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Dossier : Sauve qui PME !
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Dossier : Sauve qui PME !

Cloâtre Elodie |  le 23/10/2008  |  ConjonctureHaute-SavoieFrance entièrePetites et moyennes entreprises

En déplacement en Haute-Savoie jeudi 23 octobre, le Président de la République a annoncé de nouvelles mesures afin de soutenir les PME qui subissent de plein fouet les restrictions d’octroi de crédits bancaires. Détail des mesures et questions à François Drouin, président-directeur général d'Oséo, la "banque des PME".

A en croire la dernière étude trimestrielle d’Altares, qui affiche une hausse de 17% des défaillances d’entreprises au cours du troisième trimestre, les PME subissent la crise financière et bancaire au prix même de leur survie. Le plan de Nicolas Sarkozy pour relancer leur activité était donc très attendu. Ce plan contient plusieurs mesures phares :

- L’exonération totale et définitive de taxe professionnelle pour tous les investissements réalisés entre le 23 octobre 2008 et le 1er janvier 2010.

- la création d’un fonds public d’intervention, d’ici la fin de l’année. Il apportera des fonds supplémentaires aux "entreprises stratégiques" chaque fois qu’elles auront besoin de fonds propres. Il sera géré par la Caisse des dépôts sous la surveillance du Parlement

- La création d’un poste de "médiateur du crédit", confié à René Ricol, commissaire aux comptes, ancien président de l’Agence pour la création d’entreprise (APCE), et auteur d’un rapport sur la crise financière. Ce médiateur sera à la disposition des entreprises françaises qui rencontreront des difficultés dans l’octroi de leur crédit. "Il suivra, département par département, la façon dont les prêts sont accordés par les banques" a indiqué le président de la République.

- Pour résoudre le problème actuel de l’assurance-crédit, qui, aujourd’hui, garantit de moins en moins de créances des entreprises, sans toujours les tenir informées, des discussions devraient être engagées avec les assureurs crédit et la Caisse centrale de réassurance (CCR). L’idée : examiner les conditions dans lesquelles la CCR pourrait prendre le relais des assureurs crédit, afin d’éviter que les PME ne trouvent plus à se garantir.

- Comme annoncé, le remboursement du crédit d’impôt recherche (CIR), octroyé aux entreprises qui réservent une part significative de leurs dépenses à la R et D (30%), sera accéléré afin de satisfaire les besoins de financement des PME. Cette avance se fera par l’intermédiaire d’Oséo.

- Le chef de l’Etat a indiqué que 175 milliards d’euros d’investissement direct seront injectés dans l’activité économique par l’Etat, sur trois ans. En ligne de mire : l’économie numérique, "moteur de la croissance future avec les technologies propres" a précisé Nicolas Sarkozy.


C'est dans ce contexte que le Moniteur publie dans son numéro 5474 du vendredi 24 octobre, l'interview de François Drouin, Président-Directeur Général, depuis novembre 2007, d'Oséo,"la banque des PME" et dont voici les principales réponses sur la question du crédit.

Oséo va distribuer 5 milliards sur les 22 milliards destinés aux PME. Pouvez-vous nous détailler votre action ?
Au sein de cette enveloppe, nous pouvons consentir aux entreprises, quelle que soit leur taille, deux milliards de prêts supplémentaires. Deux autres milliards nous permettront de garantir les prêts accordés aux entreprises de moins de 250 salariés. Le dernier milliard confortera leur trésorerie et nous permet ainsi de garantir du court terme. En outre, il inclut une autre mesure phare : notre service "Avance +", par lequel nous finançons les créances publiques ; il est désormais élargi aux créances issues de grands comptes publics. Ce service est particulièrement utile au BTP. Concrètement, il permet, par exemple, à un entrepreneur qui réalise des travaux dans une mairie, ou pour un grand compte privé, de s’adresser à nous pour lui avancer les sommes en attendant le paiement, quelquefois tardif. Nous sommes les seuls à leur offrir cette solution.

L’enveloppe de 5 milliards est-elle suffisante ?
Cinq milliards d’euros, ce n’est pas peu ! D’autant qu’il s’agit avant tout d’un plan de prévention, robuste et puissant. Et opérationnel : nous avons déjà mis en place notre numéro vert - le 08.10.00.12.10 - et les entreprises peuvent aller sur notre site. Elles seront immédiatement mises en relation avec des professionnels d’Oséo de leur région, qui prendront contact avec leurs banquiers pour tenter de dénouer les difficultés.

Est-ce que le BTP est très demandeur ?
C’est un peu tôt pour faire des statistiques. Les appels proviennent de secteurs assez hétéroclites. Beaucoup de TPE, des commerçants... Les appels montent en puissance mais cela s’explique par la campagne d’information que nous avons lancée. Nous avons eu aussi 500 contacts sur le web.

Les financements des collectivités sont également à la baisse. Ne risquent-elles pas de lancer moins de projets ?
C’est à craindre. Et les entreprises de BTP risquent de souffrir de cette baisse d’activité, prises entre des collectivités qui réduisent leurs projets, et des particuliers qui peinent à payer. C’est pourquoi nous avons mis en place une solution court terme, qui nous permet d’agir sur leur trésorerie.

Qu’en est-il des conditions d’accès des entreprises à l’assurance crédit ?
C’est un sujet d’inquiétude, d’autant que les assureurs sont totalement internationalisés. Et que les dégâts sont très rapides.

N’estimez-vous pas que le lien banque-entreprise est rompu ?
Pas du tout. Economiquement, il n’a d’ailleurs pas de raison de l’être car les banques vivent des entreprises, ne l’oublions pas.
Une banque ne coupera pas les vivres à une PME du BTP qui ne lui a pas manqué de parole depuis 10 ans. Au contraire, elle lui réservera des moyens ! Grâce aux 17 milliards débloqués par le Gouvernement, elles ont suffisamment de liquidités pour le faire.

Le plan de sauvetage ne va-t-il pas se dérouler au détriment de l’innovation ?
L’innovation ne ralentit pas. En 2008, nous réalisons une année comme nous n’en avions jamais fait. Nous avons aidé des projets à hauteur de 800 millions d’euros, notamment dans le domaine des énergies nouvelles.


Dossier réalisé par Axelle Saada, Adrien Pouthier et Elodie Cloâtre. Propos de François Drouin recueillis par Axelle Saada et Françoise Vaysse

Oséo, la "banque des PME"



Oséo est un établissement public placé sous la tutelle des ministères de l’Economie et de la Recherche. Il résulte de la fusion de l’Anvar, de la BDPME, de Sofaris et de l’Agence de l’innovation industrielle (AII), et fonctionne sur la base d’un maillage territorial très dense.
Il a pour mission d'accompagner les PME afin d’assurer une plus grande continuité dans la chaîne du financement de leurs projets. Il dispose pour ce faire de trois leviers : le soutien à l'innovation (via Oséo innovation); le financement des investissements et du cycle d'exploitation en partenariat avec les banques (via Oséo financement) ; la garantie des financements bancaires et des interventions en fonds propres (via Oséo garantie).

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