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Economie Le marché de la terre cuite surfe sur la conjoncture

THIERRY DEVIGE-STEWART |  le 01/06/2007  |  ConjonctureArchitectureRéalisationsArdennesAude

Les briques de structure et les tuiles profitent pleinement de la bonne conjoncture du bâtiment. Le bloc de terre cuite isolant thermique « Monomur » apporte une nouvelle réponse technique à l’enveloppe des bâtiments.

Le marché de la terre cuite est florissant. En cinq ans, son chiffre d’affaires a progressé de plus de 25 %, dont 8 % pour la seule année 2006. Comme la plupart des secteurs du bâtiment, celui-ci est bien évidemment tiré par la construction neuve qui ne cesse de tutoyer les sommets. Mais pour les responsables de la Fédération française des tuiles et briques (FFTB), ce succès est aussi dû aux qualités intrinsèques des produits.

Adaptation à l’environnement régional, régulation hygrométrique, résistance au feu, isolation thermique et phonique, faible coût d’entretien pour la terre cuite apparente sont en effet autant de facteurs sur lesquels insistent les promoteurs de cette solution constructive, qui domine dans le domaine des tuiles avec 70 % de parts de marché. Le matériau concurrence par ailleurs sérieusement le parpaing de béton, avec désormais 28 % des structures résidentielles individuelles.

Monomur et joints minces. Du côté des tuiles, on enregistre une progression de près de 3 % des volumes de vente et une stabilité de la répartition entre les différents types de produits.

Notons que face à la demande du neuf, les chantiers de rénovation de toitures ont tendance à être mis de côté par des entreprises aux carnets de commandes pleins. « C’est la brique de structure, et notamment le bloc de terre cuite isolant thermique Monomur, alliée à la pose à joints minces qui a dynamisé le marché en 2006, commente Bruno Martinet, directeur général de la FFTB. Grâce à son inertie thermique, le Monomur régule la température intérieure. La maison est alors préservée des variations de température importantes sans dessèchement de l’air. De plus, la structure alvéolaire associée aux qualités naturelles de la terre cuite permet de construire des murs porteurs et isolants à la fois. Enfin, le Monomur absorbe cinq fois moins d’eau que d’autres types de murs... » Particulièrement technique puisque nécessitant un premier rang de briques parfaitement horizontal, la pose à joints minces aurait pu se heurter à la force des habitudes des metteurs en œuvre. Il n’en est rien. Grâce aux formations dispensées dans les CFA de maçonnerie ou directement sur les chantiers par les industriels, cette nouvelle technique fait de plus en plus d’adeptes. Les maçons y trouvent même une revalorisation de leur métier.

« L’entreprise se rend aussi compte du gain de temps sur le chantier, argumente Bruno Martinet. Nous l’estimons à 30 % sur l’élévation des murs. Par ailleurs, le compagnon utilise 30 fois moins de mortier, ce qui diminue le coût, la pénibilité et les déchets. »

Investissements industriels. La filière envisage l’avenir avec le même optimisme que celui qui prévalait il y a un an. Après un ralentissement depuis trois mois, attribué à la période électorale, l’activité devrait – aux dires des acteurs de la filière – redémarrer fortement, notamment en raison de la politique incitative pour le logement du nouveau président de la République.

Mais, sans avoir attendu les résultats des élections, les fabricants du secteur de la terre cuite se sont lancés dans de vastes opérations d’investissement afin de se doter d’un outil industriel en phase avec la demande… et pour ne pas connaître de nouveau les difficultés d’approvisionnement comme ce fut le cas en 2005 et 2006.

Ainsi, Lafarge Couverture a créé deux nouvelles unités de tuiles à Limoux (Aude) et à Signy-l’Abbaye (Ardennes), tandis que Wienerberger va investir 30 millions d’euros entre l’automne 2007 et la fin de 2008 à Durtal (Maine-et-Loire) dans une briqueterie d’une capacité annuelle de 150 000 tonnes, soit 8 % du potentiel français du groupe dans le domaine du mur.

De son côté, Terreal vient d’annoncer l’investissement de 85 millions d’euros pour doubler la production de son site de Chagny, au cœur de la Bourgogne. Les nouveaux bâtiments abriteront une unité de traitement des argiles et deux fours fonctionnant 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, capables de cuire plus de 35 millions de tuiles par an.

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L’EXPERT Hervé Gastinel, président de la Fédération française des tuiles et briques

« La terre cuite et la roche partagent le même centre technique »

Le Centre technique des tuiles et briques (CTTB) s’appelle désormais le Centre technique de matériaux naturels de construction (CTMNC). Pourquoi ce changement ?

Depuis plusieurs années, l’industrie de la roche ornementale et de construction souhaitait disposer d’un centre technique financé par taxe affectée. Le ministère de l’Industrie a voulu créer ce centre à l’intérieur d’un centre déjà existant. Après une étude par un cabinet extérieur au printemps 2006, c’est le CTTB qui a été choisi. Les raisons en sont les synergies entre les sujets techniques traités par les deux professions, la taille comparable des deux industries et surtout la proximité des valeurs des deux métiers terre cuite et roches (sens de l’histoire et du patrimoine, esthétique, matériaux naturels et écologiques...). La taxe affectée roche a été mise en place dès le 1er janvier 2007, et la compétence du CTTB étendue à cette activité aussi.

Quelles sont les missions du CTMNC et les synergies envisagées ?

Ses missions sont classiques pour un centre technique : promouvoir l’innovation, la qualité et la productivité dans les filières terre cuite et roches. Ceci par le biais de la recherche et développement, de la normalisation, de la certification, de la veille technologique…

Les synergies au niveau technique sont la normalisation (DTU construction, normes produits, et en particulier le marquage CE pour les PME et les entreprises des monuments historiques), les études liées à la mise en œuvre (Eurocodes par exemple), la réglementation et l’exploitation des carrières, la qualité et la certification.

L’industrie du bloc béton estime que les produits en terre cuite sont moins écologiques à fabriquer que les siens. Que répondez-vous ?

Tout d’abord, il ne s’agit pas de l’industrie du bloc béton, mais d’une minorité d’industriels de ce secteur regroupés sous la dénomination « Blocalians ». Nous jugeons agressifs et inexacts les arguments de leur campagne de promotion. J’ajouterai que la FFTB a signé la charte de communication AIMCC (www.aimcc.org), comme la plupart des industriels des matériaux de construction. Nous nous sommes ainsi engagés à ne pas faire des publicités de dénigrement des matériaux concurrents, et nous ne le ferons pas.

Sur le fond, fort heureusement, les professionnels ne s’y sont pas trompés. Dans le cas du Monomur terre cuite, la récente analyse du cycle de vie réalisée par la société Ecobilan montre que le m2 de Monomur (d’épaisseur 30 ou 37) est plus performant sur le plan environnemental que les systèmes de maçonnerie courante avec isolation rapportée. Les résultats de cette étude sont publiés dans une nouvelle brochure éditée par la FFTB (Monomur terre cuite et démarche HQE ®). L’investissement énergétique initial du Monomur lui permet d’apporter une excellente performance thermique et de la garantir dans le temps.

Propos recueillis par Thierry Devige-Stewart

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