En direct

Dynamique de la population active et emploi - La gestion prévisionnelle des âges à l'horizon 2010 (partie 4)

BERNARD QUINTREAU |  le 26/07/2002  |  EtatHygièneAssociationsSécurité et protection de la santéDroit du travail

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Etat
Hygiène
Associations
Sécurité et protection de la santé
Droit du travail
Ephad
Politique sociale
Conjoncture
France
Paris
Europe
Rhône
Vienne
Haute-Garonne
Pas-de-Calais
Oise
Marne
Haute-Marne
Réglementation
Professionnels
Equipement
Seine-Maritime
Immobilier
Eure
Eure-et-Loir
Indre
Seine-et-Marne
Aube
Jura
Aisne
Somme
Haut-Rhin
Bas-Rhin
Cher
Indre-et-Loire
Doubs
Haute-Saône
Orne
Vendée
Loire-Atlantique
Yonne
Nièvre
Saône-et-Loire
Ille-et-Vilaine
Côtes-d’Armor
Creuse
Meurthe-et-Moselle
Meuse
Vosges
Gironde
Cantal
Tarn-et-Garonne
Lozère
Haute-Vienne
Mayenne
Morbihan
Puy-de-Dôme
Charente-Maritime
Hérault
Landes
Dordogne
Lot-et-Garonne
Aveyron
Haute-Savoie
Ain
Isère
Ardèche
Drôme
Haute-Loire
Pyrénées-Orientales
Bouches-du-Rhône
Alpes-de-Haute-Provence
Valider

Rapport présenté au nom de la commission au Plan

ANNEXES

1 : Liste des personnalités rencontrées par le rapporteur

2 : Pyramides des âges de la France métropolitaine, en 1999 et 2010

3 : Enquête CFDT « travail en questions » (1999)

4 : Les différents dispositifs spécifiques à la non-activité

Annexe 1 : Liste des personnalités rencontrées par le rapporteur

M. Michel Amar, Chef du département des métiers et qualifications

Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques

(ministère de l'emploi et de la solidarité) ;

M. Hugues Bertrand, Directeur du Centre d'études et de recherches sur les qualifications ;

M. Marc Boisnel, Sous-directeur des conditions de travail et de la protection

contre les risques du travail

Direction des relations du travail (ministère de l'emploi et de la solidarité) ;

M. Jean Boissonnat, ancien Président du Groupe « Prospective du travail

et de l'emploi à l'horizon 2015 » - Commissariat général du Plan ;

Mme Marie-Hélène Cabé, Directeur du développement des ressources humaines

Union des caisses nationales de sécurité sociale ;

M. Yves Chassard, Directeur d'études -Cabinet Bernard Brunhes Consultants ;

Mme Anne Delavaud, Directeur adjoint de la MACIF ;

Mme Françoise Doppler, Vice-Président santé-sécurité et environnement

EADS-France ;

M. Michel Desprez, Directeur de la formation et du développement social

Société Axa ;

M. Arnaud Du Crest, Directeur de l'Observatoire régional emploi-formation (OREF)

des Pays de la Loire ;

M. Germain Férec, Directeur des ressources humaines et des relations sociales

Société Axa ;

Mme Annie Fouquet, Directrice de l'animation de la recherche,

des études et des statistiques (ministère de l'emploi et de la solidarité) ;

M. Xavier Gaullier, Sociologue, chargé de recherche

Centre national de la recherche scientifique ;

Mme Annie Gauvin, Chef du département synthèses

Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle

(ministère de l'emploi et de la solidarité) ;

Mme Anne-Marie Guillemard, Membre de l'Institut universitaire de France,

Université Paris V ;

M. Jean-Marc Grando, Chargé de mission prospective emploi-métiers-qualifications

Centre d'études et de recherches sur les qualifications ;

Mme Annie Jolivet, Chercheur à l'Institut de recherches économiques et sociales ;

M. Dominique Lacambre, Sous-directeur gestion des ressources humaines

Direction générale de l'administration et de la fonction publique

(ministère de la fonction publique et de la réforme de l'Etat) ;

M. Bernard Lebel, « Entreprise et Personnel » - Lyon ;

M. Frédéric Lerais, Adjoint au chef de la Mission analyse économique

Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques

(ministère de l'emploi et de la solidarité) ;

M. Gérard Lobjeois, Secrétaire général de l'Observatoire des métiers de l'assurance ;

M. Jean-François Loué, administrateur de l'INSEE,

chargé de mission auprès du Chef du Service des études et des statistiques industrielles

(ministère de l'économie, des finances et de l'industrie) ;

M. Edouard Mathieu, Adjoint au chef de la Mission diagnostics et conjoncture

Sous-direction études du Centre d'information

Service des études et des statistiques industrielles

(ministère de l'économie, des finances et de l'industrie) ;

Mme Maryline Mathieu-Lanciot, Directrice du Comité de bassin d'emploi d'Epernay ;

M. Vincent Merle, Directeur de Cabinet du secrétaire d'Etat aux droits des femmes

et à la formation professionnelle ;

M. François Nogué, Directeur délégué de la gestion des ressources humaines

et de l'emploi - SNCF ;

M. Marhez Okba, Chargé de mission au Département synthèses

Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle

(ministère de l'emploi et de la solidarité) ;

Mme Kristel Radica, Chef du Bureau de la prévision des effectifs

Direction de la programmation et du développement (ministère de l'éducation nationale) ;

M. Henri Rouilleault, Directeur général de l'Agence nationale pour l'amélioration

des conditions de travail ;

M. Dominique Royoux, Directeur du Service recherche et développement,

Communauté d'Agglomération de Poitiers ;

M. Paul Santelmann, Chef du Service prospective

Association nationale pour la formation professionnelle des adultes ;

Mme Pierrette Schuhl, Chef du département de l'emploi

Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques

(ministère de l'emploi et de la solidarité) ;

M. Dominique Thierry, Directeur général de l'Association Développement et Emploi ;

M. Thomas Troadec, Chercheur

Laboratoire de sociologie du changement des institutions (CNRS) ;

Mme Maud Valat-Taddei, Chargée de mission à la Direction des relations

du travail (ministère de l'emploi et de la solidarité) ;

M. Pierre Vanlerenberghe, Chef du service des affaires sociales

Commissariat général du Plan ;

Mme Jacqueline Veyrat, Chef du bureau emploi et environnement social

des entreprises

Service de l'environnement économique, international et de l'emploi

(ministère de l'économie, des finances et de l'industrie).

Annexe 2 : Pyramides des âges de la France métropolitaine, en 1999 et 2010

GRAPHIQUE 38 : Pyramide des âges de la France métropolitaine en 1999

Source : INSEE, recensement de la population de mars 1999 Graphique : Mission INSEE du CES.

GRAPHIQUE 39 : Pyramide des âges de la France métropolitaine en 2010

Source : INSEE, projections démographiques à l'horizon 2050

Graphique : Mission INSEE du CES.

Annexe 3 : Enquête CFDT « travail en questions » (1999)

REPONSES A LA QUESTION N° 1 (159) :

« Au cours des dernières années, je considère que les évolutions sont allées trop vite et m'ont obligé(e) à des efforts importants »

OEnQ : ouvriers et employés non qualifiés

OEQ : ouvriers et employés qualifiés

AM : agents de maîtrise

Techn. : techniciens

C'est surtout à partir de 40 ans que les difficultés sont ressenties. Elles concernent l'ensemble des catégories et aussi bien les hommes que les femmes.

REPONSES A LA QUESTION N° 2 :

« Au cours des dernières années, il y a eu dégradation dans l'évolution du rythme et de l'intensité du travail »

Rythme et intensité du travail sont les facteurs les plus fréquemment placés en tête en termes de dégradation. Dès 25-29 ans, la moitié des salariés décrivent une dégradation. Si ce pourcentage s'élève avec l'âge, la progression n'est que de dix points.

REPONSES A LA QUESTION N° 3 :

« Au cours des dernières années, il y a eu dégradation dans la pression des clients et usagers »

Ce facteur est très fortement signalé comme s'étant dégradé au cours des dernières années par les salariés du tertiaire, privé ou public. Cette pression est fortement associée au stress. Dans la mesure où les femmes sont nombreuses dans les enquêtes tertiaires, les réponses de femmes sont différentes de celles des hommes. Mais un deuxième facteur intervient : dans un même secteur professionnel, il y a des postes directement en contact avec les clients et usagers et d'autres qui le sont moins ou qui ne le sont pas. Parfois, les salariés les plus jeunes et les plus récents sont placés dans les postes « exposés » à ce type de pression, l'ancienneté permettant de s'en éloigner.

SYNTHESE DE L'ENQUETE

Le vieillissement des salariés en un phénomène bien connu dans le secteur industriel. Les enquêtes TEQ (160) rappellent que l'usure physique est un problème majeur pour les salariés industriels après 50 ans.

Mais les enquêtes TEQ montrent également que les salariés du secteur tertiaire arrivent à certaines limites après 50 ans. On note chez eux une tendance à « abdiquer » face aux évolutions du travail.

1. Conditions de travail de type industriel

Dans des secteurs industriels :

Enquête dans l'habillement, le cuir, le textile : les résultats révèlent une usure physique croissante des salariés en fonction de l'âge. Pour autant, ils montrent que ce problème touche rapidement les salariés, avant l'âge de 50 ans ;

Enquête dans la métallurgie : les salariés âgés sont plus sensibles à un accroissement de la charge de travail. Les agents de maîtrise attirent particulièrement l'attention.

Dans des secteurs en développement :

Enquête dans l'agroalimentaire : les résultats sont comparables à ceux de l'enquête dans l'habillement, le cuir, le textile ;

Enquête dans la grande distribution : les salariés âgés ressentent davantage de douleurs liées à leur travail, ceci est en relation avec le fait qu'ils sont plus sensibles à la pression, à l'urgence.

Une attention particulière à l'organisation du temps de travail :

Enquête auprès des travailleurs postés : les contraintes du travail posté sont plus mal supportées par les salariés à mesure qu'ils prennent de l'âge. Le manque de repos est le problème numéro un.

2.Dans le secteur tertiaire

Enquête à France-Télécom : beaucoup de salariés estiment avoir fourni un effort important face aux évolutions de l'entreprise et de la téléphonie. Cette appréciation augmente avec l'âge, jusqu'à être partagée par les trois quarts des salariés ayant plus de trente ans d'ancienneté ;

Enquête dans le secteur bancaire : la complexification des produits bancaires est davantage perçue par les salariés ayant plus de 50 ans, alors que les jeunes salariés sont plus sensibles à la pression de la performance ;

Enquête dans les Fonctions publiques : à mesure que les salariés prennent de l'âge, ils sont plus sensibles aux évolutions de leur travail (les résultats pour les hommes de catégorie B sont peu clairs). Les enseignants font fréquemment cette réponse : modification des programmes et évolution du public expliquent cette réponse.

Les salariés de plus de 50 ans ont très majoritairement une formation initiale inférieure au bac. Il n'y a pas de rupture entre leur niveau de formation et celui des salariés plus âgés, aujourd'hui à la retraite. En revanche, il y a rupture avec les salariés plus jeunes, ayant un niveau de formation initiale plus élevé. Les salariés de plus de 50 ans se voient bien suivre l'exemple de leurs aînés et partir à la retraite avant 60 ans.

Annexe 4 : Les différents dispositifs spécifiques à la non-activité

DEPART ANTICIPE DE L'ENTREPRISE : LA PRERETRAITE TOTALE (CONVENTION AS-FNE)

Cette mesure permet le départ de l'entreprise de salarié âgé d'au moins 57 ans (56 ans à titre dérogatoire) en cas de licenciement économique et d'impossibilité de reclassement. Modifiée en janvier 1994, elle s'utilise dans le cadre de plans sociaux et est à la charge de l'Etat. Une instruction de la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) du 13 février 2001 précise même que le dispositif devra dorénavant être mobilisé « essentiellement dans le cadre de plans sociaux mis en oeuvre dans des PME ou dans des entreprises en très grande difficulté (redressement ou liquidation judiciaire) ou dans des bassins d'emplois en difficulté » (161).

Ces dernières années, les pouvoirs publics ont mené une politique très volontariste pour limiter l'accès aux conventions AS-FNE. Cette politique restrictive a abouti à un niveau de recours aux AS-FNE qui constitue un minimum historique depuis les années quatre-vingt. En 1999, le nombre d'entrées s'est établi à 12 000 bénéficiaires, contre 18 700 en 1998 et près de 21 700 en 1997 (le nombre d'entrées en 1993 était de 56 300). Le nombre de bénéficiaires en stock se situe actuellement autour de 61 200 (source UNEDIC, fin octobre 2000) (162).

La limitation des préretraites AS-FNE ne signifie pas pour autant l'arrêt des cessations anticipées d'activité. D'autres dispositifs plus récents comme l'ARPE ou l'allocation chômeur âgé (ACA) continuent à favoriser le départ des plus âgés de l'entreprise.

LE DISPOSITIF PUBLIC DE PRERETRAITE PROGRESSIVE (PRP)

La préretraite progressive (PRP) est un dispositif public créé en 1985. Elle permet de faire passer à mi-temps des salariés âgés de 55 ans au moins sous certaines conditions, dont le volontariat. En plus du salaire versé par l'entreprise à proportion du temps de travail, le salarié perçoit une allocation complémentaire, versée par l'ASSEDIC, comprise entre 25 % et 30 % du salaire antérieur.

Jusqu'en 1992, ce dispositif est resté marginal, oscillant depuis sa création entre 1 600 et 4 500 bénéficiaires. Or, deux modifications ont été introduites en 1992 et 1993 dans l'optique d'un assouplissement du dispositif. Auparavant, l'entreprise devait procéder à des embauches compensant totalement les passages à mi-temps. Depuis, la clause de maintien des effectifs est remplacée par un engagement en matière d'embauches compensatrices (une partie au sein des publics prioritaires) et - dans tous les cas - par une contribution financière de l'employeur.

Ce dispositif de préretraite progressive s'adresse donc à deux types d'entreprises :

celles qui sont dans un contexte de réductions d'effectifs et pour lesquelles le passage à temps partiel de salariés âgés permet d'éviter des licenciements. L'entreprise n'est pas astreinte à des embauches mais doit cependant verser une contribution financière ;

celles qui ont une capacité d'embauche limitée et pour lesquelles le passage à temps partiel de salariés âgés permet des embauches correspondant totalement ou partiellement au nombre de salariés bénéficiant du dispositif. Depuis mai 1997, une contribution financière est également requise. Actuellement, 70 % des conventions signées se situent dans ce cadre.

La durée de travail correspond à 40 ou 50 % de la durée antérieure annuelle à temps plein. Depuis 1994, le temps de travail peut être « annualisé » sur l'ensemble de la durée de la préretraite progressive : la durée du travail à temps partiel peut en effet varier entre 20 et 80 % de la durée antérieure annuelle à temps plein, à condition que sur l'ensemble de la durée de la préretraite la réduction de la durée du travail soit en moyenne de 50 % (163).

La préretraite progressive a été présentée de plus en plus comme une solution concurrente de la préretraite totale. En effet, depuis 1993, l'administration du Travail incite fortement les entreprises à utiliser la préretraite progressive plutôt que la préretraite totale, la cessation progressive d'activité présentant l'avantage de maintenir partiellement le salarié âgé dans l'entreprise et, corrélativement, d'assurer le maintien des contributions au système de retraite. Le Ministère du travail a incité les entreprises mettant en place un plan social à recourir à ce dispositif, et conditionné l'octroi des préretraites totales AS-FNE à la mise en oeuvre de préretraites progressives. Cette politique a certainement contribué au développement des préretraites progressives, relativement aux préretraites totales AS-FNE .

En effet, dès 1995, le nombre d'entrées en AS-FNE a été inférieur au nombre d'entrées en PRP. Ainsi, après trois années consécutives de croissance du recours à la préretraite AS-FNE, les flux d'entrées dans ce dispositif ont commencé à baisser à partir de 1994. Sur l'année 1994, 49 500 personnes sont en effet entrées dans le dispositif, contre 56 300 en 1993, soit 12 % de moins. Cette tendance s'est confirmée et amplifiée en 1995 où le nombre d'entrées a été divisé par deux en un an, avec seulement 24 000 nouveaux bénéficiaires. Dans le même temps, la préretraite progressive a connu un regain d'utilisation et vu le nombre de ses nouvelles entrées croître de 20 % en 1995, après un doublement en 1994. En 1995, l'UNEDIC a enregistré près de 27 000 bénéficiaires dans ce dispositif alors qu'il n'en comptait que 22 300 en 1994 et 10 600 en 1993. Mais, dès 1996, le dispositif a montré des signes d'essoufflement, concurrencé, entre autres, par de nouveaux dispositifs conventionnels mis en place fin 1995. Les partenaires sociaux ont, au nom de considérations en matière d'emploi, relancé avec l'Allocation de remplacement pour l'emploi (ARPE) une forme de préretraite totale pour les salariés totalisant quarante ans de cotisations. Les effets de cette mesure ont été conséquents puisqu'en 1999, seules 13 400 personnes ont bénéficié du dispositif de PRP.

Ainsi, bien que le nouveau mot d'ordre public soit le verrouillage de la préretraite totale et le maintien en activité, même à temps partiel, des salariés vieillissants, des dispositifs plus récents continuent à favoriser leur départ.

Depuis 1995, le mouvement de retrait des dispositifs « classiques » de préretraite, financés intégralement par l'Etat, a été contrebalancé par la montée en charge de dispositifs gérés par les partenaires sociaux.

PRERETRAITES CONTRE EMBAUCHES (ARPE)

En vigueur depuis octobre 1995, l'ARPE s'inscrit dans la continuité des mesures tendant à écarter de l'entreprise les travailleurs les plus âgés par la mise en préretraite totale en contrepartie d'embauches. Résultant d'un accord des partenaires sociaux (reconduit fin 1996 et 1998), il permet aux salariés totalisant quarante ans de cotisations vieillesse de quitter l'entreprise à partir de 58 ans, moyennant des embauches compensatrices et une participation financière. Sauf nouvel accord entre les partenaires sociaux, aucune adhésion nouvelle à l'ARPE ne pourra intervenir au-delà du 1er janvier 2003.

Le salarié bénéficiaire du dispositif perçoit une allocation égale à 65 % du salaire brut moyen des douze derniers mois précédant la rupture, dans la limite de quatre fois le plafond de la sécurité sociale. Jusqu'à son soixantième anniversaire, il dispose d'un statut spécifique le dispensant de recherche d'emploi et permettant la validation de ses droits à la retraite complémentaire sur la base des taux obligatoires AGIRC et ARRCO.

Parallèlement à ces départs, l'employeur est tenu de procéder (dans les trois mois suivant l'acceptation du départ) à une ou plusieurs embauches dans l'entreprise permettant de maintenir le volume des heures de travail supprimées par le départ du salarié.

Dès sa création, le dispositif a eu un effet attractif : du 1er octobre 1995 au 1er juillet 2000, ce sont 208 300 allocataires qui ont bénéficié de l'ARPE. Pendant la même période, les embauches compensatrices sont estimées à 193 300. En 1999, les entrées liées à l'ARPE se sont élevées à 45 200 et le nombre des allocataires en cours était de 84 500 personnes à la fin décembre 1999.

Paradoxalement, ce dispositif n'est que de peu d'utilité dans des industries de type taylorien telles que la branche automobile où la population ouvrière âgée, largement immigrée, ne dispose pas dans sa quasi-totalité, de la durée de cotisation qui lui permettrait de bénéficier d'une sortie anticipée. C'est pourquoi, un nouveau dispositif de Cessation d'activité de certains travailleurs salariés (CATS) a vu récemment le jour.

Par ailleurs, l'Etat employeur, en contradiction avec les objectifs affichés, a pris exemple sur les partenaires sociaux et est intervenu au niveau du secteur public. Dès 1996, un Congé de fin d'activité (CFA) dans le secteur public a en effet été créé sur le modèle de l'ARPE. En 1997, 12 500 agents étaient déjà bénéficiaires. Ainsi, l'Etat déroge lui-même à ses objectifs de maîtrise des flux de sortie anticipée, le CFA concurrençant directement le dispositif de Cessation progressive d'activité (CPA).

DISPOSITIF DE CESSATION D'ACTIVITE DE CERTAINS TRAVAILLEURS SALARIES (CATS)

Officialisé par le décret du 9 février 2000, ce nouveau dispositif est plus ciblé que les précédents et repose sur une logique d'intervention quelque peu différente. Résultant d'un accord de branche ou d'entreprise, le dispositif prévoit de faire bénéficier certains salariés d'une cessation totale ou partielle d'activité à partir de 55 ans. Ils doivent pour cela être travailleurs handicapés ou avoir travaillé à la chaîne ou en équipes successives ou de nuit pendant quinze ans. Par ailleurs, à la différence des préretraites AS-FNE, la participation financière de l'Etat est plus limitée. Elle est au maximum de 50 % contre 68 % en moyenne pour les AS-FNE et débute au plus tôt à 57 ans (pour les salariés âgés entre 55 et 57 ans, c'est à l'entreprise de prendre en charge l'intégralité du financement). De plus, cette participation financière de l'Etat est conditionnée au fait que les entreprises aient conclu deux accords, l'un portant sur les 35 heures et l'autre visant à une meilleure gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences. Les entreprises doivent désormais revoir leur politique de gestion des ressources humaines et s'intéresser plus particulièrement aux salariés qui, de par leurs qualifications et leurs parcours professionnels, pourraient connaître des difficultés d'adaptation aux évolutions technologiques. L'Etat entend par ce biais favoriser la mise en place d'une véritable gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences des salariés.

Après la branche automobile (accord du 26 juillet 1999), le dispositif a été négocié dans de nombreuses branches professionnelles, notamment celle de la production et de la transformation du papier-carton, la branche des carrières et matériaux, les industries chimiques et la presse quotidienne régionale. Récemment, l'accord a été élargi dans la métallurgie (avenant du 1er mars 2001).

Ce dispositif a une double originalité : son financement et ses modalités d'application. L'entreprise doit désormais supporter une partie des coûts d'un départ précoce des salariés âgés. En effet, entre 55 et 57 ans, l'allocation est versée par l'entreprise puis par un financement mixte Etat-entreprise via l'UNEDIC. Par ailleurs, la cessation anticipée d'activité n'est plus applicable à l'ensemble des salariés et suppose la mise en place d'une Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC).

Ce dispositif est intéressant car il met en avant la diversité des problèmes posés selon les entreprises par le vieillissement de la main-d'oeuvre et l'obligation pour elles de recourir à des solutions mixtes.

DISPOSITIFS TRANSITOIRES ACCESSIBLES AUX CHOMEURS INDEMNISES : ASA ET ACA (164)

Deux dispositifs viennent compléter les mesures précédentes mais ils concernent cette fois-ci les chômeurs âgés et les personnes en fin de droit ou au RMI. Il s'agit de l'Allocation chômeur âgé (ACA), applicable depuis le 1er janvier 1997, et de l'Allocation spécifique d'attente (ASA), applicable depuis le 1er juin 1998. Ces nouveaux dispositifs visent à assurer le maintien ou l'attribution d'un revenu de remplacement minimal à des demandeurs d'emploi âgés de moins de 60 ans et justifiant de 160 trimestres à l'assurance vieillesse. Dans ce cadre, ils sont dispensés de recherche d'emploi.

L'ACA vise les personnes au chômage qui touchent l'allocation unique dégressive. En fait, celle-ci est très souvent utilisée comme dispositif de sortie par les entreprises dans le cadre de départs négociés. Au 31 juillet 2000, 98 200 personnes étaient bénéficiaires de l'ACA (dont 84 300 dispensées de recherche d'emploi). L'ASA, quant à elle, concerne les personnes en fin de droit, pris en charge dans le cadre de l'allocation de solidarité spécifique et les bénéficiaires du RMI.

A travers ces deux dispositifs, les pouvoirs publics reconnaissent officiellement qu'à partir d'un certain âge, les gens sont inemployables. Ainsi, on normalise l'état de salariés vieillissants. Depuis le 31 juillet 2000, les allocataires de l'ACA ont la possibilité d'opter pour la dispense de recherche d'emploi à partir de 55 ans. L'ACA sera supprimée à partir du 1er janvier 2002 en vertu de l'accord UNEDIC du 1er janvier 2001. Un groupe de suivi est chargé d'examiner les effets de cette disparition.

LES DISPOSITIONS RESULTANT DE L'ACCORD UNEDIC

Dans le cadre de la convention UNEDIC, du 1er janvier 2001, relative à « l'aide au retour à l'emploi et à l'indemnisation du chômage », est réaffirmé l'engagement des partenaires sociaux de maintenir un dispositif paritaire d'indemnisation des salariés privés d'emploi. Dorénavant, selon l'article 1 de la convention, « indemnisation et aide au retour à l'emploi sont liés » ; chaque salarié privé d'emploi est engagé dans un plan d'aide au retour à l'emploi (PARE). Ce plan prévoit un projet d'action personnalisé (PAP), élaboré lors d'un entretien approfondi à l'ANPE. Dans cette logique, le PARE et le PAP sont indissociables : le PARE étant le cadre collectif, le PAP sa déclinaison individuelle. La signature du PARE lie le versement des allocations et l'accès aux services.

Le PAP, signé avec l'ANPE et visé par l'ASSEDIC, définit les mesures d'accompagnement individualisées qui permettront au salarié privé d'emploi de retrouver un emploi. Il prévoit, entre autre, une évaluation des capacités professionnelles de l'individu, des entretiens réguliers avec les services de l'ANPE et des actions définies en commun (notamment des actions de formation). Il nécessite cependant pour la personne d'effectuer des actes positifs de recherche d'emploi. En fait, le PAP vise une meilleure adéquation entre l'offre et la demande : types d'emploi correspondant aux qualifications et souhaits de la personne et formations nécessaires. Il est prévu qu'au-delà de 12 mois suivant la signature du PAP, l'ANPE accentue ses efforts pour reclasser l'intéressé. Pour favoriser l'insertion, une aide dégressive pourra être versée par l'ASSEDIC à l'employeur.

Les salariés âgés de plus de 50 ans voient leur durée d'indemnisation allongée, pour la même période d'affiliation, par rapport aux autres salariés. Quant à ceux de plus de 55 ans, ils peuvent bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi pendant cinq ans, sous réserve d'une période d'affiliation suffisante. Cette convention est conclue pour la période du 1er janvier 2001 au 31 décembre 2003.

LISTE BIBLIOGRAPHIQUE

Alexandre Pierre, Touati Marc

Le retour du plein emploi

Editions Anne-Carrière, Paris, 2000.

Alezard Gérard

Les perspectives de la France

Avis du Conseil économique et social, adopté le 29 novembre 2000.

ANPE

Les difficultés de recrutement, tensions et réajustements sur le marché du travail

Les cahiers de l'Observatoire de l'ANPE, mars 2001.

Baktavatsalou Ravi

Les dispositifs publics de préretraite et l'allocation de remplacement pour l'emploi

Premières informations et Premières synthèses, n° 35.2, août 1997.

Boissonnat Jean

Le travail dans 20 ans

Editions Odile-Jacob, 1995.

Boissonnat Jean

La fin du chômage ?

Paris, Calmann-Lévy, 2001.

Bonnet Maurice

Les personnes âgées dans la société

Avis du Conseil économique et social, adopté le 23 mai 2001.

Boulin Jean-Yves, Hoffmann Reiner

Les nouvelles pistes du temps de travail

Paris, Editions Liaisons, 2000.

Boulin Jean-Yves

Temps sociaux : les oublis de la réforme des 35 heures

in Revue de la CFDT, pp. 10-18

n° 32, juin 2000.

Bourdelais Patrice

L'âge de la vieillesse, histoire du vieillissement de la population

Ed. Odile-Jacob, coll. Opus, 1994

(ré-éd. 1997).

Bourdieu Pierre

Questions de sociologie

Les Editions de Minuit, Paris, 1984.

Bourlès Ludovic, Courson Jean-Pierre

Recensement de la population 1999 : 12,2 millions d'actives et 14,3 millions d'actifs

Insee-Première, n° 749, novembre 2000.

Brin Hubert

Famille et insertion économique et sociale des adultes de 18 à 25 ans

Avis du Conseil économique et social, adopté le 28 mars 2001.

Brondel Daniel, Lincot Liliane, Marioni Pierre et Guillemot Danièle

La population active devrait encore augmenter pendant une dizaine d'années

in INSEE, Economie et Statistique n° 300, 1996-10.

Brondel Daniel, Lincot Liliane, Marioni Pierre et Guillemot Danièle

Le retournement de 2006

in INSEE Première, n° 507, février 1997.

Brousse Cécile

La répartition du travail domestique entre conjoints ;

permanences et évolution de 1986 à 1999

in France - Portrait social. INSEE, octobre 1999.

Brutel Chantal

Projections de population à l'horizon 2050 : un vieillissement inéluctable

INSEE Première, n°762, mars 2001.

Bué Jennifer, Molinié Anne-Françoise

Age, travail et emploi : travailleurs vieillissants et vieillissement au travail.

Quelques enseignements d'une journée d'études

Travail et Emploi (pp. 7-14), n° 15, janvier-mars 1983.

Bué Jennifer, Rougerie Catherine

L'organisation du travail : entre contrainte et initiative

in Premières Synthèses, n° 321, août 1998.

Cadiou Loïc, Génat Julien, Guérin Jean-Louis

Evolution démographique et emploi

CEPII, rapport pour la DARES, juin 2000.

Carré Philippe

La participation à la formation après 40 ans

Délégation à la formation professionnelle,

Ministère des Affaires sociales et de l'Emploi, Paris, 1986.

Castel Robert

Les métamorphoses de la question sociale

Paris, Fayard, 1995.

Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC)

Accès à l'emploi et protection sociale

Rapport, février 2001.

CFDT

Travail en questions, Enquête, 1999.

Charpin Jean-Michel

L'avenir de nos retraites - Rapport au Premier ministre, 1999.

Charpin Jean-Michel

Rapport sur les perspectives de la France

Commissariat général du Plan, 2000.

Chassard Yves

Les salariés seniors, quel avenir dans l'entreprise ?

Les cahiers du Groupe Bernard-Bruhnes, janvier 2001.

Chauvel Louis

Le destin des générations

Paris, PUF, 1998.

Cieutat Bernard

Fonctions publiques : enjeux et stratégie pour le renouvellement

Commissariat général du Plan, La documentation française, mars 2000.

Cohen Daniel

Nos temps modernes

Flammarion 1999.

Coomans Géry

L'emploi en Europe à l'horizon 2015. Evolution démographique et reflux du chômage

in Revue Futuribles, n°234, septembre 1998.

Coomans Géry

Demographic trends and Labour Supply : national and regional dimensions

Seminar on geographical mobility, Promoting mobility on the European Labour Market,

E.C., DG Employment-Eures, London, 23-24/11/2000.

Commission des Communautés européennes

- Communication Vers une Europe pour tous les âges du 21 mai 2000.

- Communication du 28 juin 2000.

- Communication Tirer le meilleur parti du potentiel de l'Union européenne :

consolidation et extension de la stratégie de Lisbonne.

Commission des Communautés européennes, communication

Annexe à la décision du Conseil du 19 janvier 2001 sur les lignes directrices pour les

politiques de l'emploi des Etats membres en 2001 ; JO n° L 022 du 24 janvier 2001.

Concialdi Pierre

Un plein emploi au rabais ?

L'Economie politique n° 8, 2000.

Conseil européen de Lisbonne

Conclusions de la présidence (23-24 mars 2000).

Conseil européen de Stockholm

Conclusions de la présidence (23-24 mars 2001).

Conseil européen

Annexe à la décision du 19 janvier 2001 sur les lignes directrices pour les

politiques de l'emploi des Etats membres en 2001, JO n° L 022 du 24 janvier 2001.

Cotta Michèle

Femmes dans les lieux de décision

Rapport et avis du Conseil économique et social, adopté le 20 décembre 2000.

Dantin Gérard

Les travailleurs âgés

Avis du Comité économique et social européen, 19 octobre 2000.

DARES

Premières Synthèses, août 1998.

DARES

La durée de vie active, un siècle d'évolution

Les dossiers de la DARES, n°6, 1999.

DARES

Ouvriers et employés non qualifiés : disparités et similitudes sur le marché du travail

Novembre 2000.

Davezies Philippe

L'évolution de l'état fonctionnel de l'homme en fonction de l'âge et ses conséquences

sur l'activité de travail in Les vieillissements au travail (Droit, Guerin)

Actes du Colloque européen du 12 juin 1991,

ANACT, Montrouge, (pp. 25-29), 1992.

De Jouvenel Hugues

Futuribles, n°254, juin 2000.

Délégation générale à l'Emploi et à la Formation professionnelle

L'expérience finlandaise : le programme national pour les salariés vieillissants

Compte-rendu de la Revue des Pairs, Helsinki - 12 et 13 octobre 2000.

Délégation générale à l'Emploi et à la Formation professionnelle

Note : Le marché du travail des plus de 50 ans : constats et perspectives, novembre 2000.

Djukic Olivera

Les interventions de l'Etat en faveur des salariés licenciés âgés de plus de 55 ans

Etude du Conseil économique et social, adoptée le 27 mai 1997.

Doisneau Lionel

Bilan démographique 2000 : une année de naissances et de mariages

INSEE Première, n°757, février 2001.

Doppler Françoise

La question du vieillissement à l'Aérospatiale, (pp. 30-38)

Performances humaines et techniques, n°81, mars-avril 1996.

Doppler Françoise

Article : Evolution de la population et transformation ou conception des situations de travail

in Jean-Claude Marquié, Dominique Paumès, Serge Volkoff, coord.,

Le travail au fil de l'âge

Collection Travail, Octarès Editions, (pp. 411-427), 1995.

Du Crest Arnaud

Les difficultés de recrutement en période de chômage

L'Harmattan, 2001.

Duru-Bellat Marie, Van Zanten Agnès

Sociologie de l'école

Ed. A. Colin, Paris, 1999.

Fondation de Dublin

Eurolink Age

Propositions pour un code de conduite européen, 2001.

Garibal Michel

Les conséquences du vieillissement de la population active

Etude du Conseil économique et social,

Adoptée le 6 juin 1990.

Gaullier Xavier

L'avenir à reculons

Editions ouvrières, Paris, 1982.

Gaullier Xavier

La deuxième carrière

Paris, Le Seuil, 1988.

Gaullier Xavier, Thomas C.

Modernisation et gestion des âges

La Documentation Française, mars 1990.

Gaullier Xavier

Réinventer la retraite

Le Débat

n°89, mars/avril 1996.

Gaullier Xavier

Les temps de la vie. Emploi et retraite

Editions Esprit, 1999.

Gaullier Xavier

Réforme des retraites, marché du travail et temps de la vie

in Revue Esprit, octobre 1999.

Gauron André

Formation tout au long de la vie, (165 p),

Conseil d'analyse économique

La Documentation Française, Paris, 2000.

Gauvin Annie, Jacot Henri

Temps de travail, temps sociaux, pour une approche plus globale

Paris, Editions Liaisons, 1999.

Gazier Bernard

in L'Economie Politique, n°8, 4e trimestre 2000.

Goffman Erving

Stigmate, les usages sociaux des handicaps

Le sens commun, les Editions de Minuit, Paris, 1975.

Goldfinder Charles

Travail et hors travail, vers une société fluide

Editions Odile Jacob, 1998.

Gollac Michel, Volkoff Serge

Les conditions de travail

Paris, éditions La Découverte, 2000.

Guillemard Anne-Marie

Le déclin du social

Paris, PUF, 394 p., 1986.

Guillemard Anne-Marie, Correia Mario, Iellatchitch Alexandre,

Legrand Monique, Mélan Sandrine

Emploi et protection sociale dans la seconde partie de la vie active

Rapport MIRE, décembre 1996 (164 p.).

Guillemard Anne-Marie

La transformation du temps de travail sur le cycle de vie dans les sociétés européennes

Mai 2000.

Guillemard Anne-Marie

Les trajectoires d'ajustement du modèle continental d'Etat providence

in Contribution à la conférence de Lisbonne : L'Europe, la mondialisation

et l'avenir de la politique sociale, 5-6 mai 2000.

Guillemard Anne-Marie

Incertitudes et perspectives de la fin de carrière

in Taddei Dominique, Retraites choisies et progressives

Rapport du CAE (pp. 129-142)

Paris, La Documentation française, 2000.

Guillemard Anne-Marie

Faut-il brûler les préretraites ?

Encyclopédie de la protection sociale, 2000.

Jolivet Annie

Entreprises et gestion de la main-d'oeuvre vieillissante : organisation, discrimination

Thèse de doctorat en sciences économiques,

Université Paris I-Panthéon-Sorbonne, 1999.

La Lettre du Centre d'Etude de l'Emploi

n°64, décembre 2000.

Lallement Michel

Rationalisation du temps et mutation des rapports sociaux

in Temps sociaux, une révolution en marche ?

Revue de la CFDT- n°32, pp. 3-9, juin 2000.

Laville Antoine

Vieillissement et travail

Le travail humain, tome 52 - n°1, pp. 3-20 1989.

Laville Antoine, Volkoff Serge, Molinié Anne-Françoise, Gaudart Corinne,

Millanvoye Michel :

Des relations âge-travail

Revue Française des Affaires Sociales,

n°1, 1994.

Lebatard Chantal

Les perspectives socio-démographiques à l'horizon 2020-2040

Etude du Conseil économique et social, adoptée le 6 juillet 1999.

L'Economie Politique

Le plein emploi de qualité, une figure du bien commun

Un plein emploi au rabais ? n°8, 2000

Le Duigou Jean-Christophe, Toulisse Jean-Marie

L'avenir de nos retraites

Editions de l'Atelier, 1999.

Leroy Xavier, Rogez Isabelle, Cardinal Angélique

Etude sur les phénomènes de vieillissement au travail

Représentations et mode de gestion dans neuf PME de la Région Nord-Pas-de-Calais

ARACT Nord - Pas-de-Calais

Mai 2000.

Liaisons sociales

- n° 12584 du 16 janvier 1998.

- n° 7942 du 20 novembre 1998.

- n° 8164 du 8 mars 2001.

Lobjeois Gérard

Nouveaux métiers : le téléacteur

in Risques, n°40, décembre 1999.

Marcelin J., Millanvoye Michel

Vieillissement et travail en hauteur

Travail et Emploi, n°15, 1983.

Marchand Olivier

Les groupes sociaux face au chômage, des atouts inégaux

in INSEE, Données sociales, 1993.

Marchand Olivier, Salzberg Liliane

La gestion des âges à la française, un handicap pour l'avenir ?

Données sociales 1996.

Maréchal P., Blosseville J.-M.

Les structures d'âge par profession

Paris, CEREQ, juillet 1979.

Marquié Jean-Claude, Baracat B.

Les plus de 45 ans dans un contexte technologique mouvant

in Jean-Claude Marquié, Dominique Paumès, Serge Volkoff, 1995.

Marquié Jean-Claude, Paumès Dominique, Volkoff Serge, coord.

Le travail au fil de l'âge

Collection Travail, éditions Octarès, 1995.

Méda Dominique

Le plein emploi de qualité, une figure du bien commun

in L'Economie politique,

n°8, 4e trimestre 2000, pp. 6-32.

Mélan Sandrine

Cessation anticipée d'activité : une difficile convergence entreprise/Etat

in Monique Legrand (dir.)

La retraite, une révolution silencieuse - ERES, article de septembre 2001

Merle Vincent

Manières de faire, manières d'apprendre

Transformations des situations de travail et éducabilité cognitive

in Entreprise - Organisation du travail et risques d'exclusion

Dossier documentaire, ANACT, Montrouge, juillet 1992.

Michaudon Hélène

Investir dans la formation continue

INSEE Première, n°697, février 2000.

Ministère du travail, du dialogue social et de la participation

Travail, emploi, vieillissement

Actes du Colloque européen, 12-13 juin 1995,

Présidence française de l'Union européenne.

Ministère de l'emploi et de la solidarité, DRESS

Données sur la situation sanitaire et sociale en France en 2000.

Molinié Anne-Françoise

Déclin et renouvellement de la main-d'oeuvre industrielle

Article in Economie et statistique

n°316-317, 6/7, 1998, pp. 109-126.

Noiriel Gérard

Les ouvriers dans la société française, XIXe-XXe siècles

Le Seuil, 1986.

OCDE

Préserver la prospérité dans une société vieillissante, 1998.

OCDE

Regards sur l'éducation, les indicateurs de l'OCDE

1998, in André Gauron, Formation tout au long de la vie

Rapport du CAE, Paris

La Documentation Française, 2000.

Pisani-Ferry Jean

Plein emploi

La Documentation française, rapport du Conseil d'analyse économique, n°30, 2000.

Prunier S., Poete Valérie

Supercaissières pour hypermarchés

Santé et Travail, n°10-11, 1995.

Quintreau Bernard

Les formations en alternance sous contrat de travail

Rapport du Conseil Economique et Social de la Région Poitou-Charentes (à paraître).

Revue Autrement

Travailler, premiers jours : jeunes, entreprises : attentes et malentendus

Paris, n°192, avril 2000.

Revue de l'Association développement et emploi

Développement, octobre 1998

Revue de l'Association développement et emploi

Développement, octobre 2000.

Rochefort Robert

Vive le papy-boom

Editions Odile-Jacob, Paris, 2000.

Roguet Brigitte

La dépense pour l'emploi en 1998

in Premières Synthèses, DARES,

n°15.1, avril 2001.

Semaines sociales de France

Travailler et vivre

Bayard éditions, 2001.

Supiot Alain

Critique du droit du travail

Paris, PUF, 1994.

Supiot Alain

Au-delà de l'emploi

Flammarion, 1999.

Taddei Dominique

Retraites choisies et progressives

CAE, La Documentation Française, 2000.

Taddei Dominique

La conjoncture économique et sociale à la fin de l'an 2000 : embellie et dangers

Rapport et avis du

Conseil économique et social

Adopté le 13 décembre 2000.

Teiger Catherine, Vilatte R.

Conditions de travail et vieillissement différentiel

Travail et Emploi, n°16, avril-juin 1983, pp. 27-36.

Teulade René

L'avenir des systèmes de retraite

Avis du Conseil économique et social, adopté le 12 janvier 2000.

Topiol Agnès

Contributions au groupe Prospective des métiers et qualifications

Commissariat général du Plan, juin 2001 (www.plan.gouv.fr)

Troadec Thomas

L'âge des extrêmes, in « Retraite et société » (CNAV), n°24, 1998.

Vallemont Serge

Gestion dynamique de la fonction publique : une méthode,

Commissariat général du Plan, mai 2000.

Veltz Pierre

Le nouveau monde industriel,

Gallimard, 2000.

Volkoff Serge, Molinié Anne-Françoise

Eléments pour une démographie du travail in J.-Cl. Marquié, D. Paumès, S. Volkoff,

Le travail au fil de l'âge, Toulouse, Editions Octarès, 1995.

Volkoff Serge, Molinié Anne-Françoise, Jolivet Annie

Efficaces à tout âge ? Vieillissement démographique et activités de travail

Centre d'Etudes de l'Emploi, n°16, 2000.

Walker Alan

La lutte contre les barrières de l'âge dans l'emploi

Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, 1997.

Walker Alan

La gestion d'effectifs vieillissants : guide de bonnes pratiques

Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, 1999.

Zaidman Catherine et alli,

Evolution des cessations anticipées d'activité, Note de la Délégation générale à

l'Emploi et à la Formation professionnelle, Octobre 1999.

TABLE DES SIGLES

ACA : Allocation chômeur âgé

AGIRC : Association générale des institutions de retraite des cadres

ANACT : Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail

ANPE : Agence nationale pour l'emploi

APE : Allocation parentale d'éducation

ARACT : Agence régionale pour l'amélioration des conditions de travail

ARPE : Allocation de remplacement pour l'emploi

ARRCO : Association des régimes de retraites complémentaires

ASA : Allocation spécifique d'attente

AS-FNE : Allocation spéciale (de préretraite) du Fonds national de l'emploi

ASS : Allocation spécifique de solidarité

ASSEDIC : Association pour l'emploi dans l'industrie et le commerce

AUD : Allocation unique dégressive

BEP : Brevet d'études professionnelles

BTP : Bâtiment et travaux publics

CAE : Conseil d'analyse économique

CAF : Caisse d'allocation familiale

CAP : Certificat d'aptitude professionnelle

CATS : Cessation d'activité de certains travailleurs salariés

CCIP : Chambre d'industrie et de commerce de Paris

CDD : Contrat à durée déterminée

CDI : Contrat à durée indéterminée

CEP : Certificat d'études primaires

CEPII : Centre d'études prospectives et d'informations internationales

CERC : Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale

CEREQ : Centre d'études et de recherches sur les qualifications

CES : Conseil économique et social

CFA : Congé de fin d'activité

CFDT : Confédération française démocratique du travail

CGPS : Convention générale de protection sociale

CITE : Classification internationale type de l'éducation

CNAV : Caisse nationale d'assurance-vieillesse

CPA : Cessation progressive d'activité

CREAPT : Centre d'études et de recherches sur l'âge et les populations au travail

CSP : Catégorie socioprofessionnelle

DARES : Direction de l'animation, de la recherche, des études et des statistiques

(Ministère de l'emploi et de la solidarité)

DDTEFP : Direction départementale du travail, de l'emploi et de la formation

professionnelle

DGEFP : Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle

DOM : Départements d'outre-mer

DRESS : Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques

(Ministère de l'emploi et de la solidarité)

DRTEFP : Direction régionale du travail, de l'emploi et de la formation

professionnelle

DUT : Diplôme universitaire de technologie

EADS : European Aeronautic Defence and Space Company

EFT : Enquête sur les forces de travail (Eurostat)

EUROSTAT : Office statistique des communautés européennes

FFSA : Fédération française des sociétés d'assurances

FNE : Fonds national de l'emploi

GEMA : Groupement des entreprises mutuelles d'assurances

GPEC : Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences

INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques

IRES : Institut de recherche économique et sociale

ISMEA : Institut de sciences mathématiques et économiques appliquées

MSA : Mutualité sociale agricole

NUTS : Nomenclature des unités territoriales statistiques

OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques

OREF : Observatoire régional emploi-formation

OST : Organisation scientifique du travail

PACA : Provence-Alpes-Côte d'Azur

PAP : Projet d'action personnalisé

PARE : Plan d'aide au retour à l'emploi

PAT : Population en âge de travailler

PME : Petite ou moyenne entreprise

PRP : Préretraite progressive

RMI : Revenu minimum d'insertion

ROME : Répertoire opérationnel des métiers et des emplois

RTT : Réduction du temps de travail

TEQ : Travail en question

TPE : Très petite entreprise

UCANSS : Union des caisses nationales de sécurité sociale

UE : Union européenne

UNEDIC : Union nationale pour l'emploi dans l'industrie et le commerce

UAP : Union des assurances de Paris

URSSAF : Union pour le recouvrement des cotisations de la sécurité sociale

et d'allocations familiales

VAE : Validation des acquis de l'expérience

VAP : Validation des acquis professionnels

NOTES DE BAS DE PAGE

1) L'ensemble du projet d'avis a été adopté au scrutin public par 148 voix contre 10 (voir résultat du scrutin en annexe).

2) Le texte de cet alinéa résulte de l'adoption, par un vote à main levée, à l'unanimité des membres présents, d'un amendement présenté par le groupe de l'Outre-mer, sous-amendé par le groupe de la CFDT.

3) Rapport entre le nombre d'actifs occupés et la population âgée de 15 à 64 ans, selon la nomenclature de l'Office statistique des Communautés européennes (Eurostat).

4) « Prospective, débat, décision publique », avis du Conseil économique et social du 8 juillet 1998 (rapporteur : M. Jean-Paul Bailly).

5) Supiot Alain, « Au-delà de l'emploi », Flammarion 1999.

6) Groupe « Prospective des métiers et des qualifications » présidé par M. Claude Seibel.

7) Les outils statistiques existants n'ont pas permis une approche identique pour les DOM-TOM. Ce déficit d'information est un point important à souligner.

8) « Les perspectives socio-démographiques à l'horizon 2020-2040 », étude du Conseil économique et social du 6 juillet 1999 (rapporteur : Mme Chantal Lebatard).

9) Brutel C., « Projections de population à l'horizon 2050 : un vieillissement inéluctable », INSEE Première, n°762, mars 2001.

10) Doisneau L., « Bilan démographique 2000 : une année de naissances et de mariages », INSEE Première, n°757, février 2001.

11) « Données sur la situation sanitaire et sociale en France en 2000 », Ministère de l'emploi et de la solidarité, DRESS.

12) Bourlès L., Courson J.-P., « Recensement de la population 1999 : 12,2 millions d'actives et 14,3 millions d'actifs », INSEE-Première, n°749, novembre 2000.

13) Le taux d'activité est le rapport entre le nombre d'actifs (actifs occupés + chômeurs) et la population totale de la même classe d'âge. Il diffère du taux d'emploi qui est le rapport entre le nombre d'actifs occupés et la population totale de la même classe d'âge.

14) Il s'agit ici et dans la suite de ce rapport des actifs et des actifs occupés hors contingent.

15) Voir notamment Volkoff S., Molinié A.-F., « Eléments pour une démographie du travail », in J.-C. Marquié, D. Paumès, S. Volkoff, « Le travail au fil de l'âge », Toulouse, Octarès, 1995, et l'article de Molinié A.-F., « Déclin et renouvellement de la main-d'oeuvre industrielle », in Economie et statistique, n°316-317, 6/7, 1998.

16) Rappelons que, dans le cadre de ce rapport, dans un souci de lisibilité et pour faciliter les comparaisons européennes, le choix a été fait, à partir des données Eurostat, d'utiliser les groupes d'âge décennaux. Il est possible que des calculs effectués à partir de groupes d'âge quinquennaux voire annuels modifient les résultats. Cela n'enlève rien aux problèmes posés par les évolutions démographiques et seule une augmentation importante du taux d'activité ou une forte immigration pourraient modifier la tendance générale.

17) Il convient de noter que ces projections sont établies à flux migratoires constants qui se situent actuellement à un minimum historique de 30 000 à 50 000 personnes par an.

18) Voir, par exemple, D. Brondel, L. Lincot, P. Marioni et D. Guillemot, « La population active devrait encore augmenter pendant une dizaine d'années », in INSEE, Economie et Statistique n° 300, 1996-10 ; ou, des mêmes auteurs, « Le retournement de 2006 », in INSEE Première, n°507, février 1997. Pour une comparaison européenne, voir G. Coomans, « L'emploi en Europe à l'horizon 2015. Evolution démographique et reflux du chômage », in Futuribles, n°234, septembre 1998.

19) Le graphique présenté ici reprend les données Eurostat pour rester dans la logique de ce chapitre qui inscrit les perspectives démographiques de la France dans un cadre européen en lien avec les politiques d'emploi.

20) Coomans Géry, « L'emploi en Europe à l'horizon 2015, Evolution démographique et reflux du chômage », in Futuribles, op. cit.

21) Coomans Géry, « Demographic trends and Labour Supply : national and regional dimensions », Seminar on geographical mobility, Promoting mobility on the European Labour Market, E.C., DG Employment-Eures, London, 23-24/11/2000.

22) Il est à noter que la conférence de Stockholm, en mars 2001, a fixé un objectif de mi-parcours : 67 % de taux d'emploi des 15-64 ans en 2005, et 57 % pour les femmes. Si l'objectif pour les femmes semble plus facilement accessible, l'objectif général de 67 % suppose, d'ici à 2005, une création d'emplois additionnels plus proche de 3 millions par an que de 2 millions, de l'ordre de 1,6 % de croissance annuelle de l'emploi entre 1999 et 2005. Cela allégerait évidemment l'effet imparti à la deuxième moitié de la décennie, où la création d'emploi devrait alors se maintenir sur une pente de 1 % l'an.

23) Les données statistiques ne distinguant pas dans le taux d'emploi le travail à temps partiel du travail à temps plein, il n'a pas été possible de mesurer les effets d'une évolution éventuelle dans ce domaine, c'est-à-dire du passage d'un temps partiel à un temps de travail plus long, qui fournit pourtant une marge de manoeuvre.

24) L'objectif concernant le taux d'emploi des femmes semble facile à atteindre. Par contre, celui assigné aux hommes de plus de 55 ans nécessitera, pour la France, une forte détermination et des mesures incitatives.

25) Le taux d'activité voit son évolution dans les années à venir dépendre fortement du glissement soutenu de la population vers des tranches d'âge au-delà de 50 ans où le taux d'activité est plus bas. Le taux d'activité tel qu'estimé sur la période 2000 à 2010 résulte d'une projection des actifs par genre et groupe d'âge. Pour chaque genre et groupe d'âge, on a estimé l'évolution du taux d'activité jusqu'en 2010 en adoucissant l'évolution observée depuis 1987 (projection dite « loglinéaire »). Il s'agit donc d'un scénario d'activité qu'il faut qualifier de scénario non flexible, supposant que les tendances antérieures se poursuivraient, fussent-elles tributaires des basses conjonctures passées. L'hypothèse d'une poursuite de ces tendances fait abstraction de toutes autres dimensions et de toutes autres contraintes, c'est-à-dire aussi bien des évolutions démographiques, qui forceront à relever les taux d'activité, que du relèvement des niveaux moyens d'éducation, qui encourage la participation à l'emploi.

26) Toutefois, on observe actuellement une inflexion qui pourrait remettre en cause cette hypothèse.

27) Par exemple, le Danemark accueille de nombreux jeunes dans le secteur de la restauration, où l'âge moyen était de l'ordre de 20 ans en 1997 - 27 à 28 ans en Finlande et en Suède - contre 34 ans en France ou en moyenne des Quinze, d'après Eurostat, Enquête sur les Forces de travail.

28) Cette politique est actuellement remise en question (voir infra).

29) Eurostat, « Living Conditions in Europe », Statistical Pocketbook, 2000 Edition.

30) Conformément à la classification CITE, ou Classification Internationale Type de l'Education, il s'agit des niveaux CITE 0-2 pour le secondaire inférieur, CITE 3 pour le secondaire supérieur, et CITE 5-7 pour le supérieur.

31) Le problème majeur semble tenir aux différents niveaux de certification sociale attachés à la formation permanente. A un extrême, la Suède tire apparemment de sa longue tradition des cercles d'étude comme moyen d'ascension sociale et des pratiques de gestion paritaire une tendance à surcertifier la formation permanente. A l'autre extrême, l'Italie tire d'une faiblesse de l'Etat central et d'un fonctionnement informel des médiations sociales une tendance à la sous-certification de la formation permanente et de la transmission des savoirs. La France paie sans doute la tradition de dévolution à l'Etat des certifications d'une certaine tendance à sous-estimer les formations réalisées au plan des entreprises.

32) Sur le thème « la formation va aux formés » en France, voir H. Michaudon, " Investir dans la formation continue ", Insee Première, n°697-février 2000.

33) Cf. rapport et avis du Conseil économique et social du 20 décembre 2000 sur « Femmes dans les lieux de décision » (rapporteur : Mme Michèle Cotta).

34) Voir la note explicative dans l'annexe n°3 consacrée à l'analyse régionale.

35) En fonction des séries et des projections de population que l'on utilise - INSEE ou Eurostat -, et en fonction aussi du niveau de désagrégation par âge, le calcul de l'effet démographique entre 2000 et 2010 produira un résultat qui sera « aux environs » de 2 %. Par comparaison, l'effet éducatif semble devoir être, au même horizon, très légèrement inférieur, si l'on considère l'ensemble de la population d'âge actif en France. De toutes façons, ces résultats valent à l'intérieur des marges d'incertitude habituelles. Que l'utilisation d'une série plutôt que d'une autre produise des résultats proches permet alors de rendre d'autant plus plausible la tendance générale ainsi obtenue.

36) Sur la question du plein emploi, deux avis récents du Conseil économique et social ont apporté un éclairage : « Les perspectives de la France », avis du 29 novembre 2000 (rapporteur : Gérard Alezard), et « La conjoncture économique et sociale à la fin de l'an 2000 : embellie et dangers », rapport et avis du 13 décembre 2000 (rapporteur : M. Dominique Taddei).

37) Les mesures proposées récemment par le gouvernement, suite à des suppressions d'emplois importantes dans quelques grands groupes, marquent un infléchissement de cette politique.

38) Pisani-Ferry Jean, « Plein emploi », rapport du Conseil d'analyse économique, n°30, 2000, La Documentation française, Paris.

39) Source : Eurostat, Enquête sur les forces de travail 2000.

40) Rapport et avis du CES du 13 décembre 2000 (M. Taddei), op cit.

41) Conclusions de la présidence, Conseil européen de Stockholm, 23-24 mars 2001 - Les orientations sont développées dans le cadre du titre III-A, infra.

42) Revue de l'IRES, n°34, 2000.

43) Gazier Bernard, in L'Economie Politique, n°8, 4e trimestre 2000.

44) Le temps partiel contraint en France est estimé par le CERC à 36 % des emplois concernés.

45) In « Le Plein emploi de qualité, une figure du bien commun », L'Economie politique, n° 8, 2000.

46) In « Un plein emploi au rabais ? », L'Economie politique, n°8, 2000.

47) Bué Jennifer, Rougerie Catherine, « L'organisation du travail : entre contrainte et initiative », in Premières Synthèses, n°321, août 1998.

48) CFDT, enquête « Travail en questions », cf. annexe n°4.

49) Questionnaire concernant 2 404 salariés des secteurs de la chimie, de la pharmacie, du caoutchouc et de la plasturgie (1999) :

- moins de 30 ans : 3 37réponses ;

- de 30 à 50 ans : 1 700réponses ;

- plus de 50 ans : 3 67réponses.

50) Intervention au séminaire européen de Biarritz, décembre 2000.

51) Cf avis du Conseil économique et social sur « Les personnes âgées dans la société » du 23 mai 2001 (rapporteur : M. Maurice Bonnet).

52) Bourdelais P., « L'âge de la vieillesse, histoire du vieillissement de la population », Ed. Odile Jacob, coll. « opus », 1994 (rééd. 1997).

53) Marechal P., Blosseville J.-M., « Les structures d'âge par profession », Paris, CEREQ, juillet 1979.

54) Gaullier X., « Réinventer la retraite », Le Débat, n°89, mars/avril 1996.

55) Teiger C., Vilatte R., « Conditions de travail et vieillissement différentiel », Travail et Emploi, n°16, avril-juin 1983.

56) Guillemard A.-M., « Le déclin du social », Paris, PUF, 1986.

57) Ibid.

58) Goffman E., « Stigmate, les usages sociaux des handicaps », Le sens commun, les Editions de Minuit, Paris, 1975.

59) Cf. les dispositifs publics des politiques de l'emploi qui visent des « cibles » précises (exemple des CES pour les plus de 50 ans) et qui renforcent ainsi, voire même, créent des catégories ex-nihilo : « Les formules législatives se sont succédé à une cadence rapide, mais leur trait commun a été de viser des "cibles" étroitement définies : les femmes (...), les jeunes, (...), sans parler des étrangers et des travailleurs les plus âgés, pour lesquels le principe de non-discrimination en matière de licenciement trouve son exact contraire dans (...) la mise en préretraite"(p..96) »; « La juridicisation de catégories statistiques donne à ces catégories une valeur normative aux effets souvent incontrôlés » (p. 225), in Supiot A., « Critique du droit du travail », Paris, PUF, 1994.

60) Bourdieu P., « Questions de sociologie », Les Editions de Minuit, Paris, 1984.

61) Gaullier X., " L'avenir à reculons ", Editions ouvrières, Paris, 1982.

62 Sur la question spécifique des salariés âgés handicapés, voir " La prise en charge des personnes vieillissantes handicapées mentales " (rapporteur : Mme Janine Cayet), rapport et avis du Conseil économique et social du 25 novembre 1998 (J.O. du 3 décembre 1998) et " Situation de handicap et cadre de vie " (rapporteur : M. Vincent Assante), rapport et avis du Conseil économique et social du 13 septembre 2000 (J.O. du 20 septembre 2000).

63 Gaullier X., « Les temps de la vie. Emploi et retraite », Paris, éditions Esprit, 1993.

64) Source OCDE - statistiques de la population active.

65) Les développements suivants se basent pour l'essentiel sur les analyses faites par A. M. Guillemard (1990, 1993).

66) Troadec Thomas, « L'âge des extrêmes », in Retraite et société, CNAV, n°24, 1999.

67) Roguet Brigitte, « La dépense pour l'emploi en 1998 », in Premières Synthèses, DARES, n°15.1, avril 2001.

68) Cette partie reprend pour une large part un article en cours de parution : Mélan S., « Cessation anticipée d'activité : une difficile convergence entreprise/Etat », in : M. Legrand (dir.), « La retraite, une révolution silencieuse », ERES, (à paraître) ; voir également l'étude du Conseil économique et social sur « Les interventions de l'Etat en faveur des salariés licenciés âgés de plus de 55 ans » du 27 mai 1997 (rapporteur : Olivera Djukic).

69) Voir annexe n°5 pour le détail des dispositifs.

70) Pour une étude plus approfondie des logiques d'action des entreprises à l'égard des salariés âgés et l'analyse de quelques cas concrets, cf. : Guillemard A.-M., Correia M., Iellatchitch A., Legrand M., Mélan S., « Emploi et protection sociale dans la seconde partie de la vie active », rapport MIRE, décembre 1996 ; Jolivet A., « Entreprises et gestion de la main-d'oeuvre vieillissante : organisation, discrimination », thèse de doctorat en sciences économiques, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 1999.

71) Cf. notamment la synthèse de Laville A., « Vieillissement et travail », Le travail humain, tome 52, n°1, 1989, ainsi que l'ouvrage de référence : Marquié J-C., Paumès D., Volkoff S., coord., « Le travail au fil de l'âge », Collection Travail, Octarès Editions, 1995.

72) Marquié J.-C., Baracat B., « Les plus de 45 ans dans un contexte technologique mouvant », in J.-C. Marquié, D. Paumès, S. Volkoff, 1995.

73) Volkoff S., Molinié A.-F., Jolivet A., « Efficaces à tout âge ? Vieillissement démographique et activités de travail », Centre d'Etudes de l'Emploi, n° 16, 2000.

74) Gollac M., Volkoff S., « Les conditions de travail », Paris, Editions La Découverte, 2000.

75) Ibid.

76) Prunier S., Poete V., « Supercaissières pour hypermarchés », Santé et Travail, n°10-11, 1995.

77) J.-C. Marquié, D. Paumès, S. Volkoff, op. cit.

78) Marcelin J., Millanvoye M., « Vieillissement et travail en hauteur », Travail et Emploi, n° 15, 1983.

79) Note de la DGEFP, « Le marché du travail des plus de 50 ans : constats et perspectives », novembre 2000.

80) Gauron A., « Formation tout au long de la vie », CAE, La Documentation Française, 2000.

81) Ibid.

82) Marchand O., (1993), « Les groupes sociaux face au chômage, des atouts inégaux », in INSEE, Données sociales, 1993.

83) Marchand O., Salzberg L., « La gestion des âges à la française, un handicap pour l'avenir ? », Données sociales 1996.

84) Chauvel L., « Le destin des générations », Paris, PUF, 1998.

85) Guillemard A.-M., « Incertitudes et perspectives de la fin de carrière », in D. Taddei, « Retraites choisies et progressives », rapport du CAE, Paris, La Documentation Française, pp. 129-142, 2000.

86) Les CGPS se sont succédé dans la sidérurgie entre 1977 et 1990. Ce dispositif de gestion des effectifs recourait aux préretraites et proscrivait les embauches.

87) Doppler F., « La question du vieillissement à l'Aérospatiale », Performances humaines et techniques, n°81, mars-avril 1996, pp. 30-38.

88) Pour une lecture détaillée de ces projets, se reporter à l'article rédigé par F. Doppler, « Evolution de la population et transformation ou conception des situations de travail », in J-C. Marquié, D. Paumès, S. Volkoff, coord., 1995, « Le travail au fil de l'âge », Collection travail, Octarès Editions, pp. 411-427.

89) Lobjeois Gérard, « Nouveaux métiers : le téléacteur », in Risques, n°40, décembre 1999.

90) Cieutat B., « Fonctions publiques : enjeux et stratégie pour le renouvellement », Commissariat général du Plan, mars 2000 ; Vallemont S., « Gestion dynamique de la fonction publique : une méthode », Commissariat Général du Plan, La documentation française, mai 2000.

91) A noter également l'enquête menée par la DARES sur ce thème auprès de plusieurs milliers d'entreprises et dont les résultats devraient être connus dans l'année 2001.

92) Leroy X., Rogez I., Cardinal A., 2000, « Etude sur les phénomènes de vieillissement au travail - Représentations et mode de gestion dans neuf PME de la Région Nord-Pas-de-Calais ", ARACT Nord-Pas-de-Calais, mai 2000.

93) Les entreprises sélectionnées sont issues de quatre grands secteurs d'activité : industrie, BTP, services et transport. Leurs effectifs varient entre 23 et 150 salariés.

94) Voir le point C, pages 57 et suivantes.

95) A paraître au printemps 2002, un rapport et un avis du Conseil économique et social sur « Les défis de l'immigration future » (M. Mekachera, rapporteur).

96) Communication de la Commission « Vers une Europe pour tous les âges », du 21 mai 2000.

97) Commission des Communautés européennes, 25 novembre 1999.

98) Conclusions de la Présidence, Conseil européen de Lisbonne, 23 et 24 mars 2000.

99) Conclusions de la Présidence, Conseil européen de Nice, 7, 8 et 9 décembre 2000.

100) Rapporteur : Dantin Gérard, avis voté le 19 octobre 2000 par 97 voix pour, 1 voix contre et 2 abstentions.

101) Annexe à la décision du Conseil du 19 janvier 2001 sur les lignes directrices pour les politiques de l'emploi des Etats membres en 2001 ; JO n° L 022 du 24 janvier 2001.

102) Communication de la Commission « Tirer le meilleur parti du potentiel de l'Union européenne : consolidation et extension de la stratégie de Lisbonne », COM (2001)79, volumes 1 et 2 des 7 février et 7 mars 2001.

103) Conclusions de la présidence, Conseil européen de Stockholm, 23 et 24 mars 2001.

104) Walker Alan, « La gestion d'effectifs vieillissants : guide de bonnes pratiques », Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, 1999.

105) Eurolink Age, propositions pour un code de conduite européen, 2001.

106) Guillemard A.-M., « Les trajectoires d'ajustement du modèle continental d'Etat providence », in Contribution à la conférence de Lisbonne : L'Europe, la mondialisation et l'avenir de la politique sociale, 5-6 mai 2000.

107) Ibid.

108) DGEFP, « L'expérience finlandaise : le programme national pour les salariés vieillissants », Compte-rendu de la revue des Pairs, Helsinki - 12 et 13 octobre 2000.

109) Gaullier Xavier, « La deuxième carrière - âges, emplois, retraites », Paris, Editions du Seuil, 1988.

110) Laville A., Volkoff S., Molinié A.-F., Gaudart C., Millanvoye M. : « Des relations âge-travail », Revue Française des Affaires Sociales, n°1, 1994.

111) Volkoff S., Molinié A.-F., Jolivet A., op. cit.

112) Ibid.

113) Par exemple dans le cas du personnel médical, et plus précisément les aides-soignantes, il est fait appel aux collègues pour soulever les patients lors de leur toilette, afin d'éviter notamment des problèmes de dos. Mais l'existence de ces marges de manoeuvre suppose une certaine stabilité de l'encadrement, chaque surveillante organisant les tâches à sa manière et pouvant juger utile de mettre en cause une organisation collective du travail considérée comme une « mauvaise habitude ». De ce fait, la majeure partie du personnel âgé travaille dans des services où les surveillantes ont une certaine ancienneté dans le poste. Voir aussi, supra, les exemples d'actions déjà engagées dans des grands groupes.

114) Carré P. : « La participation à la formation après 40 ans », ministère des Affaires sociales et de l'Emploi - Délégation à la formation professionnelle, Paris, 1986.

115) Davezies Ph. : « L'évolution de l'état fonctionnel de l'homme en fonction de l'âge et ses conséquences sur l'activité de travail », in Les vieillissements au travail (Droit, Guerin), Actes du colloque européen du 12 juin 1991, ANACT, Montrouge, 1992.

116) Paumès D., Marquié J.-C. : « Travailleurs vieillissants, apprentissage et formation professionnelle » in Le travail au fil de l'âge, op. cit.

117) Merle V. : « Manières de faire, manières d'apprendre - Transformations des situations de travail et éducabilité cognitive » in Entreprise - Organisation du travail et risques d'exclusion, dossier documentaire, ANACT, Montrouge, juillet 1992.

118) Davezies Ph., op. cit.

119) Laville A., op. cit.

120) C'est le cas pour les jeunes : cf. l'avis du Conseil économique et social sur « Famille et insertion économique et sociale des adultes de 18 à 25 ans », rapporté par M. Hubert Brin, du 28 mars 2001.

121) Groupe « Prospective des métiers et des qualifications » (président : M. Claude Seibel), atelier « les effets démographiques sur l'offre de travail » (président : M. Michel Amar).

122) Agnès Topiol, « Prospective des métiers à l'horizon 2010 : une approche par familles d'activité professionnelle », DARES, document d'étude, juin 2001.

123) Cadiou Loïc, Génat Julien, Guérin Jean-Louis, « Evolution démographique et emploi », CEPII, rapport pour la DARES, juin 2000.

124) Noiriel Gérard, « Les ouvriers dans la société française, XIXe-XXe siècles », Le Seuil, 1986.

125) De Jouvenel Hugues, Futuribles, n°254, juin 2000.

126) Sur les difficultés de recrutement, voir notamment : Du Crest Arnaud, Travail et emploi, n°79 ; Du Crest Arnaud, Futuribles, n°254, janvier 2000 ; Vermès M., rapport pour la CCIP, « Les difficultés de recrutement : quelles réalités, quels remèdes ? », décembre 2000

127) « Premières informations » DARES, « Tensions sur le marché du travail », décembre 2000.

128) DARES, enquête Sumer, 1994.

129) Cf. encadré 2 : « L'année du maximum démographique de la population active ».

130) De Jouvenel H., op.cit.

131) Sur ces publics, les apports de deux avis récents de notre Assemblée (« Femmes dans les lieux de décision » du 20 décembre 2000 (rapporteur : Mme Michèle Cotta) et « Familles et insertion économique et sociale des adultes de 18 à 25 ans » du 28 mars 2001 (rapporteur : M. Hubert Brin) nous permettront d'être succincts dans le présent rapport.

132) +11,6 points de 1990 à 2000, contre +2 points pour les hommes.

133) 54,8 % contre 61,7 % pour les hommes.

134) Duru-Bella Marie et Van Zanten Agnès, « Sociologie de l'école », Ed. A. Colin, Paris, 1999.

135) Le seuil de pauvreté est estimé, en 2000, à 3 800 francs (580 euros) de revenu disponible mensuel pour une personne, et à 5 700 francs (870 euros) pour un couple (source : CERC).

136) Rappelons que, d'un point de vue strictement statistique, le taux d'emploi prend en compte l'emploi, qu'il soit à temps partiel ou non.

137) En Poitou-Charentes, par exemple, le quart des contrats d'apprentissage dans le secteur de l'hôtellerie est rompu dès les premiers mois (B. Quintreau, « Les formations en alternance sous contrat de travail », Conseil économique et social de la région Poitou-Charentes, rapport à paraître).

138) Le pourcentage d'inscriptions dans l'enseignement supérieur des étudiants de plus de 30 ans, c'est-à-dire en formation continue, est de 8% en France, contre 20% en Allemagne, 32% au Royaume-Uni et 17% en moyenne pour l'Union européenne (source : Eurostat).

139) Revue Autrement : « Travailler, premiers jours : jeunes, entreprises : attentes et malentendus », n°192, avril 2000.

140) En 1997, 17,7% des emplois d'ouvriers et d'employés non qualifiés étaient occupés, à l'embauche, par des titulaires de BTS ou de DUT ; ce chiffre est passé à 9,9% en 2000 (source : La Lettre du Centre d'Etude de l'Emploi, n°64, décembre 2000).

141) Rapport du Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC) : « Accès à l'emploi et protection sociale », février 2001.

142) Du Crest Arnaud, op. cit.

143) Groupe « Prospective des métiers et des qualifications » , atelier « Les effets démographiques sur l'offre de travail », séance du 14 novembre 2000.

144) DARES, « Ouvriers et employés non qualifiés : disparités et similitudes sur le marché du travail », novembre 2000.

145) Pisani-Ferry Jean, op. cit.

146) Cf, titre I, B.

147) Lallement M., « Rationalisation du temps et mutation des rapports sociaux », in « Temps sociaux, une révolution en marche ? », Revue de la CFDT, n°32, juin 2000, pp. 3-9.

148) Castel Robert, « Les métamorphoses de la question sociale », Paris, Fayard, 1995.

149) Guillemard A.-M., « La transformation du temps de travail sur le cycle de vie dans les sociétés européennes », mai 2000.

150) Gauvin Annie, Jacot Henri, « Temps de travail, temps sociaux, pour une approche plus globale », Paris, Editions Liaisons, 1999.

151) Gaullier Xavier, (1999), « Réforme des retraites, marché du travail et temps de la vie », in Revue Esprit, octobre 1999.

152) Méda Dominique, « Le plein emploi de qualité, une figure du bien commun », in L'économie politique, n°8, 4e trimestre 2000, pp. 6-32, 2000.

153) Boulin J.Y., Hoffmann R., « Les nouvelles pistes du temps de travail », Paris, Editions Liaisons, 2000.

154) Boulin J.-Y., « Temps sociaux : les oublis de la réforme des 35 heures » in Revue de la CFDT, n°32, juin 2000, pp. 10-18.

155) Boulin J.-Y., op. cit.

156) Par exemple, dans le cas d'une entreprise de transports urbains, la négociation sur les 35 heures a montré que les salariés souhaitaient une réduction de l'ampleur quotidienne de leur travail. Ils voulaient rentrer chez eux le soir, afin d'avoir une véritable vie familiale. Dans ce cas précis, les accords ont débouché sur trois modalités différentes d'application de la réduction du temps de travail - soit la semaine de quatre jours, soit celle de six jours, soit celle de cinq jours - et ce en respectant les souhaits des salariés et en permettant une meilleure gestion du trafic.

157) Brousse C., « La répartition du travail domestique entre conjoints ; permanences et évolution de 1986 à 1999 «, in France - Portrait social, INSEE, octobre 1999.

158) A.-M. Guillemard, in rapport de D. Taddei (op. cit.).

159) Cette question, comme les deux autres, a amené 35 000 réponses.

160) Travail en question.

161) Liaisons sociales, n°8164 du 08 mars 2001.

162) Note de la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle : « Evolution des cessations anticipées d'activité », octobre 1999.

163) Baktavatsalou Ravi, (1997), « Les dispositifs publics de préretraite et l'allocation de remplacement pour l'emploi », Premières informations et Premières synthèses, n°35.2, août 1997.

164) Liaisons sociales, op. cit.

ANALYSE DES VINGT-DEUX REGIONS METROPOLITAINES FRANCAISES

1. ILE-DE-FRANCE

2. CHAMPAGNE-ARDENNE

3. PICARDIE

4. HAUTE-NORMANDIE

5. CENTRE

6. BASSE-NORMANDIE

7. BOURGOGNE

8. NORD-PAS-DE-CALAIS

9. LORRAINE

10. ALSACE

11. FRANCHE-COMTE

12. PAYS DE LA LOIRE

13. BRETAGNE

14. POITOU-CHARENTES

15. AQUITAINE

16. MIDI-PYRENEES

17. LIMOUSIN

18. RHONE-ALPES

19. AUVERGNE

20. LANGUEDOC-

ROUSSILLON

21. PROVENCE-ALPES-

COTE D'AZUR

22. CORSE

ORDRE DES REGIONS

Aux fins de préserver une visibilité minimale des complémentarités entre régions contiguës, l'ordre d'exposition s'en tient au découpage de la nomenclature des unités territoriales statistiques (NUTS) 1 et 2.

Ile-de-France

Bassin Parisien : Champagne-Ardenne, Picardie, Haute-Normandie, Centre, Basse-Normandie, Bourgogne

Nord-Pas-de-Calais

Est : Lorraine, Alsace-Franché, Comté

Ouest : Pays de la Loire, Bretagne, Poitou-Charentes

Sud-Ouest : Aquitaine, Midi-Pyrénées, Limousin

Centre-Est : Rhône-Alpes, Auvergne

Méditerranée : Languedoc-Roussillon, PACA, Corse.

ILE-DE-FRANCE (FR 1)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La population en âge de travailler passerait à l'indice 105 en 2010 (base 100 en 1999), suivant une tendance identique à la moyenne nationale, avant une décennie de quasi-stabilité. En termes de polarisation entre départements, la polarisation apparaît moins nette que par le passé : la population d'âge actif de la Seine-et-Marne croîtrait encore d'un tiers en vingt ans, et à l'autre extrême celle de Paris (75) ne décroîtrait que de 6 %. ..

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

De manière semblable, l'indice de remplacement de la PAT demeurerait , dans les huit départements, largement positif, alors que l'indice national deviendrait négatif autour de 2010. L'Ile-de-France demeurerait ainsi une région relativement jeune dans une France globalement vieillissante. Elle ne semble pas menacée par une érosion démographique de sa force de travail.

Le taux d'emploi

Depuis 1983, l'emploi en Ile-de-France semble avoir évolué de manière sur-cyclique, avec une part de l'emploi national qui gonfle en haute conjoncture et qui baisse en basse conjoncture. Cette part était à 21.5 % en 2000.

La région n'échappe pas à une règle que l'on observe dans toute l'Union : le taux d'emploi des régions capitales est supérieur à la moyenne nationale.

Etant donné le reliquat de dynamisme démographique, il faudra, à l'horizon 2010, des croissances soutenues de l'emploi pour entraîner le taux d'emploi à la hausse. Avec une croissance de l'emploi de l'ordre de 1 % par an, le taux d'emploi atteindrait les 70 % en 2010. Et il faudrait une croissance de l'emploi de 0,5 % par an pour seulement maintenir le taux d'emploi à son niveau de 2000, soit 67 %.

Dans un schéma d'activité non-flexible, où peu d'inactifs rejoindraient le marché du travail, une croissance de 0,5 % suffirait pour mettre progressivement le marché du travail sous tension modérée. Mais l'observation des flexibilités de l'activité lors de phases de croissance de l'emploi, soit autour de 1990, soit depuis 1997, suggère l'existence de marges appréciables à l'horizon de la prochaine décennie.

Comme dans la majorité des régions capitales, le taux de féminisation de l'emploi est important, ne laissant que peu de marges de progression supplémentaire. Les taux d'emploi féminins étant déjà élevés dans les âges intermédiaires, la progression de l'emploi devra nécessairement aller chercher les jeunes et les « quinquas+ », masculins ou féminins.

L'offre de travail

On observe au demeurant que les variations de l'emploi, entre 1987 et 2000 ont pu jouer davantage sur les effets de participation, et aussi sur des variations du chômage, que sur des apports démographiques qui sont devenus symboliques au cours des années récentes. Ceci constituerait un signe d'amélioration de la flexibilité des schémas d'activité, avec des taux de chômage qui demeurent élevés. Les évolutions de l'offre de travail semblent donc demeurer relativement ouvertes pour les années à venir.

Un effet éducatif de l'ordre de 1 % sur la décennie s'ajouterait à un effet démographique inférieur à 1 %, amenant au total la population active près de l'indice 102 , soit une progression proche de la moyenne nationale Enfin, il faut tenir compte du rôle significatifs des travailleurs pendulaires (par rapport à l'emploi francilien, on a l'équivalent de 6 % de pendulaires entrants et de 2 % de pendulaires sortants en 2000, selon l'EFT).

Age et genre

Suivant la progression en âge des cohortes nombreuses issues du baby boom, l'effectif des actifs de 55-64 ans gonflera de 36 % par effet démographique direct (contre 44 % en moyenne nationale), et de quelque 5 % par effet éducatif (contre 7.7 % en moyenne nationale). Mais étant donné la structure des taux d'activité par âge, les 55-64 ans constitueraient à peine un dixième de la population active totale en 2010. Que ce vieillissement apparaisse moins massif dans la région capitale par comparaison aux autres régions pose à nouveau la question d'une approche adaptée à la variété par rapport à la variété des situations régionales.

Enfin, comme il est courant en contexte urbain, le taux de féminisation de l'emploi est important : 47,3 % en 2000.

La mobilité régionale par âge

La France représente un exemple type de forte attraction des jeunes par la région capitale, et un exemple sans pareil de reflux des personnes en fin de vie active soit vers leur région d'origine, soit vers des régions côtières. L'attraction des jeunes vers la région capitale, où l'effectif de 15-24 ans serait ainsi majoré de quelque 3 % annuellement, semble concerner un ensemble de régions, auquel échapperaient seulement l'Alsace, et l'arc sud, de l'Aquitaine à Rhône-Alpes. Les départs de « quinquas » concerneraient, bon an mal an, autour de 2 % de l'effectif. Il faut noter que cette évolution semble s'accentuer par rapport à la fin des années 1980.

En observant les soldes, pour l'ensemble du spectre d'âge de 15 à 64 ans, on aurait un solde négatif de 2 % par période quinquennale, soit 0.4 % par an. L'analyse des mouvements de résidents dans l'EFT 2000 suggère que ce taux de sortie nette serait passé à 0,75 %. On doit s'attendre à voir l'effet de la diminution des effectifs des générations entrantes candidates à « la montée vers Paris » - en particulier en phase de haute conjoncture sur tout le territoire national -, et l'augmentation des effectifs de baby-boomers « quinquas » sur le départ.

Les niveaux d'éducation

Ces migrations interrégionales ajoutent à la forte concentration des diplômés du supérieur dans la région capitale - comme on l'observe dans d'autres Etats membres de tradition centralisatrice. En 2000, ce seraient 31 % de l'ensemble des porteurs d'un titre du « supérieur » qui seraient concentrés dans la région, qui ne compte que 20 % de la population en âge de travailler. Il convient d'ajouter qu'en prospective, cette part francilienne dans les diplômés du supérieur pourraient passer au-dessous de 30 % à l'horizon 2010, par effet de rattrapage progressif des autres régions parties d'un niveau moyen plus bas.

La part du « supérieur » dans la population d'Ile-de-France, autour de 32 % tant pour les hommes que pour les femmes entre 25 et 64 ans en 2000, contre 21 % en moyenne nationale, croîtrait tout de même jusqu'à 39 % en 2010, contre 27 % en moyenne nationale. Avec un tel taux, l'Ile-de-France se situe autour du dixième rang parmi les 200 et quelques régions de l'Union.

Par rapport à l'évolution en ciseau des niveaux d'éducation, la région francilienne se place moins favorablement pour ce qui est des progressions des niveaux supérieurs. Mais l'érosion de l'effectif de « secondaire inférieur » serait légèrement plus rapide qu'en moyenne nationale. Cela pourrait impliquer des pénuries plus nettes sur les activités non-qualifiées.

Conclusion

A l'horizon de la prochaine décennie, la région Ile-de-France, avec sa démographie plus jeune, sa capacité à attirer les jeunes des autres régions, son niveau d'éducation élevé, semble devoir préserver les caractéristiques d'un marché du travail ouvert, en tout cas par comparaison à la moyenne nationale. Le taux d'emploi pourrait revenir vers son niveau du début des années 1980, soit près de 70 %, sans tensions particulières. Ceci n'exclut pas la multiplication de tensions de pénuries au niveau des moins qualifiés.

Enfin, la croissance de l'effectif des porteurs d'un titre du supérieur serait de l'ordre de 17 % sur la décennie, contre 30 % en moyenne nationale. Ceci implique que dans l'hypothèse d'une croissance de l'emploi régional supérieur à 1 % par an, ce serait près de la moitié des emplois additionnels qui seraient dévolus à des porteurs d'un titre du « supérieur ».

CHAMPAGNE-ARDENNE (FR 21)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La région, à l'extrémité Nord de ce qui risquerait de venir la « diagonale de la désertification », verrait sa population demeurer quasiment stable entre 2000 et 2010, à 1 % près. La population en âge de travailler verrait son érosion s'accélérer à partir de 2010, passant à l'indice 91 en 2020. Cette érosion ne se déclencherait qu'après 2010 dans la Marne et dans l'Aube. Mais elle serait plus significative dans les deux départements de l'Ardenne et de la Haute-Marne - respectivement - 12 et - 19 % en 2020 par rapport au dernier recensement. Le vieillissement de la population en âge de travailler s'accentuerait à un rythme proche de la moyenne nationale jusqu'en 2010, avec une polarisation nette entre la Marne, plus jeune, et l'Ardenne et surtout la Haute-Marne, où l'on trouverait, d'ici vingt ans, 1,2 personnes de 50-64 ans par jeune de 15-29 ans.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

L'indice de remplacement de la PAT demeurerait proche de zéro dans la Marne dans la deuxième décennie du siècle, mais la dégradation serait alors déjà plus avancée dans les trois autres départements. En moyenne régionale, le remplacement cesserait d'être assuré dès avant 2010.

Le taux d'emploi

Depuis 1983, l'emploi en Champagne-Ardenne a représenté une part décroissante de l'emploi national, jusqu'à quasiment 2 % en 2000. Au début des années 1990, l'emploi a subi une régression massive, de plus d'un dixième.

Il s'est ensuivi naturellement une érosion du taux d'emploi, qui a oscillé, après 1993, aux alentours de 55 %. A l'horizon 2010, après une telle régression de la population en âge de travailler, une stagnation de l'emploi suffirait à maintenir le taux d'emploi dans la zone des 55 %. Toute croissance de l'emploi ferait alors rapidement monter le taux d'emploi, ce qui exige une forte flexibilité de l'offre de travail. Mais partant d'un taux d'emploi aussi bas, cette flexibilité est plus facilement à portée.

L'offre de travail

On observe que dans une situation démographique proche de la neutralité dès 1990, la variation de l'emploi s'est traduite essentiellement par une fluctuation de la participation, avec peu de mouvement sur le chômage, illustrant l'importance de l'offre latente. La part des femmes dans l'emploi est ainsi passée en dix ans de 40,4 à 44,5 %, mais une progression supplémentaire demeure possible, en particulier chez les femmes de 25 à 34 ans. D'autres marges importantes - celles qui sont le propre du modèle rhénan - se trouvent du côté des « quinquas+ ». Même avec 5 % d'érosion démographique de la population active, très partiellement corrigée par un effet éducatif positif, la démographie ne devrait pas être non plus une source de contraintes sur la prochaine décennie.

Age et genre

Les glissements par âge, entre 1990 et 2000, montrent une contraction de l'effectif des jeunes actifs de l'ordre d'un tiers, avec une croissance considérable des actifs du baby boom de l'ordre d'un quart pour les hommes, et des trois quarts pour les femmes, moteurs de la flexibilité. Pour la décennie à venir, l'effet éducatif, quasiment nul pour les hommes de 45 ans et plus, serait supérieur à 10 % pour les femmes de 55-64 ans. Au total, l'activité professionnelle des femmes de 55-64 ans augmenterait de plus de 40 %

La mobilité régionale par âge

La région de Champagne-Ardenne a présenté, pour les années 1993-98, un profil caractéristique de région d'émigration, sur l'ensemble des âges. Légèrement plus de 1 % de l'effectif de 15-19 ans quitterait la région chaque année. Les départs de jeunes familles, avec leurs enfants, se monteraient à 0,5 % par an. Aucun mécanisme de « retour au pays » n'apparaît pour les « quinquas ». L'atténuation de ces traits depuis la fin des années 1980 est marginale.

Les niveaux d'éducation

La distribution de la population de 25-64 ans par niveau d'éducation montre en 2000 un retard de la région sur les moyennes nationales : moins de 15 % de « supérieur » contre 21% , plus de 45 % de secondaire inférieur contre 38 %. Le retard régional est encore plus marqué pour les femmes. Les améliorations d'une génération à l'autre montrent néanmoins que ce retard régional devrait s'atténuer d'ici à 2010, surtout pour les femmes. Pour les effectifs porteurs d'un titre du supérieur, la région verrait 39 % de croissance contre 31 % pour la France. Pour le bac, + 24 % contre + 16 %. Considérant les 55-64 ans en 2000, 77 % des femmes et 64 % des hommes n'avaient pas dépassé le secondaire inférieur. Les 25-34 ans, quasiment leurs descendants, ne sont plus qu'à 30 % dans ce cas pour les femmes, à 28 % pour les hommes.

Conclusion

C'est dans cette progression des niveaux d'éducation que la région trouve apparemment les meilleurs atouts qui lui permettraient d'infléchir la trajectoire de déclin que les évolutions démographiques suggèrent. Le deuxième atout se trouve dans la distribution des réserves mobilisables dans le pays. La région, et notamment le département de la Marne qui fait 45 % de la population, se trouve relativement moins marquée par le vieillissement et possède des réserves de population active. Mieux, dans la décennie à venir, la population active de la région présenterait à la fois des niveaux d'éducation favorables et une marge de croissance qui lui permettrait de sortir cette région des logiques de déclin. Encore faut-il souligner que la disparité entre départements, opposant les deux départements médians aux deux départements extrêmes risque d'être confirmée par de telles évolutions.

PICARDIE (FR 22)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Tirée par le département « quasi-francilien » de l'Oise, la Picardie verrait sa population en âge de travailler croître de 5 % entre 1999 et 2010, avant de revenir en 2020 quasiment au niveau de 2000. L'Oise connaîtrait une stabilisation à l'indice 110 après 2010. Face aux deux autres départements régressifs, l'Oise concentrera une part croissante de l'emploi régional.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER.

Après la plongée au cours de la première décennie du siècle, l'indice de remplacement de la PAT demeurerait à peine positif dans l'Oise, et modérément négatif dans les deux autres départements. Au total, les évolutions apparaissent ici relativement proche des moyennes nationales. La région cesse ici de se distinguer par une structure jeune.

Le taux d'emploi

Depuis 1983, l'emploi a montré ici un caractère sur-cyclique, comme en Ile-de-France. En 2000, cette part est ainsi revenue à 3 %, niveau qui n'avait semble-t-il plus été atteint depuis 1992. Il s'est ensuivi un taux d'emploi qui , proche de 60 % au milieu des années 1980, a frôlé le plancher des 50 % dix ans plus tard, avant de revenir dans la zone des 58 % en 2000. Pour la décennie à venir, un emploi strictement stagnant permettrait le maintien du taux d'emploi dans la zone des 55 %. Par contre, une croissance de l'emploi à +1 % par an n'amènerait le taux d'emploi qu'aux environs de 60 % en 2010. Ceci désigne la Picardie, et en particulier l'Oise, comme une région où existe des réserves et même une flexibilité limitée de l'activité suffirait à éviter la formation de goulets.

Il faut noter que la région est celle de France présentant la part la plus élevée, et de loin, de travailleurs pendulaires : 16 % des personnes en emploi de la région exercent leur emploi hors de la région - en Ile-de-France pour les trois quarts. Suivants sur la liste, la Haute-Normandie et le Centre montrent des pourcentages entre 8 et 9 %, avec près d'une moitié allant en Ile-de-France. .

(Source : Enquête sur les Forces de Travail 2000)

L'offre de travail

Pour la dernière décennie, l'apport démographique fut trop mince pour dispenser des ajustements par effet de participation, avec des variations limitées sur le chômage. On a ici l'illustration d'un « effet escalier » typique : en phase d'afflux démographiques soutenus, la création d'emplois maintient le chômage à un palier, alors que la phase de destruction d'emplois pousse le chômage à un palier supérieur. Les cinq dernières années ont ainsi permis d'assurer la croissance de l'emploi qui était pourvu par l'apport démographique pour un tiers et par l'appel aux inactifs pour le reste, sans réduire le chômage. Il eut fallu davantage de création d'emploi pour mordre sur le chômage. Par rapport à ce mode d'articulation, les années à venir promettent une quasi-neutralité démographique et une réactivité supérieure du chômage.

Age et genre

Le caractère semi-urbain s'accompagne logiquement d'un retard dans la participation des femmes à l'emploi : celui-ci n'était féminisé qu'à 39 % en 1990, et à 43 % en 2000. Ceci implique que des possibilités importantes demeurent du côté des femmes d'âge intermédiaire, soit de 25 à 44 ans. Ces réserves suffiraient quasiment à assurer une croissance de l'emploi de 1 % par an, sans qu'il faille même augmenter de manière significative les taux d'emploi des jeunes ou des « quinquas+ ». Une « flexibilité facile », donc par les femmes, semble ainsi à portée pour la décennie à venir. Venant confirmer cela, l'effet éducatif, d'ampleur moyenne, se concentre ici sur les femmes. Ceci annonce une poursuite assez certaine de la féminisation de l'emploi, et un vieillissement de la force de travail plus tardif qu'en moyenne nationale.

La mobilité régionale par âge

Les années 1993-98 ne laissent apparaître ici de mobilité que concentrée sur les jeunes, et en particulier sur les jeunes en mobilité d'études, avec des taux revenant vers 0 après 24 ans. Pour les âges postérieurs, les mobilités nettes apparaissent dérisoires. Mais il est probable que les flux pourraient être plus contrastés si on prenait en compte la dimension départementale.

Les niveaux d'éducation

En Picardie comme en Champagne-Ardenne, la distribution de la population de 25-64 ans par niveau d'éducation semble marquer, globalement, un retard de dix ans sur la moyenne nationale. La sur-représentation féminine au niveau « inférieur » est certes en train d'être inversée par les générations les plus jeunes. Mais on trouve encore près de la moitié des 25-64 ans au niveau inférieur - contre 38 % en France - et 15 % de niveau supérieur contre 21 %, où l'on retrouve l'effet des mobilités d'études.

Le rattrapage progressif des moyennes nationales amènera une croissance plus forte des effectifs de niveau « supérieur » et de niveau bac, avec une moindre diminution des effectifs de niveau inférieur. Il y a donc ici un facteur de dynamisation de l'emploi, en particulier pour les générations plus jeunes.

Conclusion

La Picardie ne présente pas les caractéristiques annonciatrices d'un resserrement prochain de l'offre de travail, en tout cas à l'horizon 2010. Alors que la tendance générale est à la réduction des marges de manoeuvre, la Picardie trouverait là un élément favorable à une création plus soutenue d'emplois, par appel d'air. Dans une telle perspective, le rattrapage progressif des niveaux d'éducation par rapport aux moyennes nationales, pourrait constituer un atout supplémentaire. Mais la polarisation de la région entre un département quasi francilien et deux départements excentrés impose que la dépendance par rapport à la région capitale soit limitée. Même dans les départements excentrés de l'Aisne et de la Somme, les érosions démographiques n'interdiront pas, à court terme, des croissances soutenues.

HAUTE-NORMANDIE (FR 23)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La région verrait sa population en âge de travailler croître jusqu'à l'indice 104 en 2020 (base 100 en 1999), avant de décrocher par rapport à la tendance nationale. Cette évolution résulte ici d'une quasi-stagnation en Seine-Maritime et d'une croissance plus soutenue de l'Eure (indice 110 en 2020).

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Après une diminution, l'indice de remplacement serait, vers 2010, proche de zéro, et toujours voisin de la moyenne nationale, dans les différents départements. Au total, on retrouve un département favorisé par sa contiguïté à l'Ile-de-France, mais seulement en terme de croissance, sans différence marquée en terme de vieillissement.

Le taux d'emploi

Par rapport à l'évolution de l'emploi national, la Haute-Normandie ne présente pas de modèle très défini, sauf à conjecturer un glissement récent vers une pro-cyclicité. Considérant les années 1983-2000, la tendance de long terme est à l'accroissement de la part de la région dans l'emploi national, autour de 3,2 %.

Le taux d'emploi, avec un premier maximum en 1989 à 63 %, et un minimum à 56 % en 1994, est monté à un nouveau maximum de 65 % en 2000, sur une tendance longue à l'accroissement. Des croissances de l'emploi de 0 %, 1 % et 2 % sur la prochaine décennie amèneraient le taux d'emploi respectivement à 62 %, à 69 % ou à 76 % - soit près des maxima raisonnables.

Ceci suggère d'emblée que l'on se trouve dans une situation de forte sensibilité, où les marges de flexibilité devront être surveillées.

L'offre de travail

Les 15 dernières années offrent ici des évolutions singulières. Pour les années 1987-91, face à la stagnation de l'emploi, l'afflux démographique est annulé par la désactivation. Mais pour le début des années 1990, on assiste à une sorte de retour de pendule : face à une création relativement soutenue de l'emploi, et alors même que l'afflux démographique aurait permis de pourvoir seul au moins la moitié de l'emploi additionnel, on voit une sur-réaction des taux d'activité impliquer simultanément une hausse du chômage. Pour la période 1995-2000, on observe qu'une création soutenue d'emplois absorbe tout l'afflux démographique, requiert encore un complément d'activation et permet tout de même, cette fois, de mordre sur le chômage.

Pour les années à venir, il semblerait qu'en l'absence d'afflux démographique, il resterait seulement à activer des inactifs et, bien évidemment, à remettre des chômeurs en emploi. L'effet éducatif global, de même ampleur qu'en moyenne nationale - soit à + 2 % de population active en 10 ans - ne pourra modifier les tendances.

Age et genre

Les glissements par âge au cours de la dernière décennie montrent de fortes tensions. Pour assurer une croissance des actifs d'un huitième, il aura fallu compenser les baisses de plus d'un quart des effectifs entrants et des effectifs de 55-64 ans par une hausse de plus de moitié des 45-54 ans, et des hausses de l'ordre d'un sixième des effectifs âgés de 25 à 44 ans. On a donc ici un cas de forte recomposition des structures d'âge, avec une concentration sur les âges intermédiaires, et une tendance à l'expulsion des âges limites - modèle qui cessera rapidement d'être praticable. En effet, à l'horizon de 2010, la présence de réserves significatives parmi les femmes d'âge intermédiaire ne suffirait pas à attribuer seulement 1 % de croissance annuelle de l'emploi. Il faudrait ajouter un relèvement significatif des taux d'emploi et des « quinquas » et, à titre subsidiaire, des âges entrants.

La contribution de l'effet éducatif au relèvement des taux d'activité des « quinquas+ » au cours de la décennie à venir apparaît, au demeurant, sensible : il gonflerait l'effectif des hommes actifs de 55-64 ans de près d'un sixième - les femmes de ce groupe d'âge ne devant prendre le relais qu'ultérieurement.

La mobilité régionale par âge

Le profil par âge des mobilités, pour les années 1993-98, laissent apparaître de faibles déperditions de population : autour de 1% par an pour les jeunes en âge d'études. Et des valeurs insignifiantes pour les autres âges.

Les niveaux d'éducation

La Haute-Normandie laisse apparaître, comme le reste de la France du nord hormis la région capitale, un retard significatif en termes de distribution par niveau d'éducation. Ce retard semble correspondre à une dizaine d'années pour les hommes, et plutôt moins pour les femmes. La part des porteurs d'un titre du supérieur y demeure en 2000 en dessous de 15%, dons à plus de 5 points de la moyenne nationale. Et ces écarts ne sont pas atténués au niveau des porteurs du bac, puisque nous constatons une sur-représentation des porteurs du niveau inférieur.

La variation des effectifs par niveau d'instruction, pour la décennie à venir, serait assez proche des moyennes nationales, et surtout pour les femmes, alors que les glissements relatifs sont moins favorables aux hommes. On ne peut donc pas considérer qu'il y ait ici aucun atout différentiel pour la région.

Conclusion

La Haute-Normandie a montré à la fois un dynamisme relatif manifeste et des modes d'ajustement atypiques de l'offre de travail. De fortes flexibilités dans les schémas d'activité, sans que les progrès des niveaux d'éducation interviennent en premier rang, laissent présager une bonne capacité à mobiliser les réserves activables. Mais ces flexibilités semblent devoir reposer davantage sur la capacité à améliorer la gestion des âges en fin de vie active. La poursuite de la baisse des taux d'activité au-delà de 50 ans ne semble plus tenable, en tout cas si les taux d'emploi globaux devaient poursuivre leur hausse. Enfin, les réserves de croissance de population d'âge actif dont semble disposer le département de l'Eure, par rapport à la Seine-Maritime, devraient favoriser une croissance non polarisée.

CENTRE (FR 24)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Avec une évolution moyenne proche des courbes nationales, on observe des divergences entre départements. L'Eure-et-Loir et le Loiret, contigus à l'Ile-de-France, ont des croissances de la PAT proches de 10 % sur dix ans. Pour leur par, le Cher et l'Indre montrent un recul d'un dixième des effectifs d'âge actif entre 1999 et 2020. Pour l'ensemble régional, le maximum de population d'âge actif serait atteint aux environs de 2010 autour de l'indice 105, avec un recul très progressif ensuite.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Les six départements de la région passeraient à un indice négatif dès 2010. Mais avec une dégradation moindre, le Loiret, l'Indre-et-Loire et l'Eure-et-Loir préserveraient mieux les perspectives de croissance de l'emploi...

Le taux d'emploi

Par rapport à l'emploi national, le Centre montre un modèle de contra-cyclicité, avec une bonne résistance en phase de basse conjoncture nationale, et des réponses atténuées aux phases de haute conjoncture d'emploi. De manière cohérente par rapport à cela, le taux d'emploi n'a pas connu de variations de grande amplitude. Il a oscillé, depuis son maximum de 1983 à 63 %, jusqu'à un minimum de 57% , revenant à 62% en 2000, soit quasiment à la moyenne nationale. Le scénario à 2% de croissance annuelle de l'emploi l'amènerait dans la zone des 72%. La contrainte apparaît bien celle de la capacité à élargir l'employabilité à un rythme suffisant. Mais la réactivité des taux d'activité aux taux d'emploi dans le passé ne laisse pas augurer ici de difficulté particulière.

L'offre de travail

Sur fond d'afflux démographiques soutenus, il n'y eut pas ici de phases de baisse de l'emploi, mais plutôt des phases concernant les flux entre activité et inactivité, opérant en sur-réaction par rapport à l'emploi. Une création d'emplois modérée entre 1987 et 1991 pousse au retrait, avec une baisse du chômage. Une création soutenue d'emplois entre 1991 et 1995, à contre-cycle, a provoqué à la fois un afflux d'inactifs et une hausse du chômage. Une création d'emplois à peine moins soutenue entre 1995 et 2000 a de nouveau provoqué des retraits, et une baisse du chômage. En observant que l'afflux démographique se tarit après 2000, il semble que l'on puisse s'en remettre à une forte flexibilité de l'activité, où les comportements de retour ou de retrait l'emportent sur les ajustements par le chômage. Cette flexibilité sera soutenue par un effet éducatif relativement marqué - donnant + 2,5 % de population active sur 10 ans.

Age et genre

Le profil des taux d'emploi par âge est ici extrêmement proche du profil national, après des progressions semblables de l'emploi féminin. A l'horizon de 2010, l'augmentation du taux d'emploi des femmes d'âge intermédiaire ne sauraient suffire si la croissance de l'emploi allait au-delà de 1 % par an. Très vite, il faudrait relever les taux d'emploi des « quinquas+ », ce qui adviendrait naturellement : par effet éducatif, les actifs de 55-64 ans augmenteraient sur 10 ans de 20 % pour les hommes, de 10 % pour les femmes. Ce sont là des apports considérables pour nourrir la croissance de l'emploi.

La mobilité régionale par âge

Le profil par âge des mobilités, pour les années 1993-98, laisse apparaître un rapport proche de deux arrivées pour un départ. Les départs semblent ne concerner que les mobilités pour études. Les arrivées concernent tous les autres âges, avec des taux s'approchant de 1 % par an pour les personnes arrivant en fin de vie active. Pour autant, ceci ne désigne pas la région comme étant attractive par appel d'emploi, sinon de façon marginale.

Enfin, il faut noter que le profil ne diffère guère du profil calculé pour les années 1985-1990.

Les niveaux d'éducation

La région présente une distribution par niveau d'éducation qui ne semble être qu'en léger retard sur le profil national. Ce retard pourrait se définir ici sur la part réduite du niveau « supérieur » plutôt que sur l'importance du niveau « inférieur ».

Les progressions acquises des niveaux d'éducation promettent, pour la décennie à venir, des croissances particulièrement fortes des effectifs de porteurs de titres du supérieur : + 44 % en moyenne. A l'autre extrémité, une diminution de 15 % des effectifs du niveau « inférieur » est à peine plus faible qu'en moyenne nationale. Ceci serait favorable à une croissance sans tension de l'emploi.

Conclusion

Avec un reliquat de croissance démographique, un taux d'emploi à 60 % et de très nettes avancées en termes de niveau d'éducation, la région du Centre n'apparaît pas en passe, à l'horizon 2010, de se heurter à des goulets d'offre de travail autres que catégoriels - et en particulier pour les catégories les moins qualifiées. La contrainte dominante semble ici concerner le vieillissement de la force de travail. Certes, le vieillissement par le haut - c'est-à-dire par le gonflement des effectifs âgés - pourrait voir ses effets atténués par la progression éducative. Mais la raréfaction des effectifs entrants posera des problèmes de long terme.

Enfin, la région présente des risques de dualisation entre d'une part ses départements contigus à l'Ile-de-France et d'autre part les départements proche du Massif central. L'Indre, notamment, semble menacé d'une régression cumulative.

BASSE-NORMANDIE (FR 25)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La Basse-Normandie présente trois départements, et trois schèmes différents. Le Calvados montre des progressions des 15-64 ans proches des moyennes nationales. La Manche reviendrait de l'indice 102 en 2010 à l'indice 96 en 2020 (base 100 en 1999). L'Orne montre un déclin lent jusqu'en 2010, accéléré ensuite, et une régression en 2020 d'un dixième sur les niveaux de 1999. La région reviendrait vers 2015 au niveau de 1999.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Seul le Calvados garderait un indice de remplacement positif sur les deux décennies à venir, alors que les deux autres départements n'arriveraient à remplacer qu'à peine les neuf dixièmes des sortants d'ici 2020. Au total de la région, le remplacement cesserait d'être assuré dès avant 2010.

Le taux d'emploi

L'emploi en Basse-Normandie a été marqué par l'écroulement des années 1991 à 1994, avec une perte d'un emploi sur cinq. Partant d'un niveau proche de 65 %, le taux d'emploi a perdu 15 points en 3 ans, revenant à 51 %. En 1998 il était revenu à 55 %, mais rechuta ensuite à 53 % en 2000, faisant de la Basse-Normandie la région métropolitaine ayant le taux d'emploi le plus bas après les régions méditerranéennes. Le scénario d'une croissance de l'emploi régional de 2 % l'an ramènerait le taux d'emploi dans la zone des 63 % en 2010. Autant dire qu'aucune contrainte d'offre de travail ne se poserait pas, a priori, dans la prochaine décennie, ni apparemment dans la décennie suivante.

Une telle situation conduit naturellement à désigner la Basse-Normandie comme une région ayant des réserves de population active importantes.

L'offre de travail

Il est remarquable que la crise de l'emploi ait été gérée ici par des retraits d'activité davantage que par le repli d'attente du chômage. Malgré quelques problèmes de relevé statistique, il semble que l'offre de travail pourrait s'élargir sur plusieurs faces du marché. Après la phase de crise qui a frappé davantage l'emploi masculin, la part des femmes dans l'emploi s'est trouvée artificiellement gonflée, mais ceci maintient cependant des possibilités pour les femmes. Les progressions pourraient se faire autant ici que sur les autres faces du marché du travail.

Age et genre

On observe comment la crise a été gérée en concentrant l'emploi sur la génération des baby-boomers, en resserrant l'accès aux entrants et en précipitant les sorties de « quinquas » - surtout masculins. Que la régression de l'emploi jeune ait porté non seulement sur les 15-24 ans, mais aussi sur les âges 25-34 et même 35-44 - et surtout masculins - montre l'ampleur de la crise des recrutements au cours de la décennie précédente.

La mobilité régionale par âge

Les années 1993-98 font apparaître une mobilité pour les jeunes qui pourrait aller au-delà des seuls motifs d'études, avec 1,5 à 2 % des jeunes au départ par an. A l'autre bout de la vie active, on trouve des afflux marginaux, liés aux préférences côtières des personnes sorties du marché du travail.

Les niveaux d'éducation

La distribution de la population de 25-64 ans par niveau d'éducation ne marque en Basse-Normandie qu'un retard limité sur la moyenne nationale - et surtout par la moindre part du niveau « supérieur ». Les femmes se rapprochent davantage de la moyenne nationale.

Du fait d'anomalies statistiques, la projection des effectifs par niveau d'éducation pose quelques problèmes. Mais l'observation des niveaux d'éducation par âge établit clairement l'ampleur des progrès.

Si on ne considère que le groupe d'âge 25-34 ans, on retrouve encore un petit retard de la région pour les parts de supérieur (25 % chez les hommes et 31 % chez les femmes, contre respectivement 29 et 34 % au niveau national). Mais la part de niveau inférieur est elle-même inférieure à la moyenne nationale : 21.5 contre 23.5 % dans ce groupe d'âge.

Conclusion

La Basse-Normandie, après le choc du début des années 1990, ne sera confrontée, au cours de la décennie à venir, à aucun risque de tension du marché du travail - si ce n'est sur des plans étroitement catégoriels. La région constitue à cet égard une réserve de croissance qui pourrait être mobilisée ou entraînée de l'extérieur. La progression de la distribution par niveau confirme et ouvre des possibilités au développement économique.

BOURGOGNE (FR 26)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La région de Bourgogne verrait son effectif de population d'âge actif demeurer stable jusqu'en 2010, puis décliner de manière significative. Mais la distribution des évolutions départementales fournit le cas le plus flagrant de dualisation : la Côte D'Or et l'Yonne demeurent proches de la courbe nationale, avec des croissances résiduelles. Mais la Nièvre et le département de Saône-et-Loire poursuivent leur régression, avec un recul proche de 15 % sur 20 ans.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

On ne trouve que la Côte D'Or pour préserver un indice de remplacement positif sur les 10 ans à venir, et de justesse, alors que les trois autres départements se trouveront, en 2020, avec un déficit de remplacement compris entre 8 et 13 % de l'effectif total.

Comme en Picardie ou dans le Centre, des polarisations territoriales risquent de s'accentuer pour des raisons démographiques. Ce phénomène, s'il n'est pas grave par lui-même, le devient lorsque l'érosion démographique générale désigne comme facteur rare ce qui était jusque-là facteur abondant. En Bourgogne typiquement, la question se pose, dans un contexte de resserrement global de l'offre de travail, des redistributions de croissance liées à des déséquilibres démographiques.

Le taux d'emploi

Depuis 1983, l'emploi en Bourgogne a montré un caractère plutôt contra-cyclique, comme dans la région du Centre, avec une tendance plutôt en hausse de la part régionale dans l'emploi national.

Il s'est ensuivi un taux d'emploi en croissance progressive, qui demeure proche de 60 % depuis 1994 jusqu'en 2000. La stabilité de l'effectif de population d'âge actif sur la prochaine décennie implique évidemment que même une stagnation de l'emploi régional permettrait le maintien du taux d'emploi dans la même zone des 60 %. Cela signifie aussi qu'un scénario de croissance de l'emploi régional limitée à 1 % par an requerrait rapidement une meilleure flexibilité de l'offre de travail, pour arriver à 67 % de taux d'emploi. Avec 2 % de croissance annuelle de l'emploi régional, ce taux dépasserait les 70 % dès 2008, ce qui supposerait encore davantage de flexibilité.

Dans tous les cas, les évolutions apparaissent telles que la question des mobilisations d'inactifs deviendra rapidement préoccupante.

L'offre de travail

On observe d'emblée que les apports démographiques à la population active étaient proches de zéro dès le tournant des années 1990. La phase de destruction d'emploi entre 1987 et 1991 fut gérée par des retraits d'activité à titre principal. La création d'emploi d'ampleur moyenne du début des années 1990 précipita les retours à l'activité, y compris par un chômage croissant. La fin des années 1990 montre des ajustements de très faible ampleur.

Il faut noter que l'érosion démographique à venir de la population active sera loin d'être compensée par un effet éducatif qui demeure d'ampleur limitée. Dès lors, la croissance de l'emploi pourrait se heurter rapidement à ce problème de flexibilité insuffisante de l'offre.

Age et genre

Les glissements par âge au cours de la dernière décennie montrent que les ajustements se sont concentrés sur les effectifs de plus de 45 ans : quasi-doublement de l'effectif des femmes actives, par effet de baby boom et par effet générationnel ; retrait anticipé des hommes, mais toujours maintien des femmes actives au-delà de 55 ans. Ceci donne un autre exemple parlant de la manière dont les générations du baby boom se sont de facto approprié la croissance de l'emploi.

Le gonflement de moitié, sur les 10 ans à venir, des actifs de 55-64 ans ne sera relayée par un effet éducatif que pour les seuls hommes, ce qui est lié au caractère récent du rattrapage scolaire féminin.

La mobilité régionale par âge

La mobilité ici est d'abord celle des jeunes au motif des études : de 1,5 à 2 % par an. Au-delà, les taux sont dérisoires, sauf pour les « retours au pays » des « quinquas » en fin de vie active.

Les niveaux d'éducation

Par rapport au profil national, le retard dans la distribution des niveaux d'éducation tient surtout à la part moindre du niveau « supérieur ». Pour les femmes, le retard se marque aussi par une plus grande part de niveau inférieur. Ces évolutions conduiront, sur la décennie à venir, à une croissance de plus de 40 % des effectifs porteurs d'un titre du supérieur pour les femmes, d'à peine 20 % pour les hommes. La décroissance des effectifs les moins qualifiés sera sensible : -22 % chez les femmes, -15 % chez les hommes. Et l'on retrouve alors cette conclusion probable : plusieurs des activités qui vivaient sur la disponibilité de larges réservoirs de non qualifiés se trouveront en tension de pénurie.

Conclusion

La Bourgogne ne devrait pas, sur le plan global, être confrontée à brève échéance à un goulet d'offre de travail. Mais le risque est ailleurs. La forte recomposition éducative, si elle encourage de nouvelles activités à plus forte valeur ajoutée, multiplie aussi les points de pénurie catégorielle sur les segments moins qualifiés.

Et surtout, la très forte polarité entre deux départements ayant des marges plus larges de croissance et deux autres qui apparaissent récessifs impliquent une dualisation qui dérègle la mise en oeuvre des complémentarités, en laissant se multiplier les goulets.

NORD- PAS-DE-CALAIS (FR 3)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La région du Nord-Pas-de-Calais, avec 6,8 % de la population nationale, cesse progressivement d'être cette région relativement jeune dans une France vieillissante. Jusqu'en 2010, la population d'âge actif ne connaîtrait plus qu'une croissance résiduelle (indice 102 en base 100 = 1999), et déclinerait de quelque 4 % sur la décennie suivante.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

L'indice de remplacement de la population en âge de travailler demeurerait à un niveau positif, légèrement plus favorable qu'en moyenne nationale. Le Pas-de-Calais voit le vieillissement se marquer de manière plus précoce.

Au total de la région, il reste quelque chose de l'image d'un Nord-Pas-de-Calais jeune, mais les différences ont cessé d'être significatives.

Le taux d'emploi

Depuis 1983, l'emploi régional a représenté une part déclinante de l'emploi national : 6.5 % en 1983, 5,6 % en 1995, avec une remontée à 6,1 % en 2000.

Il s'est ensuivi une baisse progressive du taux d'emploi de 55 % en 1983 à un minimum de 49 % au milieu des années 1990. Mais au cours des seules années 1997 à 2000, le taux d'emploi est remonté de 50 à 55 %.

Dans le scénario à 1 % de croissance annuelle de l'emploi régional, le taux d'emploi atteindrait quasiment la barre des 60 % en 2010. Dans le scénario à 2 %, la barre des 65 % serait atteinte en 2010.

Mais en tout état de cause, les marges de croissance demeurent larges, et si tension il y a sur l'offre de travail, ce ne peut être que sur un plan catégoriel, non pas sur un plan global.

L'offre de travail

Les années, 1995-2000 montrent comment l'emploi en forte croissance - +14 % en 5 ans - a pu être pourvu, pour l'essentiel, par le simple appel d'inactifs. Pour les années à venir, la neutralité démographique ne pourra qu'impliquer la poursuite d'une telle absorption d'inactifs par le marché du travail.

L'érosion démographique de l'offre de travail au cours de la décennie à venir serait entièrement compensée par un effet éducatif significatif de 2.7 %. Au total, même ces hypothèses de faible flexibilité conduiraient à une stabilité de la population active. Au vu des importantes réserves impliquées par un taux d'emploi bas, la région apparaît donc toujours comme un réservoir de croissance.

Age et genre

Le profil des taux d'emploi ressortit en fait davantage au modèle méditerranéen décrit plus haut qu'au modèle rhénan auquel on doit rattacher la France. Les réserves, tant masculines que féminines, se distribuent sur tous les âges.

Pour autant, la stabilité de la population en âge de travailler, au dénominateur du taux d'emploi, obligera très rapidement à aller au-delà des réserves faciles d'accès dans les groupes d'âge intermédiaires, pour puiser dans les réserves plus difficiles d'accès - soit les jeunes et les « quinquas+ ».

Les glissements par âge au cours de la dernière décennie montrent un doublement de l'effectif des femmes de 45-54 ans, par l'effet du baby boom et par effet éducatif. C'est évidemment un facteur qui soutiendra l'emploi des « quinquas+ » dans la décennie à venir.

Le calcul montre en effet que l'effet éducatif vaudra, pour les 55-64 ans, , près de la moitié de l'effet proprement démographique : c'est là la marque des progrès considérables des niveaux d'éducation d'un groupe décennal à l'autre.

La mobilité régionale par âge

Les années 1993-98 montrent, pour chacun des groupes d'âge, des sorties nettes. Le taux de départ est seulement plus élevé pour les 15-24 ans, mais les départs se font sur tous le spectre d'âge. Avec une sortie moyenne de 0.6 % par an, cela suffit à éponger l'essentiel de la croissance démographique. Si le schéma s'adoucit entre 1985-90 et 1993-98, c'est à la première décimale. Le profil ne change guère.

Les niveaux d'éducation

Malgré les progrès réalisés, la distribution par niveau d'éducation est en retard net sur la moyenne nationale, par le haut et par le bas : en 2000 et pour la population de 25-64 ans, 7% de niveau supérieur en moins, 9% de niveau inférieur en plus.

Les projections suggèrent que les variations d'effectif par niveau d'éducation seraient proches des évolutions nationales. Tout de même, l'effectif de niveau inférieur diminuerait ici d'un cinquième, contre un sixième en moyenne nationale. Cela porte avec soi le risque de pénuries pour des activités peu qualifiées.

Conclusion

La région du Nord-Pas-de-Calais continue à présenter le profil d'une région « réservoir », non seulement en tant qu'elle fournit des immigrants aux autre régions, mais aussi en tant qu'elle garde une marge de croissance de l'emploi - que peu d'autres régions présentent au même degré. Voyant la progression très nette des niveaux éducatifs, c'est sur l'ensemble des faces du marché du travail que les progressions peuvent encore se faire. Et le simple ralentissement des sorties de « quinquas » permettrait d'allonger sensiblement les horizons de croissance potentielle.

LORRAINE (FR 41)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La Lorraine voit les fortes érosions de population d'âge actif atténuées par les projections de 2001 : seulement -2 % entre 1999 et 2010, mais tout de même encore une régression d'un dixième sur vingt ans. De même la polarité des évolutions des quatre départements serait moins marquée.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

L'évolution de l'indice montre encore une polarisation forte. La Meurthe-et-Moselle garderait un indice légèrement positif en 2010. Mais, peu peuplés, la Meuse et les Vosges voient l'indice se dégrader fortement : le déficit de remplaçants serait de 3 % de l'effectif d'âge actif en 2010, de 7 % en 2020, soulignant la force des logiques de déclin. Avec un indice régional à -4 % en 2020, nous sommes cependant encore loin des -10 à -15 % typiques de régions comme celle du Massif Central.

Le taux d'emploi

La tendance de la part régionale dans l'emploi national est redevenue plutôt à la hausse, à 4 % en 2000. Mais de fortes variations brouillent la lecture. Après la crise lorraine, le taux d'emploi s'est redressé d'un bas de 50 % en 1985 à un haut de 64 % en 2000, en progression de 4,7 points sur 1999 - soit une croissance de l'emploi de 7 % en un an.

Avec l'érosion des effectifs d'âge actif, on voit qu'une croissance de l'emploi à 1 % l'an jusqu'en 2010 suffirait à amener le taux d'emploi dans la zone des 70 %. Ce 1 % semble ainsi montrer une limite : même à ce rythme modéré, on se retrouverait en pénurie de main-d'oeuvre avant 15 ans, avec une contraction ultérieure inévitable de la force de travail - sauf apports extérieurs.

Enfin, l'EFT indique que 41.000 lorrains exercent leur emploi au Grand-Duché du Luxembourg, et 29.000 en Allemagne, soit l'équivalent au total de 7,4 % de l'emploi régional. On pourrait ajouter 16.000 pendulaires vers l'Alsace.

L'offre de travail

Avec une érosion démographique déjà avérée, on observe que les croissances encore timides de l'emploi au début des années 1990 avaient déjà précipité les inactifs sur le marché du travail. L'accélération récente des créations d'emploi, a encore dépendu pour les 3/4 de cette activation, et pour un quart d'un reliquat d'apports démographiques. Le même schéma d'une activation d'inactifs s'imposera à l'avenir, avec une érosion démographique qui s'accélère.

Face à quelque 5% d'érosion proprement démographique du nombre d'actifs d'ici 2010, la correction apportée par l'effet éducatif sur la prochaine décennie ne dépasserait guère 2%. Mais lorsque les marges se resserrent, de tels apports deviennent importants, quantitativement et qualitativement.

Age et genre

L'étroitesse des marges de manoeuvre est pleinement confirmé si l'on désagrège les marges de croissance par genre et groupe d'âge décennal : 1 % de croissance de l'emploi régional suffirait à amener le taux d'emploi de chaque groupe décennal dans la proximité de son maximum plausible. Cela impliquerait que non seulement on fasse le plein de l'emploi féminin dans les âges intermédiaires, mais aussi qu'on relève sensiblement les taux d'emploi des jeunes, et très sensiblement ceux des « quinquas+ ». Dans tous les cas, on rentre dans la zone où des taux d'activité plus flexibles deviennent tout à la fois indispensables et plus difficiles à mettre en oeuvre. On observe à nouveau que l'effet éducatif, restituant une part de flexibilité, vient soutenir l'activité des travailleurs vieillissants : sur 10 ans, pour les 55-64 ans, il majore l'effectif masculin de 8 %. Pour les femmes actives sur tout le spectre d'âge, le soutien de l'effet éducatif peut être estimé à 3 % sur 10 ans.

La mobilité régionale par âge

Les années 1985-90 avaient laissé apparaître des départs sur tout le spectre d'âge, de 0,5% par an en moyenne, avec des pointes au-delà de 1% par an pour les jeunes en mobilité d'études. Les résultats pour 1993-98 montrent une atténuation des départs, qui semblent même s'annuler après l'âge de quarante ans. En gros, le profil a glissé de quelque 2% vers la droite du graphique entre 1985-1990 et 1993-98.

Les niveaux d'éducation

Pour le niveau d'éducation, la Lorraine présente un profil favorable, mais uniquement pour les hommes : en 2000, un peu moins de niveau supérieur (18 % des 25-64 ans contre 21 % en moyenne nationale), mais aussi moins de niveau inférieur (32 contre 35 %) - et donc plus de niveau « Bac » (50 contre 44 %), ce qui rapproche des schémas allemands. Par contre, pour les femmes, il y a retard marqué, avec 44 % de niveau inférieur contre 41 % au niveau national. Cette inégalité qui caractérise aussi l'Allemagne est en régression lente.

Avec l'érosion démographique, l'évolution des effectifs des différents niveaux présente des particularités. Sur la décennie à venir, les effectifs de niveau « supérieur » croîtraient significativement, quoique moins rapidement qu'en moyenne nationale (20 % contre 30 %). L'effectif de niveau « bac » croîtrait légèrement (+ 6 %, contre 15 % en France). Le fait remarquable est l'écroulement des effectifs du niveau inférieur, masculins ou féminins : -27 % sur 10 ans, contre -17 % en moyenne nationale. De telles variations multiplieraient les désajustements catégoriels, et en particulier dans les segments peu qualifiées.

Conclusion

Les évolutions de l'offre de travail se retrouvent ici dans une position de forte dépendance par rapport à la dimension démographique. Les taux d'emploi devraient mettre peu d'années à atteindre des niveaux nordiques. Mais les niveaux éducatifs nordiques, sensiblement plus élevés, ajoutent des flexibilités et des mobilités qui limitent les désajustements. La Lorraine, malgré une progression certaine des niveaux éducatifs, pourrait être confrontée rapidement à des pénuries multiples.

ALSACE (FR 42)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La région verrait l'effectif d'âge actif croître jusqu'à l'indice 107 en 2015, alors que la moyenne nationale plafonnerait à l'indice 105 vers 2010. Le Haut-Rhin atteindrait son maximum dès 2010, à l'indice 104, et le Bas-Rhin pas avant 2020, à l'indice 108. Un tel écart suggère une relative polarisation.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

De même, l'indice de remplacement ne demeurera positif au-delà de 2010 que dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin dépassant en négatif la moyenne nationale. Mais l'indice régional montre une dégradation relativement moins marquée.

Au total, les tensions proprement démographiques pesant sur l'offre de travail ne deviendraient pas manifestes avant 2010.

Le taux d'emploi

Depuis 1983, la part de l'Alsace dans l'emploi national a oscillé sans profil récurrent, représentant jusqu'à 3.5% de l'emploi national, en 1988, pour descendre à 3 % en 1996. En 2000, cette part était remontée à 3.3%.

Le taux d'emploi a oscillé de manière semblable, atteignant un haut à 68% en 1988-89, un bas à 60% au milieu des années 1990, avant de remonter à 6 % en 2000 - niveau régional record en France.

Avec la croissance de la population, il suffirait d'une croissance de l'emploi régional à 1 % l'an pour amener le taux d'emploi quasiment à 70 % en 2010. Avec 2 % l'an, ce taux dépasserait les 76 %, soit la zone de forte tension.

Ceci place l'Alsace dans une position de réelle vulnérabilité, non pas à une véritable érosion démographique, mais à un simple ralentissement annoncé de la croissance démographique. Au total, la croissance possible de l'emploi apparaît limitée, et menacée par la multiplication de goulets - sauf à limiter les pendulaires sortants (35.000 en Suisse, 25.000 en Allemagne, soit l'équivalent de 7,8 % de l'emploi régional), ou à augmenter l'effectif de pendulaires entrants (soit 34.000 personnes, dont une moitié de lorrains), sauf encore à jouer sur l'immigration.

L'offre de travail

On observe que seule la demi-décennie, avec une croissance de l'emploi de 2,1 % l'an, a du rappeler des inactifs par delà l'apport démographique, sans pour autant entamer significativement le chômage ( 6,5 % en 2000). Ceci fournit un bon exemple de la manière dont les taux d'activité gardent une flexibilité appréciable, à la baisse ou à la hausse.

Néanmoins, avec un taux d'emploi s'approchant de la zone des 70 %, et un afflux démographique tendant vers zéro, on doit s'attendre à voir diminuer cette flexibilité. Et on vérifie que la croissance de l'emploi, qui avait été de 4,6 % l'an en 1998-99, s'est déjà ralentie en 2000, à 1,7 %. En d'autres termes, des croissances aussi soutenues qu'en 1998-99 ne seraient désormais plus à portée.

L'accès à une pleine neutralité démographique, au cours de la décennie à venir, s'accompagnera au demeurant d'un effet éducatif global de faible amplitude. Ceci confirme l'étroitesse des réserves de flexibilité.

Age et genre

Après la Lorraine, l'Alsace constitue le deuxième cas où l'horizon des taux d'emploi par genre et âge impose un objectif clair à la croissance de l'emploi. Arriver à cette objectif impliquerait :

la mobilisation des faibles réserves de femmes aux âges intermédiaires ;

un relèvement des taux d'emploi jeunes qui buterait sur le niveau déjà atteint : avec 40 % de taux d'emploi en 2000 pour les 15-24 ans, contre 28 % en moyenne nationale, il reste sans doute peu de possiblités ;

un effort massif, dès lors, pour relever les taux d'emploi des 55-64 ans, masculins et féminins, jusqu'à plus de 50 %. Au vu des progrès acquis, ce sera plus facile pour les femmes : l'effectif de femmes actives dans ce groupe d'âge augmenterait de 39 % par effet démographique et de 9 % par effet éducatif.

La mobilité régionale par âge

Dans la moitié nord de la France, l'Alsace semble être la seule région dont les jeunes résistent à l'attraction parisienne. Mieux, l'Alsace semble elle-même attirer non seulement des jeunes en mobilité d'études, mais aussi les « quadras » et les « quinquas » - ce qui semble récent, au vu de la différence entre les données 1993-98 par rapport aux données 1985-90. Ceci suggère que la région exerce un pouvoir d'attraction qui va croissant.

Les niveaux d'éducation

Le schéma est moins accentué qu'en Lorraine : les femmes marquent un retard sur les hommes, et surtout par le niveau inférieur, qui comprend en 2000 encore 38 % des femmes contre 28 % des hommes. Ici aussi, les jeunes sont proches d'un rattrapage, quoique plus lent qu'ailleurs. Pour les 25-34 ans, on trouve en 2000 encore 24 % des femmes au niveau inférieur, contre 18 % des hommes. Pour autant, le niveau moyen de l'Alsace se compare avantageusement à la moyenne nationale : un peu moins de niveau supérieur (19 contre 22 %), mais beaucoup moins de niveau inférieur (33 contre 38 %). Les évolutions à venir sont proches des moyennes nationales, quoique plus lente pour les femmes.

Conclusion

L'Alsace fait certainement partie des régions où la croissance de l'emploi sera bridée, à brève échéance, par tension d'offre. Le facteur responsable n'est pas tant l'érosion démographique de la population d'âge actif que le niveau déjà atteint par le taux d'emploi : celui-ci, en se rapprochant de son plafond raisonnable, se met seulement dans une dépendance de plus en plus étroite par rapport aux évolutions démographiques. Ici comme ailleurs, la progression des niveaux d'éducation, outre qu'elle élargit progressivement l'offre de travail, contribue aussi au glissement vers des activités à forte valeur ajoutée.

FRANCHE-COMTE (FR 43)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Jusqu'en 2010, la PAT demeurerait stable, avant d'entamer une baisse progressive jusqu'à l'indice 94 en 2020. Entre les 4 départements, les évolutions divergent légèrement après 2010, le Jura ne régressant que lentement, et le Doubs plus rapidement.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Seuls le Doubs et le Territoire-de-Belfort garderaient un indice de remplacement positif, de justesse, jusqu'en 2010. La Haute-Saône et le Jura cesseraient d'assurer le remplacement dès avant 2005, avec un indice modérément négatif pour le Jura, et se dégradant gravement pour la Haute-Saône.

Le taux d'emploi

Depuis 1983, l'emploi en Franche-Comté a représenté une part de l'emploi national qui a oscillé entre 1,8 et 2,1 %. En tendance, il y aurait plutôt une stabilité. Une croissance historique de l'emploi régional s'observe sur 1996-97 (+ 12 % sur 2 ans), mais le niveau haut de 1997 stagne ensuite - et même recule de 2 % sur les trois années suivantes.

Il s'est ensuivi un taux d'emploi qui , proche de 60 % au milieu des années 1980, est revenu à un point bas de 55 % à la fin des années 1980, et se tient à un palier de 62 % depuis 1998. En cas d'emploi strictement stagnant jusqu'en 2010, le taux d'emploi resterait dans cette zone. Avec 1 % l'an de croissance de l'emploi, le taux s'approcherait de 68 %, et de75 % avec 2 % l'an. Ceci suggère que les marges de croissance seraient désormais limitées. A noter que l'effectif des travailleurs frontaliers allant en Suisse serait de l'ordre de 11.000 personnes en 2000 (EFT).

L'offre de travail

Avec des apports démographiques limités, les variations de l'emploi ont dû jouer sur l'activation des inactifs, en 1987-91, et certainement en 1995-2000 - où l'on voit l'importance des réserves latentes. Pour la décennie à venir, le repli démographique requerra à nouveau cette activation des « inactifs », qui ne pourra plus concerner essentiellement les femmes mais surtout les « quinquas+ ».

Il est à noter que, pour le relèvement des taux d'activité au-delà de leur pente apparente, l'effet éducatif sera ici d'un faible secours - à peine 1 %. Au total de la population active, il ne compenserait qu'un tiers de l'érosion démographique.

Age et genre

La bonne tenue des courbes d'emploi a permis d'élargir l'assise des âges, en évitant de s'enfermer sur les baby-boomers Pour la décennie à venir, l'évolution devrait refléter les glissements démographiques, sans distordre les distributions par âge - ce qui implique tout de même un vieillissement rapide de la population en emploi. Enfin, il faut noter que l'effet éducatif changerait peu de choses à ces tendances : à peine observe-t-on un effet positif pour les « quinquas+ » à l'horizon 2010.

La mobilité régionale par âge

On retrouve, pour les années 1993-98, le schéma connu de départ de jeunes au motif des études, et très peu de mouvement dans les autres groupes d'âge. Pour les 15-19 ans de 1993, devenant les 20-24 ans de 1998, il faut noter que les taux de départ féminins sont quasiment au double des taux masculins - soit près de 2 % de départs annuels pour les femmes, et moins de 1 % pour les hommes. Les départs après la vingtaine sont marginaux, non moins que les retours de la cinquantaine. Mais il faut aussi noter que depuis 1985-90, le taux annuel de départ a diminué de 0.2 % en moyenne annuelle.

Les niveaux d'éducation

Nous constatons là aussi un retard sur les moyennes nationales très visibles par la sous-représentation du niveau supérieur et la sur-représentation du niveau inférieur, avec, en plus, un retard féminin qui ne se résorbe que pour les générations les plus jeunes. C'est ici que l'on retrouve la raison de la faiblesse des effets éducatifs dans le soutien des taux d'activité. Les rattrapages portent alors davantage sur le haut, avec des effets de masse réduits.

Néanmoins, c'est aussi ce qui explique que, sur la décennie à venir les progressions seront sensiblement plus fortes pour l'effectif du niveau supérieur par rapport à la moyenne nationale. Cet atout permettra en tout cas de ne pas faire décrocher la région dans la course à la ressource humaine qualifiée.

Conclusion

Pour autant, la région présente des difficultés à venir : les réserves de croissance de l'emploi apparaissent limitées, sans que des progressions éducatives élargissent les marges de manière significative. En outre, le risque de polarisation est certain entre les deux départements frontaliers et les deux départements intérieurs.

PAYS DE LA LOIRE (FR 51)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Si la région suit les courbes nationales, elle fournit un cas manifeste de croissance fortement polarisée : les départements intérieurs de la Sarthe, de la Mayenne et du Maine-et-Loire apparaissent régressifs après 2010. La Vendée reviendrait de l'indice 107 à l'indice 104 entre 2010 et 2020 (base 100 = 1999). Mais la Loire-Atlantique, qui fait un tiers de la région, se stabiliserait autour de l'indice 108 à partir de 2010.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

L'indice de remplacement en Loire-Atlantique épouse la courbe nationale : valeur descendue à zéro en 2010, faible dégradation ensuite. Les autres départements voient l'indice se dégrader davantage, avec la Vendée descendant vers un déficit massif de remplaçants, équivalent à un dixième de l'ensemble de la population d'âge actif. La région ne peut apparaître dès lors comme zone disposant de réserves manifestes.

Le taux d'emploi

La part de la région dans l'emploi national, entre un point bas à 5.2 % en 1984, et un point haut à 5.8 % en 2000, est clairement sur une tendance en hausse. Si l'emploi apparaît pro-cyclique par rapport à la conjoncture nationale, il faut noter qu'il n'y eut pas pour autant destruction d'emploi entre 1991 et 1995. Et les croissances d'emploi sur 1998-2000 sont impressionnantes : + 4,1 % l'an en moyenne.

Depuis 1983, le taux d'emploi a peu varié, oscillant entre 60 et jusqu'à 64,5 % en 2000 - zone où un emploi stagnant jusqu'en 2010 le maintiendrait. Avec 1 % l'an de croissance d'emploi, le taux d'emploi arriverait à 68 % en 2010, et à 75 % avec 2 % l'an.

On se retrouve donc clairement en tension potentielle, avec l'obligation d'activer les réserves et d'élargir l'offre.

L'offre de travail

Pour pourvoir les emplois créés depuis 15 ans, les apports démographiques soutenus ont joué le premier rôle, avec le chômage intervenant en ajustement. Les variations de la participation ont joué un rôle étonnamment secondaire. Mais l'accession à la neutralité démographique dans les années à venir mettront la remontée de la participation au rang des priorités. L'apport de l'effet éducatif, proche des moyennes nationales, ne suffira pas à compenser le manque d'apport démographique.

Ceci confirme que la croissance de l'emploi devra se nourrir de l'activation des réserves latentes au-delà des tendances anciennes des taux d'activité et de l'amplification des appels à l'extérieur - dont l'arrivée d'ouvriers des anciens chantiers navals polonais donne l'exemple.

Age et genre

Sur la dernière décennie, l'effectif des actifs de baby boomers a augmenté moins qu'en moyenne nationale. Mais sur la décennie à venir, la croissance des actifs de 55-64 ans devrait être sensiblement plus massive, même dans un schéma de faible flexibilité de l'offre de travail. Cette croissance des actifs de 55-64 ans sera appuyé par un effet éducatif massif - aussi massif que dans les régions du Nord-Pas-de-Calais, de la Bretagne et du Centre. A noter que cet effet éducatif sur la croissance des effectifs d'actifs de 55-64 ans à l'horizon 2010 serait beaucoup plus marqué pour les femmes : par rapport à 2000, il ajouterait 28 % de croissance par delà les 66 % de croissance démographique pour les femmes, et 7 % à 72 % de croissance démographique pour les hommes. Ceci montre bien l'enjeu du vieillissement actif à la fin de la cinquantaine.

La mobilité régionale par âge

On retrouve le schéma des départs de jeunes pour motif d'études - à hauteur de 1,5 % par an pour les 15-19 ans. Les arrivées de « quinquas+ » en augmente l'effectif de 0,5 % par an. Les changements par rapport à la fin des années 1980 se jouent ici à la première, sinon à la deuxième décimale.

Les niveaux d'éducation

Par rapport aux moyennes nationales, la distribution par niveau d'éducation se distingue par 5 % de niveau supérieur en moins, mais qui se retrouvent dans le niveau bac. Pour la génération des 25-34 ans, cet écart demeure. Au total la progression s'est faite au même rythme qu'en moyenne nationale.

Les variations d'effectifs par niveau sur la décennie à venir se retrouvent également extrêmement proches des moyennes françaises, avec - 12 % de l'effectif de niveau « secondaire inférieur », + 17% de celui de niveau bac et + 31% de celui de niveau supérieur.

Conclusion

La région ne diverge des moyennes nationales que sur un nombre limité de variables. Le plus important concerne la progression possible du taux d'emploi : peu de facteurs poussant à la flexibilité de l'offre semblent jouer. Ceci serait porteur de tensions catégorielles, mais à peine plus, au total, qu'au niveau du pays tout entier. Si toutefois le supplément de dynamisme dans la création d'emploi était maintenu, cette faible flexibilité requerrait l'élargissement des apports externes de main-d'oeuvre. L'autre élément déterminant pour l'avenir semble tenir aux progressions des niveaux d'éducation, élargissant les perspectives de croissance vers des secteurs à forte valeur ajoutée.

BRETAGNE (FR 52)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La courbe de l'évolution de la population en âge de travailler se superpose quasiment à la courbe nationale : croissance résiduelle jusqu'à l'indice 105 en 2010, érosion lente ensuite. On retrouve à nouveau l'influence favorable du facteur urbain en Ille-et-Vilaine, avec une population d'âge actif à l'indice 112 en 2020 (base 100 en 1999). A l'opposé , les Côtes-d'Armor, stables jusqu'en 2010, perdraient 7 % de l'effectif sur la décennie suivante.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Seule l'Ille-et-Vilaine, avec Rennes, éviterait un indice de remplacement de la PAT négatif même en 2020. La région reviendrait vers une valeur significativement négative, à -6%. Les Côtes-d'Armor, où la relève des générations d'âge actif cesse déjà d'être assuré, serait en 2010 à -10%, soit une valeur proche de celle du Massif Central. Le Morbihan les rejoindrait au même niveau dégradé vers 2020.

Le taux d'emploi

La Bretagne constitue un nouveau cas de sur-cyclicité par rapport à la conjoncture nationale de l'emploi, ce qui est un signe de fragilité. Aussi, le taux d'emploi a-t-il pu revenir de 65 % en 1990 à 58 % en 1992, soit un recul de 7 points. En 2000, il était remonté à 62 %, soit légèrement au-dessus de la moyenne nationale.

Un emploi stagnant permettrait le maintien du taux d'emploi autour de 60 %. Avec 1 % l'an de croissance de l'emploi, le taux remonterait à 66 %, et à 73 % avec 2 % l'an, on entrerait dans les zones de tension.

Avec déjà 45 % de femmes dans l'emploi en 2000, toute croissance dépend ici de la capacité à relever les taux d'emploi des jeunes et des « quinquas + ».

L'offre de travail

Les phases de création d'emploi, à la fin des années 1980 et puis des années 1990, ont fonctionné sur le mode ancien : l'apport démographique pourvoit l'essentiel des besoins, les chômeurs assurent le complément, et les effets de participation sont peu sollicités. Avec des apports démographiques qui tendent désormais vers le niveau symbolique, il reviendra désormais aux inactifs de pourvoir aux emplois créés.

Globalement, les effets éducatifs - dans la zone des 2 % sur 10 ans - relâchent quelque peu la pression, mais cela nous laisse loin du compte requis par une croissance de l'emploi même de 1 % l'an.

Age et genre

La décennie écoulée a fonctionné, comme ailleurs, en sur-concentrant l'emploi sur les baby-boomers - surtout féminins -, avec entrée retardée pour les jeunes et sortie précoce pour les « quinquas+ ». La prolongation de ces tendances ne laisserait aucune marge de croissance de la population active, et l'on revient sur le problème habituel : comment relever les taux d'emploi en-deçà de 25 ans et au-delà de 54 ans. Au moins distingue-t-on, pour les « quinquas+ » - soit ici les 55-64 ans -, que l'apport du glissement éducatif sera appréciable : à lui seul, il majorerait la population active de 55-64 ans de plus d'un dixième, aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Et s'il fallait se limiter à cela, l'on n'aurait sans doute pas de quoi atteindre 1 % de croissance de l'emploi par an.

La mobilité régionale par âge

Le profil des mobilités par âge, sur 1993-98, est classique : départs annuels de 1,5 % des jeunes, arrivées marginales de jeunes familles, et majoration des effectifs de « quinquas » de près de 1 % par an. A comparer les résultats de mobilité de 1985-90 et de 1993-98, on distinguerait sans doute un ralentissement des départs de jeunes, mais si léger que cela demanderait confirmation.

Les niveaux d'éducation

Par rapport aux distributions nationales par niveau d'éducation, la Bretagne est une des rares régions à « faire mieux » : toujours en considérant les 25-64 ans, à peine 1 % de moins au niveau supérieur, mais surtout 6 % de moins au niveau inférieur pour les femmes, et 2 % pour les hommes.

Mais pour la génération des 25-34 ans, l'avantage régional sur le niveau inférieur est passé à plus de 7 % tant pour les femmes que pour les hommes. Le progrès a donc été appréciable. Ceci implique des progrès à venir plutôt plus importants lorsqu'on les compare aux évolutions nationales : même croissance des effectifs du niveau supérieur, mais croissance plus forte des effectifs du niveau bac, et décroissance plus forte des effectifs du niveau inférieur - moins un quart contre moins un sixième. Et ces évolutions sont systématiquement plus amples pour les femmes. L'on sait que si cela permet des glissements qualitatifs favorables de l'emploi, cela est aussi facteur de tensions catégorielles, en particulier sur les activités moins qualifiées.

Conclusion

Les taux d'emploi par genre et âge de l'Ouest de la France montrent des profils très typiques du modèle rhénan. Il est clair que les changements doivent s'organiser sur les possibilités « jeunes » et « quinquas+ » du marché du travail. Les effets éducatifs vont contribuer à cela du côté des « quinquas+ », mais il importe de voir que cela ne saurait suffire si l'emploi doit croître de manière significative.

POITOU-CHARENTES (FR 53)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Région dont la démographie est réputée récessive, le Poitou-Charentes verrait sa population en âge de travailler ne plus croître que marginalement d'ici à 2010 (Indice 103 en base 100 en 1999), demeurer stable jusqu'en 2010, avant d'entamer une régression qui la ramènerait à l'indice 97 en 2020. La Vienne, avec la capitale régionale, présente une évolution proche de la moyenne nationale. La Charente-Maritime, qui est l'autre département moteur, décrocherait après 2015, avec un effectif d'âge actif ramené quasiment à son niveau de 1999 en 2020. Et les deux départements médians sont déjà en phase d'érosion, avec une accélération des baisses après 2010.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Seule la Vienne aurait encore un indice de remplacement positif en... 2005. Les trois autres départements passeraient rapidement à des valeurs proches de celles du Massif Central, avec des relèves fortement déficientes. Vu autrement, trois départements sur quatre arriveraient vers 2020 avec plus de 1,5 « quinquas+ » par jeune entrant (15-29 ans). Et malgré la résistance relative de la Vienne, la région se retrouverait à -5 % en 2010, à -9% en 2020.

Le taux d'emploi

L'emploi semble ici contre-cyclique par rapport aux conjonctures nationales. Un point haut de l'emploi fut atteint en 1987 - à 5 % sous le haut de 1998.

Mais avec une population en âge de travailler qui n'a varié que de 1,6 % depuis 10 ans, les évolutions du taux d'emploi sont quasiment celles de l'emploi lui-même. Après le creux dans la zone des 52 % au tournant des années 1990, le taux est revenu depuis la moitié de la décennie dans la zone juste au-delà des 60 %. La stabilité de la population en âge de travailler se prolongeant comme on l'a vu, le taux d'emploi ne serait qu'à peine modifié en cas d'emploi stagnant. Avec 1 % l'an de croissance de l'emploi, le taux arriverait vers 2010 dans la zone des 65 %, et au-delà de 71 % avec 2 % de croissance annuelle.

Même si les projections récentes portent à une situation moins tendue, il n'en demeure pas moins que beaucoup va dépendre de la flexibilité des taux d'activité.

L'offre de travail

Déjà depuis la fin des années 1980, faute d'aucun afflux démographique significatif, les adaptations aux variations de l'emploi ont reposés sur les effets de participation, par désactivation d'actifs à la fin des années 1980, par retour d'inactifs au début des années 1990. La dernière demi-décennie, a été marquée par l'atonie de chacune des composantes : tout au plus quelques baisses nettes de chômage par sortie d'activité. Si le développement de l'emploi devait se confirmer, l'ajustement ne pourrait venir que d'une activation d'inactifs.

Certes, des inactifs activables, il en reste parmi les femmes d'âge intermédiaire, mais cela ne saurait suffire, pas plus que dans toute autre région relevant du même modèle. Et de manière générale, la correction que le glissement éducatif apporterait semble bien faible : à peine 1,5 % de population active sur dix ans.

Age et genre

Le schéma du privilège d'emploi laissé aux baby boomers se retrouve pleinement ici : l'effectif des actifs de 45-54 ans a crû de 90 % sur la dernière décennie, alors que la population active ne croissait que de 15 %. Projeter la part de ces progressions qui nourrira le relèvement des taux d'emploi au-delà de 54 ans dans la décennie à venir n'est pas facile. Mais sur cette génération, le progrès éducatif s'est encore limité aux seuls hommes : le taux d'emploi des hommes de 55 à 64 ans y trouverait une majoration d'un dixième, mais pour les femmes, il faudra attendre la génération suivante.

La mobilité régionale par âge

Nous retrouvons le profil classique de nombreuses régions françaises : de 1993 à 1998, 2 % de jeunes au départ chaque année, mais aussi plus de 1% de quinquas de retour, partie pour « retour au pays », partie pour l'attrait côtier. Et cela sans guère de changement par rapport aux années 1985-1990.

Les niveaux d'éducation

Les légers retards régionaux sur les parts de niveau supérieur sont largement compensés sur les niveaux moyens (Bac), sans que les parts de niveau inférieur soient significativement différentes.

Cependant les progrès pour la décennie à venir apparaissent plus favorables qu'au plan national aux niveaux moyen et supérieur, et très certainement pour ce qui concerne les femmes. . .

Conclusion

Les perspectives ouvertes au taux d'emploi semblent autoriser une poursuite de la croissance de l'emploi. Le problème majeur tient ici à la précocité des tensions en termes de relève des générations. Ajoutant à cela les glissements dans la distribution par niveau d'éducation, - on doit craindre une multiplication des tensions catégorielles. Par rapport à cette perspective, la meilleure parade théorique consisterait à miser sur ces glissements qualitatifs de la population active.

AQUITAINE (FR 61)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

L'évolution régionale serait légèrement plus favorable qu'en moyenne nationale, avec un effectif d'âge actif allant à l'indice 107 en 2010 contre 105 (base 100 en 1999). Mais, ici encore, , le facteur urbain est un élément de polarisation. La Gironde, avec quasiment la moitié de l'effectif régional, verrait son effectif d'âge actif arriver à l'indice 109 en 2010, quasiment 111 en 2020. Les quatre autres départements, en 2020, s'étagent entre des progressions résiduelles - indice 105 dans les Landes, 103 en Pyrénées Atlantiques - et des régressions plus rapides - indice 97 en Dordogne, 95 en Lot-et-Garonne.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La polarisation entre la Gironde et le reste de la région apparaît ici de manière encore plus nette : seul ce département garde un indice de remplacement positif, collant à la courbe nationale. Les quatre autres seront passés au négatif dès avant 2005, et seraient en 2020 dans la zone -7 à -14 %, soit des valeurs de Massif Central. Au total de la région, on serait à un indice significativement négatif, soit -6 %.

Le taux d'emploi

L'emploi en Aquitaine était resté étale entre 1983 (indice 100) et 1993 (indice 103). A contre-cycle par rapport aux conjonctures nationales, trois années de croissance de l'emploi amenèrent l'indice à 117 en 1996. L'enquête sur les Forces de Travail le montre toujours à ce niveau en 2000.

Le taux d'emploi n'a donc atteint la barre des 60 % qu'en 1995, et progresse lentement jusqu'à 61,5 % en 2000.

Un emploi durablement stagnant le ramènerait à 58 % en 2010. Avec 1 % l'an de croissance de l'emploi, le taux d'emploi progresserait à peine - autour de 64 % en 2010. Avec 2 % l'an, il atteindrait quasiment les 71 % en 2010.

Ces niveaux et ces évolutions ne suggèrent pas l'apparition de fortes contraintes d'offre avant la deuxième décennie du siècle.

L'offre de travail

La forte création d'emplois, de 1993 à 1996, fut pourvue grâce à une activation soutenue des inactifs : les apports démographiques ne fournissaient pas le quart des besoins, et la possibilité d'une activité semble même avoir gonflé les files d'attente du chômage. Pour la dernière demi-décennie, l'apport démographique a suffi pour pourvoir les deux tiers d'une création ralentie d'emploi. Mais l'apport de la démographie reste à peine positif au cours de la décennie à venir, et la création d'emplois reposerait donc à nouveau, et totalement, sur la capacité d'activer des inactifs.

L'apport du glissement éducatif, estimé à 1,5 % de population active sur 10 ans, n'y suffirait pas.

Age et genre

La progression de la part des femmes dans l'emploi se poursuivra, avec des possibilités d'activité salariée pour les femmes significatives à tous les âges. Ceci dispense relativement, si l'on s'en tient au court terme, de dépendre d'un relèvement des taux d'emploi des « quinquas+ ». Cela étant, un tel relèvement adviendra déjà par effet éducatif : l'effectif actif de 55-64 ans y trouverait une croissance de 7 à 8 %.

Ceci confirme au total que les croissances d'emploi pourraient se répartir sur les différentes faces du marché du travail, sans dépendre d'aucune en particulier.

La mobilité régionale par âge

Le profil général des mobilités par âge semble demeurer extrêmement stable entre 1985-90 et 1993-98. Mais c'est un profil spécifique, avec des entrées relativement uniformes, autour de 0,5 % par an, quel que soit l'âge - sauf pour les jeunes autour de 20 ans, où il y a des sorties de faible ampleur, de l'ordre d'un tiers de pour cent par an. Région d'attraction dès lors, dont les arguments seraient ceux du Midi en général, et du Midi côtier en particulier.

Les niveaux d'éducation

Les distributions par genre et niveau d'éducation sont proches des moyennes nationales - et donc plus avancées qu'elles ne le sont dans l'ensemble des régions de la moitié nord du pays hormis l'Ile-de-France.

En termes de progression d'une génération à l'autre, sur les dix ans à venir, on se retrouve à nouveau proche des moyennes nationales : progression d'un tiers des effectifs de niveau supérieur, d'un neuvième de ceux du niveau bac, et recul d'un sixième des effectifs du niveau inférieur.

Conclusion

Peu de contraintes d'offre apparaissent à l'horizon 2010, malgré un vieillissement démographique soutenu de la population en âge de travailler. Les progressions des niveaux éducatifs autorisent, autant qu'en moyenne nationale, des réaffectations qualitatives de la force de travail qui accompagneraient la croissance des effectifs globaux.

Le problème majeur, que ces réaffectations révèleront de manière encore plus nette, tient dans la polarisation entre le département de la capitale régionale et les autres, engagés dans un processus récessif au plan démographique.

MIDI-PYRENEES (FR 62)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La somme des huit départements voit l'effectif de la population en âge de travailler croître à un rythme plus soutenu que la moyenne nationale : la croissance est légèrement plus importante jusqu'en 2010, mais il y aurait ensuite stabilité de l'effectif, alors que la moyenne nationale connaîtrait une érosion lente.. Mais d'une manière qui n'est aussi affirmée dans aucune autre région, on voit ici le département de la ville maîtresse confisquer l'essentiel de la croissance régionale. La Haute-Garonne, qui faisait 41% de l'effectif d'âge actif en 1999, en ferait 45% en 2010, et 49% en 2020, étant alors à l'indice 129 (base 100 en 1999). Résiste le Tarn-et-Garonne, proche de l'évolution nationale. Mais six départements arrivent en 2020 avec un effectif amputé de 5% (le Lot) à 15 % l'Aveyron), subissant l'effet « Massif Central ». Le schéma est donc fortement polarisé, avec sept départements jouant le rôle de vivier pour le huitième.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

De manière cohérente, l'indice de remplacement de la population d'âge actif reste bien positif dans le département de Toulouse, mais ce n'est que de justesse (+2% en 2010). Mais il prend, dans les sept autres, des valeurs s'étageant de -5 à -10 en 2010, de -10 à -15 % à l'horizon 2020. On se trouve ici dans le risque d'un processus de désertification des départements ruraux.

Le taux d'emploi

L'EFT montre une évolution de l'emploi régional fortement cyclique. Avec des évolutions démographiques très progressives au dénominateur - soit +3% de population d'âge actif sur la décennie - le taux d'emploi épouse d'assez près l'allure de l'emploi lui-même. Le taux d'emploi a ainsi atteint les 65% en 1992, perdu 8 points en deux ans, frôlé ensuite les 60%, pour revenir à 64% en 2000. Il faudrait de l'ordre de 0,7 % de croissance annuelle de l'emploi pour l'y maintenir sur 10 ans. Avec 1% l'an, le taux d'emploi atteindrait 66% en 2010, et 73% avec 2% l'an de croissance.

L'apparition de contraintes d'offres dépendra donc des rythmes de croissance de l'emploi : au-delà de 1% l'an, les tensions pourraient se multiplier.

L'offre de travail

Les à-coups de l'emploi ont été gérés, pour l'essentiel, par la compensation des niveaux de participation, sans dérive massive du chômage. Pour les années 1987-91, un relèvement du chômage accompagna certes la création d'emploi, signe d'un afflux d'inactifs en haute conjoncture. Mais les deux dernières demi-décennies montrent des réponses sans sur-réaction : au début des années 1990, un surcroît de chômage s'ajoute aux désengagements en phase de baisse de l'emploi. Et l'accélération de la création d'emplois, pourvus pour un quart par l'afflux démographique et pour le solde par l'appel aux inactifs, finit cette fois par mordre sur le chômage. Avec le quasi-épuisement de l'apport démographique dans la décennie à venir, la création d'emploi dépendra d'une activation suffisante d'inactifs. L'effet éducatif serait limité à 1,5% de population active, soit la moyenne nationale.

Age et genre

En cas de croissance significative de l'emploi, la limite des possibilités du coté des femmes d'âge intermédiaire ramènera rapidement la priorité vers les travailleurs vieillissants. Avec le vieillissement démographique massif, hors le Tarn-et-Garonne, le caractère limité de l'effet éducatif - soit 5 à 6% d'accroissement des actifs de 55-64 ans - contribuera à resserrer des marges qu'il sera pourtant urgent d'élargir.

La mobilité régionale par âge

Le schéma général est semblable à celui de l'Aquitaine : une métropole locale limite immédiatement les départs de jeunes autour de 20 ans, qui ne dépasseraient pas ici 0,5 % l'an. Mais il faut noter qu'ici les départs se font après, et non pas avant vingt ans, ce qui relativise le motif des études. Sur le reste des âges, il y attraction claire, avec des taux d'entrée de l'ordre de 0,5 à 1 % par an, sans changement significatif par rapport à la fin des années 1980.

Les niveaux d'éducation

La distribution par niveau d'éducation montre ici un profil indubitablement plus avancé qu'en moyenne nationale : en 2000, dans la population de 25-64 ans, la région affiche de 1 à 2% de niveau supérieur en plus, de l'ordre de 4% de niveau bac en plus, et donc, par déduction, de l'ordre de 5% de niveau inférieur en moins.

Le fait que l'avantage de la région procède plus des distributions des quadras et quinquas qu'à une avance des générations plus jeunes montre que la région a commencé plus tôt l'effort de formation. Cela suggère également que les immigrations, attestées au point précédent, concerneraient ici des personnes plutôt plus qualifiées.

Logiquement, les progressions, pour la décennie à venir, seraient moins marquées qu'en moyenne nationale. Mais la baisse d'un quart des effectifs du niveau inférieur rappelle l'obligation de développer l'emploi sur un plan qualitatif.

Conclusion

L'image que l'on peut avoir de Toulouse attirant la compétence en nombre sort renforcée de ces éléments statistiques. Mais à cette dépendance, s'ajoute celle d'une vulnérabilité démographique, qui pose des limites à une croissance purement quantitative de l'offre de travail. Le développement d'activités qualifiées semble être la réponse à des questions. Reste le problème des inégalités entre les territoires de la région.

LIMOUSIN (FR 63)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Le Limousin figure parmi les quelques régions d'Europe les plus marquées par le retournement démographique - même si les perspectives de régression se sont légèrement atténuées avec les dernières projections, avec une population en 2010 portée à 698.000 contre 686.000 (projections 1995). S'agissant de la région la moins peuplée de la France continentale - avec 1,1 % de la population française - , la taille absolue pose des problèmes supplémentaires : en deçà d'un certain effectif total, un marché du travail présentera naturellement un éventail peu flexible de qualifications . Et les périodes de mutation des techniques et des métiers amplifient ces effets défavorables liés à la taille.

En moyenne régionale, l'effectif d'âge actif reviendrait de l'indice 100 en 1999 à l'indice 99 en 2010, mais il plongerait à l'indice 91 en 2020. La Haute-Vienne, avec Limoges et la moitié des effectifs régionaux, ne serait alors qu'à l'indice 94, mais la Creuse serait à l'indice 85 - notons que les projections issues du recensement de 1990 plaçait l'effectif de 2020 en retrait de 20% sur celui projeté pour 1999.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Même par rapport à une France dominée par une Ile-de-France macrocéphale, Limoges est un cas de sur-concentration : près d'un quart de la population de la région, ou la moitié de celle du département. Mais à cette échelle-là, le vivier périphérique ne peut suffire. Dès lors, même la Haute-Vienne voit l'indice de remplacement de la population d'âge actif passer au négatif dès avant 2010. A l'autre extrémité, Corrèze et Creuse seraient respectivement, en 2020, à -13 et -15 % soit trois jeunes de 20-29 ans pour quatre personnes de 55-64 ans.

Le taux d'emploi

Les très fortes variations cycliques sont un signe de dépendance par rapport à un nombre limité d'activité, et donc de fragilité. Entre 1983 et 2000, l'emploi du Limousin , par rapport à un indice 100 en 1987, a ainsi connu quatre points bas en dessous de l'indice 102, entrecoupés de quatre points hauts au-dessus de l'indice 110 - dont l'indice à 112 de 2000.

On retrouve l'essentiel de ces fluctuations dans le taux d'emploi : des planchers autour de 55 %, des plafonds autour de 60 %. Erosion de la population d'âge actif aidant, le plafond de 2000 pousse le taux d'emploi à 62 %. Et, pour un effectif d'âge actif légèrement déclinant entre 2000 et 2010, même un emploi stagnant suffit à maintenir le taux d'emploi. Avec 1% l'an de croissance de l'emploi, le taux d'emploi arriverait à 69 % en 2010, et à 76 % avec 2 %. La contrainte démographique est donc très forte, qui amènerait toute croissance d'emploi dépassant un tant soit peu le 1 % l'an à provoquer de fortes tensions d'offre.

L'offre de travail

Dans une situation de quasi-neutralité démographique nous avons vu les variations de l'emploi être intégralement gérées par des variations de participation, avec très peu d'ajustements complémentaires par le chômage. Dans la phase d'érosion démographique allant s'accélérant au cours de la prochaine décennie, on ne peut donc s'attendre à voir un accroissement de l'emploi pourvu autrement que par de nouveaux afflux d'inactifs, ou des moindres retraits d'actifs. La contribution qu'apporterait à ceci l'effet éducatif semble globalement marginal : 1,5 % de population active en plus sur 10 ans corrigerait à peine une érosion démographique de la population active de l'ordre de 5 %.

Age et genre

Qu'avec un taux d'emploi à 62 % on ait déjà quasiment 47 % de femmes dans l'emploi, en 2000, illustre la réactivité du marché du travail. Mais cela signifie aussi qu'il doit rester peu de femmes activables dans les âges intermédiaires - ce que les niveaux atteints par les taux d'emploi dans ces âges confirment pleinement. Dès lors toute activation supplémentaire devrait porter sur les jeunes et sur les « quinquas », hommes ou femmes.

On observe, pour 1990-2000, que les femmes ont assuré la plus grande part des ajustements, et que hormis pour la génération des baby-boomers (45-54), l'emploi a décliné dans tous les autres groupes d'âge. Il est alors patent que toute croissance de l'emploi au cours de la décennie à suivre devra passer, au minimum, par le maintien en emploi d'une part supérieure de ces baby-boomers passant à la tranche d'âge 55-64 ans. L'on s'aperçoit d'ailleurs que l'effet éducatif spécifique à ces groupes d'âge sont conséquents : 6 % d'accroissement des actifs parmi les hommes de 55-64 ans, mais 13 % pour les femmes. Et rien que cela garantit un certain « vieillissement actif » des actifs.

La mobilité régionale par âge

On constate le départ d'à peu près 1 % par an des jeunes autour de 20 ans, retours partiels dans la trentaine et la quarantaine - avec les enfants - mais plus nombreux dans la cinquantaine, provoquant 1 % par an d'accroissement des effectifs de ces âges. Et ce profil semble stable entre 1985-90 et 1993-98. Il est patent que dans des régions de récession démographiques ces départs aux âges clefs du dynamisme démographique deviennent facteurs d'accélération du déclin.

Les niveaux d'éducation

Nous retrouvons ici un schéma marqué par un retard sur la moyenne nationale : 4 à 5 % de niveau supérieur en moins pour les 25-64 ans de 2000, mais 6 % de niveau « Bac » en plus, et donc un petit peu de niveau inférieur en moins. Sur la génération plus jeune des 25-34 ans, les écarts sont du même ordre. Les progressions des effectifs par niveau d'éducation, sur la décennie à venir, seront alors du même ordre qu'en moyenne nationale, avec juste une réduction plus forte des effectifs du niveau inférieur. Et ceci accentuera les difficultés de recrutement de travailleurs peu qualifiés s'ajoutant aux « effets de taille » défavorables qui sont ceux d'une région peu peuplée.

Conclusion

Avec de telles contraintes de nature démographique sur l'offre de travail à l'horizon de la prochaine décennie, on se retrouve obligé de déplacer le débat vers les dimensions qualitatives de l'emploi - dimensions sur lesquelles le Limousin ne présente aucun handicap manifeste. Cela signifie alors que les effets d'entraînement soient recherché sur des stratégies de niche et sur le développement d'un travail plus qualifié.

RHONE-ALPES (FR 71)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

L'effectif d'âge actif de l'ensemble des huit départements demeurerait proche de l'indice 107 entre 2010 et 2020 (base 100 en 1999). Mais la projection mettrait la Haute-Savoie et l'Ain à l'indice 120 - en progression toujours, mais en nettement moins considérable que ne le suggéraient les projections basées sur le recensement de 1990. A l'autre extrême, la Loire serait sous l'indice 90 en 2020. Entre ces extrêmes, un étagement de progressions lentes - entre les indices 104 et 108 à l'horizon 2010 pour 105 en moyenne nationale - plutôt qu'une polarisation.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La région doit à ses départements plus urbanisés - Rhône certainement, mais aussi Isère - un indice de remplacement de la population d'âge actif légèrement plus favorable, en moyenne régionale, que la moyenne nationale, n'arrivant à zéro qu'en 2020. A l'autre extrême, l'Ardèche, avec un indice déjà négatif aujourd'hui, se retrouverait à -9 % en 2020. Avec des valeurs en 2020, entre 4 et 5 %, l'effet « Massif Central» pèse dans le département de la Loire et s'étend à la Drôme.

Le taux d'emploi

L'évolution de l'emploi semble contra-cyclique par rapport aux conjonctures nationales : relativement stable jusque 1992 (base 100), l'emploi passe à l'indice 112 en 1996, et revient à l'indice 110 en 2000.

Cela aura fait osciller le taux d'emploi entre 58 et 64 %, l'amenant à 62 % en 2000, soit près de la moyenne nationale. Dans cette zone, les marges de croissance seront réputées suffisantes, à moins d'un écroulement démographique. De fait, avec 1 % l'an de croissance de l'emploi, le taux d'emploi arriverait à 64 % en 2010, et à 71 % avec 2% l'an. Avec de telles évolutuions, on ne devrait pas s'attendre à des tensions d'offres significatives à l'horizon 2010, sauf à des niveaux locaux ou catégoriels.

Il est noter que la région compterait en 2000 près de 74 000 frontaliers travaillant en Suisse - soit 60 % des frontaliers français opérant en Suisse, ou une personne en emploi sur trente dans la région.

L'offre de travail

Avec un apport démographique à la population active compris entre 0,5 et 0,8 % par an au cours des dernières années, il a logiquement appartenu aux effets de participation de sur-réagir à l'emploi : sorties massives lorsque l'emploi est atone, comme en 1987-91 ou en 1995-2000, et, en phase de création soutenue d'emplois, entrées massives, jusqu'à l'encombrement des files d'attente du chômage.

Pour la décennie à venir, un afflux démographique résiduel de l'ordre de 0,3 % par an élargira modérément les marges, avec un effet qui n'ajouterait pas plus que 1 % sur la décennie, ou 0,1 % par an, à la population active.

Age et genre

L'effectif de femmes actives a crû d'un cinquième au cours de la dernière décennie, contre 7 % pour les hommes. Avec une part montée à 45,5 % de femmes dans l'emploi, en 2000, les croissances par genre vont devoir se rapprocher.

Avec une offre qui demeure large, le relèvement des taux d'emploi des « quinquas+ » ne sera pas ici une priorité de premier rang. Les zones métropolitaines retrouvent ici l'avantage de larges viviers de jeunes. Enfin, l'effet de masse de la région ajoute aux attraits qui conduisent à repousser les problèmes du vieillissement vers les périphéries.

La mobilité régionale par âge

Entre montagne et plaine, la mobilité semble davantage interne à la région. Entre la région et le reste du pays, le profil des mobilités par âge est quasiment plat : même pas un demi-pour cent par an autour de 20 ans. Tout juste faut-il noter que, dans son ensemble, la région attire plutôt qu'elle ne rejette. Mais l'examen des mobilités entre les huit départements serait riche d'enseignements.

Les niveaux d'éducation

A grande métropole, main-d'oeuvre qualifiée : c'est ce que l'on retrouve clairement, avec, par rapport aux moyennes nationales, 2 % de niveau supérieur en plus (en 2000, pour les 25-64 ans) ; 1 % de niveau « Bac » en plus, et donc, par solde, 3 % de niveau inférieur en moins. Avec des progrès entamés plus tôt, les écarts entre générations plus âgées et plus jeunes sont plutôt moindres.

Sur la décennie à venir, les croissances d'effectifs par niveau, par rapport aux moyennes nationales, sont légèrement plus élevées pour le niveau supérieur, quasiment un tiers en plus, soit un bon quart pour les hommes, presque quatre dixièmes pour les femmes. La croissance est plus lente pour les effectifs du niveau Bac, et l'érosion des effectifs moins qualifiés est légèrement plus lente.

Conclusion

En statique et en dynamique, ces schémas différentiels des distributions par niveau d'éducation sont communs à d'autres grandes métropoles anciennes. Ils semblent devoir favoriser à la fois un glissement vers des activités à forte valeur ajoutée et le maintien d'un marché du travail ouvert. Mais avec un dixième du pays, la région Rhône-Alpes ajoute un effet de taille qui élargirait les synergies. Et, très certainement, le maintien d'une aisance démographique relativement à d'autres régions, contribuera à limiter les tensions d'offre.

AUVERGNE (FR 72)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Revenant vers le Massif Central, nous retrouvons les démographies récessives. L'effectif d'âge actif subirait une érosion lente jusqu'en 2010 (indice 98 en base 100 = 1999), mais accélérée ensuite : en 2020, l'indice serait revenu au niveau 90. Le schéma est polarisé, avec, à un extrême, le département de la Haute-Loire qui connaîtrait encore une croissance résiduelle jusqu'en 2010 - ce que n'annonçait pas les projections basées sur le recensement de 1990. En évolution proche de la moyenne régionale, on trouve le Puy-de-Dôme (indice 92 en 2020). L'Allier, et encore plus nettement le Cantal, connaîtraient des écroulements : moins 4 à 5 % à l'horizon 2010, avec moins 15 dans l'Allier, comme en Creuse et à moins 18 % dans le Cantal, régression la plus forte en France.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Seul le Puy-de-Dôme garderait un indice très légèrement positif en 2005. Et en 2010, la région serait à -6%, et à -8 % en 2020, avec l'Allier à -10% et le Cantal à -16 %. Ces dégradations portent le risque d'un processus de désertification.

Le taux d'emploi

A la fin des années 1980, l'emploi total est passé d'un palier situé près de l'indice 100 (base 1987) pour s'installer autour de l'indice 90 au début des années 1990. En 2000, il n'était toujours qu'au niveau 92. Le taux d'emploi, qui avait frôlé les 65 % en 1984, est resté dans la zone des 55 % tout au long de la dernière décennie. En 2000, il est revenu à 58 %.

Même avec un emploi stagnant sur les dix années à venir, le taux d'emploi terminerait la décennie à 59 %, érosion démographique aidant. Avec 1 % l'an de croissance de l'emploi, il reviendrait à 65 % en 2010 - soit à peu près son niveau de 1984. Et à 72 % avec 2 % l'an de croissance d'emploi - croissance qui serait en rupture avec les tendances antérieures.

En conclusion, à moins d'une croissance soutenue de l'emploi ce ne sont pas ces perspectives du taux d'emploi global qui promettraient des tensions d'offre avant la deuxième décennie du siècle.

L'offre de travail

Avec une démographie continûment neutre, les reculs de l'emploi à la fin des années 1980 ont été absorbés par des retraits massifs d'activité. Les ajustements à petits flux des années 1990 semblent alors laisser intact des marges de réaction. Avec une démographie de la population active qui passe de la neutralité à la contraction - de l'ordre de 0,5 % par an sur la décennie à suivre - on peut alors s'attendre à ce que toute variation de l'emploi trouve ses ajustements dans des effets de participation.

Age et genre

Partant d'un taux de féminisation de l'emploi à 43 % en 1990 - trace des taux d'emploi supérieurs des années 1980 -, la quasi stagnation de l'emploi sur la décennie allait laisser intactes de nombreuses réserves à tous les âges. Une croissance de l'emploi même modérée dans la décennie à venir permettrait alors à de nombreuses femmes d'avoir une activité professionnelle avant un relèvement des taux des « quinquas » ou des jeunes.

La mobilité régionale par âge

Le profil est celui d'une région récessive : taux de départ des jeunes supérieurs à 1 %, quelques retours en fin de vie active. Il faut remarquer qu'entre la fin des années 1980 et ces données 1993-98, les départs de jeunes se maintiennent, mais que les retours de quinquas s'atténuent, tout en demeurant positifs. On n'est donc pas dans une situation lorraine, où tous les âges connaissent des départs nets, soit vers les métropoles, soit vers le sud.

Les niveaux d'éducation

Pour les femmes, les différences sont minimes par rapport aux moyennes nationales. Et cela sur l'ensemble des générations : chez les femmes de 55-64 ans, l'Auvergne compte 12 % de niveau supérieur, autant qu'en moyenne nationale.

Par contre le retard caractérise les hommes : 16 % contre 21 % en moyenne nationale de niveau supérieur pour l'ensemble des 25-64 ans, et un écart qui n'est pas moindre chez les 35-44 ans.

Partant de nettement plus bas, les hommes progresseraient davantage pour les effectifs mieux qualifiés. Mais pour les moins qualifiés, la diminution des effectifs des femmes serait plus marquée. Dans l'ensemble, les progressions d'effectifs sur la prochaine décennie seraient plutôt proches des moyennes nationales.

Conclusion

Avec un profil de région récessive au plan démographique et des courbes d'emploi stagnantes, l'attention doit se porter dans deux directions. Soit, à l'exogène, on s'interroge sur la vitalité future d'une région qui pourrait être « un réservoir » pour la croissance de ses voisins. Soit, à l'endogène, on s'interroge sur les atouts que pourraient ici constituer, comme ailleurs, les glissements manifestes dans les niveaux d'éducation. Sur ce plan, aucun handicap rédhibitoire n'apparaît.

LANGUEDOC-ROUSSILLON (FR 81)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Aucune région de France ne verrait croître autant l'effectif d'âge actif : selon les projections, plus un cinquième entre 1999 et 2020 - la tendance ne marquant aucun ralentissement par rapport aux projections plus anciennes.. La croissance serait même supérieure dans l'Hérault - qui fait quasiment les quatre dixièmes de la région. Et seul le département de la Lozère - 70.000 habitants - serait en déclin, et de 8 % entre 1999 et 2020.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

Seul l'Hérault, aussi, garderait un indice de remplacement des effectifs d'âge actif seulement proche de 0 %. Mais, outre la Lozère, l'Aude et les Pyrénées-Orientales se retrouveraient à des valeurs proches de -10 % peu en 2020.

Donc, si ce n'était la Lozère, la région est à la fois marquée par un dynamisme démographique - évidemment dû aux mouvements migratoires - et par un vieillissement auquel aucune région n'échappe.

Le taux d'emploi

L'emploi a connu de fortes variations . Mais le taux d'emploi a oscillé autour de la barre des 50 %, soit un taux méditerranéen, que l'on retrouvera en région PACA. Ceci laisse évidemment des marges appréciables de croissance - pour autant qu'il y ait croissance durable de l'emploi. . Même avec 2 % l'an de croissance de l'emploi, le taux n'atteindrait pas 55 % en 2010.

L'offre de travail

Sur ces bases, un marché de l'emploi peut réagir de nombreuses manières, dont aucune ne vaudra leçon pour la suite. En outre, 7 % de croissance automatique par effet démographique de la population active à l'horizon de la prochaine décennie ne clarifie pas le pronostic. Que 2 % d'effet éducatif vienne s'y ajouter - ce qui est significatif sur 10 ans - est sans doute au moins aussi important, et c'est peut-être de cela que l'on doit attendre des modifications qualitatives.

Age et genre

La croissance de la part des femmes dans l'emploi a été massive dans la génération des baby-boomers, mais du côté des jeunes, c'est une décroissance que l'on observe. Pour ce qui est de la gestion des âges, les marges sont larges, au point que l'on ne saurait même dire que l'effet éducatif sur les actifs de 55-64 ans , qui serait de plus de 10 % pour les femmes sur 2000-2010, pourrait ne pas impliquer grand-chose.

La mobilité régionale par âge

Le Languedoc-Roussillon apparaît comme un réceptacle : sauf pour les 20-24, il y aurait au moins 1 % d'entrée nette par an à tous les âges, et jusqu'à 2 % pour les quinquas en fin de vie active. Ce n'est pas toujours de l'emploi que l'on vient chercher, c'est souvent de la qualité de vie.

Les niveaux d'éducation

Peut-on, lorsqu'il y a de telles mobilités, parler de « retard » des distributions par niveau d'éducation ? Par rapport aux moyennes nationales, 2 % de niveau supérieur en moins (considérant les 25-64 ans en 2000), et 3 % de niveau « Bac » en moins, donnant 5 % de niveau inférieur en plus. L'écart serait plutôt supérieur pour les hommes, mais dans des proportions limitées.

Mais de manière caractéristique, ce « retard » concerne surtout les générations jeunes. Pour les 45 ans et plus, les écarts s'inversent, en tout cas pour les femmes - ce sont donc des plus qualifiés qui immigrent.

Croisant cela avec les évolutions démographiques, on observe que l'effectif du niveau inférieur demeure stable. Les effectifs du niveau bac ou supérieur, hommes ou femmes, augmentent de près de 40 % sur la prochaine décennie, toujours en ne considérant que les 25-64 ans.

Conclusion

Nous sommes ici dans une région d'abondance démographique liée à son attractivité et où, quelque soit le scénario envisagé, le taux d'emploi restera très loin du maximum. Ceci laisse des possibilités importantes en terme de développement économique.

PROVENCE-ALPES-COTE-D'AZUR (FR 82)

Les indices démographiques

LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

La population d'âge actif serait à l'indice 108 en 2010 (base 100 en 1999), 110 en 2020, avec donc des progressions très ralenties par rapport aux anciennes projections, mais tout de même une croissance beaucoup plus soutenue qu'en moyenne nationale. La région passerait de 7,7 % de la population métropolitaine en 1995 à 8 % en 2010.

L'INDICE DE REMPLACEMENT DE LA POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER

L'indice de remplacement passerait au négatif autour de 2005, demeurant ensuite à un niveau modérément négatif. Avec une population plus stable, seules les Bouches-du-Rhône demeureraient en positif, de justesse à partir de 2010. L'indice des Alpes-de-Haute-Provence se tiendrait après 2010 dans la zone de -9 %.

Au total, il est à noter que le supplément de croissance des effectifs, par rapport aux moyennes nationales, n'empêche pas un vieillissement plus accentué : plus d'effectifs en âge de travailler, certes, mais surtout des baby-boomers qui sortiront d'activité en masse au cours de la prochaine décennie.

Le taux d'emploi

L'emploi en 2000 serait à son niveau de 1990. Sur toute la période, le taux d'emploi aurait oscillé entre 50 et 55 %,, terminant à 53 % en 2000. C'est, à peu de chose près, le niveau auquel il se maintiendrait avec 1 % l'an de croissance de l'emploi. Avec 2 % de croissance annuelle de l'emploi, le taux d'emploi atteindrait seulement 60 % en 2010.

L'offre de travail

Sur ces seules bases, l'offre de travail, déclarée ou latente, serait loin de toute tension. Son élargissement par effet démographique serait inférieur à 2 % sur les dix ans à venir. A cela, il y aurait lieu d'ajouter encore 2 % d'effet éducatif.

Age et genre

Même avec 2 % l'an de croissance d'emploi, il n'y aurait nullement lieu de relever de manière significative les taux d'emploi des jeunes ou ceux des « quinquas+ ». Et par effet éducatif, on verrait déjà l'effectif de femmes actives de 55-64 ans augmenter d'un dixième.

La mobilité régionale par âge

Le profil de l'immigration par âge est moins uniformément positif qu'en Languedoc-Roussillon. En moyenne, pour la période 1993-98 et pour l'ensemble des 15-64 ans, l'arrivée équivaut ici à 0,5 % de l'effectif par an. Le profil privilégie les jeunes familles, et surtout les personnes en fin de vie active.

Les niveaux d'éducation

Par rapport aux distributions nationales par niveau d'éducation, la région PACA ne montre de retard ni pour les hommes ni pour les femmes. Comme pour la région voisine, la comparaison montre même un avantage régional pour les générations plus âgées, ce qui renvoie à nouveau au profil des immigrants d'un niveau de formation relativement élevé.

Autre trait commun, les progressions sur les dix ans à venir laisseraient l'effectif de niveau inférieur seulement inchangé. Les progressions d'effectif seraient proches de 40 % sur le niveau supérieur, à plus de 30 % sur le niveau Bac.

Conclusion

En l'absence de toute tension globale sur l'offre de travail à l'horizon de 2010, l'interrogation se tourne vers les implications des glissements qualitatifs. La région PACA a des réserves importantes de population active encore davantage que la région voisine, étant quasiment deux fois plus importante en termes de population. Avec 3,1 millions d'effectif d'âge actif en 2010, il faut se rendre compte que la région PACA dispose d'une réserve théorique de force de travail de 800.000 personnes - par différence entre son taux d'emploi effectif à peine supérieur à 50 % et un taux d'emploi potentiel fixé à un niveau danois de 75 à 78 %.

Considérant les niveaux éducatifs, on peut considérer que les réserves de croissance vont au-delà de ce qui serait strictement impliqué par des chiffres d'emploi.

CORSE (FR 83)

Les indices démographiques

Les projections de population anciennes, établies sur base du recensement de 1990, promettaient un effectif d'âge actif de 286 000 personnes en 2010. Les projections établies sur base du recensement de 1999 en promettent encore 271 000 - soit un écart supérieur à 5 % . Et cette fois, les évolutions de la région épousent, à la décimale près, celles de la France en son ensemble, sans même que demeure un écart entre les deux départements de l'île. Parce que la région représente moins de 0,5 % de la population française, cette instabilité au plan des projections ajoute à la prudence nécessaire.

En tout état de cause, s'il s'agit à peine d'un quart de million de personnes, on se heurte d'amblée à un problème de taille qui interdit d'appliquer des raisonnements valables ailleurs quant à la formation de l'offre de travail : l'effet « taille » se laisse repérer en Limousin, mais la Corse fait à peine le tiers en population. Le spectre des métiers n'en sera que moins densément couvert, et les problèmes de relève des générations n'en seront que plus ardus .

Les taux d'emploi

Les niveaux atteints par les taux d'emploi, soit entre 30 et 40 % au cours des dernières années, rendent a priori superfétatoire toute interrogation sur la possibilité de voir apparaître des tensions au plan de l'offre de travail, si ce n'est à nouveau suite à l'effet de taille.

Mobilité par âge

Les profils de mobilité par âge présentent des variations sensibles non seulement en considérant les résultats d'une période donnée, mais aussi en comparant deux périodes différentes. A ces variations s'ajoutent des écarts considérables entre hommes et femmes. La première leçon à en tirer est qu'il faut renoncer à miser ici sur des tendances longues quelles qu'elles soient.

Les niveaux d'éducation

La distribution par niveau d'éducation suggère des retards considérables par rapport aux moyennes nationales. Dans la population de 25-64 ans de 2000, on trouverait ici 11 % de niveau supérieur, soit la moitié de la moyenne nationale, et 67 % de niveau inférieur contre 38 %. Une des explications pourrait tenir au fait que de nombreux jeunes ayant un niveau de formation supérieure migrent vers le continent.

Conclusion

Sur ces bases, la question des tensions globales apparaissant dans l'offre de travail ne doit pas être rapportée ni aux perspectives du taux d'emploi ni à celles d'une contraction démographique. L'effet taille est ici primordial, et les les tensions catégorielles pourraient s'aggraver à mesure que le calendrier démographique imposera une relève des générations. On ne constate pas non plus un glissement des niveaux éducatifs.

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil