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Disparition de Claude Vasconi : hommages
L'architecte Claude Vasconi en 2004 - © © Thomas Gogny / Le Moniteur

Disparition de Claude Vasconi : hommages

le 15/12/2009  |  hommage_vasconiArchitecturePrix d'architectureDéveloppement durableAménagement

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Le décès de l'architecte Claude Vasconi a provoqué une grande émotion au sein des professionnels de la construction et particulièrement de la communauté architecturale. Voici les nombreuses réactions adressées au moniteur.fr et les hommages de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie.

La première fois que j'ai parlé d'architecture avec Claude Vasconi, c'était au mois de Janvier 1984.
Diplômé depuis moins d'un an et tout juste rentré d'un long stage professionnel chez Richard Meier, à
New-York, je ne savais trop comment aborder le métier.

L'un des directeurs de rédaction du Groupe Le Moniteur, Dominique Boudet, me proposa par le plus grand des hasards d'écrire pour la revue Architecture Mouvement et Continuité quelques papiers sur plusieurs bâtiments récemment achevés en France. Le bâtiment industriel du Département "57 Métal", pierre angulaire du vaste projet de restructuration des usines Renault à Boulogne Rive Droite était l'un de ceux là.

Notre première rencontre eu lieu à l'agence de Saint-Germain-en-Laye où Vasconi était installé depuis l'achèvement de son premier bâtiment important en association avec Georges Pencréac'h : le Forum des Halles.
L'homme était pressé, tendu, visiblement entièrement absorbé par une agence déjà importante. Après quelques échanges et choix de documents graphiques, rendez-vous est pris pour visiter avec lui quelques jours plus tard l'usine 57 où se fabriquaient les matrices destinées aux fonderies du Groupe
Renault.
Un début de soirée d'hiver, très froide, une nuit noire d'où surgissait le vaisseau d'acier, de verre et de zinc prépatiné. Vasconi, en cape noire volante et barbe déjà cendrée, descendant pile à l'heure d'une magnifique Renault 30 rutilante noire. L'ensemble formant le bloc d'une cohérence à la Vauban qu'il admirait tant et citait très souvent.
Deux heures pleines d'une visite de tous les aspects et recoins de l'édifice dont je me souviens toujours. Vasconi avait alors 44 ans et il savait que le 57 allait inaugurer le début d'une véritable carrière d'auteur.

Je rentrais enthousiaste et ravi comme un (jeune) architecte peut l'être lorsqu'il a le sentiment d'avoir compris un édifice ; tout semble alors s'enchaîner, s'emboîter, formant une logique que seul peut résumer le mot de projet d'architecture. Il était clair pour moi que la revue devait publier ce bâtiment.
Le titre de mon texte était : "Renault 57 Métal - expressionnisme et industrie". Après une description minutieuse du lieu, du programme, du bâtiment, des matériaux et des détails de construction, je concluais par un petit paragraphe métaphorique d'une quinzaine de lignes. J'établissais un parallèle entre la superposition très spatiale des 3 coupoles du Panthéon de Soufflot et les volumes des sheds très expressifs de Vasconi. J'évoquais également le "Cas Olivetti" qui avait choisi quelques années auparavant de restructurer entièrement son site industriel italien en appelant les meilleurs architectes.
Pour Renault à Boulogne, on connaît la suite...

Vasconi était particulièrement heureux de ce texte parce qu'il n'établissait aucune fracture entre d'un côté "les constructeurs" et de l'autre "les théoriciens". Cet oecuménisme n'était pas de circonstance, tant nous étions tous deux convaincus qu'un bâtisseur est d'abord un penseur. Ceux qui, comme les rédacteurs de l'AMC de l'époque qui s'étaient tout d'abord violemment opposés à la publication de ce bâtiment dans la revue, persistaient à cultiver une approche manichéenne du métier ont aujourd'hui soixante ans et ne laisseront souvent ni oeuvre ni théorie construites.

Entre 1984 et aujourd'hui, nous ne nous sommes jamais perdus de vue. Des conversations, quelques dîners (toujours extraordinaires), des petits mots échangés, le coup de main professionnel qu'il m'avait donné il y a dix ans à un moment où je n'avais plus de travail. Bref, en plus du personnage, un homme droit et généreux.
Vasconi a-t-il manqué de reconnaissance par des pairs trop jaloux ? L'a-t-il parfois ressentit ?
Je ne le crois pas. Sa production est là, importante, présente. Son style est reconnaissable entre tous.
Nom italien. Père émigré et entrepreneur de bâtiment en Alsace. Adoption de la rigueur d'un climat. Des mains qui chantent et un accent qui tire au but. C'est pour ces quelques raisons trop vite évoquées ici, et pour bien d'autres que nous apprendrons à connaître, que l'architecte Vasconi laisse une œuvre entière.

Michel Bourdeau, architecte


La disparition de Claude Vasconi créé un grand vide, à la dimension de cet homme exceptionnel.
Il émanait de lui une impression paradoxale de force et de tendresse, sa formidable exigence était aussi une caractéristique de sa personnalité.
Ces trois qualités se retrouvaient dans l'architecture puissante, adoucie et à la construction irréprochable qui était la sienne.
Pour ceux qui le côtoyaient c'était un homme incroyablement attachant, quelqu'un qui savait vivre et bien vivre. En résumé, un homme d'une immense générosité dans toutes ses actions.

Denis Valode, architecte


La disparition de Claude Vasconi provoque une grande émotion. J'ai eu la chance de rencontrer ce grand homme, un Architecte avec un grand « A », très généreux qui m'a ouvert les yeux lors de mes premier pas dans ce monde passionnant de l'architecture.
Cette nouvelle est très triste et il n'y a pas de mot pour le dire. Je pense que les multiples exemples de sa production traduisent son talent, son efficience et rendent monsieur Vasconi immortel.

Richard Rassier, architecte, chargé d'opérations bâtiments de la communauté des communes du Clermontais


Je connais Claude Vasconi depuis longtemps. C'est un homme passionné et passionnant. Il aimait la vie, les êtres, la nature, l'Art, la musique, la mer et le désert, sans oublier Vauban. Inventif, enthousiaste, exigeant envers lui et les autres. Il ne ménageait ni son temps ni sa peine pour réaliser des projets bien dessinés et finis. Il aimait l'Acier, et nous avons développé à partir d'un produit industriel la poutrelle métallique Angelina. Claude était un Architecte préoccupé par l'Avenir de nos villes. C'était un Honnête Homme au sens du XVIIe siècle, un Seigneur des temps moderne, et selon la formule de Boileau il savait et vivait. Il manquera à l'humanité

Bruno Theret, directeur ArcelorMittal

Un de nos grands maîtres nous a quitté. Son caractère m'a beaucoup marqué, son impertinence dans la recherche architecturale jusqu'au dernier détail m'a toujours impressionné. On n'était pas toujours en accord dans la vue sur l'architecture, mais sans lui je n'aurai pas avancé dans ma propre recherche. Claude, curieux dans son approche, charismatique dans la défense de son architecture - sans lui je n'aurai jamais eu le courage de faire ce que je réalise maintenant. Claude... tu nous manqueras dans l'avenir, mais tes idées vont continuer dans notre travail

Misha Kramer, architecte

... Et nos deux tonneaux d'Armagnac années 78 et 85, au total 850 litres ! Avec qui je vais les boire Claude, putain ?! Adieu Vauban !

Rudy Ricciotti, architecte

Jean-Louis Borloo, ministre d'État, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le Climat, a appris avec tristesse le décès de l'architecte Claude Vasconi, survenu le 8 décembre 2009 à l'issue d'une longue maladie.
Jean-Louis Borloo tient à rendre hommage à son engagement en faveur de la ville durable et à saluer son immense héritage : le forum des Halles (avec Georges Pancreach), le 57 métal à Boulogne, le Corum à Montpellier, le palais de justice de Grenoble, le Centre République à Saint-Nazaire, le lycée Galliéni à Toulouse, et bien d'autres équipements, quartiers, centres d'affaires en France et en Europe, notamment en Allemagne et au Luxembourg.
Fidèle à son engagement, Claude Vasconi avait souhaité mettre son savoir-faire et ses compétences au service du ministère du Développement durable.
Jean-Louis Borloo lui avait d'ailleurs confié ainsi qu'à Rudy Riciotti, Francis Soler et Julien Rousseau, une mission « sur une nouvelle manière de penser le territoire et de construire la ville ». En effet, pour Claude Vasconi, il était urgent de « cesser de considérer nos territoires comme autant de « Far West » consommables et jetables » (...) « et d'unifier les connaissances nécessaires à la construction de la ville durable en fondant une nouvelle école, l'Institut d'Architecture Avancée Européen ». De ce point de vue, Claude Vasconi était l'un des « pères fondateurs de la ville durable ».
Jean-Louis Borloo adresse ses plus sincères condoléances à sa famille ainsi qu'à ses proches.

Communiqué du ministère

A la suite d'une intervention au sein de l'association AMO en 2007 à Strasbourg, j'avais sollicité un entretien auprès de Claude Vasconi, en qualité de présidente du SYPAA, car il me semblait que les discours sur les programmistes devaient évoluer.
Il m'avait reçu immédiatement, avec respect et bienveillance. Il m'avait transmis un message de grande importance pour la profession que je représente et aussi pour les maîtres d'ouvrage : "le programmiste doit donner envie de faire de l'architecture ; un bon programme, c'est le désir d'architecture".

Evelyne Dams, présidente du sypaa syndicat des programmistes en architecture et en aménagement

J'apprends avec une profonde tristesse la disparition de Claude Vasconi. Nous devons à cet homme aussi généreux dans sa vie que dans ses projets la découverte d'une architecture symbolique et forte qui, de Mulhouse à Reims et de Bourges au Forum des Halles à Paris, marque notre territoire. C'est une figure de l'architecture des années 1980, dont les contributions à l'aménagement du territoire sont aujourd'hui reconnues par tous. Au moment de sa disparition, je voulais saluer l'audace de l'homme à qui nous devons toutes ces joies visuelles.

Communiqué de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication


Cher Claude
Je sais que là haut tu as autre chose à faire que de lire ces témoignages d'affection.
Je n'ai pas trouvé d'autre moyen de sécher les larmes.
Je laisse le soin à tes pairs de te rendre l'hommage et la place que tu as toujours mérité.
Je laisse le soin à tes amis de raconter quel bon-homme tu étais.
Ce n'est pas l'ancien associé qui te dit cela.
C'est juste le fils qui au revoir au père.
Bon vent et à bientôt

Guy Bez, architecte

PS : même d'ici je t'entends déjà râler sur la qualité de la bouffe au paradis! Alors fiche leur la paix et mange !
Ils ont assez de travail comme ça !


Claude Vasconi était un repère, l'une de ces personnes dont la conduite, la relation au monde, la passion de créer et le goût de l'amitié permettaient à chacun de trouver un point fixe, un jalon pour mieux avancer et affronter les heurs et malheurs du chemin.
Force de la nature, architecte emblématique il conjuguait avec maestria la force et la tendresse. Chaque fois qu'il présentait un projet, il en magnifiait et signifiait la force évidente tout en voulant, d'une voix chantante (venue sans doute de l'Italie de ses ancêtres) et d'une main caressante épousant la forme des bâtiments, faire partager le sentiment d'une justesse et d'une attention fraternelles.
Il était un architecte constructeur, un combattant que rien n'arrête des embarras et arguties administratives, des atermoiements et des frilosités. Son impatience était à l'image de sa patience, sans limites.
Architecte européen par excellence, il exprimait les sources communes de la France, de l'Italie, de l'Alsace et de l'Allemagne. Il aimait les villes, leur culture, leur densité et leurs limites. Il détestait les mitages pavillonnaires et le formalisme des architectures aux modes changeantes. Les affèteries bling-bling d'une partie de la société des architectes, les mondanités et notoriétés assises lui étaient définitivement étrangères. Sans jamais exhiber l'intime pour des parades médiatiques, il savait préserver sa passion pour l'art, sa connaissance et sa pratique de la musique, l'affection de ses proches. Sans jamais se retirer dans quelque enfermement d'humeur, il savait aimer la vie, partager l'amitié, construire l'avenir, tempêter et rire.

François Barré

Claude Vasconi était un pilier. Solide et sensible, à l'image de son architecture.
La résistance à la stupidité, à l'ignorance et au monde technocratique perd un allié de poids.
La beauté se fait encore un peu plus fragile et improbable sans lui.
Mais son oeuvre est là, en témoignage du possible de l'harmonie dans notre monde, et c'est surement aussi, ce qui lui a donné l'extraordinaire courage qui l'habitait.
Claude savait inventer l'espace en trois coups de crayon...
Il faisait partie des rares architectes qui n'avait pas peur de la sculpture et qui lui donnait sa place, au sein des cathédrales qu'il bâtissait.
Ton humanité nous manquera.

Philippe Angot, sculpteur

J'ai connu Claude Vasconi, dans ma deuxième année à l'école de Strasbourg, en montant la maquette de son diplôme (un musée)... puis j'ai travaillé quinze années avec lui et j'ai quitté le "nid".
Il est parti sans prévenir... même pas eu le temps de lui redire merci pour toutes ces années extraordinaires passées dans ce creuset architectural où tout se discutait si passionnément.

Jean-Paul Hamonic, architecte Ensais

Profondément attristée et bouleversée par le décès de Claude Vasconi, je pense avec affection à ses proches auxquels je présente toutes mes sincères condoléances.
Il fût avec Georges Pencréac'h le premier architecte à me confier un reportage photographique.
Que de souvenirs merveilleux et de moments inoubliables, de partages et d'échanges dans leur agence de Saint-Germain-en-Laye.
Il restera longtemps dans mes souvenirs les meilleurs de mon activité de photographe.

Dahliette Sucheyre, photographe


Pour avoir travaillé chez lui en 1982/83, quelques mois après son grand prix d'architecture, j'ai eu l'occasion d'apprécier un grand personnage à part dans la profession.
J'adresse toutes mes amitiés à sa famille et à tous ses collaborateurs anciens et présents.

Bernard Delporte, architecte


Tout a été dit ou écrit en très peu de temps, trop peu de temps sans doute pour exprimer le vide que représente la disparition de Claude Vasconi.
Pour un jeune architecte, côtoyer un Maître, c'est apprendre à écouter.
Claude faisait partie de ces hommes qu'on écoute, qu'on regarde.
Travailler, échanger à ses côtés a été un cadeau... dîner aussi d'ailleurs. Le personnage complexe qu'il représentait, mélange subtil de douceur et de dureté passionnée, m'a insufflé ce qui est la force de l'architecte : la conviction.
Merci Claude, on va essayer de continuer, mais sans toi, ce n'est plus la même chose.

Patrick Raymond, architecte associé à Claude Vasconi, Nouvel Hôpital Princesse Grace de Monaco

Avec beaucoup de tristesse, j'apprends la disparition de Claude Vasconi.
A l'occasion de projets que nous avions partagés - médiathèque de Limoges, projets à Montpellier, rencontres en compagnie de notre confrère montpelliérain Garcia-Diaz - j'avais pu apprécier et admirer son grand talent, sa curiosité, sa liberté et sa force de conviction. Auprès de lui j'ai compris que rigueur intellectuelle et morale ne saurait exclure générosité et humanisme.
Comme nous y engage Francis Soler nous méditerons la "véritable leçon d'humanité "que toute sa vie il nous a donné.

Pierre-Paul Mariaud, architecte

Claude Vasconi demanda un soir à un autre architecte dessine moi une place
Claude Vasconi demanda un soir à un autre architecte dessine moi un hôtel de ville
Claude Vasconi demanda un soir à un autre architecte dessine moi un lycée, ...une ville
Claude Vasconi demanda un soir à un autre architecte dessine moi un mouton...
Claude Vasconi demanda un soir à un autre architecte (...)
Un essai au tutoiement des feutres et des idées...
A toi « Vasconi Le Magnifique »

Yves Lamblin, architecte


J'adorais Claude Vasconi. Il était un homme d'une extrême générosité, fort, brillant, aussi d'une grande douceur humaine qu'il savait cacher sous des airs d'ours tendrement féroce et goguenard. Il aimait la musique profondément, la connaissait parfaitement.
Nos discussions autour de l'opéra étaient passionnées et passionnantes et j'ai souvent pensé qu'il dissimulait en lui le musicien qu'il aurait voulu devenir. Souvent, il m'a aidé par la justesse et la délicatesse de ses observations à construire une musique plus libre.
Son opéra de Montpellier, son célèbre Corum est un modèle de perfection technique pour les musiciens, car il connaissait intimement leurs questions.
Son formidable appétit de vivre, ses coups de gueule, sa façon unique de tout envoyer balader d'un revers de main, son exécration des importuns et des opportuns, sa joie dévastatrice et prodigue, étaient chez lui la marque des esprits souverains.
Il va beaucoup me manquer...

Pascal Dusapin, compositeur

Rue Monsieur le Prince, un grand homme en noir, écharpe rouge...
Avec la disparition d'un être vrai, une trace de sincérité reste dans le paysage architectural français.
Je n'oublierai pas non plus sa discrétion médiatique, sa culture et l'élégance de ses réponses face aux lacunes qui nous entourent.

Eduardo Leal de la Gala, sculpteur


Je suis très peiné et attristé par la disparition de Claude Vasconi qui était avant tout un ami : Originaire comme moi d'Alsace et ayant fréquenté la même école d'Architecture, nous avons gardé à travers tant d'années, de solides relations qui ont valu à Claude de présider le premier Grand Prix d'Architecture du Maroc en 1998. A cette occasion, il a été vivement apprécié pour sa grande sensibilité et sa discrète compétence.
Tous ceux qui l'ont approché, ont d'emblée sympathisé à la fois avec l'homme et l'architecte, d'une simplicité et d'une cordialité attachantes.
Au-delà de la "leçon d'architecture" de Claude Vasconi - dont la salle des concerts du forum de Montpellier que j'ai eu le plaisir de fréquenter - je lui garde un souvenir chaleureux, chargé de nostalgie.
Avec toutes mes condoléances à la famille.

Jean Paul Ichter, architecte ENSAIS - urbaniste à Fès - Maroc

Un architecte laisse derrière lui ses projets, ses espoirs, ses édifices et ce sont eux qui pendant encore des siècles pourront témoigner de son talent. Pour Claude Vasconi, ils le feront bien mieux que des mots de circonstance aussi sincères soient-ils et aussi compétents que soient leurs auteurs. Au moment de sa disparition c'est, avant toute autre chose, l'homme qu'il faut saluer, l'homme libre et droit qu'il fut toujours.
Claude était loyal et généreux, loyal avec ses confrères, généreux avec ses amis. Parfois abrupt comme des contreforts de Vauban, il parlait avec franchise, avec la rugosité des accents de l'est mais souvent aussi avec la douceur des arpèges qu'il pouvait tirer de son violoncelle lorsque ses nombreux projets lui en donnaient le loisir.
Il menait l'équipe qu'il avait formée et associée à ses réussites avec exigence, une exigence et une éthique qu'il s'appliquait, avant tout, à lui-même. Une équipe aujourd'hui orpheline comme le sont ses deux filles.
Gardons de Claude son sourire, la plissure des ses yeux rieurs, gardons de lui sa passion pour l'Architecture, gardons son goût de la vie, son amour des belles choses. Pour lui Dieu était aussi dans les détails qu'il dessinait dans ses grands cahiers d'esquisse.
Eh bien Claude - mon vieux camarade -, A Dieu donc, avec toute ma tristesse mais aussi avec toute ma confiance dans des cités idéales où la vie est meilleure.

Wladimir Mitrofanoff, ancien président de l'Académie d'architecture


Cher Claude,
Tu te souviens nous nous sommes rencontrés la première fois sur un bateau qui emmenait toute une équipe d'architectes à Barcelone. Puis une nouvelle fois à Saint Nazaire où tu m'avais recommandée aux services de la ville pour construire un immeuble devant ton... bateau.
Enfin nous nous sommes souvent croisés à l'occasion de concours hospitaliers, le dernier à Cochin où tu enrageais devant ton échec, comme à chaque fois d'ailleurs.
Je garde de toi l'image d'un personnage puissant, passionné et très attachant.
Tu vas nous manquer, c'est sûr,
Adieu Monsieur le Prince,

Gaëlle Péneau

Ton énergie, tes intuitions et tes convictions si souvent confirmées, tes coups de gueule et ta mémoire sélective qui me rendait fou, ton rouleau de calque et tes gros feutres, ton exigence et ta pugnacité, ta présence qui occupait tout l'espace mais aussi le côte du Rhône que tu me laissais toujours choisir, les porcini dès l'automne, les véritables knacks qui craquent, la salade de gruyère que je n'aurai pas goûté, ta gourmandise lyrique et communicative ..... quel vide !!

Pascal Martinet, ingénieur

Claude, vous aurez marqué toute ma vie professionnelle. Je ne pourrai jamais oublier ce Grand Monsieur que vous êtes, passionné, enthousiaste, à la sensibilité exacerbée.
J'ai pour vous une admiration sans bornes et, avant l'architecte au talent indéniable, c'est à l'homme au grand cœur que je veux ici rendre hommage. Dans mon petit parcours de maquettiste, vous m'avez toujours soutenu et encouragé. J'ai débuté ma carrière avec vous et l'ai terminé avec vous. Je vous ai été fidèle et vous me l'avez rendu au centuple.
Merci à vous, Claude pour ce que vous m'avez donné, mais aujourd'hui pour la première fois vous m'avez fait beaucoup de peine. Au revoir mon Maître!
Je pense bien évidemment à Lucie et toute votre famille que j'assure de toute ma toute ma compassion.

Pierre Béloeil, maquettiste

... si dur, si ferme, si exigeant... envers tes assistants, tes collaborateurs, tes archi..., mais toujours Fantasque.
... si tendre, si généreux, si aimant... envers ta famille, tes amis, tes courtisans..., mais toujours Franc... parc'que, tu aimais la vie et tu aimais le vent, que tu faisais souffler du temps de ton VIVANT.
Non, Claude !!! Pas toi... pas maintenant ???
Pourquoi nous abandonnes-tu ?...et nous laisses à cette question éternellement présente : «...À quoi ça sert tout ça...? »
Mais peut être, qu'avec toi la haut...« Y vont un peu s'bouger le cul... ! ».
Surtout ne les lâche pas, ne les laisse pas en paix dans leur palais doré...continue ton œuvre, car nous n'aurons de cesse, ici bas, de plaider tes louanges... de vanter tes « méfaits », de te survivre et te faire vivre, encore et d'abord, toujours et partout, ne jamais t'oublier... punaise Y vont en entendre parler de toi !!!
Tu resteras VIVANT dans nos cœurs, et c'est sûrement ça l'éternité, ton éternité...
Tu resteras vivant dans mon cœur, et c'est peut-être ça l'identité, l'indépendance et la liberté.
Tu as été mon premier patron... tu en seras le dernier !
Tu es, pour moi, le SEUL Chevalier des Temps Moderne...
A bientôt, l'(h)ami, le fr(ai)re, le p(ai)re,..., merci.
Tu me manques.
Je n'ai pu te le dire de ton vivant, je te le confesse de ton éternité : Je t'aime.
Lucie et les filles je vous aime aussi.

Arnaud-Florian Dusapin, architecteur

PS: Hé hé hé...Rudy !!! Va falloir partager ???... Allez une gougoutte chacun...


"Claude est parti dessiner dans les nuages.
Il nous laisse orphelin mais non sans bagage.
Tel un bulldozer, il dévastait tout sur son passage.
Car seul primait l'excellence due à la sagesse de l'âge.

Contrairement à Wilde, il ne visait pas la lune,
Ne se considérant pas lui-même comme une étoile.
Maestro du rythme, ses compositions étaient sans lacune.
Et il en résulte une œuvre pérenne et magistrale.
Vasconi, c'est bien plus que le Forum des Halles !

Le numéro 58 a perdu en silence son "Monsieur Le Prince",
Ses collaborateurs sont en noirs face à la page blanche.
Mais oh combien riches d'expériences et de compétences.
Merci à toi, Claude, de nous avoir formé à l'Exigence !"

Vincent Callebaut Architecte, collaborateur de Claude Vasconi depuis 2003.


Je n'ai jamais travaillé avec Mr. Vasconi. Bien sûr, je pourrais le regretter. Bien sûr je le regrette. Ca a failli. Mais ce n'est pas le sujet aujourd'hui. Alors pourquoi écrire ? Quand je suis sorti de l'école, le Trou des Halles était un vaste chantier béant et bruyant. J'ai découvert quelques années plus tard Métal 57 et la réinvention d'une esthétique industrielle ; le détournement du shed à des fins de victoire poétique ; ou, pour nous autres ingénieurs, un exemple presque parfait d'Intelligence constructive.
Je me suis promené en France - Strasbourg, Montpellier, Amiens, Reims, la semaine dernière à Toulouse, etc. ... - et le Luxembourg, et il suffisait d'un battement de cils pour reconnaître du "Vasco". Quand je passe devant La Défense, j'ai toujours une pensée pour cet hôtel invisible dont il m'avait montré la maquette aux allures de bolide. Ce serait un formidable hommage posthume ...
C'est une triste semaine pour l'architecture : l'un de ses conquérants s'en est allé jeter ses coups de pattes fulgurants et ses coups de gueules légendaires auprès d'une clientèle qui dispose (enfin ?) d'espaces, d'une certaine hauteur de vue, de tout son temps, d'un budget illimité et qui ne craint aucun recours (ni la HQE, Rudy !) : un paradis d'architecte ?

Claude Labbé, ingénieur

Hommage à ce très grand professionnel aux qualités humaines hors pairs.
Accompagner Claude Vasconi dans son travail était une source de satisfaction sans limites.
Il dessinait avec le même marqueur les esquisses de ces projets et les grands chiffres économiques de leur réalisation, dans un esprit de générosité caractérisant sa façon d'être et la qualité exceptionnelle de ses bâtiments. Des feuilles de route aux parcours parfois difficiles mais au tracé sûr de l'excellence.
Un grand merci, Claude, pour ces nombreux moments inoubliables.

Fabrice Bougon, économiste de la construction

Cela fait maintenant une semaine que cette triste nouvelle m'est arrivée. Claude Vasconi, ce prince-architecte, haut en couleur, généreux, qui nous avait accueillis dans son carrosse, durant l'une de ses oscillations Est-Ouest. Je n'ai pas oublié que c'est grâce à lui que nous avons fait connaissance. Un jour d'hiver, entre Metz et Luxembourg, puis Paris. Vasconi, un nom italien pour des attaches rhénanes. Et à la mesure de l'histoire de ce grand fleuve européen qu'est le Rhin. Tant d'allées et venues Nord-Sud et tant de traces culturelles dès le XVe siècle, tant de conflits et d'échanges croisés Est-Ouest, dès le XVIIe siècle... Claude Vasconi exprimait dans ses projets, cette conscience des territoires chargés de traces. Quant à moi, je l'ai rencontré "au fil du fer". Grand "sachant" des techniques constructives de l'acier, j'admirais l'emploi qu'il en faisait...

Brigit de Kosmi, architecte - www.brigitdekosmi.com

Profondément touché par la disparition de Claude Vasconi, je me rappelle avec tristesse et plaisir mêlés, que j'ai eu le privilège de réaliser avec lui les projets des centres culturels « L'Onde » à Vélizy et « La Filature » à Mulhouse où j'intervenais comme scénographe - programmiste et Assistant de la Maîtrise d'Ouvrage. Je ne peux pas oublier la qualité d'attention et d'écoute que l'architecte passionné et exigeant comme l'homme ou l'ami rugueux qu'il était souvent savait accorder néanmoins au respect des artistes et aux besoins du spectacle vivant jusqu'à accepter parfois d'adapter son concept architectural aux contraintes fonctionnelles de l'outil à réaliser (Humilité rare chez ses pairs !). Ce souci de la « maîtrise d'usage » ou de l'usager d'un bâtiment public me paraît caractériser une architecture humaniste et généreuse dont Claude Vasconi restera, avec son identité créatrice absolument singulière, l'un des emblèmes.

Igor Hilbert, architecte-scénographe

Claude, tu fus le prince des architectes, dans ces années où je commençais à peine à comprendre ce que cet art signifiait pour moi. Ma chance, ce fut de t'avoir rencontré au hasard de concours auxquels nous participions, toi, membre du jury, moi, invitée et quelques rares fois où, toi et moi, soutenions nos projets respectifs, jamais rivaux. Tes auditions me transportaient. Tu étais de ces architectes investis qui ne tremblent jamais dès qu'il s'agit d'évincer la banalité. De vraies leçons de certitudes, de diction et d'esprit vigilant. Tu souriais toujours. Conteur magnifique, porteur d'une voix profonde et vraie, mais aussi ciseleur « en force », tu pouvais dessiner un bâtiment par simple curiosité, ou une ville, si tu venais d'être contrarié ! L'échelle, pour toi, n'avait pas les outils suffisants pour couvrir les dimensions insensées de ces territoires infinis qui peuplaient tes évocations.

Anne Démians, architecte

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