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DOM-TOM : l'assainissement des eaux usées est jugé préoccupant

Defawe Philippe |  le 02/11/2007  |  France Collectivités localesEnvironnementAutres DOM-TOMInternational

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Alors que le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Christian Estrosi, a annoncé une enveloppe de 15 millions d'euros pour l'assainissement des eaux usées de Papeete (Tahiti), la Chambre territoriale des comptes de Nouvelle-Calédonie a jugé "préoccupante" la situation de l'assainissement à Nouméa, mettant en cause une mauvaise gestion par la municipalité et dénonçant des conséquences pour l'environnement.

"La situation de l'assainissement à Nouméa apparaît préoccupante", a conclu la Chambre dans un récent rapport d'observations sur la commune.
Confrontée à un important retard, la ville avait élaboré en 1986 un schéma directeur, mais son exécution est jugée "insuffisante et désordonnée".
Ainsi en 20 ans, la commune de Nouméa n'a réalisé qu'une seule station d'épuration, pour les quartiers sud, alors que dans le même temps la ville a connu une urbanisation galopante.
"Au total s'agissant de l'assainissement domestique, la capacité des équipements est passée de 11.000 habitants à 26.500 alors que la population passait de 65.000 en 1983 à 92.000 habitants en 2004", souligne le document.
En valeur absolue, le nombre d'habitants non raccordés à une capacité de traitement a donc progressé depuis 1986. Leurs eaux usées "continuent à se déverser dans la mer et engendrent des nuisances et des pollutions", note la Chambre des comptes.
L'institution s'alarme en outre de l'augmentation "considérable du volume des effluents les plus polluants, qui émanent des zones industrielles de Ducos et de Numbo où il n'y a toujours aucun dispositif de traitement avant le rejet en mer".
La politique de la municipalité visant à favoriser la construction de stations privées est également mise en cause, notamment parce que ces équipements ne sont ni répertoriés, ni contrôlés.
Jugeant les besoins de Nouméa "considérables", la Chambre recommande un diagnostic sur "les pollutions des eaux côtières qu'engendrent ces rejets domestiques et industriels".
En réponse, la ville de Nouméa a indiqué qu'un nouveau schéma directeur d'assainissement visant à passer d'une capacité de traitement de 30% en 2007 à 90% en 2009 était en cours.
La difficulté à réaliser ces travaux, en raison d'une topologie complexe et de la rareté et de la "chèreté" des entreprises, a également été mise en avant.

15 millions pour les eaux usées de Papeete

L'Etat va consacrer une enveloppe "pouvant aller jusqu'à 15 millions d'euros" pour l'assainissement des eaux usées du centre-ville et du front de mer de Papeete ainsi que de la vallée de Tiupaerui, a annoncé jeudi le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Christian Estrosi, lors du dernier jour de son déplacement en Polynésie.
Le député-maire de Papeete Michel Buillard a chiffré à 42 millions d'euros au total les coûts d'investissement de l'opération, la commune étant en mesure d'apporter 4,1 millions d'euros.
Des ressources du Fonds européen pour le développement (FED) et du fonds intercommunal pour la péréquation (FIP) vont également être mobilisées, a indiqué M. Estrosi, invitant le gouvernement polynésien d'Oscar Temaru à s'associer au contrat que M. Buillard et l'Etat "sont prêts à contractualiser".
M. Buillard espère une mise en service de l'assainissement en 2012.
Alors que 100.000 habitants fréquentent Papeete en journée (pour une population polynésienne totale de 260.000 habitants), la capitale de la Polynésie ne dispose ni de réseau public de collecte des eaux usées, ni de station d'épuration communale.
Papeete compte simplement 110 petites stations d'épuration privées, dont près de la moitié ne marchent pas. Les plages du front de mer sont interdites à la baignade.
Le problème de l'assainissement des eaux usées ne se limite pas à Papeete. Il est général en Polynésie, où seules les communes de Bora Bora et Punaaauia sont équipées de stations d'épuration.
En matière d'eau potable, la situation n'est guère plus brillante: quatre communes seulement en distribuent de façon continue.

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