Entreprises de BTP

Eiffage reprend la voie de la croissance

Mots clés : Entreprise du BTP

Le numéro trois français du BTP affiche des résultats semestriels encourageants. Le fruit des efforts consentis en termes de productivité sur les chantiers et de sélectivité dans les affaires.

Pierre Berger, qui deviendra P-DG du groupe Eiffage le 10 septembre (voir notre article ici), affiche des résultats semestriels encourageants. Le n°3 du BTP français a stabilisé son chiffre d’affaires au premier semestre à 6,6 milliards d’euros et nettement amélioré ses résultats (+10,6% pour le résultat opérationnel courant à 499 millions et +18,6% pour le résultat net part du groupe à 51 millions d’euros). Le chiffre d’affaires progresse dans tous les métiers sauf dans la construction (-1,7% à 1,8 milliard) et les travaux publics (-1,8% à 1,7 milliard). Dans les travaux, la marge opérationnelle est stable (1,6% à comparer à 1,5% au 1er semestre 2011). Dans les  concessions, elle est de 41,6% (contre 38,1%). La marge progresse dans toutes les branches, sauf dans les TP (-2,7% contre -2% au 1er semestre 2011). Jean-Louis Servranckx, patron de ce pôle, se dit confiant sur l’évolution dans les travaux publics « : depuis juillet, nous avons pratiquement rattrapé notre retard et le carnet de commandes, plus qualitatif, a progressé de 40% depuis un an ».

 

Productivité et sélectivité

 

Pour Pierre Berger, les progrès du groupe s’explique par une plus grande sélectivité dans la prise d’affaires, une grande maîtrise des chantiers en cours pour faire en sorte de parvenir à une bonne exécution du premier coup et des efforts de productivité. Au 30 juin, le carnet de commandes est en hausse de 19,7% sur un an à 13,5 milliards. Pour l’heure, 89% du chiffre d’affaires est sécurisé pour 2012 et sur les 13,5 milliards en carnet, 8,4 milliards sont réalisables au-delà de 2013, essentiellement du fait de la LGV Bretagne-Pays-de-Loire dont le chantier démarre. Le groupe reste donc confiant pour son activité en France : la démographie soutient la construction de logements, le besoin en infrastructures est patent (« après les LGV, le grand Paris ») et le marchés de l’énergie sont en plein essor, explique le groupe.

 

Cap sur l’international

 

Pour autant, à côté des 12 milliards de chiffre d’affaires annuel en France, Eiffage accélère le pas sur le grand international, « avec prudence et détermination, précise Pierre Berger. Mais il faut aller chercher la croissance et les résultats là où ils sont». L’objectif est de passer de 2 milliards aujourd’hui, réalisés à 90% en Europe, à 3 essentiellement hors d’Europe. Parmi les zones en ligne de mire : le pourtour méditerranéen, le golfe de Guinée et l’Afrique de l’est… sur des projets où le groupe peut valoriser sa différence et son savoir-faire (route, ouvrages d’art et ferroviaire).

 

Travaux contre allongement des concessions

 

Pierre Berger s’est attardé sur ses ambitions en matière d’autoroute. Eiffage, comme son concurrent Vinci, entend proposer au nouveau gouvernement une extension de la durée des concessions des réseaux autoroutiers en échange de travaux supplémentaires sur le réseau existant (raccordement A89-A6, rénovation de l’A6 entre le péage de Fleury et Paris, Route centre-Europe Atlantique…) dans le cadre de la négociation qui va démarrer en septembre sur son contrat de plan 2014-2018. « Nous pouvons démontrer que l’adossement n’est pas interdit par l’Union européenne. Je ne désespère pas que nous trouvions tous ensemble des solutions pour avancer dans cette période difficile». Au ministère des transports, on reconnaît étudier la possibilité d’allonger la durée de concession des autoroutes et que des négociations vont être prochainement entamées avec l’Asfa (Association des sociétés françaises d’autoroutes). « Je persiste à dire que le PPP est une bonne façon de financer les infrastructures : ça ne coûte plus cher qu’en apparence, car on compte la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance pour rendre un ouvrage à l’état neuf à l’issue du contrat », argumente Pierre Berger.

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