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Du travail soigné pour l'hôpital de Libourne

Orianne Dupont |  le 20/04/2018  |  TechniqueChantiersBâtimentGirondeTravail

La reconstruction partielle du centre hospitalier Robert-Boulin a été un modèle d'organisation.

L'hôpital Robert-Boulin de Libourne (Gironde) a dévoilé son nouveau visage en février dernier. En vingt-huit mois, les équipes de GTM Bâtiment Aquitaine, mandataire du groupement sélectionné dans le cadre d'un marché de conception- réalisation,

ont construit, sur une emprise de 11 500 m2, un bâtiment de 43 000 m² SP et six niveaux (plus un parking de 200 places en sous-sol), relié à l'existant, et réalisé 5 000 m² de rénovation du bâti. C'est l'Agence régionale de santé qui avait initié le projet.

Le chantier s'est déroulé en trois phases. Il a commencé par la réalisation de deux nouveaux bâtiments en 2013, pour accueillir les 112 lits d'un Ehpad et une crèche, puis par la démolition d'une partie des anciens édifices afin de libérer l'emprise vouée au projet. Le bâtiment principal a ensuite été construit. Il accueille désormais le plateau de consultations de médecine ainsi que les chambres d'hospitalisation et les services d'hébergement, soit 477 lits, 33 places en hôpital de jour et 60 salles de consultations. Enfin, l'existant a été rénové.

Au total, l'opération s'élève à 150 M€ TTC, contre 350 M€ initialement prévus pour une reconfiguration complète du site. En tout, 36 microchantiers ont concerné les raccordements entre anciens et nouveaux bâtiments. « Ils ont été traités comme des chantiers indépendants, avec des équipes dédiées à chaque problématique », explique Philippe Samson, directeur des fonctions techniques et travaux du centre hospitalier de Libourne.

Un chantier aux nuisances maîtrisées. L'accent a été particulièrement mis sur la modularité du bâtiment. Le maître d'ouvrage souhaitait une architecture pérenne et un ensemble évolutif. « Des plateaux techniques doivent pouvoir être aménagés rapidement pour un autre usage, et des chambres devenir des box ambulatoires ou des salles de consultation », précise Stéphane Fabre, directeur des travaux chez Chabanne + Partenaires, maître d'œuvre (conception), associé à l'agence Niveau 3 (réalisation).

L'environnement du chantier, un hôpital en activité, a exigé des entreprises qu'elles maîtrisent les nuisances. Les chefs de chantier et les conducteurs de travaux étaient en liaison avec des capteurs disposés sur le site, qui les prévenaient lorsque le niveau des décibels ou les vibrations dépassaient un certain seuil. « Nous arrêtions alors les opérations pour identifier la source », relate Boris Janson, directeur de projets chez GTM Bâtiment Aquitaine. La zone était capitonnée avec des bâches absorbantes, ou l'intervention décalée. Sur les zones les plus bruyantes, les vitrages ont été triplés, et des pièges acoustiques installés. En deux ans et demi, aucun problème n'a été signalé.

Maîtrise d'ouvrage : Centre hospitalier de Libourne. Maîtrise d'œuvre : Chabanne + Partenaires (architecte conception), Niveau 3 (architecte réalisation), Architecture Couleur (coloriste), IDB acoustique (acousticien), Arcadis (BET fluides), SICC (coordinateur SSI), SIDF (bureau d'études béton) et Regards Ergonomie (ergonome conseil). Entreprises : GTM Bâtiment Aquitaine (mandataire), Ineo Aquitaine (lots courants forts, courants faibles, SSI) et Hervé Thermique (lots CVCD, plomberie et fluides médicaux). Montant du marché travaux : 150 millions d'euros TTC.

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PHOTO - 12557_766575_k2_k1_1817556.jpg - © RODOLPHE ESCHER / LE MONITEUR
Il commande - « La conception-réalisation nous a permis de gagner du temps »

« Construire et réhabiliter 43 000 m² en 28 mois, c'est remarquable. J'ai démarré ce projet en 2012 à partir d'une page blanche ; comme annoncé, les patients ont été accueillis en mars 2018. Il est important d'affirmer qu'une opération peut être réalisée dans les délais. Pour notre secteur d'activité, un chantier comme celui-ci est considéré comme long, même si nous sommes allés vite.

En six ans, dans un hôpital, il se passe énormément de choses. Si l'on met trop de temps, on se retrouve avec un objet inadapté. La conception-réalisation est un procédé qui nous a permis de gagner du temps sur la phase d'appel à projets et de fiabiliser les coûts et les délais de construction. Et nous avons eu la chance de retrouver une équipe déjà constituée qui avait trois ou quatre ans d'expérience, car c'est celle qui a travaillé sur le stade de Bordeaux. »

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PHOTO - 12557_766575_k4_k3_1817571.jpg - © RODOLPHE ESCHER / LE MONITEUR
Il conçoit - « Les échanges permanents sont la clé du succès »

« La particularité de ce projet réside dans la présence du client du début à la fin. Les représentants de l'hôpital étaient décideurs et nous guidaient.

Ces échanges permanents et la mobilisation des équipes sont la clé du succès de ce chantier et du respect des délais. Travailler en conception-réalisation nous a aidés car, avec le concours, nous étions déjà en phase APS, voire en APD. Une dizaine de personnes travaillaient avec le bureau d'études et Vinci [ via sa filiale GTM Bâtiment, NDLR] : les choix techniques ont été validés tout de suite, on avait l'entreprise sous la main et elle était impliquée. Tout était cadré tôt. Durant les travaux, cela nous a également permis de faire des arbitrages. Pour les façades, par exemple, nous savions que nous ne pourrions pas tenir les délais avec la couleur choisie initialement.

Nous avons pu en changer. C'est une belle réussite de partenariat. »

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PHOTO - 12557_766575_k6_k5_1817575.jpg - © CHRISTOPHE POUGET
Il réalise - « Les entreprises savaient ce qu'elles avaient à faire chaque jour »

« Nous avons développé la méthodologie last planning system (LPS) sur l'exécution avec l'ensemble des entreprises, afin d'avoir une vision de la réalisation des tâches sur les 43 000 m² et sur quatre semaines.

C'est une méthode collaborative et participative. Nous avons déterminé 39 zones en exécution avec les équipes associées, 150 compagnons étaient mobilisés pour le gros œuvre et plus de 500 sur la partie aménagement, corps d'état et technique. Avec un vrai défi sur les surfaces associées : en phase gros œuvre, nous avons réalisé par jour, en coffrage traditionnel, 500 m² de plancher de 32 cm d'épaisseur. Les entreprises savaient ce qu'elles avaient à faire chaque jour.

Nous avons fixé avec elles un enchaînement de tâches que chacun a approuvé. Cela a eu le mérite de nous faire communiquer et d'anticiper. »

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PHOTO - 12557_766575_k8_k7_1817579.jpg - © RODOLPHE ESCHER / LE MONITEUR

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