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EDF va investir 500 millions d'euros pour réhabiliter 200 barrages jugés dangereux
Selon le rapport, la partie centrale du barrage de Chambon (Isère) poursuit son déplacement vers l'aval, ce qui entraîne un risque d'instabilité. - ©

EDF va investir 500 millions d'euros pour réhabiliter 200 barrages jugés dangereux

Defawe Philippe |  le 22/02/2007  |  France entièreEnvironnementSantéTechnique

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Selon un rapport confidentiel établi en août 2006 par la division production et ingénierie hydraulique d'EDF (DPIH) révélé par le mensuel économique Capital dans son édition de mars, près de la moitié des barrages hydrauliques d'EDF en France présentent des signes inquiétants de vétusté, certains faisant peser un réel danger sur leur environnement. Un programme d'investissement de 500 millions d'euros est prévu sur la période 2007-2011 pour la maintenance de ces barrages.

Sur 450 barrages exploités dans l'Hexagone par le groupe, 200 présentent des signes inquiétants de vétusté. Une centaine de ces barrages jugés dangereux font même peser de réels dangers sur leur environnement immédiat, poursuit le journal, qui cite des affaissements de terrain, destructions de routes et inondations de villages comme conséquences.
Les problèmes sont essentiellement concentrés dans les Alpes, mais les barrages du Massif central et des Pyrénées sont également concernés.
Le rapport répertorie notamment un "risque d'instabilité du mur" pour le barrage de Noyer-Chut (Isère), une "fissuration voûte" et des "fuites membranes" à La Girotte (Savoie) et un "état de dégradation avancée" à Le Verney (Isère).
Parmi les barrages les plus dangereux de France figurent celui de Mauzac (Dordogne), où le rapport note un "risque de rupture", celui de Viclaire (Savoie) avec un "risque d'effondrement de la galerie sur un village" et le barrage de Fond-de-France (Isère), où sont apparues des "fuites dans la digue avec une zone très habitée à l'aval".

Suite à la publication de ces informations, "EDF a décidé d'engager un programme considérable d'investissements de maintenance pour un montant global de 500 millions d'euros sur la période 2007-2011", a fait savoir le groupe dans un communiqué.
"Cette décision du président d'EDF a d'ailleurs été inscrite au plan moyen terme des investissements du groupe", précise le texte.
"Les ouvrages hydrauliques sont conçus pour une durée de vie qui dépasse le siècle", répond EDF, précisant que "l'âge moyen des centrales hydroélectriques d'EDF n'est que de 50 ans et elles affichent des niveaux satisfaisants de performance et de sûreté".
"Un contrôle systématique des ouvrages et des opérations d'entretien sont menées régulièrement", rappelle EDF, qui admet cependant que ses "installations sont davantage sollicitées que par le passé, en particulier pour faire face aux pics de consommation".

Ce programme de réhabilitation, baptisé "Super Hydrau", devrait porter sur la rénovation de 200 installations. Mais ce programme n'est peut être pas à la hauteur de l'ampleur du chantier. La rénovation du seul barrage de Tuilières (Dordogne), dont les vannes rouillées sont tombées le 29 janvier 2006 dans le fleuve, libérant 5 millions de mètres cubes d'eau, nécessitera jusqu'à 80 millions d'euros d'investissements, soit près de 20% du budget estime Capital.

Jean-Philippe Defawe

Voir le rapport rendu public par Capital.fr (PDF, 1ère partie)
Voir le rapport rendu public par Capital.fr (PDF, 2ème partie)

Dix barrages jugés à risque



Dordogne:
- Mauzac (gros risque): vannes et parties métalliques dans un état de corrosion avancé. Risque de rupture.

Isère:
- Noyer-Chut (gros risque): déjointement et instabilité d'un des murs. Risque d'effondrement de la RN 91.
- Fond-de-France (gros risque): au niveau du bassin de retenue, fuites dans la digue avec une zone très habitée à l'aval.
- Bournillon (gros risque): problèmes massifs de génie civil. Risque industriel. Corps de l'ouvrage très dégradé.
- Le Chambon (risque moyen): la partie centrale poursuit son déplacement vers l'aval, entraîne un risque d'instabilité.
- Lac Mort (petit risque): fuites importantes détectées. Risque d'instabilité de la digue.

Savoie:
- Viclaire (gros risque): fuites importantes. Risque d'effondrement de la galerie sur un village.
- La Rageat (risque moyen): risque de fuites ayant un impact sur une route d'accès aux stations de ski.
- La Girotte (risque moyen): fissuration de la voûte, fuites apparentes, vieillissement prématuré de l'ouvrage.

Drôme:
- Beaumont-Monteux (petit risque): état dégradé des structures, vétusté du génie civil, équipements obsolètes et dangereux.

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