Performance énergétique

EDF expose son nouveau visage au Simi

Mots clés : Etat et collectivités locales - Gestion et opérations immobilières

Dans une mauvaise passe, EDF est entrée dans une aire de profonde mutation. L’énergéticien escompte notamment se rapprocher des collectivités et des promoteurs immobiliers. Le Salon d’immobilier d’entreprise, qui se tient jusqu’au 8 décembre à Paris, lui offrait une tribune adaptée.

Les temps sont durs pour EDF. Chahuté dans la fourniture d’électricité, embourbé dans les chantiers nucléaires, bousculé dans les services à l’énergie, le géant français se voit contraint de repenser entièrement son modèle. Cette renaissance passe notamment par un renforcement des relations commerciales avec les collectivités et les promoteurs immobiliers. Le groupe a donc profité du Salon de l’immobilier d’entreprise (Simi), qui se tient du 6 au 8 décembre au Palais des congrès de Paris, pour afficher ses compétences en matière de conception, de réalisation et de maintenance. « Nos offres reposent sur deux piliers : d’une part une architecture de l’énergie personnalisée pour chaque territoire, d’autre part une maitrise de l’ensemble des activités de ce secteur. Nous avons même lancé en septembre dernier Agregio, une filiale d’agrégation pour la production et l’effacement », détaille Jean-Noël Guillot, directeur adjoint d’EDF Collectivité.

Dans cette approche, l’énergéticien met particulièrement en avant son expérience dans les réseaux de chaleur et de froid. Aujourd’hui, sa filiale Dalkia exploite 353 de ces infrastructures en France. Cette dernière peut se targuer d’une prise de choix en 2017 avec la délégation de service public pour le chauffage urbain du Grand Lyon. « Nous privilégions ainsi des sources d’énergie locales et renouvelables, indique Pascale Ceccaldi, directrice de la communication et du marketing de Dalkia Centre-Est. Pour autant, ce vecteur représente seulement 8 % de la chaleur livrée dans l’Hexagone. » L’entreprise peut donc espérer décrocher de nouveaux chantiers au cours de la prochaine décennie.

 

Stockage et numérique

 

Au-delà de son savoir-faire, Dalkia compte aussi sur quelques innovations pour se distinguer. Dans l’agglomération lyonnaise, les abonnés pourront consulter leurs consommations de chaleur quotidienne par le biais d’un portail web. Par ailleurs, le stockage thermique tend à se généraliser. Ces cuves d’eau limitent le recours à des énergies fossiles lors des pics de consommation.

Ces réservoirs peuvent aussi devenir des déversoirs pour les surproductions d’électricité à l’image du futur éco quartier Nanterre Cœur Université (Hauts-de-Seine). Dans le cadre de ce projet, Optimal Solutions, filiale de Dalkia, a conçu en partenariat avec Bouygues Immobilier les installations énergétiques de 76 000 m² de bâtiments : 20 000 de bureaux, 30 000 de logements et le reste de commerce. Un réseau de chaleur et de froid couplé à une géothermie de surface alimentera les immeubles. Des panneaux solaires et une cogénération à l’huile de colza assureront la génération de courant. Deux ballons de 80 m3 posés dans les parkings pourront emmagasiner les surplus. Un centre de pilotage de Dalkia optimisera le fonctionnement de ces différents équipements. « Nous parviendrons ainsi à autoconsommer la totalité de la production électrique, explique Christophe Rodriguez, directeur technique et innovation d’Optimal Solutions. Cette offre globale a émergé d’une longue réflexion commune avec le promoteur et la collectivité. »

EDF ambitionne de multiplier ces démarches groupées. En Ile-de-France, elle en a décroché quatre dans le cadre de l’appel à projets « Inventons la métropole » : Marne Europe à Villiers-sur-Marne, la ZAC Léon Blum à Issy-les-Moulineaux, le Terrain Bi-Métal à Joinville-le-Pont, et les Terrains Yves du Manoir à Vaucresson. « Dans chaque cas, nous avons proposé un dispositif adapté à l’environnement, remarque Thierry Chevillard, directeur Ile-de-France d’EDF. A Villiers-sur-Marne, la parcelle se trouve à proximité de l’autoroute A4. Nous avons donc porté une attention particulière au traitement de l’air. A Vaucresson, nous allons récupérer la chaleur fatale dégagée par l’autoroute A86. » A ces services à l’énergie, le directeur aimerait maintenant ajouter la captation d’information urbaine : « Notre filiale Citelum a remporté un beau projet de ville intelligente à Dijon. Nous pouvons bien faire de même à Paris. »

 

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