 euros HT par mètre linéaire pour un écran de 4 m de hauteur.


Autre parade au vrombissement des TGV, le merlon. Ces talus de terre employés en zone rurale ou en périphérie urbaine nécessitent une emprise au sol conséquente, du fait de sa hauteur et des matériaux utilisés. « Dans le cas présent de création après construction de la ligne, l’emprise foncière de tels merlons peut ne pas être disponible faute de disposer de la possibilité d’exproprier comme avant la construction de a ligne », prévient le rapport. Selon SNFC Réseau, le coût moyen d’un merlon de 4 m de hauteur est de 2 000 euros HT par mètre de longue.

Isolation phonique


Pour protéger les habitations, il est préconisé de remplacer les fenêtres par des vitrages ou doubles vitrages à haute performance acoustique. Et dans certains, il sera nécessaire d’intervenir sur les murs lorsqu’ils sont réalisés à partir de matériau léger, sur des éléments de toiture et leur doublage lorsque les pièces habitables se situent en étage ou comble. Toutefois, ces solutions ne permettent pas de diminuer le bruit aux abords de l’habitation (jardins, habitations voisines). Pour les riverains des aéroports, les travaux d'insonorisation de leur logement ont été couplés à un système de climatisation afin de pouvoir laisser les fenêtres fermées par temps chaud. L’isolation phonique d’une habitation peut réduire de 30 à 42 dB le niveau sonore généré par l’extérieur, selon les techniques et les procédés employés pour les vitrages et les menuiseries.

Le coût total de ces travaux complémentaire est évalué à 11 millions d’euros sur la ligne BPL et de 22 millions d’euros sur la ligne SEA. Le rapport préconise que la prise en charge de ces investissements soient réparties à 50% pour l’Etat et 50% pour les collectivités locales. Elisabeth Borne s’est entretenue avec les présidents des régions Bretagne, Nouvelle-Aquitaine et Pays-de-la-Loire afin de présenter les propositions du rapport. La ministre des Transports a missionné les préfets de régions concernés de poursuivre les discussions, en vue de signer d’ici à l’été les conventions de financement.

Pour la construction des prochaines LGV, le rapport préconise de mieux prendre en compte les pics de bruit et de permettre ainsi que la réglementation reflète mieux la réalité des nuisances supportées par les riverains. Cette disposition a été introduite lors de l’examen du projet de loi d’orientation des mobilités au Sénat. Le ministère de transports annonce qu’il sollicitera le conseil national du bruit, le Cerema et l’Anses pour travailler à la définition d’indicateurs plus pertinents et une meilleure connaissance sur l’impact des pics de bruit sur la santé.

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