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Du simple rôle fonctionnel à la mise en valeur des villes

FRANCOIS SAGOT |  le 06/06/1997  |  UrbanismeEclairage urbainParisSavoieArchitecture

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-La hauteur des mâts diminue, de même que la distance entre lanternes. -Les couleurs, les formes et les accessoires personnalisent les candélabres. -Les lampes au sodium s'imposent progressivement grâce à leurs performances.

Essentiellement fonctionnel il y a encore quelques années, l'éclairage public sert de plus en plus à mettre en valeur les villes (bâtiments, espaces publics, jardins), certaines d'entre elles n'hésitant pas à mettre en place des « plans lumière » pour revitaliser leur centre-ville ou désenclaver des quartiers sensibles. Pour Roger Narboni, concepteur lumière (1), « il ne faut pas dissocier l'illumination, destinée à la mise en valeur du patrimoine, de l'éclairage public, dont le rôle est fonctionnel. La ville mérite une réflexion globale dans laquelle l'éclairage de la chaussée n'est pas l'objectif unique ».

L'une des conséquences de cette prise de conscience se traduit par une diminution de la hauteur des mâts, ramenés à une échelle humaine. Olivier Delachenal, de la direction de la voirie et des déplacements, indique que « la ville de Paris a adopté une hauteur standard de 9 m, sauf lorsque les voies sont étroites. La distance entre les lanternes est de l'ordre de deux fois et demie la hauteur, soit 22 à 23 m, afin d'obtenir une bonne uniformité d'éclairage. Pour les trottoirs, les fûts ne dépassent pas 4 à 4,50 m, avec une interdistance de trois fois la hauteur. Le niveau d'éclairement atteint 12 lux pour les voies piétonnes et 25 lux pour la chaussée ».

Personnalisation des candélabres

L'heure est la personnalisation des candélabres plutôt qu'à la conception d'appareils spécifiques dont le coût représente un investissement substantiel pour les villes. De surcroît, ce dernier choix posent souvent des problèmes d'industrialisation et de maintenance.

Pour Guy Gauthier, responsable urbanisme lumière chez Philips Eclairage, « on ne raisonne plus en termes de poteaux-luminaires mais d'ensemble d'éclairage formant une ligne. On joue sur les formes, les couleurs ou les accessoires ». Mais, comme le remarque Roger Narboni, « il y a encore six ou sept ans, les catalogues des fabricants étaient extrêmement pauvres en matériels d'éclairage extérieur. C'est Starck qui, le premier pour la Villette, a entamé une réflexion dans ce domaine ». Illustration de cette tendance, la ville de Paris, qui possède 120 000 candélabres, vient de concevoir le modèle « VP 95 » destiné à devenir un standard. Il permettra de minimiser les coûts de maintenance.

Généralisation des lampes au sodium

« Toutefois, explique Guy Gauthier, pour obtenir un bon résultat, encore faut-il associer à un candélabre une source performante ». Les sources au sodium s'imposent progressivement grâce à leurs performances : notamment, un bon indice de rendu des couleurs (IRC) et un meilleur rendement énergétique.

Il en existe de différents types. Les lampes au sodium haute pression sont utilisées pour l'éclairage de la chaussée, comme celles au sodium basse pression. Ces dernières possèdent un excellent rendement mais un rendu monochromatique dans le jaune orangé déformant les couleurs.

Les sources au sodium blanc haute pression, compte tenu de leur bon rendu des couleurs, sont utilisées, comme les lampes à induction, pour l'éclairage des trottoirs ou des espaces publics. Le principal avantage des lampes à induction tient à leur longévité, de l'ordre de 60 000 heures, soit quinze ans d'utilisation. Compte tenu de leur coût, elles sont réservées à des sites où la maintenance est délicate. Leur puissance est encore limitée à 85 W. Les projecteurs aux iodures métalliques, employés pour les stades ou les magasins, présentent également un bon IRC.

Mise aux normes des réseaux

Pour Guy Gauthier, « l'éclairage des Champs Elysées, à Paris, constitue le meilleur exemple d'utilisation des différentes sources au sodium ». Les candélabres sont équipés de doubles crosses, avec des sources au sodium haute pression pour l'éclairage de la chaussée et du sodium blanc pour les trottoirs. Des candélabres complémentaires de plus faible hauteur, dotés de lampes à induction, complètent l'éclairage des trottoirs.

Olivier Delachenal indique que « la politique de la ville de Paris consiste à généraliser le sodium haute pression et, pour les trottoirs, à remplacer les ballons fluorescents par des lampes au sodium blanc ou des lampes à induction pour les sites prestigieux comme la place du Tertre, à Montmartre. Les rues sont éclairées de la même façon car on estime que c'est dans les petites rues que les dangers sont les plus importants. Parallèlement, on ne diminue pas la lumière dans la nuit ».

Mais le cas de Paris n'est pas toujours transposable en province. Ainsi, Michel Riis, des services techniques de Chambéry, indique « que ses priorités portent sur la rénovation des réseaux âgés de trente ans. Ils sont remis en conformité avec les normes en vigueur ».

(1) Auteur d'un ouvrage intitulé « La lumière urbaine », aux Editions Le Moniteur (voir « Pour en savoir plus » en p. 80).

PHOTOS : Chaque pont de Paris demande une étude d'éclairagisme spécifique. Suivant qu'ils sont métalliques (pont Notre-Dame ci-dessous) ou en pierre (pont-au-Change ci-dessus), on joue sur la place des projecteurs ou sur la nature des sources. (P et S.F. Arnaud). Les Champs Elysées à Paris, un exemple d'utilisation des différentes sources au sodium (Huet, Wilmotte, OGI).

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