En direct

Eau de Paris veut moderniser la maintenance de son réseau
Vue d’artiste réalisée pour Eau de Paris - © Alexandra Lebon

Eau de Paris veut moderniser la maintenance de son réseau

Emmanuelle Picaud |  le 06/06/2019  |  InfrastructuresNumérique

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Technique
Infrastructures
Numérique
Valider

L’opérateur public va expérimenter l’utilisation de robots de surveillance dans ses conduites. Il envisage également de recourir à l’intelligence artificielle pour automatiser les diagnostics.

Alors que l’enjeu du renouvellement des réseaux d’eau était au cœur des récentes Assises de l’eau organisées par le gouvernement, certains opérateurs publics réfléchissent déjà à des alternatives pour faciliter la maintenance de ce patrimoine, par exemple en recourant à la robotisation ou encore à l’intelligence artificielle.

C’est le cas de la régie Eau de Paris, qui va tester ces nouvelles technologies par l’intermédiaire de conventions qu’elle vient de signer avec des entreprises du secteur privé.

Limiter l’intervention humaine

L’opérateur public envisage ainsi de recourir à un drone, le « Lynx1 », pour inspecter l’environnement des ouvrages enterrés et visitables, type galeries de maintenance ou égouts. « Ce matériel peut nous permettre d’améliorer nos procédures, en particulier parce que son utilisation limite l’intervention d’agents en espace confiné », soutient Emmanuelle Markovitch, responsable du service innovation et développement chez Eau de Paris.

Pendant et après le vol, l’engin est capable de repérer les failles visibles sur l’infrastructure (fissures, effondrements, infiltrations d’eau, etc.) et de fournir un rapport détaillé. Mais surtout il fonctionne à l'aide d'une intelligence artificielle, ce qui permet une conduite semi-automatisée. « Nous l’avons équipé de capteurs et de caméras. Nous analysons ensuite ces données à l’aide d’une intelligence artificielle. En réalité, c’est cette dernière qui permet l’analyse automatique des relevés, et qui facilite le guidage du drone dans les conduites », détaille Jad Rouhana, président directeur général de Lynxdrone.

Sur le même sujet Les drones partent à l'assaut des tuyaux

Solution deux en un

Eau de Paris cherche également de nouvelles solutions pour inspecter l’intérieur des tuyaux d’approvisionnements, en particulier ceux en fonte, qui sont les plus compliqués à diagnostiquer. La régie va ainsi tester deux types de solutions ces prochains mois : la première, proposée par l’entreprise Digital Utility, suggère de provoquer volontairement un phénomène surpression dans le réseau. Les mesures des effets de ce phénomène sur les discontinuités du parcours de l’eau - comme les vannes ou les jonctions - permettront de renseigner le gestionnaire sur des données telles que l’épaisseur résiduelle des tuyaux, l’entartrage du réseau, ou encore la présence de poches d’air perturbatrices.

La seconde solution « Ricci», propose encore une fois de recourir à un robot d’inspection. « Notre technologie permet de se faufiler dans des conduites 150 mm de diamètre. Elle est capable de parcourir une distance de 300 m en autonomie, tout en empruntant jusqu’à huit coudes, c’est-à-dire des virages dans le tuyau », étaye Jean-Marie Brussieux, gérant de la firme Roboplanet. « Les deux solutions offrent des réponses très différentes, mais prometteuses. Nous avons donc choisi de les tester toutes les deux pour ensuite les comparer », commente Emmanuelle Markovitch.

Limiter les travaux

Si elles tiennent leurs promesses, ces nouvelles technologies pourraient donc grandement faciliter la maintenance des 3750 km de tuyaux que l’opérateur doit gérer au quotidien.

« Ces techniques sont non destructives, elles permettent donc de limiter le recours à des travaux lourds. Outre, c'est une opportunité pour nous de mieux réfléchir à la problématique du renouvellement. Nos réseaux présentent certainement des défauts, mais ce ne sont pas toujours ceux que nous pensons. Ces solutions pourraient ainsi nous permettre de mieux cibler les dégâts, ce qui éviterait de devoir systématiser le renouvellement de chaque conduite », argumente Hortense Bret, directrice de l’ingénierie et du patrimoine chez Eau de Paris.

Enveloppe de 385 000 euros

Digital Utility, Lynxdrone, Robotplanet et Eolane ne sont pas les seules entreprises associées à Eau de Paris. Au total, onze firmes ont signé des conventions avec l’organisme public, suite à un concours "Défi innovation", lancé par la régie publique en octobre 2018. Une aide financière de 385 000 euros a été allouée pour la globalité du projet, cette enveloppe devant être répartie entre l’ensemble des onze entreprises.

« Notre démarche n’était pas d’innover pour innover, et ce n’est pas de faire absolument de la robotisation ou de l’intelligence artificielle. Sur nos onze partenaires, seuls trois ont d’ailleurs recours à du "machine learning". Ce que nous recherchons avant tout, c’est comment mieux gérer de manière raisonnée notre réseau, pour gagner non seulement en performance, mais aussi dans le service rendu aux usagers », rappelle Emmanuelle Markovitch. La fin de l’expérimentation parisienne est prévue courant mars 2020. 

Commentaires

Eau de Paris veut moderniser la maintenance de son réseau

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

AUTODESK REVIT pour les bureaux d'études Fluide

AUTODESK REVIT pour les bureaux d'études Fluide

Date de parution : 06/2019

Voir

Dictionnaire de la maîtrise d’ouvrage publique et privée

Dictionnaire de la maîtrise d’ouvrage publique et privée

Date de parution : 06/2019

Voir

Initiation à la construction parasismique

Initiation à la construction parasismique

Date de parution : 06/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur