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Eiffage teste la première route française phosphorescente
Un chantier test a été réalisé sur une piste cyclable de 2 km à Pessac, en Gironde. - © Eiffage

Eiffage teste la première route française phosphorescente

Emmanuelle Picaud |  le 13/11/2018  |  Travaux publicsInfrastructuresEiffageStart-up

Un chantier test a été réalisé sur une piste cyclable de 2 km à Pessac, en Gironde. 

Lundi 12 novembre 2018, Eiffage Route et la jeune pousse Olikrom, spécialisée dans la fabrication de pigment intelligent, ont dévoilé une portion de route réalisée avec un marquage phosphorescent au sol.

Nommée « Lumikrom vision + », cette peinture permet à la chaussée d’emmagasiner la lumière absorbée la journée et de la réémettre dans l’obscurité une fois la nuit tombée.

Long processus

« Le principe de phosphorescence, auquel nous faisons appel, n’est pas neuf. C’est le même que celui qui permet d’éclairer dans le noir les aiguilles des réveils ou des montres », explique Jean-François Letard, PDG d’Olikrom. A ceci près qu’il a fallu deux ans d’études aux partenaires du projet pour parvenir à obtenir ce résultat.

« Pour utiliser un tel procédé sur une voirie, il y a des contraintes spécifiques que nous avons dû maîtriser dans l’ensemble de l’élaboration du mélange, jusqu’au choix des pigments de la peinture », poursuit Jean-François Letard. Plusieurs critères ont été pris en compte, comme l’adhérence, le temps de séchage, ou encore la tenue dans le temps.

Un essai similaire avait déjà été réalisé aux Pays-Bas par la société Heijimans, près de la ville d’Oss, en 2014. Mais il avait dû être arrêté prématurément après quelques semaines, faute de résistance du marquage au sol aux intempéries. Dans le cas du projet français, des premiers essais ont été réalisés sur un parking privé pendant une année, afin de s’assurer de la durabilité de la solution.

Celui réalisé sur une voirie publique a pu voir le jour en septembre dernier à Pessac, en Gironde. La bande centrale d'une piste cyclable a été équipée de ce nouveau marquage sur une distance de 2 km, ce qui permet de ne pas recourir à un système supplémentaire pour éclairer la chaussée.

Nouveaux usages

L'utilisation de cette peinture permet également d’augmenter le confort du conducteur. « En moyenne, la visibilité sur une route varie entre 50 m et 100 m. Avec ce nouveau marquage au sol, nous gagnons entre 50 et 100 m de visibilité supplémentaire », assure François Olard, directeur recherche et innovation chez Eiffage Infrastructures.

Au final, c’est surtout sur des routes peu ou pas du tout éclairées, en milieu rural par exemple, que cette solution semble surtout pertinente, même si celle-ci peut aussi s'avérer utile « en montagne, pour les bretelles d’autoroutes, ou encore pour améliorer le parcours des voitures autonomes », liste le directeur R&D. « Mais nous n’avons pas pour ambition de remplacer la peinture blanche routière classique », prévient-il.

Afin de pouvoir diversifier les usages, Eiffage vient de faire une demande auprès de l’Association pour la certification et la qualification des routes (Asquer) pour normaliser ce produit. « Pour le moment, nous visons les chantiers où la certification n’est pas nécessaire. Nous agrandirons ensuite notre périmètre une fois que nous l’aurons obtenue, ce que nous espérons d’ici un an », ajoute François Olard.

Commentaires

Eiffage teste la première route française phosphorescente

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Jacques Berbineau

28/11/2018 13h:35

Comme sur ces escaliers de musée, délicatement "éclairés" par des diodes insérées en soulignement à proximité des murs (donc des mains courantes où s'agrippent désespérément les mal voyants): ce marquage éblouit, et CACHE tout ce qui l'entoure (nids de poules, limites de chaussées, objets sombres abandonnés). Pour bien éclairer une surface, ses détails, aspérités... il faut éclairer VERS la surface, et non DEPUIS. Sur route, ce marquage peut passer : l'automobiliste dispose de ses feux pour contrebattre et compenser le flux aveuglant. Sur piste cyclable, surtout non éclairée par ailleurs, je pressens qu'il est un vrai piège. Une chose est sûre : la piste a été inaugurée de jour, et on a coupé le ruban sans l'emprunter à vélo.

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