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Electricité Le photovoltaïque compétitif dès 2015

le 09/08/2007  |  EnergieFrance entièreEurope

Les progrès techniques du photovoltaïque (énergie produite à partir du rayonnement solaire) devraient rendre son prix comparable à celui de l’électricité du réseau. La France mène une politique volontariste pour soutenir le développement du marché. L’élaboration de systèmes intégrés au bâti exigera un rapprochement des mondes de l’électronique et du bâtiment.

L’hypothèse semblait saugrenue il y a encore deux ou trois ans, elle devient de plus en plus réaliste. L’énergie électrique produite à partir d’une installation photovoltaïque pourrait venir à moyen terme concurrencer celle du réseau. Alors que les prix de vente des générateurs photovoltaïques baissent d’environ 5 % en rythme annuel depuis bientôt dix ans, nombre d’experts prédisent une croissance « robuste » du marché français. Selon une étude commandée par l’Association européenne de l’industrie photovoltaïque (Epia), « la compétitivité de l’électricité d’origine photovoltaïque avec l’électricité du réseau sera probablement atteinte dès 2015 dans le Sud de l’Europe et les DOM et avant 2030 sur l’ensemble du continent européen ».

Aujourd’hui la production d’un kilowattheure électrique d’origine photovoltaïque en France métropolitaine est estimée entre 0,55 et 0,67 euro (1) pour des systèmes de petite puissance (2-3 kWc) (2). « On est certes encore assez loin des 12 centimes d’euros facturés par EDF au particulier mais nombre d’indicateurs laissent à penser que l’écart se réduira rapidement », commente Marc Jedliczka, directeur général de l’association Hespul, spécialisée dans le développement des énergies renouvelables. « En vingt ans, le coût des modules a été divisé par cinq et le rendement des cellules a été amélioré de 50 % au stade commercial », précise Fabrice Juquois, responsable Energies renouvelables DOM-TOM et photovoltaïque à l’Ademe. Le nouveau tarif d’achat fixé en juillet 2006 par l’Etat en France a constitué un tournant pour la filière : l’énergie solaire photovoltaïque a vu son tarif d’achat doubler en métropole, de 0,15 à 0,30 euro par kWh. En Corse, dans les départements d’outre-mer et à Mayotte, ce tarif atteint 0,40 euro/kWh.

Prime d’intégration au bâti. Mais la particularité du dispositif français réside dans une « prime d’intégration au bâti ». Destinée à compenser le surcoût des composants intégrés, elle a été fixée à 0,25 euro par kWh pour les installations situées en France continentale, et à 0,15 euro pour les autres régions. Les investisseurs ne s’y trompent pas. Ils s’orientent très majoritairement vers ces systèmes assurant, outre la production d’électricité, une « fonction technique ou architecturale essentielle à l’acte de construction ». Fabrice Juquois le reconnaît : « Les systèmes photovoltaïques sont aujourd’hui seulement rentables sur les segments de l’intégration au bâti et des DOM. »

Dans ce contexte, le rapprochement des mondes de l’électronique et du bâtiment apparaît inéluctable. Des industriels comme Imerys avec une tuile photovoltaïque ou Schüco avec des panneaux intégrés en toiture comptent parmi les premiers à avoir franchi le pas. Mais il n’existe pas non plus pléthore de solutions spécifiques. « Il faut reconnaître que les industriels du bâtiment n’ont pas anticipé ce développement du marché », observe Philippe Malbranche, adjoint au chef du département des technologies solaires au Commissariat à l’énergie atomique (CEA). « Le secteur du bâtiment doit s’approprier et banaliser la technologie du photovoltaïque », résume Fabrice Juquois.

Freins administratifs. Si cette évolution tarifaire semble satisfaire l’ensemble de la profession, elle cache néanmoins des freins au développement du marché. En premier lieu, les démarches administratives. Elles apparaissent très souvent longues et complexes et peuvent rebuter certains maîtres d’ouvrage. Ensuite se pose la question de l’assurabilité des systèmes photovoltaïques intégrés ou non. A ce jour, aucun avis technique relatif à ces procédés n’a été délivré. Le CSTB s’est emparé de la question et a entamé des discussions avec les acteurs de la filière. But de l’opération : envisager des procédures d’évaluation de ces systèmes d’un genre nouveau. Six mois après les premières réflexions, la création d’un nouveau groupe spécialisé pluridisciplinaire serait à l’ordre du jour. Celui-ci s’appuierait sur les compétences des experts de groupes spécialisés comme le GS 2 (constructions, façades et cloisons légères), le GS 5 (toitures, couvertures, étanchéité) et le GS 6 (composants de baie, vitrages) pour délivrer des avis techniques.

La commission chargée des avis techniques n’a pas encore acté la création de ce nouveau groupe mais la profession attend avec impatience un premier avis technique avant la fin de l’année.

d'information : Cahier «Textes officiels» de ce numéro du « Moniteur »

GRAPHIQUE - EVE5411 photovoltaique.eps
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PHOTO - EVE5411 photovoltaique2.eps
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CARTE - EVE5411 photovoltaique carte.eps
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