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ÉLECTRICITÉ Profession et conjoncture Regarder au-delà de la crise
PHOTO - JACKY LERON.eps - © STEPHANE BELLANGER/LE MONITEUR

ÉLECTRICITÉ Profession et conjoncture Regarder au-delà de la crise

le 28/11/2008  |  EnergieConjonctureCôtes d'ArmorGirondeLoire-Atlantique

«La crise financière et le ralentissement économique sont là, mais il faut regarder au-delà », assure Patrick Dodin, patron d’ES Elec, entreprise de 25 salariés, basée près du Mans et président de la fédération du BTP de la Sarthe. Il constate que certains projets sont retardés, faute de confiance sans doute, faute de crédits plus certainement, à la fois pour le secteur industriel et pour l’immobilier résidentiel. « Mais les besoins en logements neufs et en rénovation demeurent consistants. » Même son de cloche en Loire-Atlantique, où Georges Charon, gérant de la société Siela et président de la FFIE 44, souligne que « les régions de l’Ouest affichent un solide dynamisme économique qui devrait permettre de passer la crise dans trop de dégâts, d’autant que des projets lourds, comme celui de l’aéroport Notre-Dame-des Landes, vont susciter des développements dans divers domaines, notamment logistiques et hôteliers ».

Cet état d’esprit relativement optimiste a été conforté, les 9 et 10 octobre, lors de l’assemblée générale de la FFIE à Bordeaux. Patrick Dodin y a constaté que les carnets de commandes de ses collègues restaient encore conséquents, excepté pour les entreprises uniquement présentes sur les marchés du résidentiel, pavillonnaire ou collectif. « Pour nous électriciens, le Grenelle de l’environnement ouvre une nouvelle donne. Dans le contexte actuel, c’est un bol d’air. Sur le terrain, nous observons que les clients sont réellement demandeurs d’économies d’énergie depuis quelques mois. C’est nouveau », dit Patrick Dodin. Pour y répondre, les deux responsables professionnels s’accordent à dire que les entreprises vont devoir acquérir des compétences, de l’expertise pour pouvoir proposer une réponse globale aux clients, car isolation et énergies renouvelables vont souvent de pair. « Il faut constituer des groupements d’entreprises pour une offre globale, savoir s’associer entre corps d’état, cela demande un changement de mentalité », dit Patrick Dodin. « Il faut s’y mettre », enchérit Georges Charon qui, après avoir formé ses équipes aux panneaux photovoltaïques, prend des contacts avec des couvreurs pour développer une nouvelle offre. D’autres suivent, notamment les grosses PME. « Sur le département, le dynamisme de la construction ces dernières années fait qu’à côté des grandes entreprises, comme Spie Ouest-centre, Cegelec et Inéo, prospèrent aussi beaucoup d’entreprises moyennes, entre 10 et 40 salariés et énormément d’artisans. » K

Formation Un CFA uniquement pour les électriciens

Le CFA André-Martello, à Nantes, est l’un des deux seuls en France uniquement consacrés aux métiers de l’électricité. Géré par une association regroupant Fedelec, la FFIE et la section électricité de la Capeb, il accueille 254 jeunes apprentis formés parallèlement dans 211 entreprises de toutes tailles. L’organisme, qui a connu des heures difficiles, s’est transformé sous la direction de Jacky Lèpron, son directeur, en place depuis cinq ans. « Nos administrateurs, tous très motivés sur les questions de formation, voulaient des compétences. Nous avons réorganisé le fonctionnement du CFA, multiplié les visites des formateurs dans les entreprises, développé des formations nouvelles, parfois spécifiques. Les résultats sont satisfaisants, notamment le taux d’insertion des jeunes du CAP au brevet professionnel », indique Jacky Lèpron. Mais, l’essor du CFA va nécessiter un déménagement, les locaux actuels étant trop exigus. « Il nous faut pouvoir développer la formation continue, trop ponctuelle aujourd’hui. Cela correspond à l’attente des entreprises dont les techniques évoluent sans cesse », dit Jacky Lèpron. Les entreprises qui accueillent les apprentis du CFA interviennent à plus des deux tiers dans le secteur du bâtiment, l’industrie absorbant le reste.

Le CFA va aussi faire évoluer son offre de formation. Outre le développement de la formation continue, il se prépare à l’accueil de publics de plus en plus divers. « Nous aurons de plus en plus fréquemment des demandes de jeunes qui ont déjà un parcours universitaire, qui veulent se réorienter et acquérir un métier rapidement. Pour ces jeunes, il faut monter des formations d’un an », explique Jacky Lèpron. Les besoins de recrutement des entreprises sont toujours importants, en dépit d’un léger ralentissement de l’activité. La profession s’inquiète même de « l’évasion » des diplômés qui seraient attirés par des emplois chez les maîtres d’ouvrage, notamment. « Pour en avoir le cœur net, nous lançons une étude sur le devenir des nos diplômés depuis cinq ans, en partenariat avec la Maison familiale et rurale de Saint-Etienne de Montluc qui forme aussi des électriciens », conclut Jacky Lépron.

« Les électriciens, aristocratie du bâtiment »

Jacky Lépron, directeur du CFA André-Martello, à Nantes

« Ils sont fiers d’apprendre ce métier qui, il est vrai, nécessite un bon niveau, en mathématiques notamment. Cette bonne image du métier attire aussi des jeunes déçus de formations universitaires courtes, âgés de 22 à 25 ans, et qui se réorientent. Le seul problème, c’est la faible présence de jeunes filles. Pourtant les rares qui sont chez nous réussissent particulièrement bien et sont très appréciées dans les entreprises. Sur un effectif de 254 apprentis à Martello, nous ne comptons que cinq filles, hélas. »

Réalisation Gestion centralisée pour une résidence sociale

«On ne parle plus de foyer de travailleurs migrants, mais de résidence sociale », explique Alain Pers, directeur de l’association du foyer d’hébergement « Les deux rives » à Laval, où cette évolution se traduit par la construction d’une résidence sociale neuve de 80 studios. Elle est située à proximité d’un boulevard urbain où passent 30 000 véhicules par jour. A proximité se trouvent les administrations (ANPE, Assedic, CAF) et l’épicerie sociale très pratiques pour les locataires. Cette résidence sociale, « c’est le dernier sas pour être en capacité de rejoindre un logement de droit public ou privé dans un délai d’un an et demi à trois ans », explique Alain Pers. L’architecte maître d’œuvre, Bernard Houet, a réalisé un bâtiment en V, R 2 avec les parties communes et administratives à la pointe du « V », et les 80 studios sur les deux ailes, 18 étant accessibles aux personnes en fauteuil roulant au rez-de-chaussée. Le V est une adaptation au contexte géographique, avec les ouvertures des studios tournant le dos au boulevard et au bruit, toutes les fenêtres étant tournées vers le soleil. Adaptation à des publics « difficiles », susceptibles pour certains d’actions de dégradation de leur habitation, tous les réseaux - eau, ventilation, électricité - sont coulés dans le béton de la structure. Les portes sont blindées. L’ensemble des studios et les parties communes sont gérées par le système IHC. Trois personnes ont accès à cette gestion qui permet de contrôler quatre niveaux de température (0°, 14°, 17° et 20°), mais aussi la coupure des plaques chauffantes, des robinets, de la lumière à partir d’un détecteur de présence, et l’accessibilité aux logements. Cette gestion centralisée est un des éléments concourant à la certification Habitat et environnement par Cerqual, recherchée désormais par le maître d’ouvrage, Méduane-Habitat, pour tous ses gros projets.Tout le bâtiment est habillé de bois thermo-huilé, excepté la coursive à l’intérieur du V. Le long du boulevard, le bardage bois de la coursive atténue le bruit et fixe aussi la pollution.

Fiche technique

Maitrise d’ouvrage : Méduane-Habitat, entreprise sociale de l’habitat travaillant sur le territoire de Laval Agglomération

Maitre d’œuvre : Bernard Houet architecte

Principales entreprises : gros œuvre LEDAUPHIN bardage REBOURS menuiseries intérieures GUEVARA plaquisterie GUEROTsols souples peinture LUCAS chauffage CSM plomberie ELITEL électricité PINAULT

Nouvelles technologies Odislor s’intéresse aux énergies renouvelables

Souvenez-vous : en 2006, une toute jeune entreprise finistérienne sortait un interrupteur révolutionnaire. De fait, entre le bouton et la source lumineuse, pas de fils électriques, mais deux micromodules différents (l’un est destiné à la source de lumière, l’autre à l’interrupteur), bourrés d’électronique. « Pas de câble à tirer et un gain de temps important. De plus, aucune dégradation n’est commise sur les murs où doivent être posés les interrupteurs», résumait alors Erven Prigent, concepteur de cette innovation. Aujourd’hui, l’essai est transformé puisqu’Afilpro est distribué dans quelque 800 points de vente pour professionnels. Résultat : sur les 4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, la jeune entreprise qui vient de déménager à Guingamp (Côtes-d’Armor), en réalise 45 % avec ces interrupteurs.

Mais depuis un an, Erven Prigent a créé Odislor Energy, une filiale dédiée aux énergies renouvelables, notamment aux panneaux solaires. « Nous achetons les panneaux en France, en Autriche ou dans des pays de la zone dollar. En revanche, le système d’intégration qui garantit l’étanchéité a été conçu par nos soins et il est de fabrication locale. Dans le même esprit, nous avons mis au point l’Odibox, un boîtier de télésurveillance qui permet de connaître la production de chaque installation en temps réel et donc d’intervenir très vite en cas de souci », détaille le jeune dirigeant. Les premiers chantiers ont été réalisés cette année et pour cet exercice, les énergies renouvelables devraient représenter 75 % de l’activité. « Nous allons plus que doubler notre chiffre d’affaires », assure-t-il. Fin septembre, un fonds d’investissement régional est d’ailleurs entré à hauteur de 18,75 % du capital d’Odislor. Deux priorités sont inscrites au plan de développement : lancer l’interrupteur sans fil sur le marché international et parvenir à un réseau d’une quinzaine d’agences « énergies renouvelables. »

« Les partenariats entre entreprises sont souhaitables »

Patrick Dodin, président de la fédération du BTP de la Sarthe et de la société ES.elec

« Les installateurs électriciens ont aussi intérêt à s’organiser entre eux, à organiser des partenariats entre entreprises de différentes tailles. Ma société compte 25 salariés. L’été dernier, sur certains chantiers, nous avons eu jusqu’à 40 collaborateurs, grâce à l’apport d’intérimaires bien sûr, mais grâce à l’appui d’artisans, parfois d’anciens salariés qui se sont installés ces dernières années. Cette association apporte de la souplesse à la PME et des opportunités de chantiers aux artisans, chantiers, bien souvent inaccessibles autrement. »

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