Entreprises de BTP

Eiffage tire son épingle du jeu

Mots clés : Entreprise du BTP

Malgré une légère baisse du chiffre d’affaires, le troisième groupe français de BTP a réussi à améliorer son résultat opérationnel et son résultat net. Les objectifs annuels restent inchangés.

 

Le chiffre d’affaires consolidé du 1er semestre 2013 du groupe Eiffage s’établit à 6,5 milliards d’euros, en baisse de 1,3% sur le semestre. Le résultat opérationnel courant progresse de 3,8%, ce qui porte la marge opérationnelle à 7,9 % contre 7,5 % au 1er semestre 2012. «Ainsi, la croissance du résultat opérationnel courant, conjuguée à la baisse du coût de l’endettement net, a permis une hausse significative du résultat net semestriel de 13,7% à 58 millions d’euros », s’est réjoui Pierre Berger, le P-DG lors de la présentation des résultats semestriels.

Par branches, l’activité des métiers de travaux du groupe s’inscrit en baisse de 2,2 % sur le semestre (5,5 milliards), pour une marge opérationnelle stable à 1,6% «en dépit de la baisse du chiffre d’affaires affecté par des conditions climatiques beaucoup plus défavorables qu’au 1er semestre 2012», note le groupe.

 

L’Ile-de-France moteur de croissance

 

«Dans la construction, l’activité reste soutenue en Île-de-France, mais est plus difficile en province », explique Pierre Berger. Le chiffre d’affaires marque ainsi un repli de 7,8 %, d’ailleurs plus marqué en France qu’à l’étranger (+3,8%).  «En Europe, l’activité est en nette reprise, au Benelux notamment », précise le P-DG. « Dans l’immobilier, qui représente 15% du chiffre d’affaire de la branche, les réservations de logements sont en hausse de 46% (1800 unités)», se félicite Michel Gostoli, président d’Eiffage Construction, qui préfère toutefois attendre l’automne avant de se prononcer sur la loi Duflot, mais juge positivement le nouveau dispositif de défiscalisation. Malgré la baisse d’activité, la marge opérationnelle d’Eiffage Construction s’est ainsi maintenue à 4,2% (-0,1 point). Le groupe l’explique par «la prudence et la sélectivité dans la prise d’affaires».

«Dans les travaux publics, le chiffre d’affaires a progressé de 2,4% principalement en France (+ 5,2 %) où le chantier de la LGV Bretagne – Pays de la Loire (BPL) monte en puissance», pose Pierre Berger qui pense même pouvoir livrer en avance sur le calendrier prévu. La branche voit aussi sa marge se redresser de 0,5 point à -2,2% du fait de la «poursuite du plan de relance de la productivité». Ce premier semestre a aussi été riche en prise de commandes pour Eiffage Travaux Publics : terminal du port de Lomé au Togo, A719 Gannat-Vichy… Concernant le Grand Paris, si les appels d’offres de la Société du Grand Paris ne sont pas attendus avant la fin 2014 pour le prolongement du RER E (La Défense-Saint Lazare), et en 2015 pour le Grand Paris Express, d’autres projets sortent comme les prolongements des lignes 12, 14 et 4. «Ce sont des lots de plusieurs centaines millions d’euros», indique Pierre Berger. Les offres seront déposées d’ici la fin de l’année 2013. «En parallèle, il y a des développements immobiliers (bureaux, commerces, logements, centre commerciaux) autour de chaque gare, rappelle Michel Gostoli. Nous faisons des propositions en amont afin de démarrer les travaux d’ici deux ou trois ans.»

 

Amélioration des marges

 

Le chiffre d’affaires de la branche Énergie augmente de 0,5 % grâce aux travaux réalisés à l’étranger (Europe et International). L’activité en France est quasi stable (- 0,5 %). Là aussi, les marges poursuivent leur redressement (+0,1 point à 2,8%) avec quelques bons points attribués notamment à Clemessy et à l’export. 

La branche Métal voit pour sa part son activité reculer de 6,1 % au premier semestre. L’Europe progresse de 7,3% mais la France recule de 7,9%, particulièrement dans les services à l’industrie et dans la construction métallique. Pourtant, ici aussi la marge opérationnelle s’améliore (+0,2 point) pour atteindre 3,5%. Du côté des prises de commandes récentes, notons la Centre de technologie Michelin et 46 ponts Unibridge au Sri Lanka.

Enfin, dans les Concessions, le chiffre d’affaires d’APRR croît de 1,9 % pour une augmentation du trafic de 0,2 %. Au total, la branche affiche une solide croissance de 3 % ce semestre. La marge opérationnelle se maintient à un niveau élevé (41,2 %) grâce à la bonne tenue du trafic des concessions autoroutières et à la maîtrise des dépenses de fonctionnement.

 

Prévisions d’activité confirmées

 

Avec près de 13 mois d’activité en carnet (12,5 milliards d’euros), Eiffage confirme sa prévision de chiffre d’affaires pour 2013 à 14,2 milliards d’euros. «La reprise du trafic sur les autoroutes, le bon déroulement des grands projets en cours et les efforts menés dans l’amélioration de la productivité de nos chantiers doivent permettre une progression des résultats en 2013», anticipe Pierre Berger. 

 

 

 

Focus

Un plan de relance des autoroutes gelé

«Gelé !» C’est finalement le mot qu’aura choisi Pierre Berger, P-DG d’Eiffage, pour décrire l’état d’avancement du plan de relance des autoroutes. Pour rappel, les négociations entre les concessionnaires d’autoroutes et l’État ont débuté en septembre 2012. L’objectif était d’en définir les contours. Quels montants et quels types de travaux pour quel allongement des durées de concession ? Finalement, une vingtaine de raccordements et autres élargissements du réseau français ont été définis pour un montant total de travaux évalué à 3,7 milliards d’euros. La part d’Eiffage et de sa filiale APRR étant de 934 millions d’euros, et le reste réparti entre les réseaux de Sanef et de Vinci Concessions (ASF, Escota, Cofiroute…). Restait à tomber d’accord sur l’ampleur de l’allongement des concessions. « C’est un calcul très compliqué qui doit prendre en compte les hypothèses de trafic, l’inflation, le coût des travaux, explique Pierre Berger. À deux reprises nous avons optimisé nos hypothèses pour nous rapprocher de celles de l’État, mais nous n’avons finalement pas trouvé de terrain d’entente et les négociations sont au point mort depuis juillet. »Le P-DG espère pourtant que ces dernières vont reprendre et s’inquiète pour l’emploi et l’activité des travaux publics. «Sans ces travaux, à partir de fin 2014, début 2015, les terrassiers auront terminé leur travail sur les LGV en cours de construction, s’inquiète-t-il. Ce sont 10 000 à 15 000 personnes qui pourraient être mises sur la touche.»     

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