Domotique : les solutions passant par le cloud se développent rapidement
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Domotique : les solutions passant par le cloud se développent rapidement

Pascal Poggi. |  le 12/12/2018  |  100 % eau et énergie DomotiqueBox domotique

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Simple à mettre en œuvre et potentiellement riche de promesses, la domotique par le cloud est en pleine croissance. Avec un surcroît de consommations d’électricité dans le monde.

L’une des principales limitations de la domotique est le fait que les appareils connectés – moteurs de volets roulants, serrures, thermostat d’ambiance, détecteur de présence, etc. – issus de fabricants différents ne parlent pas toujours le même langage. Il existe deux manières de surmonter cette difficulté.

Utiliser un langage ouvert et interopérable

La première consiste pour les fabricants à se mettre d’accord sur un langage commun. Une douzaine de protocoles de communication existe. Les plus utilisés en logement et en petit tertiaire sont notamment KNX, ZigBee, enOcean, BLE (Bluetooth Low Energy) ou Z-Wave. Un langage commun implique une procédure de test ou une certification des appareils pour que les installateurs soient tout à fait sûrs que deux appareils revendiquant le même langage soient en mesure d’échanger des informations et de collaborer. enOcean et Z-Wave bénéficient à cet égard d’une flatteuse réputation de rigueur dans leurs tests de compatibilité, KNX un peu moins. Plus récent, le protocole ZigBee a évolué profondément à plusieurs reprises et des difficultés de compréhension peuvent apparaître entre les différentes générations de ce langage.

Programmer les interactions

Des appareils parlant le même langage ne suffisent pas à construire une installation domotique. Il faut en plus programmer leurs interactions. Netatmo et d’autres fabricants incorporent déjà une programmation de base dans leurs appareils : si le contact de feuillure Netatmo détecte l’ouverture d’une fenêtre, il transmet l’information au robinet motorisé Netatmo qui coupe l’alimentation du radiateur dans la même pièce. Mais pour des interactions plus complexes, il faut programmer à l’aide d’outils adaptés au langage dans lequel communiquent les appareils concernés. La programmation d’une installation domotique KNX, par exemple, s’effectue à l’aide de l’outil ETS (Engineering Tool Software), un logiciel indépendant des fabricants. ETS en est à la version 5. Son ergonomie s’est améliorée depuis la version 3, mais il demeure suffisamment complexe pour rebuter bien des installateurs. En outre, ETS5 coûte 200 € dans sa version Lite qui, pour chaque installation, permet de programmer 20 appareils au maximum. La version sans limite coûte 1000 € HT. Les difficultés de programmation des installations domotiques sont sans doute l’une des raisons du succès croissant de la seconde méthode pour dépasser l’inconvénient des langages divers : passer par le cloud.

Deux avantages du cloud

Cette solution résout deux difficultés à la fois. Cela efface la diversité des langages et facilite considérablement la programmation. En revanche, pour qu’une installation de domotique par le cloud fonctionne, le logement doit être connecté à Internet en permanence. Dans un tel schéma, plusieurs langages différents peuvent coexister dans l’installation domotique du logement. Un bouton sans pile et sans fil de NodOn, fonctionnant grâce au protocole enOcean qui permet de la récolte d’énergie, peut piloter le moteur Somfy des volets roulants qui ne parle que le langage propriétaire de Somfy. La traduction entre le protocole enOcean et le langage Somfy s’effectue dans le Cloud. Ce qui génère un parcours compliqué, mais efficace, dont l’installateur n’a pas besoin de se préoccuper. Le bouton NodOn communique en protocole sans fil enOcean vers une passerelle – un petit automate traducteur – qui transforme les ordres enOcean en WiFi, les envoie à la box Internet du logement, fournie par Orange, SFR, Bouygues Telecom, etc. Cette box envoie l’ordre du bouton NodOn par Internet vers un data center Somfy qui comprend l’ordre et le retransmet par Internet vers le logement, à travers la box Internet du logement, à travers la passerelle WiFi/Somfy installée dans le logement et, finalement, au moteur Somfy qui ouvre ou ferme le volet roulant.

Les agrégateurs de Cloud

Un troisième larron s’insère de plus en plus souvent entre deux fabricants d’appareils connectés. Ce sont par exemple l’allemand Mozaiq, le chinois Tuya ou l’américain IFTTT (IF This, Then That : si ceci, alors cela). Ces agrégateurs, tous un peu différents, offrent au minimum une plateforme en ligne – un cloud – avec des outils de développement pour que des fabricants connectent leurs appareils à ce cloud, ainsi que des outils de programmation très simples, souvent graphiques, pour créer des interactions entre deux appareils différents, voire pour faire intervenir un prestataire de service – une réponse physique à une détection d’alarme, par exemple – qui ne fabrique aucun appareil. IFTTT est l’ancêtre de ces agrégateurs dans le Cloud. Ce service rassemble des fabricants d’appareils connectés et des programmeurs qui créent toutes sortes d’applications. Il en existe plusieurs dizaines de millions. Certaines sont gratuites, d’autres payantes.

Ouvrir les API

Toutes se ramène à une API (Automation Programing Interface ou Interface de programmation) que les près de 20 millions d’adhérents à IFTTT peuvent utiliser. Quiconque possède un ou plusieurs appareils connectés, parmi les milliers compatibles IFTTT, peut s’inscrire en ligne et immédiatement utiliser les services existants ou créer le sien. Par exemple, IFTTT peut faire clignoter la lampe Philips Hue de la cuisine quand une valeur prédéfinie de consommation d’eau chaude hebdomadaire est atteinte, … Mozaiq et Tuya vont plus loin que IFTTT. Mozaiq, une entreprise allemande co-fondée par ABB, Bosch et Cisco, connecte des appareils à des services, à travers une place de marché, pour l’instant uniquement dans l’univers domestique. L’entreprise a développé une solution d’interopérabilité à la fois locale et par le cloud, ainsi qu’un ensemble d’outils pour mettre en relation les entreprises qui participent à sa place de marché. Tuya propose cloud et API, outils de développement d’applications, mais aussi des puces électroniques qui permettent à un fabricant de transformer assez facilement n’importe quel appareil – un toasteur, un robinet, une serrure, … - en objet connecté.

Le cloud consomme beaucoup d’électricité

Toutes ces solutions d’intégration domotique par le cloud supposent que les fabricants et intégrateurs ouvrent mutuellement un accès à leurs API. Si Philips ne souhaite pas que tel intégrateur utilise sa lampe Hue, il suffit de ne pas lui ouvrir l’API de la lampe. Ces solutions impliquent aussi que plusieurs data centers se parlent par Internet. Un data center est un gouffre énergétique. La nouvelle génération 2018 de ces équipements sont des bâtiments de 60 000 m² minimum qui appellent chacun une puissance électrique de 60 MW. Bien sûr la consommation d’énergie n’a pas lieu dans le logement, pour l’essentiel, elle se déroule dans le cloud. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas bon pour la planète et ça ne va faire qu’empirer. En effet, la commande vocale, en plein essor, implique toujours un schéma cloud-to-cloud. Lorsqu’un utilisateur dit « Alexa, allume la lumière dans la salle de bains », le petit haut-parleur d’Amazon ne possède pas suffisamment de puissance de traitement informatique pour décoder l’ordre. Il reconnaît simplement le mot Alexa qui est pour lui le signal qu’il doit envoyer la séquence vocale, à travers la box internet du logement, vers un data center Amazon pour décodage. Ensuite, le data center Amazon envoie par Internet l’information au data center d’un agrégateur type Tuya ou Mozaiq, ou bien au data center du fabricant d’interrupteur, Legrand, par exemple. A son tour, le data center Legrand envoie l’ordre par internet jusqu’au logement, à travers la box internet du provider (Bouygues Telecom, Orange, SFR, …), qui la relaye par WiFi ou câble Ethernet jusqu’à la box de Legrand qui donne l’ordre, le plus souvent par un protocole sans fil, à l’interrupteur de la salle de bains. Tout cela est très rapide. Facile à mettre en œuvre. Mais consomme beaucoup d’énergie. De plus, dans le cas de la commande vocale, ce que les fabricants appellent un haut-parleur connecté est, au moins autant, un microphone connecté en permanence, sans cesse à l’écoute du mot clef (Alexa, OK Google, Siri, …) qui lui permet de reconnaître qu’on s’adresse à lui. Finalement, il y a beaucoup à dire en faveur de la domotique locale où tout le monde se met d’accord autour d’un petit nombre de protocoles de communication, sans devoir passer par Internet.

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