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Diagnostic de la structure du département  des Arts de l’Islam au musée du Louvre
Louvre - La Verrière : un voile coloré couvrira le prochain Département des Arts de l'islam - Agence Rudy Ricciotti. - © © Lerm

Diagnostic de la structure du département des Arts de l’Islam au musée du Louvre

Chronique du Lerm |  le 27/05/2011  |  ParisInternationalTechnique

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Alors que le musée du Louvre prépare le nouveau département des Arts de l'Islam, sa direction de la maîtrise d'ouvrage a réalisé un diagnostic de la structure et des matériaux de la cour Visconti et des salles périphériques avant l'excavation spectaculaire de 12 m de profondeur.

Le diagnostic des fondations est la première étape d'un chantier hors-normes au cœur du musée le plus fréquenté au monde, qui accueillera dès 2012  les œuvres et les visiteurs du monde entier, couverts par la verrière imaginée par les architectes Rudy Ricciotti et Mario Bellini.

Le contexte

Afin d'intégrer le département des Arts de l'Islam, la cour Visconti a été excavée à 12 mètres de profondeur. Le projet s'organise sur deux niveaux, un rez-de-chaussée et un parterre en-dessous.
Le rez-de-chaussée sera couvert par un voile lumineux diffusant sans appui intermédiaire, flottant délicatement sur la muséographie.

Le diagnostic des soubassements et fondations des espaces périphériques à la cour s'est focalisé sur 12 zones repérées par le B.E.R.I.M., bureau d'études techniques chargé de la maîtrise d'œuvre de l'opération. Etant donné le caractère historique et leur fonction muséographique des salles périphériques à la cour, ces auscultations ont été réalisées à la fois par méthodes non destructives telles une « échographie », ainsi que par carottage de grande profondeur afin d'analyser en laboratoires la composition exacte des soubassements et des fondations.

Une « échographie » sur site

Passée sur les sols des salles attenantes à la cour Visconti (Galerie DARU et la Salle du Manège) la réflectométrie radar, méthode d'investigation non destructive utilisée par le Lerm permet de réaliser une auscultation précise et en continu de la plupart des matériaux, à des profondeurs variant du centimètre à plusieurs mètres. Ces coupes mettent en évidence les zones hétérogènes, de vides et de structures souterraines cachées. Ici, les investigations par radar géophysique à hautes-fréquences (1.5 GHz, 2 GHz et 500 MHz pour ausculter plus en profondeur et réduire le nombre de carottages destructifs) ont permis de détecter les fondations en pierre, mais surtout l'hétérogénéité des matériaux sous ces mêmes fondations, supportant les parois des salles donnant sur la cour Visconti.

L'analyse des matériaux en sous-sol (Pierre, béton, granulats, silex, sables...)

En complément des essais non-destructifs ayant détecté à plusieurs endroits une forte hétérogénéité sous les fondations en pierre, l'objectif était de bien connaître la nature et la profondeur des «semelles » sous les salles attenantes à la cour Visconti (Galerie du DARU et Salle du Manège). Dans la galerie DARU exposant des œuvres uniques au monde  datant de l'Egypte Copte, le challenge était de ne pas faire vibrer certaines œuvres contenant des polychromies. Raison pour laquelle les mesures non-destructives au radar de 500 MHZ ont pu identifier en profondeur les couches de matériaux et leurs hétérogénéités, diminuant le nombre de carottages destructifs.
En complément du radar, un carottage diamanté sous eau a permis d'extraire les matériaux constitutifs des « semelles » et de l'assise. Une batterie d'analyse des échantillons recueillis ont eu pour objectif de :
- mesurer la masse volumique apparente des matériaux prélevés,
- mesurer la résistance à la compression des matériaux prélevés,
- d'observer en microscopie (électronique à balayage MEB, lumière réfléchie), ainsi que de procéder à une caractérisation minéralogiques (diffraction des rayons X), permettant l'identification de bétons anciens présentant les symptômes d'éventuelles pathologies.

Au total, les matériaux caractérisés dans cette étude ne présentent pas de pathologie particulière, à l'exception du béton situé juste sous les fondations en pierre (80 à 110 centimètres par rapport au sol), lixivié en raison des circulations d'eaux qui « diluaient » son ciment datant de la construction originelle de cette partie du musée du Louvre, le rendant donc moins résistant.

Un chantier hors-normes au cœur du Louvre

Ce diagnostic des fondations et soubassements des salles périphériques à la cour Visconti a identifié ces matériaux très hétérogènes. En amont du creusement à 12 mètres de profondeur, la décision d'injecter du béton à haute-pression (technique du Jet Grouting) aux pieds des fondations a permis d'excaver la cour en toute sécurité pour faire place à un chantier hors-normes au cœur du musée du Louvre.

Pour  en savoir plus, cliquez ici

Louvre - La Verrière : un voile coloré couvrira le prochain Département des Arts de l'islam - Agence Rudy Ricciotti.
Louvre - La Verrière : un voile coloré couvrira le prochain Département des Arts de l'islam - Agence Rudy Ricciotti. - © © Lerm

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