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Eiffage profite à plein de l'international et du Grand Paris Express
Benoît de Ruffray, PDG du groupe Eiffage. - © BRUNO LEVY / Le Moniteur
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Eiffage profite à plein de l'international et du Grand Paris Express

Jessica Ibelaidene et Florent Maillet |  le 28/02/2019  |  Travaux publicsBenoît de RuffrayEiffageEiffage constructionGrand Paris Express

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Eiffage annonce des résultats 2018 en forte croissance, tant sur le plan du chiffre d'affaires que des bénéfices. L'activité Travaux  bondit de plus de 34% à l'international, la major profite du "méga-lot" 16-1 du Grand Paris Express en France. Le carnet de commandes gonfle de plus de 15%, pour s'établir à près de 14 Mds €.  

La trajectoire du groupe Eiffage pointe toujours vers le haut. La major du BTP et des concessions a annoncé ce jeudi 28 février 2019 un chiffre d'affaires en forte hausse pour l'année 2018, tout comme le bénéfice. Et l'élan devrait se poursuivre en 2019 : fort d'un carnet de commandes en croissance lui aussi, Eiffage table d'ores et déjà sur "une nouvelle hausse de son chiffre d’affaires et de ses résultats", tout en veillant aux marges.

Projetant le groupe sur l'échelle de temps de son plan stratégique 2016-2020, baptisé "Eiffage 2020", Benoît de Ruffray, le PD-G, a tenu à souligner que "depuis 3 ans, les deux tiers de la croissance sont dûes à l'organique, et un tiers à des acquisitions".

Les faits et chiffres à retenir :

► Eiffage, le numéro 3 français du BTP, annonce un chiffre d'affaires de 16,58 % milliards d'euros en 2018, en progression de 9,9% par rapport à 2017.

Les deux branches du groupe, à savoir les Travaux (regroupant la Construction et l'immobilier, les Infrastructures, et Energie Systèmes), et les Concessions, sont orientées à la hausse. Mais celle-ci est beaucoup plus marquée dans les Travaux, qui ont vu leurs revenus croître de 10,9%, à 13,69 Mds €, sous l'effet d'un bond de 34,2% des activités à l'international (lire notre "focus" ci-dessous).

Les revenus de la branche Concessions se sont établis à 2,88 Mds € (+5,6%), malgré un effet "gilets jaunes" sur l'activité autoroutes en fin d'année.

Chiffre d'affaires par branche :

© Groupe Eiffage, 28 février 2019

► Eiffage profite d'un 4e trimestre 2018 dynamique, où les activités "Infrastructures" ont affiché une hausse de 19% par rapport à l'exercice 2017, à 1,56 Md €.

► Le groupe dirigé par Benoît de Ruffray a par ailleurs dégagé un résultat net de 629 millions d'euros en 2018, contre 515 M€ un an plus tôt, soit +14,8%.

La marge opérationnelle courante atteint, elle, 1,857 Md € (+7,2%), soit 11,2%, du chiffre d'affaires, contre 11,5% en 2017.

Résultat opérationnel courant par branche :

© Groupe Eiffage, 28 février 2019

► Pour 2019, Eiffage a de quoi voir venir : la major dispose d'un carnet de commandes en hausse de 15% dans sa branche Travaux. Il atteint 13,9 Mds €, soit 12,2 mois d’activité.

“Il a été considérablement renforcé en 2018 par les contrats du Grand Paris Express [le groupe a remporté le "méga-lot" 16-1 de génie civil et systèmes, en groupement avec Razel-Bec et TSO] et l’apport des croissances externes, alors que les activités de fonds de commerce ont assuré un bon renouvellement de leurs commandes”, souligne le groupe.

© Groupe Eiffage, 28 février 2019

► En 2019, le Grand Paris Express sera encore une priorité du groupe pour la France. "Nous attendons une vague d'appels d'offres sur les systèmes, auxquels nous répondrons",  a annoncé Benoît de Ruffray.  La collecte a déjà commencé fin 2018 : Eiffage Energie Systèmes, en binôme avec Vinci Energies avait remporté un lot sur la ligne 15 Sud.

Concernant les grands lots de génie civil, dont l'attribution est prévue pour la fin 2019, le PD-G d'Eiffage, qui doit gérer la montée en charge des travaux sur le "16-1" a été plus elliptique. "Tout dépendra des plannings d'exécution, nous attendons d'avoir une visibilité plus claire sur certains lots et des précisions sur les marchés de conception-réalisation" annoncés au Moniteur par la Société du Grand Paris, et qui devraient concerner les lignes 15 Est et 15 Ouest.

"A ce stade, nous n'avons pas d'informations sur le nombre de lots et leur périmètre pour savoir, par exemple, s'ils incluent les gares", souligne Benoît de Ruffray. "Mais dès que disposerons de cette visibilité, nous réfléchirons", ajoute-t'il.

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► Cette année, Eiffage compte aussi monter en puissance sur la construction bois. La major, qui avait lancé sa filiale dédiée en 2017, vient d'annoncer le rachat d'actifs pour se renforcer dans la structure. "Comme pour le béton et le métal, nous souhaitons disposer d'une offre complète et intégrée dans le bois, afin de maîtriser la technique", indique le PD-G.

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► Eiffage est aussi en mouvement sur le front des concessions. Le groupe, qui vise à "explorer de nouveaux secteurs", a pris l'an dernier un ticket d'un peu plus de 5% dans Getlink, l'ex-Eurotunnel, pour 307,5 M€.

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"Nous sommes convaincus qu'il s'agit d'un bon actif qui s'inscrit sur du temps très long, puisque la concession de Getlink pour le tunnel sous la Manche s'étend jusqu'en 2086", a rappelé Benoît de Ruffray, qui y voit "un relais de croissance à terme pour Eiffage. Nous pouvons apporter notre vision industrielle et européenne".

Eiffage se dit prêt à se renforcer au capital "en fonction des opportunités de marché".

► Autre sujet de diversification dans les concessions, les aéroports régionaux français, un terrain encore vierge pour Eiffage. Le groupe, comme il l'avait annoncé en août dernier, est candidat à la privatisation de la plateteforme de Lille, dont la concession actuelle expire à la fin 2019.

Le numéro 3 français confirme également son intérêt pour la plateforme de Toulouse-Blagnac, détenu à 49,9 % par un consortium chinois, désireux de vendre ses parts.

La concurrence sera rude et le choix à la discrétion du vendeur qui ne compte pas brader sa part : outre Eiffage, Vinci (premier gestionnaire privé d'aéroports dans le monde), un groupe d’investisseurs emmené par le fonds Ardian, et l'ingénieriste français Edeis (qui gère 18 petits aéroports dans l'Hexagone) sont sur les rangs.

Benoît de Ruffray se montre confiant, insistant sur les forces du groupe qu'il dirige. "Nous sommes candidats à la gestion de ces deux aéroports qui sont situés dans des zones où l'ensemble de nos métiers sont très bien implantés. Les Hauts-de-France représentent 1 Md € de chiffre d'affaires pour Eiffage, l'Occitanie 600 M€. Nous connaissons ces territoires où nous travaillons à améliorer les aménagements et les mobilités. L'activité aéroportuaire est complémentaire. Et nous maîtrisons le métier de concessionnaire."

Focus  : l'international dope la croissance

L’international pèse toujours plus lourd dans l’activité Travaux d’Eiffage (incluant les pôles Construction, Infrastructures, et Energie Systèmes) quand bien même, en parallèle, l’activité en France continue de se redresser.

En effet, hors de l’Hexagone, le chiffre d’affaires atteint 4,2 Mds € en 2018, soit une hausse de 34,2% par rapport à 2017, dont 16,1% de pure croissance organique. Le "hors frontières" pèse donc désormais 31% du chiffre d’affaires Travaux, soit 5 points de plus en un an.

En 2018, Eiffage a mené 3 opérations principales de croissance externe. En Europe, notamment, le groupe s'est offert la société espagnole EDS (Energie), mais aussi Kropman aux Pays-Bas (Energie, là encore) et Priora AG en Suisse (activités de travaux). De quoi renforcer ses implantations pérennes sur le Vieux continent. La contribution de ces acquisitions au chiffre d'affaires global s'élève à 561 M €.

La major poursuit par ailleurs sa stratégie à l’export, « là où nous n’avons pas d’implantation pérenne, mais où nous rentrons par un projet », comme le rappelle Benoît de Ruffray. Il couvre ainsi la quasi-totalité de l’Afrique de l’Ouest («sachant que nous sommes implantés au Sénégal et au Maroc », rappelle le P-DG), l’Arabie Saoudite, ou encore le Mexique, le Panama, le Pérou et le Chili.

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Toutes les branches du groupe profitent de l’expansion internationale. Du côté de la construction, l’activité y grimpe de 53,1% (15,1% hors Priora) et permet ainsi de compenser le retrait ressenti côté français. La branche Infrastructures voit son chiffre d’affaires décoller de 25,9% hors de France, le pôle Energies Systèmes bondissant lui de 34,5%.

Et l’année commence bien sur le plan international, puisque le 27 février 2019, peu avant la présentation de ses résultats, Eiffage a annoncé avoir signé un contrat dit EPCI (pour « Enginerring, procurement, construction and installation ») de plus de 350 M€ avec BP. Objet de ce marché, piloté par Eiffage Génie civil maritime avec Saipem : la fabrication et la mise en place des caissons pour le terminal gazier du champ Tortue, au large de la Mauritanie et du Sénégal.

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