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Doutes sur la faisabilité du tunnel entre le Maroc et l'Espagne

Defawe Philippe |  le 29/09/2008  |  MancheInternationalEuropeTransports mécaniquesTravail

Une étude géologique remet en cause la faisabilité du projet de tunnel ferroviaire sous le détroit de Gibraltar entre l'Espagne et le Maroc, indique le quotidien El Pais dans son édition de dimanche.

La présence de deux portions argileuses au centre du détroit rend incertain la possibilité de percer le tunnel, selon le journal, qui cite une étude récemment parvenue à la société publique espagnole SECEG chargée, avec la marocaine SNED, de piloter le projet.
"Il n'est pas du tout clair que cela puisse se faire" a indiqué à El Pais le président de SECEG, Angel Aparicio. "Jamais des travaux publics ont fait face à de telles incertitudes", selon lui.
Le quotidien cite également un ingénieur travaillant sur cette réalisation, Andrea Panciera, pour qui le projet est entouré de "très grandes incertitudes" et qui propose de percer une "galerie de reconnaissance depuis la côte marocaine" jusqu'à la zone argileuse pour mener des tests sur ce terrain "non consolidé".
Mais une telle option alourdirait d'environ un milliard le coût final de l'ouvrage, chiffré à plus de cinq milliards d'euros et retarderait le projet d'environ huit ans, selon El Pais.
"Il est pratiquement impossible de trouver une solution de rechange" souligne encore le journal, indiquant qu'un tracé alternatif plus court avait été abandonné dans les années 90, tout comme l'idée de construire un pont au-dessus de la mer.
Ces incertitudes arrivent au mauvais moment, souligne encore El Pais car la ministre espagnole des Transports, Magdalena Alvarez et son homologue marocain Karim Ghallab, prévoyaient de se rendre à Luxembourg le 13 octobre pour plaider le projet auprès des ministres de l'UE afin d'obtenir un financement.
©AFP

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Rabat et Madrid avait relancé en 2006 ce projet après une première ébauche abandonnée dans les années 90.
L'ouvrage, composé de deux tunnels et d'une galerie de service, aurait une longueur de 38,7 kilomètres, dont 28 kilomètres sous la mer, et passerait en son milieu à 400 mètres sous le niveau de la mer.
L'un des responsables techniques du projet, l'ingénieur suisse Giovanni Lombardi, avait qualifié en comparaison, le tunnel sous la Manche de "jeu d'enfant".

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