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Eiffage travaille à l'amélioration de sa rentabilité

laurence francqueville |  le 01/09/2011  |  Pyrénées-OrientalesCôte-d'OrRhôneFrance Nord

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Une activité qui reprend modestement pour l'instant mais une rentabilité opérationnelle qui progresse sensiblement, portée par les concessions, et un carnet de commandes record. Voilà en résumé les caractéristiques de ce premier semestre pour Eiffage, telles que présentées par son nouveau DG, Pierre Berger.

La progression du chiffre d'affaires semestriel (+2,3% à 6,6 milliards) et du résultat opérationnel (+9,5% à 451 millions, soit une marge de 6,8% tirée par les bonnes performances des concessions) et le bond du carnet de commandes (+25% à 12,5 milliards) n'ont pas compensé la déception liée à la forte baisse du bénéfice net d'Eiffage (-38,6% à 43 millions). Le n°3 français du BTP l'explique par la forte hausse des frais financiers consécutive à l'acquisition d'intérêts minoritaires, à la levée d'1,5 milliard d'émissions obligataires d'APRR en avance sur le plan de refinancement à engager après 2013 et à la mise en exploitation notamment de l 'A65 Langon-Pau.

L'évolution est toutefois contrastée selon les métiers. La construction voit son activité progresser de 5,3% (+3,6% en France) grâce à une météo clémente et à la bonne dynamique du bâtiment. La branche affiche d'ailleurs une marge opérationnelle de 4,3% (80 millions). La construction métallique voit également son chiffre d'affaires augmenter (+3,8%), en particulier en France.  Malgré une conjoncture qui continue de freiner les investissements industriels, la branche métal table notamment sur ses ponts Unibridge pour développer son chiffre d'affaires cette année. Sa marge est tombée de 2,7% à 0,8% ce semestre sur un an.

Dans les deux autres branches, les travaux publics et l'énergie, l'activité recule. Les TP voient leur chiffre d'affaires se contracter de 1,3% à 1,8 milliard. Si la route, qui pèse près des deux tiers de l'activité en France, présente quelques signes de reprise en France (+5% par rapport à l'an dernier), les équipes du génie civil et du terrassement font le dos rond en attendant le démarrage des grands projets tels que la LGV Le Mans-Rennes. Le déficit opérationnel atteint 36 millions. Dans une conjoncture « pas folichonne mais pas dégradée », la branche énergie – qui a été la plus impactée par la crise - enregistre encore une baisse d'activité de 1% (+1,6% en France) à 1,5 milliard. Clemessy va bien tandis que Forclum renoue avec une légère croissance en France. Le bénéfice opérationnel de la branche atteint 36 millions. « Le chute des marges est enrayée, stabilisée à un niveau bas (2,4%). La réorganisation des régions par métiers est en place. Nous allons intensifier notre plan d'économies pour parvenir à 3 ou 4% d'économies d'ici 2013-2014. L'objectif est de retrouver un niveau de marges de 4 à 5 % à cette échéance. Pour ce faire, je n'exclus pas d'arrêter ou de céder certaines activités non stratégiques, notamment en Europe», a expliqué Pierre Berger, DG du groupe depuis le 1er juillet. Ce dernier a toutefois exclu de fusionner les deux entités, « qui  n'ont pas du tout le même business model ».

Interrogé sur l'impact de la conjoncture, M. Berger, comme les autres membres de la direction générale, explique que tous les chantiers se poursuivent normalement. A deux exceptions près. Alors qu'une solution amiable est actuellement recherchée pour résoudre les différends avec le maître d'ouvrage de l'hôpital sud-francilien livré en janvier, la polémique sur le stade de Lille sur la prise en compte des nouvelles normes sismiques continue. Il faudra attendre octobre pour connaître les résultats d'une étude sur le coût éventuel et les modalités d'une consolidation de l'ouvrage.

Pour demain, le groupe, qui a signé fin juillet le plus gros contrat de son histoire (LGV Le Mans-Rennes), se targue d'un carnet de commandes historique de 12,5 milliards, en hausse de 25% (+5% hors BPL). « Le portefeuille de commandes dans la construction est d'une grande qualité, comprenant des affaires de toutes tailles et bien réparties », explique Michel Gostoli le patron de la branche. « Dans l'immobilier résidentiel, nous avons enregistré notre meilleur niveau de réservations depuis cinq ans » (3 000 logements sur l'année environ). Ce dernier jugeant les prix de l'immobilier excessifs a un axe de travail majeur : l'optimisation des projets pour parvenir à des coûts contenus et maîtrisés. De leur côté, les TP affichent également « une visibilité jusque 2015 », explique Jean-Louis Servranckx, le nouveau patron de la branche. Le groupe, qui investit 350 à 500 millions par an dans ses autoroutes, réfléchit d'ailleurs, à la demande du gouvernement, à des projets d'extension ou de raccordements de ses différents réseaux (en région parisienne, autour de Dijon et de Lyon notamment) qui pourraient générer des travaux. Eiffage est également très attentif à la mise en concession prochaine de la route Centre Europe Atlantique (1 milliard d'investissement) et attend la décision en fin d'année de RFF sur le contournement Nîmes-Montpellier, qui prolongerait la section qui lui a été concédée entre Perpignan et Figueras. Dans le bâtiment, Eiffage a engagé le processus de cession des murs des prisons qui lui ont été concédées, annonce la signature prochaine de plusieurs opérations de bureaux significatives (dont certaines non pré-commercialisées) et, à l'instar de ses concurrents, regarde de près le dossier des universités.

Pour 2011, le n°3 du BTP français se dit prudent en confirmant son objectif de progression de chiffre d'affaires de 3,1% à 13,7 milliards d'euros.

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