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Efficacité énergétique : un accord suscitant soulagement et déception

Correspondant permanent à Bruxelles d'Enerpresse |  le 14/06/2012  |  EtatPerformance énergétiqueRéglementation thermiqueEuropeImmobilier

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Le Parlement, la Commission et le Conseil des ministres européens sont parvenus à un accord sur la directive sur l’efficacité énergétique (DEE) dans la nuit du 13 au 14 juin. Dans cette guerre d’usure entre un Parlement Européen ambitieux et des gouvernements réticents, on ne sait pas si finalement tout le monde y a gagné ou perdu.

Le but était, au départ, de combler le fossé entre un objectif affiché de 20 % d’efficacité énergétique dans l’UE en 2020 (une économie de 368 Mtep) et ce que les mesures actuelles permettront de réaliser : 9,1 % (166 Mtep).
La DEE négociée, estime-t-on aujourd’hui, pourra permettre d’économiser une centaine de Mtep supplémentaires et de pousser ainsi le curseur jusqu’à 17 %, en comptant la contribution attendue du secteur du transport, en abaissant les émissions de CO2 des véhicules légers.

Pour combler le fossé de 52 Mtep pour atteindre 20 %, Bruxelles devrait venir avec des mesures d’éco-conception pour les appareils électriques et les chaudières.

Mais en 2014, elle fera le point sur les plans des États membres pour 2020 et pourrait proposer d’autres mesures, dont des objectifs nationaux contraignants.
La DEE obligera distributeurs et fournisseurs d’énergie à réduire de 1,5 % par an la consommation de leurs clients.

De nombreuses dérogations ont toutefois été négociées mais plafonnées à 25 % des économies à réaliser via cette mesure. Une clause à revoir en 2016.
Les bâtiments publics devront faire l’objet de rénovation profonde, mais seuls sont pris en compte ceux des pouvoirs centraux. Une feuille de route à 2050 pour rénover le parc existant est imposée.

Les promoteurs de nouvelles centrales devront procéder à une analyse coûts/bénéfices pour examiner les possibilités de production combinées chaleur/électricité – même pour le nucléaire ! Au départ, il s’agissait cependant de rendre obligatoire la cogénération.

Ce qu’on retiendra de ces négociations au couteau, à Bruxelles, c’est la mauvaise foi des gouvernements européens qui annoncent régulièrement que l’efficacité énergétique est la panacée : réduction des importations d’énergie, création d’emplois, réduction d’émissions de CO2, rentabilité assurée, diminution des factures énergétiques et véritable vecteur de croissance. Quand il s’agit de passer aux actes, c’est un jeu de dupes.

Les ministres européens de l’Énergie qui se réunissent à Luxembourg ce 15 juin ne manqueront certainement pas de s’attribuer le mérite de cette directive qu’ils ont allègrement taillée en pièces au cours des 4 derniers mois.

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