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Ecoconstruction Paille et bois pour un bâtiment tertiaire à énergie positive

JEAN LELONG |  le 04/09/2015  |  TechniqueEnvironnementHérault

Le siège du bureau d’études thermiques Izuba Energies, près de Montpellier, cherche l’exemplarité en termes de sobriété, d’efficacité et d’énergies renouvelables.

Izuba Energies a fait de son nouveau siège, à Fabrègues, dans les environs de Montpellier, un bâtiment démonstrateur ainsi qu’une vitrine de son savoir-faire. Pour concevoir le bâtiment, le bureau d’études thermiques s’est inspiré de la démarche Négawatt, une association dont Thierry Salomon, cofondateur d’Izuba, est l’un des principaux animateurs. Il en a décliné les trois principes de base : sobriété, efficacité et énergies renouvelables. « Nous avions une double exigence, explique Stéphane Bedel, ingénieur : construire un bâtiment performant et utiliser des matériaux au plus faible impact possible sur l’environnement. Nous souhaitions aussi une solution reproductible. » Ces orientations ont conduit l’architecte, Vincent Rigassi, à proposer une forme simple et compacte : un parallélépipède en R + 1 orienté nord-sud. Les pignons est et ouest, presque aveugles, ne s’ouvrent que pour éclairer les circulations. Une seconde peau en bardage de bois ajouré, à 1,20 m de la façade, assure une protection solaire en été.

Les vertus de la terre crue.

Côté matériaux, le maître d’ouvrage a opté d’emblée pour une ossature bois avec isolation en paille, solution qui permet d’obtenir un haut niveau d’isolation des murs avec des matériaux biosourcés et faiblement transformés. La terre crue s’est imposée comme complément naturel de la paille pour amener au bâtiment l’inertie nécessaire au confort d’été. Utilisée en enduit extérieur, elle est introduite également à l’intérieur pour apporter de la masse et contribuer à la régulation hygrothermique. Ainsi, une cloison sur deux est constituée d’un lattis de bois empli d’un mélange terre-paille. Et, en bordure du hall d’accueil, un mur en briques de terre crue, d’un poids de 20 tonnes, s’élève sur toute la hauteur du bâtiment.

A l’intérieur, l’architecte s’est efforcé de limiter le second œuvre, dont l’impact environnemental est jugé plus difficile à maîtriser. Les sols sont constitués d’une chape en mortier d’anhydrite, laissée nue. Ce plancher, qui apporte aussi de l’inertie, intègre le réseau de chauffage et rafraîchissement alimenté par une pompe à chaleur (PAC) reliée à deux pieux géothermiques de 100 m de profondeur. « En été, le rafraîchissement sera principalement obtenu de manière passive, par ventilation nocturne et par simple circulation d’eau dans le plancher, précise Stéphane Bedel de l’équipe Izuba Energies. La PAC pourra être utilisée en cas de besoin pour rafraîchir la salle de formation, équipée en outre de ventilo-convecteurs. » La qualité de l’enveloppe (le taux de perméabilité à l’air atteint 0,8 m3/h.m²) et l’orientation du bâtiment ont permis de limiter le besoin en chauffage à moins de 10 kWh/m².an, sur une consommation totale estimée à 69 kWh/m².an (en simulation). Reste à valider ces hypothèses. Des capteurs, reliés à la GTC (gestion technique centralisée), permettront de relever les consommations par poste en temps réel et de comparer le comportement du bâtiment au modèle théorique établi en phase conception.

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