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Développement durable :
Gérard Payen, conseiller du secrétaire général de l’ONU pour l’accès à l’eau et président de la Fédération mondiale des opérateurs d’eau privés (Aquafed) - © © DR

Développement durable : "Trois milliards de personnes n'ont pas de robinet d'eau"

Propos recueillis par Cyrille Emery |  le 20/11/2009  |  Développement durableCollectivités localesEnvironnementFrance entièreEurope

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A l'heure du sommet de Copenhague, Gérard Payen décrypte les enjeux de l'accès à l'eau dans le monde.
Gérard¨Payen est ancien directeur général de Suez, conseiller du secrétaire général de l'ONU pour l'accès à l'eau et président de la Fédération mondiale des opérateurs d'eau privés (Aquafed).

Quels sont les enjeux pour l'accès à l'eau dans le monde ?

Les quatre principaux enjeux sont :
- la gestion des ressources en eau. On ne manque pas d'eau globalement, mais certains pays subissent de plus en plus souvent des pénuries, principalement à cause de l'augmentation des consommations.
- l'accès à l'eau potable, pour les 4 milliards de personnes qui ne bénéficient pas de l'eau courante. Parmi eux, 3 milliards n'ont même pas accès à un robinet d'eau ! L'eau coûte dix fois plus cher pour les populations
qui n'ont pas accès aux réseaux
d'eau potable.
- la pollution transportée par les eaux usées. En France, nous avons fait beaucoup, mais dans certains pays en développement, la situation est critique.
- Les catastrophes liées à l'eau : inondations, tsunamis... il faut gérer ces événements en anticipant.

Globalement, l'eau n'est pas un problème ; l'eau c'est la vie. Le problème c'est de bien la gérer.


Vous dites qu'on ne manque pas d'eau ?

Il y a beaucoup d'eau douce sur la planète. Et seule une faible partie est mobilisée pour les usages humains.
Le problème, c'est que l'eau n'est pas forcément à l'endroit où l'on en a l'usage. Mais beaucoup de choses sont possibles: réutiliser les eaux usées, dessaler l'eau de mer, etc. L'agriculture irriguée est de très loin la première source de consommation mais elle peut améliorer sa productivité en utilisant moins d'eau pour produire autant, voire plus de nourriture. Les Israéliens, les Espagnols, utilisent l'irrigation au goutte-à-goutte par exemple.


Trois milliards d'individus n'ont pas de robinet chez eux. Quels objectifs l'ONU peut-elle fixer aux Etats en la matière ?

En 2000 dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement, la communauté internationale
s'est fixée pour cible de réduire de moitié, d'ici 2015, la proportion de la population mondiale qui ne bénéficie pas d'un "accès amélioré" à l'eau. L'idée est notamment de protéger les puits des contaminations par les animaux. Des progrès substantiels sont en train d'être réalisés. Mais il y a encore 900 millions de personnes en dessous de cet objectif, et des milliards qui sont astreintes chaque jour à la corvée d'eau. Une tâche dévolue aux femmes et aux enfants,
souvent à l'origine d'un déficit de scolarisation. Des objectifs plus ambitieux sont nécessaires.

Et en France ?

En France, l'eau est à la fois accessible et potable, et sa gestion est de bonne qualité. Elle progresse encore, par exemple en dépolluant chaque jour davantage d'eaux uséesø. L'enjeu en France est cependant moins de progresser que de s'adapter aux évolutions des consommations, aux changements de polluants ou, même aux changements climatiques qui peuvent créer des tensions sur l'approvisionnement dans certaines régions. Il faut aussi adapter les réseaux et le service à l'évolution de l'urbanisation et aux changements institutionnels comme, par exemple, le passage à l' intercommunalité.

Quelle peut être l'action des collectivités locales ?

Dans un pays très décentralisé comme la France, j'observe que les collectivités locales ne participent pas assez aux travaux de la communauté internationale. Elles se sont réunies avec les gouvernements à Mexico en 2006, puis à Istanbul en 2009 ; ce travail doit se poursuivre. Les collectivités françaises devraient se préoccuper davantage de ce qui se passe au niveau européen. Certaines collectivités françaises organisent des actions de coopération décentralisée dans le cadre de la loi du 9 février 2005, dite "Oudin-Santini". Cette loi permet de réserver 1% des recettes des factures d'eau pour des actions de coopération internationale.


Et les opérateurs privés ?

Les membres d'Aquafed travaillent dans plus de quarante de pays. De nombreux opérateurs privés ont été créés dans les pays en développement ces dernières années. Ils sont compétents, mais ce ne sont pas eux qui définissent les politiques publiques ; il faut que les pouvoirs publics leur fixent les objectifs à atteindre. La Banque mondiale a montré récemment
que, dans les pays en développement, les entreprises privées ont permis à 25 millions de personnes d'accéder au service public de l'eau potable en dix ans. Les opérateurs privés contribuent ainsi à la mise en oeuvre du droit à l'accès à l'eau potable.

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