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Eiffage compte sur un carnet de commandes record pour surmonter la crise
Benoît de Ruffray, PDG d'Eiffage. - © Frederic Kristiansson

Eiffage compte sur un carnet de commandes record pour surmonter la crise

Adrien Pouthier |  le 26/08/2020  |  EiffageEiffage résultatsMajors du BTPBenoît de RuffrayFrance

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Le groupe dirigé par Benoît de Ruffray a subi une perte nette de huit millions d'euros au premier semestre. Mais la major espère limiter la casse au deuxième semestre. Surtout un carnet de commandes "historique" d'un montant de 17,1 milliards d’euros, en hausse de 15 % sur un an , assure aux branches travaux du groupe 14,8 mois d’activité.

Coronavirus et confinement obligent, au premier semestre, Eiffage a subi une perte nette de huit millions d'euros, contre un bénéfice de 290 millions un an plus tôt. Ses revenus ont chuté de 18,9% à 6,9 milliards d'euros.

Et pour cause : les chantiers ont été perturbés par le contexte sanitaire et les concessions autoroutières ont pâti de la réduction drastique des déplacements.

"Nous avons maintenu l'activité ferroviaire, autoroutière et aéroportuaire ainsi que des activités de maintenance dans notre branche travaux", a détaillé Benoît de Ruffray, lors de la présentation à la presse des résultats du groupe le 27 août.

Eiffage estime que la baisse de son chiffre d’affaires travaux entre mi-mars et fin juin, liée à la Covid-19, est de 1,40 milliard d’euros. 

Cependant, les situations ont été contrastées selon les pays."Les mesures de confinement choisies par les gouvernements ont eu des impacts très différenciés", a ainsi confirmé Benoît de Ruffray.

Sur les chantiers, l'activité a, ainsi, peu subi la crise en Allemagne (+ 8,9 %), alors qu'elle s'est effondrée pendant des semaines en France.

Au total, sur le deuxième trimestre, le plus impacté par la pandémie, l’activité est en baisse de 31,4 %, dont - 29,9 % en travaux et - 38,9 % en concessions.

Les chiffres à retenir

 

► Le chiffre d’affaires consolidé du premier semestre s’établit à 6,9 milliards d’euros, en baisse de 18,9 % à structure réelle et de 19,6 % à périmètre et change constants (pcc).


► L’activité des Travaux se contracte de 18,7 % à près de 5,8 milliards d’euros (- 18,9 % pcc). Le chiffre d’affaires atteint 3,8 milliards d’euros en France (- 22,1 % à structure réelle et - 22,2 % pcc) et près de 2,0 milliards d’euros à l’international, en baisse de 11,1 %, dont - 12,0 % en Europe hors de France et - 6,2 % dans le reste du monde. 

 

►Dans la branche Construction, l’activité est en baisse de 27 % à 1,47 milliard d’euros (- 30,0 % en France et - 18,5 % à l’international).

 

►En immobilier, les réservations de logements atteignent 1 863 unités contre 2 534 au premier semestre 2019.


►Dans la branche Infrastructures, le chiffre d’affaires décroît de 15 % à 2,55 milliards d’euros. En baisse globale de 18,4 % en France, l’activité se contracte de 22,8 % dans la Route et de 19,4 % dans le Génie Civil, tandis qu’elle progresse de 14,1 % dans le Métal, grâce à l’éolien offshore. La branche enregistre une baisse plus limitée à l’international (- 8,4 %, dont - 11,4 % en Europe hors France).

 

►Dans la branche Énergie Systèmes, l’activité diminue de 16,1 % à 1,76 milliard d’euros, dont - 19,1 % en France et - 9,4 % à l’international, dont - 6,7 % en Europe hors France.

 

►Dans les Concessions, le chiffre d’affaires est en baisse de 20,0 % à 1,13 milliard d’euros, affecté par la chute du trafic autoroutier (- 30,6 % chez APRR, comme sur l’autoroute A65, - 40,0 % sur le viaduc de Millau et - 17,5 % sur l’autoroute de l’Avenir au Sénégal), l’activité générée par les aéroports de Lille et Toulouse s’étant avérée, par ailleurs, nettement plus faible qu’attendue compte tenu d’un trafic passagers en baisse de 61,5 %.

 

►La marge opérationnelle du groupe s'établit à 3,8 % contre 9,8 % en juin 2019.

 

Plus d'un an d'activité assurée

Bonne nouvelle, le carnet de commandes de la branche travaux du groupe atteint un niveau "historiquement élevé" à 17,1 milliards d’euros, en hausse de 15 % sur un an (+14 % sur 3 mois).

Fort de l'obtention de 3 contrats majeurs en 2020 (future autoroute A79 en France, autoroute A3 en Allemagne, ligne à grande vitesse HS2 au Royaume-Uni), il assure 14,8 mois d’activité au groupe.  

L’activité du deuxième semestre pourra donc s’appuyer sur ce carnet de commandes et sur l'organisation du travail désormais en place pour faire face aux contraintes sanitaires. "Nous sommes tout à fait capables de travailler avec ces contraintes", a confirmé Benoît de Ruffray. "Aujourd'hui les impacts sur la productivité sont de plus en plus faibles. On perdait une heure par jour par compagnon au début de la reprise des chantiers."

Plus de 3500 personnes travaillent ainsi en ce moment sur les chantiers du Grand Paris Express et "neuf tunneliers sont actuellement en opération, ce qui est du jamais vu", a ajouté le PDG.

"Par ailleurs, l'industrialisation, la construction hors-site, se sont avérées efficaces au plus fort de la crise sanitaire", s'est félicité Benoît de Ruffray.

Une année 2020 prévue en forte baisse

Pour le second semestre, Eiffage anticipe donc pour sa branche travaux un niveau d’activité légèrement inférieur à celui du 2e semestre 2019. Outre la persistance de la pandémie et de ses impacts, "les commandes seront probablement plus faibles de la part des collectivités locales et de certains clients industriels, dans des activités de cycle court", estime en effet Benoît de Ruffray.

Côté concessions, si le trafic autoroutier a regagné en vigueur cet été, l’évolution de la pandémie et ses conséquences éventuelles en termes de limitation des déplacements ne permettent à Eiffage pas d’estimer de façon fiable les trafics autoroutiers et aériens.

Au total, Eiffage espère limiter la casse sur l'ensemble d'une année 2020 qui s'annonce déjà en baisse marquée. 

Commentaires

Eiffage compte sur un carnet de commandes record pour surmonter la crise

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Covid

27/08/2020 16h:16

Une baisse mdr.. Une chose qui est sur c'est qu'eiffage ne vont pas perdre d'argent avec les heures des ouvriers.. Ne pas les avoir mis en chômage partiel cela leur permet de faire récupérer toutes les heures du covid non travaillés et tous ça même pas payé en en supplémentaire. Voilà comment on gagne de l'argent chez eiffage. Qu'il divise déjà les gros salaires par 4,et donner plus au ouvrier le groupe sans portera pas plus mal.

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