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Deux maisons en ossature bois isolées en chanvre et lin
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Deux maisons en ossature bois isolées en chanvre et lin

CHRISTIANE PERRUCHOT |  le 08/10/2010  |  InternationalDoubsVendéeTechnique

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Une coopérative agricole de Vendée se lance dans la production d'isolant naturel à base de chanvre et de lin. Elle vient de tester son produit dans le Doubs sur un chantier de deux maisons.

Le chantier de deux maisons attenantes à ossature bois à Montbéliard (Doubs) isolées en chanvre et lin, sert de test à Cavac Biomatériaux, toute jeune filiale de la coopérative agricole de Sainte-Gemme-la-Plaine (Vendée). Baptisé Câlin, cet isolant naturel est composé à 45 % de chanvre et autant de lin oléagineux. Des fibres de polyester, à hauteur de 10 %, servent de liant pour lui donner une forme compacte.

Le produit se présente en panneaux semi-rigides ou en rouleaux, d'une épaisseur de 45 à 200 mm selon l'usage : toiture, cloisons, murs extérieurs, planchers. La demande de certification auprès de l'Acermi (association pour la certification des matériaux isolants) est en cours. Le fabricant attend également l'avis technique du Centre scientifique et technique du bâtiment, depuis sa visite du chantier en mai dernier.

Proche de l'énergie passive

Choisie en raison de l'exiguïté du terrain et de sa forte déclivité, « l'ossature bois se prête bien à cet isolant épais, car les murs sont plus minces qu'avec un aggloméré », précise Pierre Gigon, le maître d'œuvre. L'épaisseur de l'isolant atteint 190 mm pour les murs et 200 mm au plafond. Deux couches croisées habillent les façades à l'intérieur : l'une verticale de 140 mm, la seconde horizontale de 45 mm. L'ensemble est tenu par l'ossature métallique du doublage en plaques de plâtre de finition. Avec l'isolation au sol, la construction devrait approcher la performance d'un bâtiment passif. « La régulation naturelle du chanvre est satisfaisante été comme hiver, constate l'architecte. Dans une atmosphère à 22 °C et 50 % d'humidité, la résistance thermique ne baisse pas. »
L'entreprise de pose apprécie la facilité et la rapidité de mise en œuvre. Les 200 m² au plafond ont été réalisés en un après-midi, à deux personnes. « C'est très simple : d'abord on insère une longueur, puis l'autre, en faisant glisser le panneau avec la main comme avec un chausse-pied, décrivent les gérants de la société Durand fils. En paroi verticale, les panneaux se glissent et se calent tout seuls entre les montants ; au plafond, ils se compressent entre les solives, sans bomber. » Les poseurs disent avoir l'impression d'avoir en main un produit d'une densité supérieure à 50 kg/m3, alors qu'elle est de 30.
Revers de la médaille, le prix est trois à quatre fois plus élevé que celui d'un isolant classique. Pour ce chantier, l'architecte compense cet inconvénient avec une solution de chauffage plus économique. Le forage géothermique, souhaité par le maître d'ouvrage, a été remplacé par un système aérothermique. Un pare-soleil réglable, en avancée de toiture, laisse entrer les rayons du soleil à une hauteur de 1,20 m l'hiver et les arrête au ras des baies vitrées en été.-

Paru dans Le Moniteur du 06/11/2009

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- © PIERRE GIGON ARCHITECTE
Fiche technique

- Maître d'œuvre : Atelier Architecte et Pierre Gigon ; Du Gaz, études thermiques.
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- Entreprise : Durand fils, ossature bois et isolation.
- Commercialisation Câlin : Valtech Industrie.
- Shon : 600 m².
- Surface d'isolant en chanvre et lin : 300 m² et 324 m².
- Coût isolant : 16 000 euros.
- Coût total : environ un million d'euros.

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