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DPE et bilans thermiques :
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DPE et bilans thermiques : "absence de fiabilité" selon l'UFC-Que choisir

eric Leysens |  le 21/02/2011  |  TechniqueIlle-et-VilaineYvelines

"Selon le diagnostiqueur, une même maison peut être classée C, D ou E". L'association de défense des consommateurs UFC-Que choisir a testé les DPE réalisés par de grandes enseignes du diagnostic et les bilans thermiques de fournisseurs d'énergie. Portant sur 4 maisons individuelles situées dans 4 régions différentes, les résultats de l'enquête, publiés dans le magazine de l'association, sont jugés « inquiétants » par cette dernière.

Fin 2007, UFC-Que choisir avait réalisé une première enquête sur les diagnostics de performance énergétique (DPE), pointant un manque de professionnalisme chez les diagnostiqueurs. Depuis le 1er janvier 2010, il est obligatoire, lors de la mise en vente ou en location d'un logement, de réaliser un DPE et d'indiquer le résultat, classant la performance énergétique sur une échelle allant de A à G. Par ailleurs, le nouveau « prêt à taux zéro + » pour l'achat de la résidence principale module les montants accordés en fonction de la classe énergétique établie par le DPE. Avec ce nouveau cadre règlementaire, les résultats « effarants » de la seconde enquête, qu'UFC-Que choisir a menée auprès de grandes enseignes du diagnostic et qu'elle rend publique dans son édition de mars, sont encore plus préoccupants. Pour l'association de défense des consommateurs, le DPE « relève de la loterie plus que de la compétence professionnelle ».
Par exemple, une entreprise classe énergétiquement une maison située dans les Yvelines en E, autrement dit elle lui attribue une consommation (pour le chauffage, l'ECS et la ventilation) située en 230 et 330 kWhep/m²/an. Alors qu'un autre diagnostiqueur franchisé d'une enseigne revendiquant le titre de « 1er réseau national de diagnostiqueurs immobiliers », classe la même maison en G, ce qui correspond à une consommation supérieure à 450 kWhep/m²/an.
Face à des résultats de DPE pour le moins divergents, en fonction du diagnostiqueur, l'UFC-Que Choisir demande aux pouvoirs publics d'adopter sans délai des mesures techniques pour fiabiliser l'exercice et de rendre les DPE opposables entre l'acheteur et le vendeur pour que la responsabilité du diagnostiqueur puisse être engagée en cas de diagnostic erroné.

Des bilans thermiques aussi peu fiables

L'association de consommateurs a également souhaité vérifier si les bilans thermiques proposés par les fournisseurs d'énergie, exercice normalement plus approfondi car destiné à orienter le propriétaire vers les travaux de rénovation les plus pertinents d'un point de vue énergétique, donnaient de meilleurs résultats. Résultat : le bilan thermique réalisé par un énergéticien sur une maison située en Ille-et-Vilaine annonçait que 44 % des déperditions de chaleur étaient dues au plancher du sous-sol alors que le bilan thermique d'un autre grand groupe énergétique n'estimait qu'à seulement 9 % les déperditions de chaleur par le plancher. Pour Caroline Keller, chargée de mission « Energie - Logement » à UFC-Que choisir, les « bilans thermiques coutent plus cher que les DPE mais n'orientent pas mieux le particulier vers les bons travaux de rénovation énergétique ».

Concernant les auto-diagnostics proposés en ligne par deux autres sociétés, l'association de consommateurs n'est pas moins sévère. Elles les jugent « parfaitement inutiles ». La première société propose une liste standard de travaux en insistant beaucoup plus sur les modes de chauffage que sur l'isolation. C'est pourtant exactement l'inverse qu'il faut faire pour réduire les factures d'énergie. De son côté, la seconde privilégie le remplacement des matériels et préconise l'installation photovoltaïque et les pompes à chaleur ».

Pour voir les 7 préceptes d'un bon diagnostic de performance énergétique d'un bâtiment, cliquez-ici

DPE

Le code de la construction et de l'habitation précise que le diagnostic de performance énergétique comprend :

a) Les caractéristiques pertinentes du bâtiment ou de la partie de bâtiment et un descriptif de ses équipements de chauffage, de production d'eau chaude sanitaire, de refroidissement, de ventilation et, dans certains types de bâtiments, de l'éclairage intégré des locaux en indiquant, pour chaque catégorie d'équipements, les conditions de leur utilisation et de leur gestion ayant des incidences sur les consommations énergétiques ;

b) L'indication, pour chaque catégorie d'équipements, de la quantité annuelle d'énergie consommée ou estimée selon une méthode de calcul conventionnel ainsi qu'une évaluation des dépenses annuelles résultant de ces consommations ;

c) L'évaluation de la quantité d'émissions de gaz à effet de serre liée à la quantité annuelle d'énergie consommée ou estimée ;

d) L'évaluation de la quantité d'énergie d'origine renouvelable produite par les équipements installés à demeure et utilisée dans le bâtiment ou partie de bâtiment en cause ;

« e) Le classement du bâtiment ou de la partie de bâtiment en application d'une échelle de référence établie en fonction de la quantité annuelle d'énergie consommée ou estimée, pour le chauffage, la production d'eau chaude sanitaire et le refroidissement, rapportée à la surface du bâtiment ou de la partie du bâtiment ;

f) Le classement du bâtiment ou de la partie de bâtiment en application d'une échelle de référence établie en fonction de la quantité d'émissions de gaz à effet de serre, pour le chauffage, la production d'eau chaude sanitaire et le refroidissement, rapportée à la surface du bâtiment ou de la partie du bâtiment ;

g) Des recommandations visant à améliorer la performance énergétique du bâtiment ou de la partie de bâtiment, accompagnées d'une évaluation de leur coût et de leur efficacité ;

h) Lorsque le bâtiment ou la partie de bâtiment est équipé d'une chaudière d'une puissance supérieure ou égale à 20 kilowatts, le rapport d'inspection de la chaudière.

Lorsque le diagnostic de performance énergétique porte sur un bâtiment ou une partie d'un bâtiment qui bénéficie d'un dispositif collectif de chauffage, de refroidissement ou de production d'eau chaude, le propriétaire du dispositif collectif, son mandataire ou le syndic de copropriété fournit à la personne qui demande le diagnostic et aux frais de cette dernière :

a) La quantité annuelle d'énergie consommée pour ce bâtiment ou cette partie de bâtiment par le dispositif collectif ; b) Le calcul ou les modalités ayant conduit à la détermination de cette quantité à partir de la quantité totale d'énergie consommée par le dispositif collectif ;

c) Une description des installations collectives de chauffage, de refroidissement ou de production d'eau chaude et de leur mode de gestion.

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