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Didier Riou, président de l'Unicem : «Je veux améliorer l’image, pas très sexy, du béton»
Didier Riou, président de l'Unicem - © Unicem

Didier Riou, président de l'Unicem : «Je veux améliorer l’image, pas très sexy, du béton»

Propos recueillis par Thaïs Brouck |  le 30/05/2013  |  France entièreEtatProduits et matérielsBéton

Alors que l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem) organise le 31 mai et le 1er juin prochain la troisième édition des journées «Carrières et matériaux à cœurs ouverts», Didier Riou revient sur sa première année de mandat en tant que président et dresse les ambitions qu’il entend donner à son syndicat.

 

Que recherchez-vous en organisant cette manifestation ?

À l’instar des éditions de 2007 et 2009 des journées «Carrières et matériaux à cœur ouvert», l’objectif est de faire découvrir au grand public ce que l’on fait. Ces portes ouvertes permettront de dévoiler au public une filière clé de l’économie locale, ancrée dans les traditions et les territoires. À cette occasion, près de 160 sites de production ouvriront leurs portes dans toute la France. C’est une vraie valeur ajoutée pour nos adhérents, car, si les visiteurs viennent avec des a priori plutôt négatifs sur la profession, ils repartent confiants et rassurés, notamment en ce qui concerne l’impact environnemental de nos installations. En effet, nous sommes désormais considérés comme une filière d’excellence, dont l’engagement en matière de développement durable et de respect de l’environnement est salué autant par les organisations environnementales que par les pouvoirs publics. Nous voulons que le grand public puisse s’en rendre compte.


Vous avez été élu il y a près d’un an à la tête de l’Unicem. Quels objectifs vous êtes-vous fixés ?


J’ai pour ambition de donner à notre profession l’image qu’elle mérite. L’industrie du béton ne renvoie généralement pas une image sexy. Notre filière a longtemps été accusée d’être plus émetteur de CO2 que le bois et la terre cuite. L'étude Qualité Environnementale des Bâtiments (QUEB) a démontré que, sur la durée de vie d'un bâtiment, tous les systèmes constructifs (béton, terre cuite, acier, bois) se valent pour autant que l'ouvrage soit bien conçu, et que les seules différences de performance sont d'une région à l'autre. Jusque-là nous avions un discours rationnel pour mettre en avant cela alors que la terre cuite et le bois jouaient sur le registre émotionnel. Je veux mettre en avant les deux autres composantes du développement durable. Nous avons défendu l’environnement, il faut désormais se battre pour valoriser les performances sociales et économiques du béton.


Qu’entendez-vous par là ?

 
Les industries de carrières et matériaux minéraux permettent de produire localement des matériaux transportés sur de courtes distances (la distance de transport moyenne des granulats est de 33 km),et mis en œuvre par des entreprises locales. Cet engagement de produire en France pour construire en France, sans importer, génère de l’emploi et crée de la richesse nationale. Paradoxalement, le bois est tendance alors que c’est un matériau difficilement recyclable, dont 60% des volumes sont importés. Parfois, la maison est directement réalisée en usine. Cela génère moins d’emploi, donc moins de taxes, coûte plus cher et aggrave notre déficit commercial. Je n’ai rien contre ce matériau, mais nos forêts sont mal exploitées et nous sommes un pays de béton. Nous sommes les leaders mondiaux du domaine et les pouvoirs publics, plutôt que d’imposer le décret bois, devraient soutenir notre industrie. D’autant que les élus font tout pour ne pas avoir de carrière sur leur commune. Moins de carrières implique un coût du foncier plus élevé donc un prix de revient final plus élevé, plus de transports, et donc le prix final de l’ouvrage (public ou non) augmente lui aussi. La France ne devrait pas seulement être gérée par des intérêts locaux. Si l’on regardait les choses via une analyse multicritères, notre filière serait la mieux placée.


Vous devez donc être satisfait de la décision du Conseil constitutionnel rendant le décret bois inapplicable ?

C'est bien entendu une excellente nouvelle puisque cette décision est prise en faveur d’une filière qui est à l’origine de 58 000 emplois non délocalisables. C'est l'offre française de bois qui doit être aidée, à savoir l'organisation et la production des forêts, de même que le développement de l'industrie locale du bois. Ce n'est pas la demande qu'il faut artificiellement augmenter alors même que nous n'arrivons déjà pas à répondre localement aux besoins. La construction responsable qui prend tous les critères en compte, c'est la construction en dur.

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