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Un tronçon de la RN 79 dite "Route de la mort", dans l'Allier. L'Etat va la transformer en autoroute et,l'élargir à 2X2 voies. Un marché entièrement financé par la mise en concession avec péage. - © Google Street View
Décryptage

Eiffage "concessionnaire pressenti" de la Route Centre-Europe Atlantique

Jessica Ibelaidene et Florent Maillet |  le 13/06/2019  |  RCEAEiffageAllierConcession d’autoroutesAPRR

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Le groupement Eiffage - APRR est désigné "concessionnaire pressenti unique" pour la mise en concession de 90 km de la route nationale 79 dans l'Allier, la fameuse RCEA. Elle sera aménagée en autoroute à 2x2 voies, sans subvention publique. Un consortium réunissant Meridiam, Spie batignolles et Demathieu Bard prétendait aussi au marché.

Un groupement mené par Eiffage et associant APRR (détenu en majorité par Eiffage, au côté du fonds Macquarie) est en pole position pour remporter un marché de concession routière très attendu, lancé en avril 2017. Selon nos informations, Eiffage est en effet désigné, ce jeudi 13 juin 2019, « concessionnaire pressenti unique » pour l’aménagement en 2x2 voies et la mise en concession d’une portion de 89 kilomètres de la fameuse Route Centre-Europe Atlantique (RCEA). Une voie surnommée « la route de la mort » en raison du nombre très élevé d’accidents qui s’y produisent chaque année.

Avantage de ce schéma de concession d'une route nationale pour l'Etat -un cas rarissime-, les travaux seront entièrement payés par les entreprises, sans aucune subvention publique. L’équivalent de trois péages, tous implantés dans l’Allier, devraient en effet jalonner la future A 79, pour permettre à l'opérateur privé de financer l’opération, construire les voies et ouvrages, les entretenir…

Détail de l’opération de mise à 2x2 voies de la RCEA par concession autoroutière entre Montmarault et Digoin. © Dreal Auvergne Rhône-Alpes

 

Montant du contrat et durée de la concession restent à définir

 

Le montant précis du contrat, évalué initialement à plus de 500 millions d’euros par le comité de pilotage du projet RCEA, tout comme la durée de la concession, restent à définir. C’est tout l’objet de la période qui s’ouvre : l’Etat et Eiffage-APRR doivent négocier pour finaliser le contrat, « dans les meilleurs délais », annonce-t-on au ministère des Transports.

Puis, le document sera soumis à l’avis de l’Arafer et du Conseil d’Etat. Horizon envisagé : le 2e semestre 2019. L’Etat devra ensuite se décider quant à la signature définitive.

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Mais la tendance n'est pas à changer d'avis du côté de l'exécutif. Signe de l'urgence pour réaliser cette autoroute -une cinquantaine de morts depuis 2010 sur la RCEA-, Eiffage "peut utiliser le temps de l'instruction du contrat pour anticiper, s'il le souhaite et dans le respect de la réglementation applicable, la concertation et certaines procédures administratives nécessaires à la réalisation de ce projet, et ce à ses risques et périls", précise-t-on au ministère. 

 

Cinq candidats avaient postulé au marché

 

Eiffage l’emporte face à un groupement inédit, qui réunissait le fonds Meridiam, spécialiste des infrastructures, allié à Spie Batignolles et Demathieu Bard. Les deux prétendants étaient en compétition depuis plusieurs mois. Ils avaient remis au ministère leurs offres améliorées le 7 mars dernier. Trois autres équipes n’avaient pas été retenues à l’issue du premier tour : Vinci, associé à la Caisse des Dépôts ; Colas (Bouygues) aux côtés d’ATMB, la société qui exploite le tunnel du Mont-Blanc; et, enfin, les groupes NGE et Fayat.

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Un casting qui résume l’intérêt que suscitait la RCEA. Il faut dire que le chantier s'annonce colossal. Le projet d’aménagement consiste en effet en la mise à 2x2 voies de circulation de la section existante de la RN 79 entre Sazeret (Allier) et l'échangeur de Digoin (Saône-et-Loire). Soit un linéaire d'environ 89 km dont 88 km dans le département de l'Allier, et quatre ouvrages d'art existants. Le contrat prévoit la transformation de cette section de la RN 79, empruntée quotidiennement par plus de 15 000 véhicules, dont 40% de camions, en autoroute à péage, la A 79. Cette voie est déjà reliée à la A 71, gérée par APRR.

 

Décalage de calendrier

L’importance et la technicité du projet n’expliquent pas, à eux seuls, le décalage de calendrier. Le concessionnaire pressenti aurait dû être désigné en novembre 2018. Mais l’Etat a dû prendre son temps pour au moins deux raisons.

La première tient au timing de l’annonce. « La privatisation partielle d’une route nationale et l’instauration de péages pouvaient difficilement être annoncés fin 2018, en pleine mobilisation des Gilets jaunes, et alors que les sociétés d’autoroutes étaient visées », glisse un proche du dossier.

La seconde raison est en partie liée à la première : les négociations avec les entreprises en compétition se sont resserrées sur les volets techniques et financiers, dont le tarif des péages. La prise en compte d’aspects environnementaux a aussi dû être intégrée par les compétiteurs. Eiffage propose par exemple « des dispositions spécifiques en faveur des véhicules les plus propres ». Ou des équipements de recharge  électrique des véhicules. Une anticipation des nouvelles exigences qui doivent figurer dans le projet de Loi d’orientation des mobilités (LOM). Le texte doit être votée en première lecture à l’Assemblée nationale, mardi 18 juin.

Le calendrier des travaux subit lui aussi ce décalage d'attribution du marché. Le chantier devait être livré "au mieux" en 2022, selon les projections de l'Etat. Un horizon 2023-2024 est désormais plus probable.

 

 

Commentaires

Eiffage "concessionnaire pressenti" de la Route Centre-Europe Atlantique

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Laurent46

13/06/2019 18h:24

Tout ce qu'ils ont trouvé c'est de faire du péage alors qu'il n'y a pas d'autre route ! Ces politiques méritent des grands coup de battes dans les fesses. Encore des "taxes déguisées". La France est un pays honteux. Mais le Président se promène tous les jours à travers la France pour faire sa campagne pour les Municipales le tout aux frais des contribuables en déplaçant à chaque fois 500 policiers et tout le staff qui l'entoure, bloquant route et entreprises, une belle brochette de fainéants qui n'ont plus rien d'autre à faire que des cammpagnes électorales laissant la "merde " aux autres.

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JEAN

13/06/2019 18h:37

il faut re-nationaliser les autoroutes pas de nouvelles concessions sans fin..................

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Kadir

13/06/2019 19h:08

Bonjour Mme mr je recherche du travail je dans boncheur dans bâtiment je suis boisseur +jai mon permis b depuis 2009 +jai le permis d,ingen catégorie 1,2,+2b 3 9 ,pour le travaux public ou dans bâtiment contacté moi moi svp 0658282647 cordialement.

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CAPITALO

14/06/2019 07h:01

Il n'y a pas de quoi se réjouir! Fin de travaux en 2022? Qui dit...mieux? Et après, tous ces hommes et femmes politiques (de gauche, de droite et j'en passe) rouleront gratuitement!!! Et puis, à quoi servent-ils? A rien, puisque pendant des années, ils n'ont rien fait (en commençant par le "Made in France"). Que des réunions, des concertations...

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