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Eau potable travaux urgents pour les réseaux - Sept départements inventorient leurs réseaux d'eau potable

JEROME HERVE |  le 06/07/2001  |  Collectivités localesEnvironnementTravailMancheFrance entière

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L'enquête a pour objet la planification des réparations des canalisations. Les résultats définitifs seront connus dans quelques semaines.

On connaîtra à la mi-octobre les résultats de l'enquête menée dans sept départements pilotes (1) sur l'état du réseau d'eau potable. Initiée par le syndicat des Canalisateurs de France (2), cette enquête nécessite d'établir un inventaire complet des canalisations. Elle devrait à terme concerner l'ensemble du pays et s'étendre à d'autres réseaux comme l'assainissement.

L'affaire n'est pas mince puisque dans le seul département de la Manche où une analyse des premiers résultats a déjà été faite, l'investissement estimé pour réhabiliter et mettre aux normes les canalisations d'adduction d'eau potable est de 130 millions d'euros (850 millions de francs) sur un patrimoine évalué à 400 millions (2,6 milliards de francs).

Dans ce département, la majeure partie des travaux à effectuer concerne le remplacement de 3 000 km de tuyaux anciens en fonte grise et en amiante-ciment datant des années 50 à 70 (voir schéma ci-contre).

Connaître l'état du réseau

Sur l'ensemble du territoire français, le constat des travaux à réaliser pourrait bien se chiffrer à plusieurs milliards d'euros. Remplacement des canalisations vétustes ou présentant un risque sanitaire (fonte grise, amiante-ciment, plomb...), amélioration du rendement, mise aux normes européennes, développement du maillage... Les chantiers à mettre en oeuvre seront lourds à supporter financièrement. Pour le département de la Manche, ils correspondraient à un surcoût étalé sur dix ans de 0,46 euro par m3 d'eau (3 francs).

A la vue de ces premiers résultats, on peut penser que l'Etat et les collectivités pourraient craindre d'avoir à financer ces travaux. Au travers des agences de l'eau et des conseils généraux qui cofinancent les inventaires (de l'ordre de 100 000 euros par département), ils participent pourtant activement à la connaissance de l'état des réseaux. Car les canalisations, longtemps négligées, sont devenues un sujet sensible. Hormis les pertes d'eau liées à la vétusté des réseaux qui, selon les canalisateurs, sont de 15 à 20 %, les risques sanitaires liés aux branchements en plomb ou aux canalisations en amiante-ciment, et les risques bactériologiques encouragent de telles initiatives. La médiatisation des problèmes d'environnement et de santé publique y contribue largement.

Reste à savoir quels moyens seront pris par les pouvoirs publics pour réhabiliter les réseaux et à quels horizons ces travaux pourraient être engagés.

(1) Allier, Aveyron, Bas-Rhin, Doubs, Hérault, Indre-et-Loire et Somme. Les résultats seront communiqués les 10 et 11 octobre à Tours.

(2) Syndicat de spécialité affilié à la Fédération nationale des travaux publics.

PHOTO :

L'inventaire a pour objectif une meilleure connaissance des réseaux d'eau potable. C'est aussi un moyen de planifier les travaux futurs.

GRAPHIQUE :

Longueurs de canalisations par matériau et par année 1940/1994

Dans la Manche, les premiers résultats de l'enquête montrent que 3000km de tuyaux en fonte grise et en amiante-ciment, datant des années 50 à 70, sont à remplacer.

« Deux ans pour un inventaire de toute la France » Interview Patrick Bernasconi, président du syndicat des Canalisateurs de France.

Vous avez lancé, en partenariat avec l'Association des départements de France et les ministères de l'Environnement et de l'Agriculture, un inventaire des réseaux d'eau potable dans sept départements pilotes. Dans quel but ?

PATRICK BERNASCONI : A terme, l'objectif est la mise en place d'un schéma départemental d'entretien. Si les élus avaient une meilleure visibilité des travaux qu'ils ont à faire dans les dix ou quinze ans qui viennent, ils les planifieraient davantage. Il n'y rien de pire que les à-coups dans l'économie.

Je suis convaincu que dans les mois qui viennent, une véritable politique de l'eau se mettra en place dans ces sept départements et qu'elle servira de moteur pour tous les autres.

Si les conseils généraux se mobilisent fortement, mener à bien l'inventaire dans toute la France est une affaire de deux ans.

Il concerne dans un premier temps l'eau potable, mais nous sommes en train de regarder comment procéder pour l'assainissement.

Vous souhaitez vous positionner comme l'interlocuteur privilégié des collectivités et des pouvoirs publics ?

Nous voulons participer à la réflexion sur l'entretien des réseaux et ne plus être considérés comme de simples interlocuteurs sur les chantiers. Aujourd'hui, les problématiques ont complètement changé. Il faut que l'eau conduite ne soit plus gaspillée ou perdue faute d'entretien des réseaux, ou dégradée par les matériaux qui la transportent, comme le plomb ou l'amiante-ciment. Jusqu'ici, nous avons été surtout dans une phase de développement de réseau et par conséquent de grands travaux, maintenant nous nous dirigeons vers une politique d'entretien et de mise à niveau des différents patrimoines. C'est un des grands changements politiques en matière d'investissement que nous avons en France à l'heure actuelle.

Les entreprises de pose des canalisations ne sont donc plus tout à fait les mêmes ?

Notre vocation première est d'abord de construire et de réhabiliter des réseaux, mais nous ne pourrons le faire que si cela correspond à une véritable utilité sociale. C'est parce qu'il y a des enjeux forts de santé, d'environnement, d'économie et même de sécurité qu'à un moment donné tout le monde se mobilise sur des secteurs d'activité comme celui-ci. Il fallait révolutionner le métier.

Il y a dix ans, nous faisions peu de contrôle, nous nous préoccupions peu de compactage. Si nous n'apportons pas des gages aux clients que nous travaillons bien, nous faisons fausse route. Je suis convaincu qu'il faut désormais aller vers la qualité.

L'activité semble avoir de beaux jours devant elle ?

Je n'ai pas d'inquiétude quant aux besoins. La seule crainte concerne les moyens financiers qui y seront consacrés. Ainsi, la réforme de l'eau nous inquiète. On ne voudrait pas que le modèle français, où l'eau paye l'eau avec un système d'agences bien décentralisées, soit perdu et cassé. Les collectivités ne sont pas très endettées, elles peuvent mettre en place une politique d'investissement, mais elles ont été habituées à bénéficier d'aides fortes. On voit bien l'importance d'une chaîne de subventions : quand le conseil général met 1 franc, il va provoquer 6 francs de travaux. S'il ne met plus son franc, l'investissement ne se fera pas. C'est extrêmement important d'avoir une politique d'aides bien faite.

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